mercredi 12 août 2026

Europe : concours de barricades

 

La concurrence va bon train dans la démagogie

 

Bon…

Alors que presque tous les migrants qui étaient entrés dans l’enclave espagnole de Ceuta ont dû repartir au Maroc, l’Italie a rétabli les contrôles pour les voyageurs venant d’Espagne. Le gouvernement espagnol a dénoncé cette mesure, avant de riposter en contrôlant à son tour les arrivées d’Italie.

Une fois de plus, les gouvernements européens rivalisent pour présenter les hommes et les femmes qui cherchent une vie meilleure comme des envahisseurs menaçants. Et à chaque surenchère, l’Europe ajoute de nouvelles barricades à sa forteresse.

Argenteuil, AB Habitat, cité Joliot-Curie, nettoyage des parties communes, quand le nettoyage laisse à désirer

 

Quand les cités populaires cumulent les soucis…

 

 

Ce n’est pas nouveau, mais le nettoyage des parties communes, des escaliers en particulier, n’est pas fait correctement, en tout cas partout. Si le service est effectué par une entreprise privée, le bailleur AB Habitat qui l’a choisie est totalement responsable d’un service qui n’est pas rendu.

         C’est habituel, pour obtenir le marché, les sociétés de nettoyage qui l’ont obtenu pour le coût le plus bas possible répercute le service… en ne le rendant pas complètement, en rognant sur les effectifs, sur le matériel, et y compris sur les produits d’entretien nécessaires.

           Les travailleurs et travailleuses sont devant une tâche difficile à assumer. "Je fais ce que je peux" dit l'une d'entre elles chargée des cages d'escalier de tout un bâtiment. C'est le bailleur qui crée une telle situation, néfaste pour les locataires et les travailleurs, qui doit y mettre un terme au plus vite. 

         Cet été aura été difficile pour les habitants restés dans cette cité loin du centre d’Argenteuil. Les épisodes de canicule à répétition ont usé les organismes. Avec ce cinquième, c’est le bouquet, pour les anciens en particulier.

         Et il faut en plus qu’un service essentiel à la propreté et à l’hygiène  de tous ne soit pas rempli correctement…

mardi 11 août 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 10 août 2026

 Catastrophes de l’été : les capitalistes sont le problème, les travailleurs ont les solutions

10/08/2026

 

Les incendies géants à peine maîtrisés, un nouvel épisode de canicule s’installe sur le pays, tandis qu’une sécheresse historique menace la production agricole.

La récolte de fruits et légumes pourrait baisser de moitié, le rendement du maïs va chuter, tandis que les troupeaux vont manquer de fourrage. À peine les pénuries annoncées, les prix flambent dans les supermarchés.

Dans toute l’Europe, des centrales nucléaires sont mises à l’arrêt parce que les cours d’eau sont trop chauds pour les refroidir. Même le Danube et le Rhin, deux grands fleuves essentiels pour le transport de marchandises à travers l’Europe, sont menacés d’assèchement !

Les catastrophes qui se succèdent n’ont pas que des conséquences économiques. Au travail ou dans les logements surchauffés, la chaleur transforme le quotidien en enfer. Elle fait souffrir et elle tue. En France, la canicule de juin a tué 6 000 personnes. En Inde, chaque semaine de canicule en tue au bas mot 30 000.

Ces catastrophes ne doivent rien à la fatalité. Elles sont le résultat du réchauffement climatique annoncé par les scientifiques depuis 20 ou 30 ans. Celui-ci est provoqué par l’industrie lourde, le transport, la construction, l’agriculture intensive, la déforestation à grande échelle.

 

Les capitalistes détruisent la planète

Ce ne sont pas les « activités humaines » en général qui provoquent le réchauffement. C’est une organisation économique et sociale basée sur la concurrence et la propriété privée, où la petite minorité qui possède les capitaux est prête à faire crever l’humanité pour accumuler plus de profits.

Ainsi la production et la distribution de l’énergie fossile dans le monde est entre les mains d’une dizaine de grandes compagnies dont la française TotalEnergies. Ces multinationales se disputent les gisements et les marchés. Elles provoquent ou profitent des guerres et des crises économiques pour accumuler les milliards sans jamais se soucier des conséquences de leurs actes.

Après avoir financé des organisations qui niaient le réchauffement, ces compagnies investissent désormais dans l’électricité, l’éolien ou le solaire, tout en continuant à forer et à ouvrir de nouveaux gisements. Car, comme l’exprimait avec cynisme le PDG de TotalEnergies lors d’une université du Medef : « Il y a le point de vue des scientifiques et la vie réelle ». Autrement dit, les profits immédiats passent avant la planète.

 

L’État ne défend que les plus riches

Face au chaos engendré par l’irresponsabilité des capitalistes, nous ne pouvons pas compter sur l’État, quelle que soit l’écurie politique qui le dirigera l’an prochain.

