jeudi 9 août 2018

Argenteuil : Georges Mothron candidat ? Après 6 ans d’une politique anti-ouvrière ?


A ce jour, 4 ans et demi d’une politique anti-ouvrière

 
                                                              Photo Le Parisien 95

Nous aurons l’occasion dans les dix-huit mois qui viennent de développer ce que pourrait faire une municipalité réellement préoccuper des intérêts de la population, et des limites considérables de ce qu’elle pourrait faire avec la participation pourtant de la population, dans le cadre des contraintes générales que nous évoquons dans l’article ci-dessus.
         Mais en tout cas, le maire d’Argenteuil a agi depuis quatre ans et demi très loin de ces préoccupations, de cette prudence, et des intérêts de l’énorme majorité de la population d’Argenteuil qui comprend pour l’essentiel les milieux populaires du monde du travail.
         Nous ne reviendrons pas ici sur les promesses extravagantes qu’il faisait à la veille d’être élu, promesses n’engageant que ceux qui croient à ce genre d’engagement.
         Mais sans effectuer une liste exhaustive des mauvais coups donnés par la municipalité actuelle, nous avons en tête la vague de licenciements travailleurs territoriaux qu’il a opérés dès son arrivée, qui ont par ailleurs dégradé un certain nombre de services publics essentiels pour la population.
         En augmentant le temps de travail et la charge de ces travailleurs, il appliqué à l’échelle de la commune ce que les gouvernements de Hollande et de Macron réalisaient à l’échelle du pays.
         En reprenant ce que son prédécesseur avait préparé en douce à propos de l’avenir de l’ « îlot Héloïse », il s’est attaqué de front, à la surprise générale, aux sentiments de l’énorme majorité des habitants.
         Voilà trois points d’une longue liste.
         Aujourd’hui, nos diverses informations vont dans le même sens. Georges Mothron serait candidat à sa succession lors des élections municipales de 2019. Sans doute, s’il était élu pour laisser rapidement la place à un dauphin.
         « S’il était élu » ! Vu de loin, cela serait le titre d’un nouvel épisode de la série « Mission impossible ».

Bonnes lectures de l’été (25) : Gaël Faye, Petit pays, Livre de poche


Petit pays

 


Il y la vie d’avant. Celle de la vie au Burundi, ce petit pays de « l’Afrique des grands lacs », quand on appartient à une bande de copains, et que l’on est fils quelque peu privilégié d’un expatrié marié à une femme d’origine rwandaise.
         Il y a donc la vie d’avant. Et celle d’après quand tout bascule…
         …1994, le génocide rwandais s’opère au printemps, avec la complicité, ou au mieux, la totale inaction de l’armée française qui était sur place…
         Un roman sur ces évènements-là, mais pas seulement. Une situation que l’on peut généraliser. Il y a toujours l’avant et l’après des évènements et des drames.
         C’est vrai pour mille évènements d’horreur qu’il faudrait pouvoir faire disparaître du futur de l’humanité.
         Un magnifique petit roman, si grand. 

Gaël Faye, Petit pays, Livre de poche, 7 euros environ

mercredi 8 août 2018

Hôpital en crise plus canicule, une addition qui peut mener à la catastrophe


Il semble, selon la météo, que la situation de très fortes chaleurs se réduise à partir d’aujourd’hui, au moins dans un certain nombre de régions. Mais ce que nous indiquons ci-dessous n’en est pas moins révélateur.
 

Pour la ministre il n’y a pas urgence

Pour Agnès Buzyn, ministre de la Santé, la situation est « maîtrisée ». Seuls « 4 % des passages aux urgences sont liés à la canicule » et très peu d'hôpitaux sont « en tension ». Pendant ce temps, des urgentistes comme Patrick Pelloux pointent du doigt les problèmes quotidiens dans les services d'urgence et le manque criant de moyens.
              La ministre affirme qu'on n'assistera pas à un drame comme en 2003 avec les 15 000 morts de la canicule, comme si éviter le pire était une prouesse. Pour elle, l'essentiel est de rassurer. Pour les urgentistes sur le terrain, l'essentiel est de faire face à une situation potentiellement dramatique avec des moyens que la ministre leur refuse, canicule ou pas ! 

La situation dans un grand hôpital parisien, celui de la Pitié-Salpêtrière 

L'incurie de la direction

 


Que l’on travaille dans un bâtiment du 17e ou construit au 20e siècle, il n’y a que des ventilateurs pour améliorer le sort du personnel et des malades. Les stores sont inefficaces pour se protéger de la chaleur et la climatisation est absente. Quant au minimum qui consisterait à mettre à disposition des bouteilles d’eau et des fontaines en quantité suffisante dans tous les services et accessibles à tous, cela ne vient même pas à l’idée de la direction.
              Il reste le système D : bloquer les portes pour faire des courants d’air dans les chambres ou se tremper les pieds dans une bassine d’eau froide.
              La canicule a beau tenir la une des journaux télévisés, les conditions des travailleurs ne font ni chaud ni froid à la direction de l’hôpital.

