lundi 5 mai 2014

Editorial des bulletins d'entreprise Lutte Ouvrière du 5 mai 2014






De l’Ukraine à la France : à bas le nationalisme, vive l’internationalisme !



Jour après jour, l’Ukraine s’enfonce dans la guerre civile. La population est prise en otage entre les milices d’extrême droite ukrainiennes et les milices pro-russes, auxquelles s’ajoutent les opérations de l’armée.
    Où mènera cet engrenage ? À des mesures punitives contre ceux qui ne parlent pas la « bonne langue » ou qui s’accrochent au « mauvais » drapeau national ? À partitionner l’Ukraine et faire passer une frontière à l’intérieur du pays, séparant les villes, les familles, les amis ? À un fossé de sang comme en Yougoslavie il y a 20 ans ?
     La population d’Ukraine a tout à perdre à se déchirer dans ces affrontements nationalistes.
      La propagande orchestrée par la Russie est écœurante mais celle des médias occidentaux est tout aussi dangereuse. Ils dénoncent « la main de Poutine », mais quid de Washington, qui œuvre en sous-main depuis des années pour mettre l’Ukraine dans son giron économique, politique et militaire ?
     Quid de ce bras de fer que les Occidentaux ont déclenché pour combattre l’influence de la Russie en Ukraine alors même que l’histoire, l’économie et la population de ces deux pays sont intimement liées ?
     Aujourd’hui, les dirigeants américains et européens soutiennent un gouvernement provisoire à Kiev qui comprend des ministres pro-nazis. Preuve que, comme Poutine, ils sont prêts à s’appuyer sur les forces les plus rétrogrades. Comme Poutine, ils sont à compter parmi les criminels de guerre.
Au-delà de la responsabilité des grandes puissances, le drame ukrainien doit nous faire réfléchir car il est aussi révélateur d’une poussée réactionnaire et nationaliste qui se manifeste à l’échelle de toute l’Europe et au sein même de l’Union européenne.
      À l’heure où démarre la campagne électorale des européennes, les partis jouant la carte du repli nationaliste, voire régionaliste et xénophobe se frottent les mains. Pour eux, ces élections sont l’occasion de faire assaut de chauvinisme et de nationalisme les plus outranciers.
     Les peuples européens ont bien des raisons de ne pas se reconnaître dans l’Europe actuelle. De la construction européenne, les Hongrois ou les Grecs n’ont vu que les banques et les multinationales françaises ou allemandes se comporter en prédateurs. De l’Europe, ils n’ont vu que les huissiers leur demandant d’abandonner les maigres protections dont ils disposaient, ils n’ont vu que la crise les condamnant au chômage. Mais ont-ils été mieux traités par leurs gouvernements respectifs, par leurs banques et leurs patrons nationaux ?
      Les travailleurs sont bien placés pour savoir qu’ils n’ont rien à attendre des institutions européennes. En plus de 60 ans, la seule réglementation censée promouvoir l’égalité des sexes a débouché sur l’autorisation pour les femmes de travailler la nuit quand le droit à l’IVG n’est toujours pas admis dans tous les pays de l’Union. Quant à l’existence d’un smic européen aligné sur le plus haut… il n’en a jamais été question.
     Mais encore une fois, les gouvernements nationaux ne font pas mieux ! Lorsqu’ils se penchent sur les droits des travailleurs ou des chômeurs, c’est toujours pour présenter les travailleurs les mieux lotis comme des privilégiés. C’est toujours pour égaliser… vers le bas.
     Alors, ceux qui rejettent l’Union européenne en faisant croire que le repli national apportera bonheur et prospérité aux classes populaires sont des menteurs. C’est le cas de Le Pen.
     À l’entendre, tout est de la faute de la commission de Bruxelles, de l’Europe ou de l’euro. Ce n’est pourtant pas l’Europe qui a soufflé à Gattaz l’idée d’un smic jeune. Si Carrefour verse d’aussi bas salaires, ce n’est pas la faute à l’Europe. Quand Pinault décide de se débarrasser de La Redoute ou lorsque Bouygues veut vendre ses parts dans Alstom, ce n’est pas non plus la faute à l’Europe !
     Les nationalistes font de l’Union européenne, des étrangers ou des immigrés, des boucs-émissaires. Ils détournent les travailleurs du seul combat qu’ils ont à mener, celui contre le patronat, sa rapacité et ses profits. En plus de ne rien changer à l’exploitation, le nationalisme ajoute de l’arbitraire, contre celui qui n’est pas de la bonne nationalité, ne parle pas la bonne langue, ne partage pas la même religion que les autres.
     Les évènements d’Ukraine montrent que le nationalisme est un piège mortel qui peut vite se refermer sur la population. Tous ceux qui, d’Odessa à Paris, cherchent à monter les travailleurs les uns contre les autres sont des ennemis. Ne laissons pas passer le poison de la division !

