samedi 21 juillet 2018

Google : l’Europe joue les gros bras mais...


Loin de l’amande au fruit

 


L'Union européenne vient de faire condamner Google pour abus de position dominante, lui permettant d'imposer son logiciel Android dans presque tous les smartphones. Certains commentateurs voient dans cette amende de 4,3 milliards d'euros une réplique à Trump dans la guerre commerciale qu'il a engagée et même un geste fort des États pour reprendre la main face à des multinationales comme Google.
En fait, cette amende est une broutille pour Google, qui réalise en chiffre d'affaires l'équivalent de cette somme en trois semaines et est assis sur 88 milliards d'euros de trésorerie. Le géant du numérique va placer le montant de l'amende sous séquestre et entamer une longue procédure judiciaire pour la contester.
On verra au bout du compte ce qu'il paiera vraiment...

Haïti : le Premier ministre démissionné par la rue


Haïti : le Premier ministre démissionné par la rue

Après quatre jours d’émeutes le Premier ministre haïtien, Jack Guy Lafontant, a annoncé sa démission samedi 14 juillet.
À l’annonce des hausses qu’il voulait imposer, la population des quartiers populaires avait envahi les rues des principales villes. Elle refusait de voir augmenter de 30 % le prix de l’essence, de 47 % celui du diesel et même de 51 % celui du pétrole lampant, utilisé pour les lampes avec lesquelles les familles pauvres sont contraintes de s’éclairer, faute d’électricité. La force du mouvement était telle que le gouvernement avait jugé préférable de reculer et d’annoncer la suspension de ces mesures jusqu’à nouvel ordre. Mais cela n’avait pas suffi à calmer la colère des manifestants, et le blocage de la capitale Port-au-Prince continuait, ainsi que la présence des barricades.
Face à une situation qui risquait de s’aggraver encore, le Premier ministre a donc fini par accepter de jouer le rôle de fusible. Sous la pression de plus en plus insistante des députés, qui l’avaient convoqué et le menaçaient d’un vote sanction, il a annoncé qu’il quittait le pouvoir.
À Haïti, l’un des pays les plus pauvres du monde, le seul moyen pour la population d’éviter d’être étranglée par les possédants et les politiciens à leur service est de riposter violemment dans la rue à leurs attaques.
Le prochain gouvernement, ou le suivant, savent qu’en remettant de telles augmentations sur le tapis ils s’exposeraient à de violentes réactions. Alors, il leur faut chercher à tergiverser, à donner le change. Mais, sur le fond, il s’agira toujours de ponctionner la population pauvre. C’est ce que demandent les industriels, le FMI et les États-Unis, auxquels tous les dirigeants haïtiens, à commencer par l’actuel président Jovenel Moïse, n’ont rien à refuser.
Les travailleurs, les pauvres d’Haïti viennent cependant de prouver qu’ils sont capables de les faire reculer, jusqu’à imposer le départ d’un Premier ministre. Ils ont les ressources nécessaires pour défendre leurs intérêts, à condition de ne pas se laisser abuser par les manœuvres des gouvernants et de ceux qui cherchent à utiliser les mouvements populaires pour faire avancer leur propre carrière.

                               Daniel MESCLA (Lutte ouvrière n°2607)
 
                                                                                        
                                                                                        Photo Newsfeedcom

 

Argenteuil : berges de la Seine, six kilomètres à réaménager globalement


« Reconquête des berges », au moins y réfléchir sérieusement

 


Nous avons eu l’occasion ces jours derniers de marcher lelong du canal de l’Ourcq à Pantin. Un espace industriel qui devait avoir un aspect quelque peu sinistre il y a peu de temps encore a été transformé en un lieu accueillant où se mêlent entreprises et lieux d’habitation. Les employés de la Ville d’Argenteuil qui sont allés en formation dans le centre national de formation des employés municipaux près de l’Eglise de Pantin le connaissent dorénavant.
         Cet espace de quais aujourd’hui en train de finir d’être aménagé a été, c’est une évidence, l’objet d’un aménagement d’ensemble qui lui donne une harmonie qui nous transporte en Angleterre ou dans un pays du nord de l’Europe.
         Oui, un aménagement d’ensemble, pensé « globalement ».
         C’est justement ce qui manque fondamentalement à Argenteuil pour ce qui concerne les six kilomètres des berges de la Seine. Sans parler de la catastrophe de l’espace Jean Vilar engagé par le maire d’Argenteuil dans les pas de son prédécesseur, il n’y a pas de plan d’ensemble les concernant. Ou s’il y en a un, il est caché aux habitants. La municipalité annonce un projet pour la zone industrielle de la gare du centre, un autre pour la zone « Dassault », mais aucune vue d’ensemble, pour un espace qui présente pourtant une unité, celle de ces berges du fleuve à aménager comme un tout.
         Evidemment, réaliser ensuite relève de bien d’autres paramètres qui dépendent pour l’essentiel des initiatives capitalistes. Mais pourquoi commencer à miter l’espace par des projets éparses sans cohérence les uns avec les autres, sans avoir une vision d’ensemble de ce qui serait possible ?
         Pourquoi ce qui a été au moins réfléchi à Patin pour le canal de l’Ourcq ne l’est plus douze kilomètres plus loin à Argenteuil pour les berges de la Seine ?

