Désastre
climatique : aux responsables capitalistes de payer !
La baisse relative des
températures procurera, peut-être, un répit aux habitants de logements
bouilloires thermiques et aux travailleurs confinés dans des services et des
ateliers surchauffés. Les incendies faibliront, peut-être, et les pompiers
pourront souffler un peu avant la prochaine crise.
Mais quel bilan est tiré de ces
semaines de cauchemar ? Le gouvernement n’a pas été avare de belles
paroles sur l’héroïsme des uns et des autres et la magie de l’unité nationale.
Mais aux pompiers, dont le manque de moyens est criant et qui étaient en grève
le 13 août, le ministre de l’Intérieur Nunez n’a rien de concret à proposer.
Lecornu et une brochette de
ministres se sont déplacés lundi à Mérignac, près de Bordeaux, promettant des
mesures d’urgence pour la reconstruction et la relance de l’activité dans les
territoires les plus touchés par les incendies. Mais on sait d’expérience que
les aides et les subventions profiteront avant tout aux grandes entreprises
dans tous les secteurs, de l’agriculture au tourisme.
Quant à ce qui serait
indispensable pour lutter contre ces incendies nombreux et dévastateurs, ce
n’est pas le problème du gouvernement. Il prétend ne pas pouvoir « chiffrer
précisément » ce qui pourrait être dégagé pour les pompiers, notamment
pour les postes nécessaires. Après les Canadair, promis par Macron mais jamais
budgétés, le gouvernement n’a pas d’argent non plus pour des équipements élémentaires
et indispensables, comme les cagoules filtrantes efficaces, à 50 euros l’unité.
Ils
veulent nous faire payer la facture
Comme l’ont souligné les
représentants des pompiers, qu’il s’agisse des incendies, de la santé, de
l’éducation ou de tout autre besoin de la population, la réponse des dirigeants
oscille toujours entre « les caisses sont vides » et « ce
n’est pas un problème de moyens ».
En même temps, le gouvernement
prévient : tout cela va coûter cher et il faudra bien trouver les
milliards quelque part. La ministre de la Transition écologique, Monique
Barbut, estime le coût de la canicule et de la sécheresse entre 10 et 15
milliards d’euros.
La population paie déjà au prix
fort ces catastrophes par des conditions de travail et de vie encore plus
éprouvantes et en passant à la caisse au supermarché. L’annonce des
conséquences de la sécheresse sur les récoltes, présentes et à venir, fait en
effet grimper les prix dès aujourd’hui. Et les hausses actuelles s’ajoutent aux
précédentes, les prix des fruits et légumes ayant augmenté en moyenne de 62 %
ces dix dernières années.
Sous prétexte que le budget de l’État
serait encore plus difficile à boucler, de nouvelles attaques sont prévues
contre le monde du travail. Lescure, le ministre de l’Économie, remet sur la
table le gel des retraites comme une « piste d’économie ».
Elle serait, à l’entendre, rendue nécessaire par les effets de la canicule, des
guerres et du blocage du détroit d’Ormuz.
Mais si les caisses de l’État
sont vides, celles du grand patronat débordent. Les bénéfices nets du roi du
pétrole TotalEnergies, pour le seul premier semestre 2026, s’élèvent à plus de
11 milliards : de quoi couvrir le coût de la canicule annoncé par Barbut.
Et les résultats affichés par les grandes entreprises du CAC 40 ont encore
battu des records… Voilà où sont les milliards nécessaires pour faire face aux
dégâts !
Ôter aux
capitalistes leur pouvoir de nuisance
Il serait d’autant plus légitime
de prendre sur les profits capitalistes pour faire face aux conséquences du
bouleversement climatique que leur économie en est responsable.
La production et le transport de
marchandises à travers le monde, l’organisation et le choix des modes de
production d’énergie, la gestion des ressources en eau sont des questions
vitales pour l’humanité. Pourtant, aucune n’est envisagée autrement que sous
l’angle : combien cela rapportera aux actionnaires ? Dans quel
secteur investir pour faire plus d’argent ? Leur seule morale est « après
mes profits, le déluge ! », ce qui exclue d’organiser et de planifier
l’économie.
La concurrence pour le partage
des ressources et des marchés est aussi à l’origine des guerres qui menacent de
se généraliser et du réarmement pour lequel les États, dont la France, savent
trouver des dizaines de milliards.
Cette minorité capitaliste, parasite
et irresponsable, plonge l’humanité dans la barbarie et le chaos. Les
travailleurs, qui font tout tourner, ont les moyens de s’y opposer en prenant
le pouvoir et en dirigeant eux-mêmes la société.
Nathalie
Arthaud