Italie : la mort de 16 ouvriers agricoles. Un assassinat.


Des frères de classe morts aussi de l’horreur capitaliste

 


Lors de deux accidents de camionnettes dans la région des Pouilles dans le sud de l’Italie, 16 ouvriers agricoles sont morts ; 12 dans un cas, 4 dans un autre.
              Originaires d’Afrique ou de l’est de l’Europe, ils travaillaient dans des champs de tomates, sous un soleil de plomb, dans des conditions d’hébergement très difficiles et transportés de manière très dangereuse.
              Cette situation des ouvriers agricoles saisonniers n’est certes pas propre à l’Italie. Elle est une réalité ancienne et générale sur laquelle les autorités ferment dans tous les pays le plus souvent les yeux, avec des contrôles en général inexistants.
              En tout cas, voilà une autre facette de la surexploitation dont sont victimes des travailleurs qui migrent, temporairement ou définitivement pour échapper à la misère.

Migrants : quand les autorités ajoutent tous les maux possibles à une situation déjà en soi intenable


Une belle réaction
La manifestation du 4 août à Nantes
 
 
Samedi 4 août 2018, plusieurs centaines de manifestants (500 selon la presse) ont manifesté à Nantes, malgré un soleil de plomb, contre l’expulsion systématique des réfugiés de chaque endroit où ils trouvent un refuge. En juin, ils ont été évacués manu militari d’un immense immeuble inoccupé et qui est destiné à le rester. Fin juillet, sur décision de la préfecture, ils ont été à nouveau chassés d’un square qu’ils occupaient au centre-ville de Nantes. Ils ont alors trouvé refuge dans un lycée. C’est la maire PS de Nantes qui a alors demandé et obtenu leur expulsion en ce début d’août.

              Face à cette chasse méthodique aux migrants de la part des autorités, c’est de la population que vient l’aide à ces réfugiés, pour trouver des squats ou pour se nourrir. Des salariés travaillant dans l’agroalimentaire, mais aussi des petits commerçants participent à la solidarité. Des militants ont ainsi pu mettre en place une "autre cantine" qui, en un mois, a fourni plus de 15 000 repas aux réfugiés sans un centime d'argent public. 

Val d’Oise, La Poste : bureaux de poste fermés, service public disparu


Une société timbrée

 


Le Parisien-95 a évoqué hier la situation inqualifiable de La Poste à Bouffémont dans le département. Il n’y a plus de poste ouverte dans cette ville de plus de 6000 habitants jusqu’au 27 août. Quant au seul distributeur de billets, après épuisement du stock, il ne sera plus réapprovisionné jusqu’à nouvel ordre. Une protestation a eu lieu, mais elle n’a pas réussi à ce jour à faire reculer La Poste.
              Celle-ci évoque des questions de sécurité pour le distributeur, et le manque de personnel, à cause des congés. Naguère, les postes restaient ouvertes en été, un point c’est tout, et les PTT savaient compléter leurs effectifs quand il le fallait.
              Si elle est particulièrement scandaleuse, la situation de Bouffémont n’est pas unique. Et il faudrait, pour ne prendre que le cas d’Argenteuil, recenser tous les bureaux de postes actuellement ne serait-ce que partiellement fermés, ou dont les horaires sont réduits de façon drastique. Aux lecteurs de me transmettre les informations collectées à ce sujet.
              Cette situation est bien évidemment particulièrement dommageable pour les anciens et les plus fragiles.
              Mais a-t-on vu à ce sujet le préfet du Val d’Oise, lui si prompte par exemple à prendre une mesure d’injonction à l’encontre du maire de Bezons dans une simple affaire de dénomination de rue, imposer à La Poste le maintien partout du service public de guichet de distribution de billets, au nom de « l’urgence sociale » ?

