lundi 27 juillet 2026

Ukraine : règlements de comptes au sommet

 Ukraine : règlements de comptes au sommet

 Le remaniement gouvernemental, survenu mi-juillet en Ukraine, a suscité la grogne au sein même du parti du président Zelensky et des manifestations contre sa décision. Cela a été aussi l’occasion d’étaler au grand jour ce qui motive les dirigeants du pays quand ils exhortent la population à aller « défendre la patrie ».

Publié le 22/07/2026

 

En changeant de Premier ministre, Zelensky a voulu faire passer dans la foulée le limogeage de son ministre de la Défense. Ce Fedorov, qu’il avait nommé en janvier, il l’encensait jusqu’à récemment encore pour avoir obtenu d’Elon Musk qu’il ferme l’accès à Starlink, son système de communication satellitaire, à l’armée russe, ce qui handicape ses drones à longue portée.

Mais ce qui valait une certaine popularité à ce ministre, jeune technocrate clamant sa volonté de réformer l’armée pour la rendre plus efficace, dressait contre lui l’état-major et son chef Syrsky, qu’il mettait en cause. Cela indisposait aussi Zelensky, qui voyait là un rival s’affirmer, alors même que la cote du président a baissé.

Affaibli par les affaires de corruption à répétition et son incapacité à emporter une victoire sans cesse promise, Zelensky voit son propre pouvoir fourmiller de rivaux. Et ceux-ci se positionnent auprès des États soutenant l’Ukraine, à l’instar de Fedorov qui déclare n’avoir fait que se conformer « aux exigences de l’OTAN et au bon sens ». Et pour prendre date, si jamais les parrains ouest-européens du régime de Zelensky venaient à vouloir le remplacer, Fedorov se présente comme adversaire de la corruption au sein de l’institution militaire, un phénomène tel que l’UE finit par s’en agacer.

Fedorov a aussi incité ses partisans à dénoncer dans la rue le chef d’état-major Syrsky, accusé de couvrir la corruption de la hiérarchie militaire et, de fait, Zelensky, qui le protégeait. Ces manifestations, qui même peu nombreuses viennent d’obliger Zelensky à évincer son chef des armées contesté, mettent à nouveau le président ukrainien au centre des questions de corruption. Comme il y a un an, lorsqu’il avait tenté, sans succès, de neutraliser les agences officielles anticorruption.

La presse ukrainienne signale que l’organisation des actuelles manifestations doit beaucoup à l’oligarque mafieux Kolomoïsky, le même qui avait propulsé Zelensky à la tête du pays, dans l’espoir d’y avoir un homme à sa botte. Le président ayant fini par l’envoyer en prison, il semble désormais miser sur Fedorov…

Face à ceux qui le contestent au sommet en cherchant des relais dans la rue, Zelensky a mobilisé les réseaux sociaux amis. Mais la polémique entre les uns et les autres fait qu’on assiste à un grand déballage où chaque coterie opposée apparaît trempant jusqu’aux oreilles dans d’énormes scandales d’argent.

Ainsi, a-t-on appris, le « réformateur » et « chevalier blanc » Fedorov est personnellement lié à Skyfall, le principal fabricant de drones en Ukraine, auquel son ministère passait systématiquement commande. Évidemment, cela s’opposait aux intérêts d’autres fabricants de drones, dont FirePoint, auquel sont liés Zelensky et son entourage ! Entre les clans en lutte au sommet du pouvoir, ce sont donc de très concrets règlements de comptes auxquels on assiste.

La presse française et européenne en général s’extasie sur « l’expertise » acquise par l’armée ukrainienne en matière de drones. Mais elle garde un silence remarquable sur les hauts faits en ce domaine des affairistes, bureaucrates et oligarques qui se disputent le pouvoir à Kiev. Non pas par ignorance, mais parce qu’il ne faudrait pas cracher dans la soupe guerrière que concoctent ces bons amis de l’UE, de l’OTAN et des grands groupes occidentaux.

                                                       Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°3025)

Argenteuil, gare routière. Le transport, une priorité pour les travailleurs, dont le patronat, le premier bénéficiaire pourtant ne s’intéresse que de très loin.

 

Une galère de plus

 



  

Ce sera un nouveau coup dur pour les travailleurs qui transitent par la gare d’Argenteuil. Pendant deux mois, du 10 août au 9 octobre prochains, l’accès aux bus à la gare routière d’Argenteuil va être bousculé, en conséquence de travaux qui vont y avoir lieu, en liaison, nous dit-on, avec les problèmes du parking souterrain de cette gare que nous évoquions il y a quelques jours.

         Les problèmes de cette gare routière sont anciens et multiples. Un de plus va occasionner des difficultés supplémentaires aux usagers des bus déjà habituellement malmenés.

         Le transport est essentiel au fonctionnement de l’économie capitaliste. Les transformations qui ont lieu depuis 20 ans dans le cadre du Grand Paris n’ont pas eu comme objectif premier de faciliter le transport des travailleurs sans lesquels pourtant cette économie ne fonctionnerait pas, mais bien d’autres considérations bien plus prioritaires, en relation avec les intérêts capitalistes.

Le transport est en revanche une priorité pour les travailleurs qui habitent dans les banlieues, et parfois lointaines. À Argenteuil, il est catastrophique pour eux.

