dimanche 16 août 2026

Vaccins : le dangereux démagogue

 

À combien de victimes ce décret demain ?

  


Le Président américain a signé un décret contenant de nouvelles recommandations pour espacer l’administration de vaccins aux enfants. Une mesure criminelle au moment où la rougeole recommence à faire de jeunes victimes aux États-Unis.

         Mais peu importe à Trump s’il fait le calcul que ça peut rapporter électoralement.

Incendies de Gironde : une forêt malade de son exploitation

Incendies de Gironde : une forêt malade de son exploitation

Au-delà du manque évident de moyens aériens, ceux qui ont affronté les flammes en Gironde et dans les Landes fin juillet ont aussi dû affronter une forêt taillée avant tout pour l’exploitation commerciale du pin.

Publié le 12/08/2026

La forêt des Landes et de Gascogne couvre un million d’hectares, à 90 % privés, générant un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros par an. Cette forêt de pins fut plantée au 19e siècle, sous l’égide de l’État et de Napoléon III, par les paysans de la région afin d’assécher les marais et de produire du bois et de la résine. Aujourd’hui, c’est le bois qui reste principalement exploité. Si de nombreux petits propriétaires disposent toujours de quelques hectares, parfois abandonnés, l’exploitation du pin est dominée par quelques grandes dynasties de sylviculteurs et une poignée de sociétés financières.

Le fait que la forêt soit exploitée et divisée en propriétés privées a favorisé l’incendie. Ainsi, à lire les enquêtes de terrain, le feu qui a démarré le 22 juillet à 12 heures à Saumos a pu se répandre très vite parce qu’il s’est nourri de parcelles forestières non débroussaillées, contrairement aux obligations légales, et de sous-bois « sales », « certains sylviculteurs n’ayant pas fait leur job » de nettoyage des sous- bois et des pare-feux, ont déclaré les pompiers. Ceux-ci ont aussi buté sur des clôtures. Ainsi vers 13 heures le 22 juillet, moins d’une heure après son démarrage, ils rapportent que le feu s’est propagé à l’intérieur d’une chasse de 200 hectares protégée par une clôture. Le temps de contourner la propriété, le feu a pris une puissance telle qu’il a définitivement échappé aux moyens que les pompiers avaient au sol.

La gestion de cette forêt est en partie déléguée à la DFCI (Défense des forêts contre l’incendie). Cet organisme, financé par une taxe sur les propriétés mais largement abondée par les subventions publiques, assure l’entretien des grandes pistes forestières et une partie des pare-feux, les plus grands, et l’accès à l’eau pour les pompiers. Mais dans certaines communes où la taxe est faible ou le budget municipal contraint, les DFCI locales n’ont pas les moyens de faire passer tous les ans le gyrobroyeur sur l’intégralité de leur réseau. Certains pare-feux ne sont ainsi nettoyés que tous les trois à cinq ans, ce qui se révèle insuffisant.

Les pompiers dénoncent aussi le fait que « les zones de contact avec la forêt ont augmenté ». Ces dernières années, certains maires, contraints par leurs finances communales, ont fait bien des concessions pour accueillir de nouveaux habitants. Mais surtout, les sylviculteurs s’accrochent au moindre hectare à exploiter : bien des pare-feux qui leur incombent ont été réduits à la seule route départementale, la forêt les bordant des deux côtés. Une bande de sable de 30 à 50 mètres représente des hectares de pins qui ne seront jamais vendus, une surface qu’il faut en plus nettoyer régulièrement et sur laquelle les taxes foncières s’appliquent.

Le mégafeu de 2022, dans la même forêt, avait été qualifié d’incendie du siècle. Celui de 2026 l’a dépassé et l’avenir sera pire encore. Le réchauffement climatique, fruit de l’anarchie capitaliste, fait monter les températures, l’air et la végétation seront de plus en plus secs l’été, créant des conditions encore plus favorables pour de nouveaux incendies. Mais l’exploitation capitaliste de la forêt les favorise encore. Ainsi après les incendies de 2022, les sylviculteurs ont réintroduit le même pin maritime sur l’immense majorité des surfaces à reboiser, parce qu’il s’agit pour eux de l’espèce la plus rentable, même si c’est l’une des plus inflammables. Un tel système promet encore bien des désastres.

