lundi 11 mars 2013

Peugeot : une fortune opaque, un article de l'hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine


L'opacité de la fortune des Peugeot

« La compagnie holding de la famille Peugeot, FFP (société foncière financière et de participation), va subir de plein fouet les difficultés du constructeur automobile PSA », estime l'agence d'informations financières Agefi. À croire que les Peugeot devraient se retrouver sur la paille.
      La décision de la direction du groupe PSA – à laquelle appartiennent plusieurs membres de la famille Peugeot – de déprécier artificiellement la valeur de ses « actifs » (bâtiments, usines, machines...) a pour conséquence, par un jeu d'écritures, de pouvoir inscrire une « perte ». Mais c'est avoir la mémoire courte et très sélective que de s'en tenir aux fluctuations des ventes et de la production automobile et à ces jeux d'écriture. Ce n'est pas d'hier que la famille Peugeot fait des affaires, puisque dès 1810, elle avait commencé à investir dans l'industrie une partie des rentes qu'elle percevait des paysans de la région de Montbéliard. Son enrichissement s'appuya ensuite sur le développement de la métallurgie. Qu'il s'agisse de ressorts d'horlogerie, de baleines de parapluie ou de corset, ou plus tard de l'industrie d'automobile, il y eut continuité dans cette famille d'exploiteurs.
     En 1929, l'immense fortune accumulée dans l'automobile conduisit la famille Peugeot à créer cette société financière, FFP, pour gérer son capital. Depuis une trentaine d'années, elle s'est diversifiée en achetant des participations dans divers secteurs : l'équipementier aéronautique Zodiac Aerospace, le fabricant de petit électroménager Seb, une société de marketing suisse, le gestionnaire de maisons de retraites Orpea, la société de nettoyage Onet, la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef), différents fonds de placements... Et encore, cette société financière ne constitue-t-elle qu'une « poire pour la soif », selon Robert Peugeot lui-même, qui en est à la tête.
     À combien se monte la fortune des Peugeot et où se trouve-t-elle ? L'opacité et le secret sont quasi totaux sur ce point. On peut remarquer cependant que le magazine suisse Bilan qui établit un palmarès des résidents suisses, quelle que soit leur nationalité, y fait figurer la famille Peugeot en bonne place.
     En France, il est vrai, la revue économique Challenges estime que la fortune des Peugeot a certes diminué de moitié l'an dernier – ce qui ne les empêche pas de rester à la 36e place dans les fortunes professionnelles de ce pays. Cette estimation n'est que virtuelle, puisqu'elle se base sur la capitalisation boursière du groupe, qui est le reflet d'une activité en partie spéculative, donc fluctuante. La véritable fortune des Peugeot, leurs avoirs, leurs propriétés, la fortune des dizaines d'héritiers de la famille... tout cela est soigneusement à l'abri des regards grâce au secret bancaire.
     Savoir ce qu'il en est exactement de cette fortune accumulée grâce à la sueur des travailleurs serait la moindre des choses, et c'est bien pourquoi il faudrait imposer la levée du secret des affaires.
                                                                                 Jean SANDAY

La Poste-Val d’Oise : la régression du service public


L’objectif des dirigeants départementaux de La Poste est de s’en prendre aux établissements de tri et de distribution du courrier de proximité.
     Pour les personnels, cela va se traduire par une aggravation des conditions de travail et de vie. Pour la population, une nouvelle dégradation du service public de courrier.
    A la Poste, ce qui est vrai pour le courrier l’est également pour les autres services. Il faudra combien de temps pour qu’un bureau soit à nouveau disponible dans le quartier d'Orgemont, après la fermeture il y a maintenant plusieurs années du bureau de la rue Kléber ?
     Le « Collectif de défense de la Poste du Val d’Oise » appelle à une manifestation samedi 23 mars prochain devant la direction de La Poste, 7 place des Cerclades (à côté de la Préfecture) à Cergy. C’est une très bonne initiative.