L’avenir est à la refonte d’une urbanisation et des liaisons de transports nécessaires. Ce sera un aspect de l’action des travailleurs eux-mêmes ayant pris le pouvoir. En attendant, ils peuvent et doivent s’organiser pour que leurs difficultés de transport et l'information  véritable des difficultés deviennent des paramètres des décisions des transporteurs et de l’État dont ce n’est pas la fonction habituelle première, loin de là. DM

dimanche 26 juillet 2026

Réseaux sociaux : miroir de la société

 Réseaux sociaux : miroir de la société

Le Parlement a adopté, mardi 21juillet, linterdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. La mesure devrait être suivie de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées à la rentrée de septembre.

Publié le 22/07/2026

Dans un discours en juin2026, Macron avait affirmé quil sagissait pour lui de protéger les jeunes de ces réseaux sociaux, évoquant la souffrance, la solitude et les complexes générés par les plateformes. Ces problèmes sont indiscutables, mais il faut tout de même tout le mépris d’un président et d’un gouvernement au service des plus riches pour prétendre se préoccuper de la santé des jeunes. Gouvernement après gouvernement, année après année, ils ont fermé les postes de psychologues scolaires, sans parler des infirmières, des médecins, qui pourraient repérer les addictions, avec qui enfants et adolescents pourraient échanger. Les budgets sociaux, qui permettent de faire fonctionner des maisons de quartier, de maintenir des clubs de sport à bas coût dans les quartiers, etc., bref, d’établir des liens sociaux qui n’ont rien de virtuel, sont en baisse constante. Quant à la violence à laquelle les jeunes sont exposés sur les réseaux sociaux, elle ne semble pas gêner le président lorsqu’il propose de les entraîner à la guerre à travers des stages avec l’armée et des formations.

La violence, le sexisme, le racisme, l’individualisme, le culte de la beauté ou de l’argent-roi… sont autant d’idées qui pourrissent les relations sociales des jeunes et des moins jeunes, qu’ils soient accros aux réseaux sociaux ou non. Car ces idées réactionnaires ne se retrouvent pas uniquement sur Snapchat ou TikTok : elles imprègnent toute la société capitaliste. Les plateformes obéissent, comme le reste de l’économie, à la loi du profit, et ne reculent devant rien, pas même devant le jeune âge de leurs utilisateurs, pour vendre leurs produits, placer leurs publicités, et rendre accro leur public.

L’interdiction des réseaux sociaux a en fait peu de chances d’être réellement suivie d’effets, car les jeunes ont déjà trouvé des moyens de contourner les barrières mises en place. En Australie, où la mesure est déjà appliquée depuis quelques mois, des parents ont dû remuer ciel et terre pour faire fermer le compte que leurs adolescents avaient réussi à ouvrir après l’interdiction.

Alors contre les violences de ce monde, les jeunes n’auront qu’une seule solution efficace : le changer !

                                                     Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°3025)

Hausse des prix : attaques en règle

 Hausse des prix : attaques en règle

Les prix des carburants sont repartis à la hausse depuis la reprise des frappes américaines sur l’Iran en juillet.

Publié le 22/07/2026

Les majors du pétrole, dont TotalEnergies fait partie, saisissent une nouvelle fois l’occasion de peser sur le cours du baril de Brent en spéculant sur les marchés et en agitant la menace de pénurie pour justifier cette hausse des prix. Elles réalisent ainsi de véritables profits de guerre, grâce à des opérations financières très rentables. En mars dernier, au commencement de la guerre, Total avait acheté des stocks énormes de brut en pariant sur la flambée de son cours. Le trust avait ainsi engrangé un milliard d’euros.

Plus généralement, la hausse des prix n’a rien d’une fatalité. À chaque fois, et quel que soit le prétexte, elle est décidée par les capitalistes pour augmenter leurs profits. Ils se moquent des répercussions sur l’ensemble de la population, comme de leur premier milliard !

Pour ne pas se retrouver pris à la gorge, les travailleurs ne peuvent compter que sur la force qu’ils représentent s’ils s’organisent pour imposer, ensemble, une hausse générale des salaires et leur indexation sur les prix.

                                         Roberto Talmer (Lutte ouvrière n°3025)

Impôts : nul devoir ne s’impose aux riches

 

Vous avez dit « optimisation fiscale » ?

 


 

Un rapport parlementaire révèle qu’une partie des 50 plus grandes fortunes immobilières ne paie pas l’impôt sur la fortune immobilière. Il détaille l’augmentation des patrimoines depuis les années 1980 et la baisse des impôts qu’ils acquittent.

         Les plus riches touchent des revenus du capital en dividendes ou en plus-values, les stockent dans des sociétés holding, pour afficher un revenu non imposable. « La richesse se développe sans jamais entrer dans l’impôt » résume le député chargé de l’enquête, pour aussitôt affirmer : « On ne redressera pas les finances publiques en taxant les riches ». Les riches n’ont rien à craindre.

         Les paroles de l’Internationale continuent de sonner juste : « l’impôt saigne le malheureux ».

Etats-Unis et Cuba : pompiers pyromanes

 

Un embargo économique responsable de la catastrophe actuelle

  


Le gouvernement américain a annoncé avoir envoyé à Cuba un vol humanitaire, prétendant avoir un plan pour distribuer 100 millions de dollars d'aide humanitaire au peuple cubain. En réalité, ce vol contient à peine de quoi satisfaire 700 familles, et son contenu sera distribué sous le contrôle de l'Église.

Washington essaie de jouer le rôle du bon samaritain à peu de frais. Peut-être pour faire oublier c'est son embargo économique depuis 1962 qui a créé la catastrophe actuelle.