vendredi 10 août 2018

Italie : la colère des travailleurs agricoles des Pouilles


« Nous ne sommes pas des esclaves, non à l'exploitation ! »

 


Des centaines de travailleurs agricoles, originaires majoritairement d’Afrique, ont manifesté mercredi dans le sud de l'Italie pour protester contre leurs conditions de travail et la mort de 16 d’entre eux dans deux accidents de la route. Arborant des bérets rouges (le couvre-chef qu'ils portent pour tenter de se protéger de la chaleur torride dans les champs), ils scandaient : « Nous ne sommes pas des esclaves, non à l'exploitation ! » Ils seraient au total environ 400 000, dont 150 000 non déclarés, souvent logés dans des squats ou des bidonvilles, à trimer 12 heures par jour pour moins de 3 euros de l’heure : un esclavage moderne au cœur de l’Europe qui dure depuis des décennies. Leur lutte est celle de tous les travailleurs.

L’IVG en Argentine victime des sénateurs réactionnaires


38 sénateurs sourds au drame de 500 000 femmes chaque année

 
Manifestation pour la légalisation de l’IVG en février

Par 38 voix contre 31, les sénateurs argentins ont rejeté une loi autorisant l’IVG, qui avait été enfin adoptée par les députés le 14 juin. Et cela malgré des sondages indiquant que 60 % des Argentins y étaient favorables. Les milieux réactionnaires l’emportent cette fois encore, en particulier grâce à la campagne de l'Église catholique qui a mis tout son poids dans la balance pour s'opposer à cette liberté élémentaire.
Dans ce pays 500 000 femmes doivent recourir chaque année à des avortements clandestins, 50 en meurent et bien plus en ressortent avec des séquelles importantes.
Seuls trois pays d’Amérique latine (dont Cuba) sur vingt-quatre autorisent les femmes à avorter. La bataille pour fermer le bec aux cagots obtus et criminels doit se poursuivre.

Prisons : la crise…


Celle d’une société barbare

 
Prison de Fleury-Mérogis

Dimanche, un surveillant de la prison de Nîmes a eu le cou entaillé par un prisonnier. La canicule tend à l’extrême les relations dans ces bâtiments peu susceptibles d’être aérés. Une autre prison, Fleury-Merogis, la plus grande d’Europe, atteint le chiffre record de 11 décès de détenus depuis janvier. 10 d’entre eux se sont suicidés, dont 7 avaient moins de 23 ans.
La société entasse dans ses prisons de plus en plus de gens. Les maisons d’arrêt (pour les attentes de jugement ou les courtes peines) comme Nîmes ou Fleury sont occupées à 143 % de leur capacité, avec des gardiens en nombre très insuffisant : Dans ces conditions, la tension ne peut que grandir.

Argenteuil ! l’adjoint et le thermomètre ; Joliot-Curie : débouché puis rebouché…


Lui n’a peut-être pas eu chaud…

 
Vu, il a sa bouteille d'eau, lui !

Le « premier-adjoint » d’Argenteuil s’est fait rabroué sur les « réseaux sociaux » à propos de la canicule. Le monsieur considérait que la municipalité avait fait tout ce qu’elle avait à faire pour rendre normal le travail de tous les employés de la Ville et sans problème la présence des administrés dans l’étuve de l’agora de. L’hôtel de ville.
         La réalité a été toute autre. Une climatisation fonctionnant comme elle pouvait au rez-de-chaussée, inefficace en étage, et des bouteilles d’eau qui n’ont pas été distribuées à tous, en particulier pour ceux travaillant à l’extérieur.
         A trop rester au troisième étage aéré de la mairie, on finit par ne plus avoir le sens des réalités.
         Quant aux travailleurs, en cas de nouvelles fortes chaleurs, trois principes qu’il faudrait imposer :
         -si on ne peut pas travailler, on ne travaille pas ;
         -si on ne peut plus travailler, on s’arrête de le faire ;
         -s’il faut décaler les horaires, on le fait sans problème !
 

Jeter l’argent des locataires et habitants dans le trou !

 
Dans le cadre des grands travaux de la rue Yve Farge dans la cité Joliot-Curie, des colonnes enterrées pour les ordures et déchets doivent être installées. Elles devaient l’être ces mois d’été. Pour cela, des trous avaient été creusés pour l’installation des containers. Mais cette dernière vient d’être repoussée. Elle ne devrait plus avoir lieu qu’en octobre prochain. Mais en attendant, les trous creusés… ont été rebouchés.
         Certains n’ont pas oublié la chanson de Gainsbourg : «J’fais des trous, j’fais des trous… »… mais en ajoutant : « avec l’argent des habitants et des locataires » !

Bonnes lectures de l’été (26), La note sensible, Valentine Goby, Folio


La note sensible

 


Dans quelques jours, j’arrêterai de vous proposer mes bonnes lectures d’une année, voire d’un peu plus, mais guère au-delà. J’aimerais bien vous entendre me dire que cela vous a servi, par une belle découverte transmise ou par une incitation qui vous a amené à lire ce que vous auriez sans doute lu mais plus tard, au gré d’une autre évocation…
         Nous revoilà avec Valentine Goby, et ce n’est pas dit que cela soit pour la dernière fois. Cette écrivaine est tellement talentueuse.
         Et voilà son premier roman, La note sensible, que j’ai découvert il y a peu de temps. Un joli roman d’amour rythmé par Mozart et le violoncelle… Un roman si sensible. 

