Moyen-Orient :
Trump dans l’impasse, les peuples trinquent
Après avoir soutenu sans réserve
la politique criminelle de Netanyahou à Gaza, puis au Liban, après avoir
déclenché, à ses côtés, une guerre contre l’Iran en promettant, fanfaron, la
chute de la république islamique, Trump n’en finit pas de manger son chapeau.
Publié le 12/08/2026
Malgré l’accord signé le
17 juin entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz n’est toujours
pas rouvert. Le 5 août, les dirigeants iraniens annonçaient que les
discussions étaient avancées avec le sultanat d’Oman, sans que les États-Unis en
soient partie prenante, prévoyant que les deux pays se partagent le contrôle du
trafic dans le détroit. Le 11 août, l’Iran posait six conditions aux
États-Unis pour sa réouverture. Parmi celles-ci, la levée du blocus naval, le
retrait de toutes les forces américaines déployées à proximité de l’Iran, la
fin des agressions contre le Liban, la Palestine, l’Irak et les Houthis du
Yémen ainsi que l’indemnisation intégrale par les États- Unis des dommages
causés en Iran par les deux guerres successives.
D’un côté Trump ne peut pas
accepter ces exigences iraniennes qui consacreraient un échec de l’impérialisme
américain. De l’autre, il n’a pas les moyens politiques, à quelques mois des
élections de mi- mandat, de déclencher une guerre totale contre l’Iran pour
prendre par la force le contrôle du détroit. C’est pourquoi Trump tergiverse et
répond par de nouveaux ultimatums. Ainsi, il demande à son tour à l’Iran «
des compensations pour tous les gens qu’il a tués et blessés ». Pendant ces
joutes verbales, des millions d’habitants de la région subissent les privations
quand ce ne sont pas les bombes régulièrement lancées par l’armée américaine
sur les ports iraniens.
Autre revers américain, l’Arabie
saoudite a signé, le 7 août à la Mecque, un accord de défense avec le
Pakistan et la Turquie, deux autres puissances régionales. Même si ces trois
pays sont des alliés des États-Unis, cet accord signé sans le parrainage de
Trump, marque la volonté de leurs dirigeants de ne pas dépendre entièrement des
États-Unis pour leur défense.
Trump a embarqué malgré elles les
riches monarchies du Golfe dans sa guerre contre l’Iran dont elles font les
frais, en raison du blocage du détroit et du fort ralentissement du tourisme et
des affaires.
Le 9 août, Netanyahou a
déclaré qu’il « n’effectuera aucun retrait de Gaza tant que le Hamas ne sera
pas désarmé », alors que le Hamas avait annoncé qu’il acceptait de rendre
ses armes et de céder la gestion des ruines de Gaza à une autorité technique
contrôlée par les États-Unis. Ce refus a été perçu comme une gifle au parrain
américain, même si en pleine campagne pour les élections israéliennes, pour
lesquelles Netanyahou veut séduire les sionistes les plus ultras, elle ne fait
que mettre des mots sur une réalité : Israël, qui multiplie les interventions
en Cisjordanie, n’a aucune intention de se retirer de Gaza. Tout le monde le
sait, à commencer par les dirigeants américains, mais Netanyahou ne cherche
même pas à ménager les apparences.
Ces revers successifs ne
signifient ni que la domination américaine sur le Moyen-Orient est vraiment
menacée, ni que les dirigeants israéliens imposent leur volonté à Trump. Ils
montrent qu’il ne suffit pas à la première puissance impérialiste mondiale de
noyer les peuples sous des déluges de bombes pour les soumettre. Ils montrent
que le seul avenir que le prétendu « chef du monde libre » et les dirigeants
des « démocraties » occidentales ont à offrir aux peuples du monde est une
guerre sans fin.
Xavier
Lachau (Lutte ouvrière n°2028)