15 mai, tous ensemble, manifestons !



15 mai 2014

Manifestation parisienne

Denfert Rochereau – Invalides

via Bld Raspail – Bld Montparnasse – Bld Invalides

14 heures

Le 15 mai, affirmer l'unité du monde du travail pour la défense des emplois, des salaires et des pensions et pour dire non au plan Valls-Hollande 

Sept fédérations de fonctionnaires ont pris l'initiative d'appeler à une journée de grève et de manifestation le 15 mai pour le pouvoir d'achat et l'emploi. La provocation des annonces gouvernementales a donné à cet appel une actualité qui dépasse largement la seule fonction publique, et devrait concerner l'ensemble du monde du travail.
     Les attaques contre les ressources des 5,5 millions de salariés des différentes fonctions publiques (État, collectivités territoriales et santé) se sont particulièrement aggravées. Les salaires devraient être bloqués jusqu'en 2017, ce qui ferait sept ans de blocage avec celui déjà institué par Sarkozy. Des centaines de milliers de postes devraient être supprimés. Toute la population laborieuse va en fait devoir payer l'addition, avec des hôpitaux fermés, des services à la population restreints, c'est-à-dire une vie partout plus difficile dans les quartiers et villes populaires.
     Mais il n'y a pas que le secteur public qui est visé. Tous les autres salariés ou ex-salariés sont sur la sellette. D'abord les retraités, et puis tous les autres salariés qui voient leurs salaires, leurs emplois, leurs droits ouvertement menacés. Alors oui, c'est l'ensemble des classes laborieuses qui devraient dire : trop c'est trop, assez de sacrifices pour ceux qui ne vivent que de leur travail pendant que les plus riches croulent sous les milliards extorqués.
   Toute la politique du patronat et du gouvernement est de diviser les travailleurs en catégories, en faisant croire que les uns et les autres ont des intérêts particuliers, voire divergents. C'est là un mensonge. Si les millions de travailleurs se rassemblaient pour défendre leurs intérêts communs, ils seraient alors une force irrésistible qui ferait trembler le camp des possédants, comme cela s'est fait dans le passé, en 1936 comme en 1968.
     Au-delà de la fonction publique, des appels ont déjà été lancés dans la santé et à La Poste. Au niveau de la CGT, la coordination Renault a de son côté lancé un appel à participer à cette journée. De même, des actions sont annoncées ce jour-là dans la métallurgie. Il y a tout intérêt à ce que le maximum de travailleurs se joignent à cette journée.

Réunion publique de Lutte Ouvrière demain mardi 6 mai à Argenteuil

À trois semaines des élections européennes, les commentateurs déplorent le « désamour » de la population pour l’Europe. Mais comment s’en étonner ? Partout les classes populaires subissent le chômage et les bas salaires. Dans les 28 pays de l’Union européenne, les dirigeants mènent une même politique d’austérité. Les élus « pro-européens », comme ceux du PS et de l’UMP, s’abritent derrière l’Union européenne pour justifier leurs attaques. À l’extrême droite, le FN et Le Pen désignent aussi l’Europe comme responsables de tous les maux subis par le monde du travail.
       Les uns et les autres utilisent l’écran que constitue Bruxelles pour protéger les vrais responsables du chômage et des bas salaires : les capitalistes « bien de chez nous ». C’est à ceux-là que les travailleurs doivent réclamer des comptes et exiger leur dû.


« LUTTE OUVRIERE faire entendre le camp des travailleurs »
Les élections Européennes, une occasion de faire entendre le camp des travailleurs

Réunion publique à Argenteuil

Mardi 6 mai à 20 h.30

A l’espace N. Mandéla, 82 bd du Gl Leclerc

Avec Dominique MARIETTE

Candidat sur la liste d’Ile de France

                                                                              -débat- 

Salaires : chez AB-Habitat comme ailleurs, l’intérêt est à la lutte



La section CGT d’AB-Habitat organise le jeudi 15 mai à 11 heures au siège un nouveau rassemblement des travailleurs de l’Office HLM pour faire le point sur les négociations salariales. Car les propositions actuelles de la direction ne font pas le compte. Elle revendique en particulier 100 euros mensuels supplémentaires pour tous.
         Par ailleurs, la direction d’AB-Habitat, prévoit le versement d’une prime d’ « intéressement » pour cette année d’un montant aux alentours de 500 euros. Comme l’indique la CGT « c’est toujours cela de pris, mais ce qui est capital c’est la revalorisation des salaires… »
         Le 15 mai, c’est la date de la journée de mobilisation non seulement de la fonction publique mais d’autres secteurs, pour l’emploi et pour la hausse des salaires.
         Alors, si dans la foulée de ce rassemblement de 11 heures, nombre de salariés d’AB-Habitat poursuivaient en rejoignant le départ des manifestants argenteuillais pour Paris, ce serait super !