La note sensible, Valentine Goby, Folio, 7-8 euros

jeudi 9 août 2018

Commerce mondial : bras de fer commercial USA-UE


Coup de menton ou coups de semonce ?

 
Voiture Peugeot concernée par l'embargo américain
 

En réponse aux sanctions des États-Unis contre les entreprises continuant leurs activités avec l’Iran, la Commission européenne vient d’annoncer l’activation de la « loi de blocage  ». Datant de 1996, mais jamais mise en œuvre, elle est censée protéger les entreprises européennes contre toute décision de justice extra-européenne lésant leurs intérêts. Mais des grandes multinationales comme PSA ou Total se sont déjà inclinées pour ne pas perdre le marché américain ou risquer des sanctions. La décision de la Commission européenne a plutôt l’allure d’un leurre. Mais par delà ces péripéties, la montée du protectionnisme et de la guerre commerciale entre grandes puissances est l’indice de la crise du capitalisme. Les travailleurs n’ont pas à en faire les frais.

RATP : ligne n°1, automatisée, sans présence d’agent, problème !


Métro parisien : une panne et ses conséquences 

Mardi 31 juillet, sur la ligne 1 du métro parisien, des milliers de voyageurs sont restés bloqués à cause d’une panne qui a entraîné la paralysie de toute la ligne. La RATP invoque un concours de circonstances très improbable. C’est une excuse un peu facile pour se dégager de ses responsabilités.
La ligne 1 a la particularité d’être entièrement automatisée depuis 2013. Il n’y avait donc personne pour dépanner rapidement la rame en cause, et les annonces formatées à l’identique délivrées toutes les cinq minutes ont eu l’effet d’énerver les voyageurs plutôt que le contraire. D’autre part, la ligne était saturée du fait des travaux sur le RER, qui emprunte un itinéraire voisin. Dans ces conditions, on comprend que certains voyageurs, n’en pouvant plus de rester coincés, aient actionné le signal d’alarme. Ce qui a eu pour conséquence de couper le courant et la climatisation qui en dépend…
Un dirigeant de la RATP a osé dire que la présence d’un agent à bord des rames n’aurait rien changé puisqu’il n’aurait pas eu plus d’informations sur la reprise du trafic. Un argument de mauvaise foi car la présence à bord d’un employé est quand même plus rassurante pour les voyageurs. Elle permet aussi d’informer le poste de commande centralisé en cas de problème à bord du train et d’organiser, si nécessaire, une évacuation de la rame autrement que de façon anarchique.
Cette panne relance le débat sur l’automatisation des métros. Mais le problème n’est pas là. Que la technique moderne permette de libérer les hommes de nombreuses tâches, y compris la conduite, n’est pas un mal en soi. Elle pourrait même être un bien si elle n’aboutissait pas à la suppression de toute présence humaine. Mais même une entreprise publique comme la RATP n’échappe pas à la loi du profit. Avec l’automatisation de la ligne, elle avait surtout le souci de réduire le coût d’exploitation de la ligne de 40 %, en supprimant du personnel.

                                                    Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2610)
 
                                                                                              Photo Wikipédia
 

Communes et collectivités locales confrontées à la politique gouvernementale à leur encontre. Un article du numéro 2610 de Lutte ouvrière à paraître


Élus municipaux : l’austérité en pleine face

Durant l’été, de nombreux maires et conseillers municipaux de petites communes ont donné leur démission, en particulier dans les zones rurales et périurbaines les plus touchées par le chômage.
Pourquoi jettent-ils l’éponge ? Comme l’un deux l’a bien résumé : « On a tous les ennuis, sans avoir les sous. » Ce n’est pas seulement du faible niveau de leurs indemnités par rapport à leurs responsabilités qu’ils se plaignent. Ce qui les pousse à bout, ce sont les moyens financiers de plus en plus chiches que leur laisse l’État pour gérer leur commune et assurer les services qu’ils voudraient pouvoir rendre à leurs administrés.
Car la politique d’austérité des gouvernements successifs, ce ne sont pas seulement des restrictions budgétaires pour les grands ministères comme la santé ou l’éducation. C’est aussi le choix de faire reposer sur les collectivités territoriales telles que les régions, les départements et donc aussi les agglomérations et les communes, un nombre croissant de missions qui auparavant relevaient de l’État... sans leur donner les sommes nécessaires pour y arriver.
Des villages ont ainsi vu baisser leur dotation globale de fonctionnement (DGF) de 50 % depuis 2014. En conséquence, bien des maires se retrouvent à devoir faire des arbitrages impossibles, par exemple entre soutenir les clubs de sport et fournir l’école en ramettes de papier pour la photocopieuse, entre employer une Atsem pour aider les instituteurs et contribuer au fonctionnement de la maison médicale, etc. Plus récemment, la suppression des emplois aidés a constitué une difficulté de plus. Et ce n’est pas la suppression à venir de la taxe professionnelle que payaient les entreprises, et qui représente encore un tiers des recettes fiscales des communes, qui va regonfler les maigres budgets des mairies.
Consacrer l’argent public aux aides au grand patronat au lieu de le mettre au service des besoins de la population a un coût social direct, et énorme. Et cela a de quoi décourager ces élus, souvent de milieu modeste, qui par leur travail de maire ou de conseiller municipal tentent, ne serait-ce qu’à leur petite échelle, de faire vivre leur commune.
                                                    Alan Grey (Lutte ouvrière n°2610)
 
                                                                         
                                                            Photo Presse Agence