Bien sûr, en pleine crise, les ministres s’agitent. Ils ont multiplié les promesses aux pompiers et ont commandé des climatisations pour les hôpitaux. Mais passé l’été, les commandes de Canadairs seront une nouvelle fois suspendues sous prétexte du déficit public et les services publics mis au régime sec.

On ne peut jamais compter sur l’État. Même pour lutter contre les incendies, organiser le ravitaillement des pompiers, créer des coupe-feux ou gérer l’accueil des sinistrés, la population a dû se mobiliser pour suppléer à ses défaillances.

Face à la sécheresse, les syndicats agricoles, la FNSEA et la Coordination rurale réclament un « plan massif et immédiat ». Nul doute que les « milliards d’euros » réclamés profiteront aux plus gros, les céréaliers de la Beauce ou le groupe de salades Florette.

Même les mesures supposées remédier à la sécheresse, par exemple le droit de construire des méga-bassines pourtant si contestées, aggraveront les inégalités entre agriculteurs sans résoudre le manque d’eau.

Toutes les instances de l’État, toutes les lois sont conçues pour défendre les intérêts des possédants, des riches et du grand patronat.

Se protéger du réchauffement climatique et l’enrayer nécessite de faire passer les intérêts de la population et l’avenir avant les profits de quelques-uns. Et cela ne peut se faire sans réorganiser de fond en comble la production et la distribution de toutes les richesses.

Il est vital de remplacer la concurrence et l’anarchie de l’organisation actuelle par le recensement des besoins et des ressources et par la planification de la production, à l’échelle de la planète.

Les travailleurs savent faire preuve d’initiative, de compétence et de dévouement lors de chaque crise. Il leur reste à trouver la conscience et le courage d’exproprier la petite minorité de grandes familles capitalistes qui ont la main sur l’organisation de l’économie.

                                                                  Nathalie Arthaud

L’amiante, une ville marquée par un drame de santé publique : Condé-sur-Noireau

 Condé-sur-Noireau : amiante, un drame sans fin

En juillet, un dépôt sauvage de 4 tonnes d’amiante a été découvert dans un bâtiment désaffecté à Condé-sur-Noireau, dans le Calvados.

Publié le 05/08/2026

On ne sait pas encore qui est à l’origine de ce dépôt d’amiante, mais on sait en revanche que plusieurs générations de travailleurs ont eu leur vie ravagée par cette matière, à Condé comme ailleurs, du fait de l’irresponsabilité des capitalistes.

À la fin du 19e siècle, des filatures d’amiante se sont installées à Condé-sur-Noireau. Dès 1906, un inspecteur du travail informait ses supérieurs que dans une de ces usines, 50 personnes étaient décédées en cinq ans du fait des poussières d’amiante. Par la suite, des études confirmèrent ce que les ouvriers savaient d’expérience depuis longtemps : la responsabilité de l’amiante dans la survenue de fibroses pulmonaires fut prouvée dès 1930, et son caractère cancérogène fut établi en 1960.

Cela n’empêcha pas l’entreprise Ferodo d’ouvrir, la même année 1960, une usine d’équipement automobile utilisant de l’amiante, qui allait employer jusqu’à 2 500 personnes. Valeo, Bendix, Allied Signal puis Honeywell reprirent tour à tour l’entreprise jusqu’à sa fermeture en 2013. Les fibres d’amiante empoisonnèrent non seulement les ouvriers et leurs familles, mais aussi tous les riverains, au point que la vallée où était située l’usine fut surnommée la « vallée de la mort ». En théorie, les industriels étaient censés recycler l’amiante dans des centres spécialisés ; mais déjà à l’époque, ils se contentaient parfois de l’enfouir dans un champ ou de le laisser dans un bâtiment désaffecté.

Les patrons ont tout fait pour empêcher l’interdiction de l’amiante, qui n’a été prononcée qu’en 1997. Et depuis, les ravages continuent : les maladies liées à l’amiante font entre 3 000 et 5 000 morts tous les ans dans le pays, et les vieux bâtiments qui en contiennent, en se dégradant, continuent d’en relâcher dans l’environnement.

Alors, le minimum serait que les patrons paient intégralement le désamiantage de tous les bâtiments, ainsi que les soins médicaux des victimes de l’amiante. Et au-delà, seul un contrôle des travailleurs sur les procédés de production pourra interdire qu’ils y risquent leur santé.

                                                 Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3027)

Bus RATP : Cabine de conduite ou cabine de cuisson ?

 

Difficiles habituellement, impossibles avec la canicule

 

 

La RATP a été mise en demeure par l’inspection du travail qui a relevé des températures extrêmes début juillet : plus de 42° dans une cabine de conduite, 39° dans une salle de repos… Des salariés avaient déjà dénoncé ces conditions dangereuses pour eux et les usagers. La direction de la RATP était donc parfaitement au courant. Elle attend peut-être l’hiver pour trouver une solution ?