dimanche 16 août 2026

Incendies : quand les sinistrés veulent la transparence

 Le Porge : les sinistrés veulent la transparence

L’incendie de Saumos, le plus grand des deux qui ont frappé la forêt des Landes fin juillet, a été déclaré fixé le 5 août.

Publié le 12/08/2026

Il aura mobilisé jusqu’à 2 700 pompiers et 24 moyens aériens, venus de toute l’Europe, mais aussi des milliers d’habitants, d’agriculteurs, de travailleurs qui ont, de leur propre initiative, ravitaillé les pompiers en eau ou taillé des coupe-feux dans la forêt, autour des maisons et des villages.

42 000 hectares ont été ravagés, 240 maisons détruites, dont 183 dans la seule commune du Porge, au nord du bassin d’Arcachon et du Cap-Ferret. Dans cette commune, bien des habitants ont le sentiment que les pompiers ont reçu l’ordre d’aller ailleurs au moment où le feu s’approchait de leurs maisons. Certains d’entre eux ont accusé la préfecture d’avoir d’abord envoyé les pompiers protéger la presqu’île du Cap-Ferret, d’autres pensent que ce sont les infrastructures industrielles et les camps militaires qui étaient la priorité de l’État. C’est un fait que, quand le feu s’est développé le 23 juillet, les pompiers ont reçu des ordres et ont laissé les habitants du Porge bien seuls. Ceux-ci sont donc en colère et une partie d’entre eux ont constitué un collectif de 1 010 membres. Ils posent des questions « sur les moyens et les moments où ils se sont mis en place » et « sur la teneur des ordres ». Ils demandent la « transparence sur les choix opérés », une revendication parfaitement légitime.

Il est certain que les pompiers, faute de moyens, en particulier aériens, ont été rapidement dépassés et ont dû faire des choix. Un seul exemple : deux heures après le démarrage du feu le 22 juillet, les pompiers ont demandé l’intervention de quatre Canadair, ce qui correspond à la norme pour le feu tel qu’il était alors. Ils en ont vu arriver seulement deux, deux heures plus tard, et qui n’ont fait qu’une intervention, étant appelés sur d’autres fronts.

Le rôle des responsables politiques et des hauts fonctionnaires est d’expliquer à la population comment elle doit se passer de ce dont elle a besoin. Exiger d’eux qu’ils rendent des comptes sur leurs décisions serait un premier objectif pour une légitime colère.

                                                                S. B. (Lutte ouvrière n°2028)

Argenteuil, éclipse, quand la municipalité veut… et quand elle ne veut pas...

 

Ce soir-là, éclipse… de service d’ordre

 

 

Mercredi soir, sur la butte d’Orgemont, apparemment, au vue des photos et des témoignages, ce fut un beau succès populaire. Certes, je n’y étais pas, alors ceux qui y étaient peuvent toujours donner leur appréciation sur ce que je vais dire.

         La municipalité avait orienté à aller voir l’évènement sur cette butte d’Orgemont qui offre effectivement un panorama magnifique dont on ne se lasse pas. Dans tous les cas, il y eut beaucoup de monde, et apparemment, cela s’est très bien passé, dans un site dont une partie est pourtant arborée et fragile par les temps qui courent.

         Ce qui a été noté, selon des témoignages de présents, c’est que la police tant municipale ou autre brillait par son absence. En particulier pour assurer la circulation et le parking des véhicules dans une zone qui les rend difficiles.

         Bref, au final, si l’on voit le verre à moitié plein ou à moitié vide, on peut dire deux choses. Dans le premier cas, que l’on n’a pas besoin de la police sur notre dos pour que cela se passe bien. Dans le second cas, quand la municipalité veut assurer la sécurité maximum selon ses critères, elle s’en donne les moyens. Souvenons-nous de la fête de la musique de « l’entre soi » organisée le samedi soir sur la partie supérieure de l’avenue Gabriel Péri où elle avait su mobiliser la police au maximum.

         Mais c’est vrai, quand on veut on peut, quand on ne veut pas, on botte en touche. DM

samedi 15 août 2026

Migrants : xénophobie sans frontières

Migrants : xénophobie sans frontières

L’arrivée soudaine dans l’enclave espagnole de Ceuta de quelque 70 000 jeunes Marocains – dont la quasi-totalité est retournée immédiatement au Maroc – a continué d’alimenter la campagne xénophobe et antimigrants de nombreux dirigeants européens.

Publié le 12/08/2026

 

La palme revient à la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui a rétabli les contrôles aux frontières pour les vols et les bateaux en provenance d’Espagne. En rétorsion, Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, a annoncé la mise en place de contrôles d’identité pour les voyageurs venant d’Italie. Meloni et Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark, une social-démocrate qui remue la même boue xénophobe et raciste que son homologue italienne d’extrême droite, ont publié une lettre ouverte aux instances de l’Union européenne (UE). Elles en appellent à « la protection de l’héritage chrétien de l’Europe », dénoncent la prétendue « immigration incontrôlée » et réclament la création de centres de retour dans des pays hors de l’UE, comme l’Albanie où l’Italie a construit de telles prisons dans le but d’y parquer les étrangers sans papiers.

De son côté, Friedrich Merz, le chancelier allemand, exige que l’Italie et la Grèce récupèrent les demandeurs d’asile arrivés en Allemagne après avoir débarqué dans l’un de ces deux pays. Il invoque l’accord signé le 12 juin entre tous les pays de l’UE tandis que Meloni en conteste les modalités. L’un et l’autre se refilent comme des patates chaudes ces femmes et ces hommes, qu’ils qualifient de « migrants secondaires », mais qui sont venus en Europe pour travailler et pouvoir faire vivre leur famille, souvent en fuyant la guerre ou la dictature.

Meloni, Frederiksen, Merz, tout comme Sanchez ou Macron, savent parfaitement que l’UE n’a rien d’une passoire mais tout d’une forteresse aux frontières parfois grillagées et électrifiées. Elle est dotée d’une agence de garde-frontières, Frontex, qui traque sans pitié les pauvres qui tentent de la rejoindre. Ils savent parfaitement que l’économie de cette riche citadelle ne pourrait fonctionner sans les bras et les cerveaux des travailleurs immigrés. Les secteurs les plus durs, dans l’agriculture, le bâtiment, l’industrie, le nettoyage, la santé et l’aide à la personne ne pourraient pas fonctionner sans ces travailleurs, qu’ils aient ou non des papiers en règle. Même Meloni a délivré quelque 900 000 permis de travail à des étrangers extra-européens depuis qu’elle est au pouvoir.

Toutes les déclarations des dirigeants européens sont des postures démagogiques destinées à faire des migrants les boucs émissaires des difficultés que vivent les classes populaires de leurs pays. Il serait suicidaire pour les travailleurs de tomber dans ce piège en se faisant les complices du refoulement de ces damnés de la terre qui, quels qu’en soient les risques pour eux- mêmes, continueront de tenter de passer les frontières. Peuplée de 450 millions d’habitants, l’UE regroupe les pays parmi les plus riches au monde, qui se sont développés et continuent de prospérer en exploitant une grande partie de la planète.

Ce ne sont pas quelques centaines de milliers, ni même quelques millions de migrants qui menacent les emplois, les logements, les hôpitaux, ce sont les capitalistes et les gouvernements qui les ferment ou les détruisent. C’est contre ceux-là que les travailleurs, immigrés ou pas, avec ou sans papiers, doivent unir leurs luttes.

                                                                 X. L. (Lutte ouvrière n°3028)