Le 8 mars : histoire de la création de cette journée : suite et fin de l’article de Lutte Ouvrière de mars 2010



UN COMBAT TOUJOURS INDISPENSABLE

Entre-temps, dans l'URSS de Staline, la condition des femmes reculait et le mouvement ouvrier tendait à gommer l'émancipation des femmes de son programme réel. En France par exemple, ce ne fut pas le gouvernement de Front Populaire élu en 1936 qui accorda le droit de vote aux femmes, mais celui de De Gaulle en 1945. De même, le droit à la contraception puis à l'avortement furent conquis, en 1967 et 1975 sous des gouvernements de droite, sous la pression des féministes.
     À l'évidence, aujourd'hui encore, l'émancipation des femmes est loin d'être un acquis.      Les préjugés machistes, la discrimination au travail et l'esclavage ménager restent la règle, y compris dans les pays développés. En France, l'an passé, 160 femmes ont péri sous les coups de leur compagnon. Le développement des préjugés réactionnaires constitue de surcroît une menace pour les droits des femmes de ces pays dits « avancés ». Quant aux femmes des pays pauvres, elles restent opprimées, humiliées, exploitées, souvent usées par les grossesses à répétition et réduites à l'esclavage domestique. Privilège des femmes, elles peuvent être, suivant les barbaries locales, coutumières ou politiques, battues, voilées, excisées, infibulées, brûlées vives, répudiées, enfermées, violées, mariées de force. Mais elles ne se soumettent pas, comme le montrent celles qui, aux quatre coins du monde, se battent courageusement contre ces exactions.
      Même officialisée par les pouvoirs publics, la journée du 8 mars reste une occasion de montrer sa solidarité avec toutes ces combattantes, connues ou obscures.

                                                                      Paul GALOIS

Les "obusettes" de la Guerre de 14-18

Ouvrière dans une usine de l'Oise

dimanche 10 mars 2013

Michèle Audin, auteur de "une vie brève" à Argenteuil

Michèle Audin a trois ans et demi lorsqu'elle voit une dernière fois son père, Maurice Audin. Cet enseignant de 25 ans ne reparaîtra plus. Le 11 juin 1957, il est arrêté à son logement d'Alger par des parachutistes. Il est torturé. Il sera liquidé. La version de l'Etat français est qu'il s'est échappé lors d'un transfert. L'Etat français n'a, jusqu'à aujourd'hui, jamais remis en causse cette version officielle.
     Le sujet du livre n'est pas ce qui allait grâce à des personnalités comme Pierre Vidal-Naquet, devenir l'"Affaire Audin". Elle est celle d'une quête, voire d'une enquête d'une fille, Michèle qui part à la recherche du parcours de vie d'un père mort très jeune.
     Le vendredi 22 mars, à partir de 18 heures 30, Michèle Audin viendra s'entretenir de son livre, puis le dédicacer, dans l'auditorium de la maire d'Argenteuil. Cet entretien sera précédé d'une introduction de l'historienne Sylvie Thénault qui, elle, nous parlera de l"Affaire Audin". Une soirée à ne pas manquer.
                                                                                                        -entrée libre-

Algérie : "Algérie en guerre d'Algérie" : une exposition qu'il ne faut pas manquer

Une très intéressante exposition a lieu jusqu'au 21 mars dans l'agora de la mairie d'Argenteuil : "Paris en guerre d'Algérie". Elle porte sur la période 1953-1965 et sur le département de la Seine : situation difficile des travailleurs algériens appelés en métropole par le plein emploi ; vie quotidienne de ces travailleurs ; la répression coloniale à leur encontre ; les rivalités entre les courants nationalistes ; la politique ambigüe du PCF ; les solidarités militantes franco-algériennes ; la politique de De Gaulle ; les accords d'Evian qui ouvrent une nouvelle ère... mais la vie difficile des travailleurs algériens en France qui perdure. Pour ceux que cela intéresse, je fais du lundi au vendredi, une permanence à cette exposition qui permet de connaître et de se poser de nombreuses questions.

