De l’Ukraine à
la France : à bas le nationalisme, vive l’internationalisme !
Jour après
jour, l’Ukraine s’enfonce dans la guerre civile. La population est prise en
otage entre les milices d’extrême droite ukrainiennes et les milices
pro-russes, auxquelles s’ajoutent les opérations de l’armée.
Où mènera cet
engrenage ? À des mesures punitives contre ceux qui ne parlent pas la
« bonne langue » ou qui s’accrochent au « mauvais » drapeau
national ? À partitionner l’Ukraine et faire passer une frontière à
l’intérieur du pays, séparant les villes, les familles, les amis ? À un
fossé de sang comme en Yougoslavie il y a 20 ans ?
La population
d’Ukraine a tout à perdre à se déchirer dans ces affrontements nationalistes.
La propagande
orchestrée par la Russie est écœurante mais celle des médias occidentaux est
tout aussi dangereuse. Ils dénoncent « la main de Poutine », mais
quid de Washington, qui œuvre en sous-main depuis des années pour mettre
l’Ukraine dans son giron économique, politique et militaire ?
Quid de ce bras
de fer que les Occidentaux ont déclenché pour combattre l’influence de la
Russie en Ukraine alors même que l’histoire, l’économie et la population de ces
deux pays sont intimement liées ?
Aujourd’hui,
les dirigeants américains et européens soutiennent un gouvernement provisoire à
Kiev qui comprend des ministres pro-nazis. Preuve que, comme Poutine, ils sont
prêts à s’appuyer sur les forces les plus rétrogrades. Comme Poutine, ils sont
à compter parmi les criminels de guerre.
Au-delà de la
responsabilité des grandes puissances, le drame ukrainien doit nous faire
réfléchir car il est aussi révélateur d’une poussée réactionnaire et
nationaliste qui se manifeste à l’échelle de toute l’Europe et au sein même de
l’Union européenne.
À l’heure où
démarre la campagne électorale des européennes, les partis jouant la carte du
repli nationaliste, voire régionaliste et xénophobe se frottent les mains. Pour
eux, ces élections sont l’occasion de faire assaut de chauvinisme et de
nationalisme les plus outranciers.
Les peuples
européens ont bien des raisons de ne pas se reconnaître dans l’Europe actuelle.
De la construction européenne, les Hongrois ou les Grecs n’ont vu que les
banques et les multinationales françaises ou allemandes se comporter en
prédateurs. De l’Europe, ils n’ont vu que les huissiers leur demandant
d’abandonner les maigres protections dont ils disposaient, ils n’ont vu que la
crise les condamnant au chômage. Mais ont-ils été mieux traités par leurs
gouvernements respectifs, par leurs banques et leurs patrons nationaux ?
Les
travailleurs sont bien placés pour savoir qu’ils n’ont rien à attendre des
institutions européennes. En plus de 60 ans, la seule réglementation censée
promouvoir l’égalité des sexes a débouché sur l’autorisation pour les femmes de
travailler la nuit quand le droit à l’IVG n’est toujours pas admis dans tous
les pays de l’Union. Quant à l’existence d’un smic européen aligné sur le plus
haut… il n’en a jamais été question.
Mais encore une
fois, les gouvernements nationaux ne font pas mieux ! Lorsqu’ils se
penchent sur les droits des travailleurs ou des chômeurs, c’est toujours pour
présenter les travailleurs les mieux lotis comme des privilégiés. C’est
toujours pour égaliser… vers le bas.
Alors, ceux qui
rejettent l’Union européenne en faisant croire que le repli national apportera
bonheur et prospérité aux classes populaires sont des menteurs. C’est le cas de
Le Pen.
À l’entendre,
tout est de la faute de la commission de Bruxelles, de l’Europe ou de l’euro.
Ce n’est pourtant pas l’Europe qui a soufflé à Gattaz l’idée d’un smic jeune.
Si Carrefour verse d’aussi bas salaires, ce n’est pas la faute à l’Europe.
Quand Pinault décide de se débarrasser de La Redoute ou lorsque Bouygues veut
vendre ses parts dans Alstom, ce n’est pas non plus la faute à l’Europe !
Les
nationalistes font de l’Union européenne, des étrangers ou des immigrés, des
boucs-émissaires. Ils détournent les travailleurs du seul combat qu’ils ont à
mener, celui contre le patronat, sa rapacité et ses profits. En plus de ne rien
changer à l’exploitation, le nationalisme ajoute de l’arbitraire, contre celui
qui n’est pas de la bonne nationalité, ne parle pas la bonne langue, ne partage
pas la même religion que les autres.
Les évènements
d’Ukraine montrent que le nationalisme est un piège mortel qui peut vite se
refermer sur la population. Tous ceux qui, d’Odessa à Paris, cherchent à monter
les travailleurs les uns contre les autres sont des ennemis. Ne laissons pas
passer le poison de la division !
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