Lectures d’été : Un court moment révolutionnaire, Julien Chuzeville, Libertalia


Un court moment révolutionnaire

 


L’été n’est pas seulement propice aux lectures de romans. Le temps « libéré » permet bien d’autres lectures. Par exemple, des lectures d’histoire comme celle que je vous propose aujourd’hui, qui porte en l’occurrence sur les premières années de la création du Parti communiste, de ce qui allait devenir le PCF. Ce que l’auteur intitule « un court moment révolutionnaire ».
         Le PC a marqué l’histoire du pays, des années 1920 à la fin du XXème siècle. Son soutien à Mitterrand et à ses successeurs du même tonneau ont réduit une influence, en particulier militante, qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’elle fut.
         L’auteur s’intéresse aux origines de ce parti, à sa création, aux dirigeants qui l’animèrent durant les premières années de son existence.
         Le PC fut le produit de toute une histoire, celle du mouvement ouvrier, que l’auteur retrace avec bonheur. Il fut aussi le résultat de l’action des militants qui n’abdiquèrent pas l’internationalisme, fondement du combat révolutionnaire, que trahit la grande majorité des dirigeants du mouvement socialiste et syndical à l’été 1914. Sa création fut bien évidemment portée par la victoire de la révolution soviétique en Russie.
         Ceux qui créèrent ce nouveau parti qui avait l’ambition d’être la section française de l’Internationale communiste eurent à affronter une lourde tâche politique et de construction de leur organisation. Ils n’y réussirent pas. Et cette première génération de dirigeants fut vite remplacée par une autre sélectionnée sur la base de l’allégeance à la politique de Staline.
         Cette histoire de la fondation du PCF n’est guère connue. Pour les militants véritablement communistes d’aujourd’hui ce livre qui l’aborde mérite d’être lu, comme pour ceux du PCF qui continuent à militer, et tous ceux qui veulent comprendre les difficultés actuelles du combat pour changer la société.
 

Un court moment révolutionnaire, Julien Chuzeville, éditions Libertalia

vendredi 20 juillet 2018

Macron, Benalla, la « bienveillance et l’intégrité » façon « gorille »


Quand un « gorille » de Macron se défoule


                                                         Alexandre Benalla

On apprend deux mois et demi après les faits, qu'un collaborateur de Macron, Alexandre Benalla, a tabassé deux manifestants à terre le 1er mai à Paris. Coiffé d'un casque de CRS, il accompagnait un groupe de policiers qui dispersait un rassemblement.
Tout à fait au courant, l'Élysée s'était contenté de le suspendre deux semaines en toute discrétion. Et cela n'a pas empêché ensuite de lui confier l'organisation de la sécurité lors de la célébration de la victoire des footballeurs français au palais présidentiel.
Visiblement ce sbire de Macron n'a pas pris au sérieux le bavardage de son patron sur la « bienveillance et l'intégrité ».

Gouvernement-syndicats : le retour du bla-bla social ? Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Gouvernement-syndicats : le retour du bla-bla social ?
 