PSA-Aulnay :Vive le soutien des collectivités locales aux grévistes !



Selon le bien nommé journal Capital, et un de ses rédacteurs, M. Gingembre, ill paraît que  des habitants de Drancy, Bobigny, d’Ivry-sur-Seine, du Blanc-Mesnil, de Gonesse, de Saint-Ouen, de Sevran, de Villepinte, d’Argenteuil, de Bagnolet ou de Livry-Gargan s’apprêtent à  demander l'annulation de délibérations municipales ayant débloqué des aides à des fonds de soutien aux travailleurs d’Aulnay qui se battent pour garder leur emploi. Il paraît que cela « contredirait la neutralité de l’action publique.
     Tiens, des « habitants » ! De drôle d’habitants que l’on soupçonne d’être plutôt  un tantinet partisans de partis ouvertement ennemis des travailleurs.
     Quant à la « neutralité » de l’action publique, à d’autres !
    On ne peut que se féliciter que des élus aient fait ce geste envers leurs administrés en difficulté. Si cela est être partisan, alors que dire des marchés publics de ces collectivités qui représentent une part  non négligeable du chiffre d’affaires des grandes entreprises. Mais pour les « habitants » qui n’aiment pas les grévistes, cet aspect-là des décisions des collectivités locales est à ce que l’on sache  tout à fait normal et ne mérite surtout pas que l’on se lance dans la chicane.

Journée internationale des femmes : suite de l'article de Lutte Ouvrière du 5 mars 2010 sur le centièrme anniversaire de la création de cette journée par l'Internationale Ouvrière



LA REVOLUTION RUSSE

Le « féminisme ouvrier » s'était répandu parmi les ouvrières russes qui, dès 1913, organisaient clandestinement des réunions pour célébrer la journée de la femme et discuter de la révolution, du socialisme et de l'émancipation des femmes. En 1917, à l'occasion de cette journée - en février suivant le calendrier russe - les ouvrières de Petrograd se mirent en grève et manifestèrent pour le pain, la paix et le retour des hommes du front. Elles entraînèrent à leur suite l'ensemble des travailleurs dans un mouvement qui déboucha, à travers deux révolutions, sur la victoire d'Octobre.
     Le régime issu de la révolution russe fut le premier non seulement à instituer l'égalité complète entre les hommes et les femmes sur tous les plans, mais à mettre en avant une politique active et concrète pour que la loi s'applique dans la réalité. L'État ouvrier ouvrit des crèches, des restaurants communautaires, fit construire des immeubles équipés de cuisines et de buanderies collectives, favorisa l'éducation des femmes, de l'école élémentaire à l'université. Dès les années 1920, des femmes russes étaient médecins, ingénieurs, commissaires politiques aux armées et, évidemment, ministres. Et c'est par décision du Conseil des commissaires du peuple, présidé par Lénine, que la journée internationale des femmes fut placée précisément le 8 mars, pour commémorer l'action des ouvrières de Petrograd.
     Cette date, devenue une institution dans ce qui était le Bloc de l'Est, fut reprise en 1977 par l'ONU, puis par la plupart des pays.(à suivre)

Manifestation des femmes à Pétrograd le 8 mars 1917

samedi 9 mars 2013

Ni démocratique ni sociale : non à l'accord anti-démocratique et anti-social


Certains au PS s’apprêtent à voter l’accord dit « Ani » sous prétexte de « démocratie sociale », un grand mot creux de F. Hollande durant sa campagne. Mais cet accord n’est ni démocratique ni social.
     Il exprime la dictature du Médef, fer de lance du patronat, qui a trouvé des plumes «syndicales » pour coopérer . Il dégrade considérablement les droits des travailleurs.
          Mais cette affaire n’est pas seulement une affaire lexicale. Sûr que si, demain, la mobilisation se développait, la démocratie de l’action ouvrière ferait comprendre bien des choses à ces députés qui veulent comprendre aujourd’hui seulement ce qu’ils veulent bien comprendre.