Un corps éduqué à la distance avec la population
Les corps de répression ont une double fonction, celle de maintenir l’ordre social de la société, c’est-à-dire celui de la classe dominante, la bourgeoisie, et celle d’assurer un minimum de sécurité publique. Petit rappel, pour expliciter le propos suivant.
Mon expérience d’Argenteuil est qu’il est très difficile d’avoir un contact « humain » avec elle. Chacun croise des policiers, ils sont en groupe, mais il y a de multiples occasions d’avoir un contact de proximité. Ils font leurs achats, ils attendent, ils circulent. Fondamentalement, leur attitude, quand bien même il n’y aurait pas d’urgence de leur part, est de distance affiché. Bien difficile d’établir ne serait-ce qu’un petit échange. Pourtant, on aimerait les connaître, savoir d’où ils viennent, … Je suis sûr que cela ferait du bien à eux-mêmes et à chacun. Mais non, c’est très difficile.
Cela vaut pour la police nationale comme pour la police municipale, même s’il y a des exceptions parmi cette dernière, des policiers étant à Argenteuil depuis des années, certains heureux d’échanger un signe de sympathie.
Le résultat est que cette distance est préjudiciable à la seconde fonction de ces corps de répression, celle d’assurer un minimum de sécurité publique. Mais elle est incontestablement au cœur de la formation de ces corps destinés à assurer la pérennité de la domination de la classe dominante.
Donc c’est bien dommage, et cela ne m’empêchera pas de continuer à l’occasion d’entreprendre un dialogue humain avec l’un ou l’autre d’entre eux lorsque cela se présente. DM

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