Mardi 17 juillet, Macron a reçu les dirigeants patronaux et syndicaux. Officiellement, il s’agissait de leur faire part du calendrier des nouvelles réformes – comprenez : attaques contre les travailleurs – prévues dès le mois de septembre.
Officieusement, il s’agissait de montrer aux responsables des syndicats de salariés que le gouvernement allait un peu plus les associer à ses initiatives.
Depuis son élection, Macron a voulu montrer qu’il pouvait gouverner et faire passer toutes ses attaques contre les travailleurs sans même avoir à amadouer un ou plusieurs représentants syndicaux. Pour imposer la réforme ferroviaire, sa dernière offensive en date contre les cheminots, Macron a même rejeté les mains tendues de certains d’entre eux : comme celle de Laurent Berger de la CFDT, qui ne demandait pourtant au gouvernement que bien peu de choses pour se désolidariser de la grève. Mais, même cela, Macron ne l’a pas cédé, préférant jouer à l’homme fort, celui qui défiait les cheminots, dont la réputation est d’être des travailleurs qui ne se laissent pas faire et capables de se lancer dans des grèves dures et longues.
Or, à la rentrée, le programme de Macron comporte de s’en prendre aux retraites ouvrières, à l’assurance chômage, et aussi un plan pauvreté contenant encore d’autres mesures contre les couches populaires. Cette fois, il pourrait essayer de mettre de son côté une ou deux confédérations syndicales avant d’entamer le bras de fer avec les autres et avec les travailleurs.
Les dirigeants de la CFDT et de FO ne demandent rien d’autre et ils l’ont redit. « Trop souvent vous voulez passer seul et ce n’est pas bon (…) pour la qualité des réformes souhaitées », aurait dit Laurent Berger pendant la rencontre. « La politique du “je marche seul” menée depuis un an par le président sur le social, c’est un zéro pointé », a dit Pascal Pavageau, le nouveau secrétaire général de FO. Ces responsables syndicaux voudraient que Macron les laisse jouer leur rôle d’avocats des travailleurs, même s’il s’agit d’avocats qui ne signent que des reculs. Même Philippe Martinez de la CGT n’envisage pas fondamentalement une attitude différente. Lui aussi a déclaré qu’il attendait de Macron qu’il « change de politique sociale ». Autant croire au père Noël, car cette politique est celle du patronat et ce dernier n’est pas prêt à la moindre concession.
En réalité, la grève à la SNCF, à cause de sa durée, de la détermination dont ont fait preuve les cheminots et de la large sympathie qu’elle a eue dans l’opinion publique ouvrière, amène certainement Macron à en rabattre sur son attitude arrogante et à chercher des appuis du côté des directions syndicales. Mais, que Macron joue à l’homme fort ou à l’homme de dialogue, comme le réclament les dirigeants syndicaux, cela ne changera rien. Aux travailleurs de ne pas se laisser tromper par ce genre de manœuvre cousue de fil blanc.

                                               Pierre ROYAN (Lutte ouvrière n°2607)
                                                                 
"Ce n'est pas à Matignon, ce n'est pas dans les salons, que nous aurons satisfaction"
                                                                                     
                                                                                 





 

Travail du dimanche : loi du prince prime sur décisions de justice


Elles ne sont pas pour les rois du commerce

 


La justice administrative s'était prononcée contre l'ouverture de magasins le dimanche, dans quatre quartiers de Paris et Dijon.
La décision devant être appliquée dès le 19 août, le ministère de l'Économie prépare en urgence des arrêtés ministériels pour passer par-dessus ces décisions de justice.
Les capitalistes de la distribution ont su à quelle porte frapper pour voir leurs intérêts défendus.

Argenteuil, défense de la salle des fêtes Jean Vilar, un refus massif à nouveau mesuré


Un refus massif persistant

 


Durant les mois de septembre et d’octobre derniers, nous étions allés à quelques-uns informer la population devant les écoles de la localité du funeste projet destiné à liquider la salle des fêtes municipale Jean Vilar pour la remplacer par un projet immobilier et commercial fumeux. Nous avions pu à cette occasion mesurer l’attachement de la population au complexe Jean Vilar qui a certes besoin d’être rénové mais dont la liquidation serait une calamité. Les milliers de signature à notre pétition s’opposant au projet que nous avions alors fait signer en faisaient foi.
         Pour ma part, je tenais à retourner vers ces signataires pour leur indiquer où le Comité Jean Vilar en était dans son combat. C’est avec satisfaction qu’en juin nous avons été accueillis par les habitants, heureux qu’on leur donne, huit mois plus tard des nouvelles.
         Nous avons pu mesurer combien, et plus que jamais, le refus du projet initié par le maire précédent et sorti des cartons par son successeur était massif. L’attachement à une salle des fêtes communale gérée par la commune est profond. La municipalité devrait vite commencer à ouvrir les yeux ou les oreilles et à tenir compte de ce sentiment plus que majoritaire, en abandonnant purement et simplement ce projet destructeur. DM