Bonnes lectures de l’été : découvrir l’écrivaine Michèle Lesbre


Nina par hasard

 


Un lac immense et blanc

 


Ecoute la pluie

 


J’ai découvert ces derniers mois l’écrivaine Michèle Lesbre. De petits livres quant au nombre de pages, chez un éditeur qui soigne ses parutions, Sabine Wespieser, mais que l’on trouve également, et moins cher, en livre de poche chez folio.
              Ce sont des histoires simples, celles des gens, « gens » là au bon sens du terme, celle de la vie des milieux populaires, mais racontées avec une haute densité de sensibilité qui permet de suivre les personnages dans leurs profondeurs et les aléas qui entraînent –passé, présent, futur- chacun dans des directions différentes, où la femme est au cœur de ces histoires.
              Et pour cela, une écriture limpide, toute en économie

mardi 7 août 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 6 août 2018 : "Les super profits des capitalistes ruinent la société"

 
 
Les super profits des capitalistes ruinent la société

Les bénéfices des multinationales ont crevé les plafonds au deuxième trimestre. Les profits des grands groupes internationaux ont bondi de plus de 20 % aux États-Unis et de 9 % en Europe.
Apple engrange à lui seul un bénéfice net de 11,5 milliards de dollars qui dope sa valeur : c’est la première multinationale à valoir 1 000 milliards de dollars en Bourse. Les principaux groupes français ne sont pas en reste : le constructeur automobile PSA annonce une rentabilité record pour les six premiers mois de l’année. Dans le luxe, les bénéfices de LVMH sont colossaux et la fortune de son actionnaire principal, le milliardaire Bernard Arnault, a augmenté de 56 % en une année. Cela représente 800 euros par seconde ! L’envolée des profits des entreprises ne sert qu’à augmenter les revenus d’une minorité de super riches.
Les actionnaires, les investisseurs, les propriétaires de ces grands groupes peuvent sabrer le champagne en regardant leur fortune croître. Oui, le travail des salariés en produit des richesses, en rapporte des milliards ! Et c’est au prix d’une dégradation continue de leurs conditions d’existence.
Les licenciements, synonymes de catastrophes pour les familles populaires, sonnent comme autant de promesses de bénéfices du côté des actionnaires. L’action du groupe Carrefour a bondi de 10 % après des résultats en hausse, dus notamment à la suppression de 2 000 emplois. Les profits grimpent grâce à la montée du chômage, à la misère d’une partie de la classe ouvrière, écartée de l’emploi et condamnée à survivre avec des allocations sociales qui baissent, grâce aux difficultés pour boucler les fins de mois avec des salaires et des pensions de retraite insuffisants, à la précarité devenue la norme pour un nombre toujours plus grand de travailleurs.
Pour qu’une minorité de multimilliardaires s’enrichisse toujours plus, l’humanité entière est plongée dans le chaos. La guerre que se livrent les grands groupes dans l’arène économique s’accompagne d’affrontements destructeurs et meurtriers aux quatre coins de la planète. Les grandes puissances, quand elles n’interviennent pas directement, y soutiennent des bandes armées au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais ce sont les intérêts des Areva, Bouygues, Bolloré ou Total qui déterminent l’intervention des troupes françaises dans la région du Mali, en Afrique, pas la protection des populations locales !
Les prouesses de la technologie, qui pourraient représenter un progrès pour toute l’humanité, ne servent qu’à engendrer des super profits pour des entreprises comme Apple. Un milliard d’êtres humains sur les 7,5 milliards que compte la planète souffrent de malnutrition. La sécheresse qui promet des récoltes de céréales à la baisse entraîne l’emballement de la spéculation. Dans les pays riches, à la Bourse des matières premières agricoles, les prix du blé ou de l’orge ont ainsi bondi de 20 %. Cela rapporte des milliards à une minorité mais accentue la famine pour des populations entières.
Le capitalisme n’est pas seulement injuste, fondamentalement basé sur la surexploitation de la majorité au profit d’une minorité. Il fait peser une menace mortelle sur toute la société. Les super profits des multinationales ne sont pas le signe d’un retour à une économie plus prospère, d’une sortie de crise. Des commentateurs soulignent que des investisseurs, qui craignent que les bénéfices deviennent moins profitables après avoir atteint le sommet, commencent à vendre les valeurs des multinationales les plus rentables. D’autres prévoient le début de la prochaine récession dès l’année prochaine.
Sans remise en cause du fonctionnement capitaliste de la société, aucune des crises, aucun des problèmes auxquels la planète se trouve confrontée aujourd’hui ne trouvera de solution : ni les menaces de krach financier, ni les risques de guerre généralisée, ni la crise écologique.
Engager le combat contre le grand capital est devenu une question de survie pour l’ensemble des travailleurs. Ne serait-ce que pour sauvegarder ses conditions d’existence, déjà tant écrasées, il est indispensable que la classe ouvrière engage un combat déterminé et collectif, pour imposer le maintien des emplois et du pouvoir d’achat des salaires et des pensions.
Et, bien au-delà du sort immédiat de la classe ouvrière, c’est toute la société qui crève littéralement de cette organisation sociale catastrophique. Exproprier la classe capitaliste, se débarrasser de la logique du profit individuel, mettre en commun les moyens de production, devient une question de vie ou de mort pour l’écrasante majorité de la société.