                                              Serge Benham (Lutte ouvrière n°3028)

 

Incendies : quand les sinistrés veulent la transparence

 Le Porge : les sinistrés veulent la transparence

L’incendie de Saumos, le plus grand des deux qui ont frappé la forêt des Landes fin juillet, a été déclaré fixé le 5 août.

Publié le 12/08/2026

Il aura mobilisé jusqu’à 2 700 pompiers et 24 moyens aériens, venus de toute l’Europe, mais aussi des milliers d’habitants, d’agriculteurs, de travailleurs qui ont, de leur propre initiative, ravitaillé les pompiers en eau ou taillé des coupe-feux dans la forêt, autour des maisons et des villages.

42 000 hectares ont été ravagés, 240 maisons détruites, dont 183 dans la seule commune du Porge, au nord du bassin d’Arcachon et du Cap-Ferret. Dans cette commune, bien des habitants ont le sentiment que les pompiers ont reçu l’ordre d’aller ailleurs au moment où le feu s’approchait de leurs maisons. Certains d’entre eux ont accusé la préfecture d’avoir d’abord envoyé les pompiers protéger la presqu’île du Cap-Ferret, d’autres pensent que ce sont les infrastructures industrielles et les camps militaires qui étaient la priorité de l’État. C’est un fait que, quand le feu s’est développé le 23 juillet, les pompiers ont reçu des ordres et ont laissé les habitants du Porge bien seuls. Ceux-ci sont donc en colère et une partie d’entre eux ont constitué un collectif de 1 010 membres. Ils posent des questions « sur les moyens et les moments où ils se sont mis en place » et « sur la teneur des ordres ». Ils demandent la « transparence sur les choix opérés », une revendication parfaitement légitime.

Il est certain que les pompiers, faute de moyens, en particulier aériens, ont été rapidement dépassés et ont dû faire des choix. Un seul exemple : deux heures après le démarrage du feu le 22 juillet, les pompiers ont demandé l’intervention de quatre Canadair, ce qui correspond à la norme pour le feu tel qu’il était alors. Ils en ont vu arriver seulement deux, deux heures plus tard, et qui n’ont fait qu’une intervention, étant appelés sur d’autres fronts.

Le rôle des responsables politiques et des hauts fonctionnaires est d’expliquer à la population comment elle doit se passer de ce dont elle a besoin. Exiger d’eux qu’ils rendent des comptes sur leurs décisions serait un premier objectif pour une légitime colère.

                                                                S. B. (Lutte ouvrière n°2028)

Argenteuil, éclipse, quand la municipalité veut… et quand elle ne veut pas...

 

Ce soir-là, éclipse… de service d’ordre

 

 

Mercredi soir, sur la butte d’Orgemont, apparemment, au vue des photos et des témoignages, ce fut un beau succès populaire. Certes, je n’y étais pas, alors ceux qui y étaient peuvent toujours donner leur appréciation sur ce que je vais dire.

         La municipalité avait orienté à aller voir l’évènement sur cette butte d’Orgemont qui offre effectivement un panorama magnifique dont on ne se lasse pas. Dans tous les cas, il y eut beaucoup de monde, et apparemment, cela s’est très bien passé, dans un site dont une partie est pourtant arborée et fragile par les temps qui courent.

         Ce qui a été noté, selon des témoignages de présents, c’est que la police tant municipale ou autre brillait par son absence. En particulier pour assurer la circulation et le parking des véhicules dans une zone qui les rend difficiles.

         Bref, au final, si l’on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide, on peut dire deux choses. Dans le premier cas, que l’on n’a pas besoin de la police sur notre dos pour que cela se passe bien. Dans le second cas, quand la municipalité veut assurer la sécurité maximum selon ses critères, elle s’en donne les moyens. Souvenons-nous de la fête de la musique de « l’entre soi » organisée le samedi soir sur la partie supérieure de l’avenue Gabriel Péri où elle avait su mobiliser la police au maximum.

         Mais c’est vrai, quand on veut on peut, quand on ne veut pas, on botte en touche. DM