vendredi 10 juillet 2026

Argenteuil, conseil municipal et patrimoine : le boulot est devant nous

 

Un travail collectif à entreprendre et développer

 


 


 

Deux points de l’ordre du jour du dernier conseil municipal concernaient la question du patrimoine. L’un concernant l’adhésion à un « pass patrimoine » permettant des réductions et d’y inclure la Maison impressionniste du boulevard Karl Marx. L’autre, le vote d’un partenariat avec deux offices du tourisme, celui de Saint-Germain en Laye Boucle de Seine et celui de Cergy Pontoise, avec l’idée encore de promouvoir ladite Maison impressionniste.

         Franchement tout cela est très bien, mais traduit la difficulté à faire venir les visiteurs pour cette Maison pour le moins très intéressante. On est loin de voir encore des cars de touristes japonais et états-uniens arrêtés le long de l’avenue Karl Marx. À ce propos, combien d’entrées de visiteurs pour ce site lié à l’impressionnisme en 2025, hormis les écoliers d’Argenteuil ?

         Nous sommes aussi des combattants de la culture, et donc du patrimoine, ces vestiges importants du passé qui méritent qu’on les garde en mémoire, une mémoire digne d’être conservée tout comme les bâtiments et autres qu’il faut préserver.

         Comme chacun sait, le patrimoine d’Argenteuil va bien au-delà de la Maison impressionniste. Il serait bon que la municipalité en fasse véritablement l’inventaire et entreprenne les initiatives légales pour le protéger, telle l’enseigne de l’ancienne imprimerie Coulouma de la rue de Diane.

         Pour finir, je vous conseille l’achat d’une excellente brochure sur la question diffusée par Les Ateliers d’Histoire-Sous les couvertures. Joignez-moi. 3 euros l’exemplaire. DM

jeudi 9 juillet 2026

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

RN : Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie

Quelques heures après le jugement de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, sur l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen annonçait sa candidature à l’élection présidentielle au JT de TF1.

Publié le 08/07/2026

La cour d’appel a confirmé la condamnation pour détournement de fonds publics des douze cadres du RN qui avaient contesté la décision de première instance. Mais elle a soigneusement calibré la peine de Marine Le Pen pour lui permettre d’être candidate à l’élection présidentielle. Elle l’a même revendiqué en invoquant « la liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». La dirigeante du RN, après avoir été rejugée dans un délai record dont rêverait n’importe quel justiciable ordinaire, a donc vu sa peine fortement réduite. Elle a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont 15 mois ferme, et à trois ans de prison, dont un an ferme exécutable sous bracelet électronique.

Forte de ce jugement qui met un terme à sa période d’inéligibilité, Marine Le Pen annonçait dès 20 heures qu’elle se pourvoyait en cassation. Un tel pourvoi, qui devrait intervenir après l’élection, suspendrait sa peine et donc le port d’un bracelet. La justice est décidément bien faite pour les puissants disposant d’une armée d’avocats, surtout quand ils apparaissent aux yeux de toute une fraction de l’appareil d’État comme un recours possible face à la crise politique du pays.

Balayant le risque d’une nouvelle condamnation, misant sur son immunité en cas de victoire, la cheffe du RN en appelle désormais à la sagesse des électeurs « qui seront juges ». Comme tant d’autres politiciens, à commencer par l’ex-président Sarkozy, Le Pen se considère donc au-dessus des lois qu’elle estime toujours trop clémentes pour les délinquants ordinaires.

Le suspens entretenu entre le plan A-Le Pen et le plan B-Bardella étant levé, le duo peut donc partir en campagne, bras dessus, bras dessous. Dédaignant les commentaires sur leur rivalité, Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant », elle à l’Élysée, lui à Matignon. Autrement dit, les deux larrons se partageront le travail pour tenter de séduire le plus grand nombre d’électeurs. Le Pen, la riche héritière qui a su prendre au bon moment ses distances avec son père, incarnera la continuité historique de son parti tout en cultivant son image de « candidate du peuple ». Bardella continuera à draguer les électeurs de la droite traditionnelle en prônant moins de taxes, des coupes budgétaires massives voire l’introduction de la retraite par capitalisation. Les deux s’inclinent très bas devant le grand capital.

Quant au fonds de commerce permanent du RN, repris jusqu’à la nausée par la plupart de ses concurrents, la xénophobie et la stigmatisation incessante des étrangers accusés de tous les maux, il rend aussi un immense service au grand patronat. Il divise les travailleurs dans une période où leur unité pour se défendre face aux attaques patronales est plus que jamais nécessaire et il leur fait oublier que les responsables du chômage, des bas salaires et de la vie chère sont les capitalistes.

Loin d’être le parti antisystème qu’il a prétendu être pour attirer les électeurs des classes populaires écœurés par la politique des gouvernements successifs, le RN se prépare donc à gouverner au service de la bourgeoisie. S’il est illusoire de croire qu’on pourrait empêcher la progression de l’extrême droite par une décision de justice, on ne l’enrayera pas non plus en restant sur le terrain des élections, comme le proclament les concurrents de Le Pen. Pour stopper la progression de ces idées et l’évolution réactionnaire de toute la société, la seule voie est que les travailleurs retrouvent la conscience qu’ils font fonctionner toute la société. Ils sont les plus légitimes pour la diriger et les seuls capables de proposer une alternative pour sortir le monde de l’impasse dans laquelle le capitalisme l’enfonce.

                                                      Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3023)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 10 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché Héloïse.

 

SNCF : Trop chaud pour les trains, en clair : que les voyageurs se débrouillent !

 

Impréparation et irresponsabilité

  

Le transport des voyageurs a souffert des mêmes maux que les hôpitaux ou les écoles : impréparation et irresponsabilité des gouvernants. Wagons surchauffés, trains supprimés : bloqués pendant des heures, des centaines de milliers de voyageurs sont devenus des naufragés du rail. Le responsable SNCF Voyageurs (Fanichet) a supprimé carrément 10 % des trains, plus d’un millier (TGV, Intercités ou TER). Il annonçait être prêt à à en supprimer d’autres... et  que les voyageurs se débrouillent ! 

         L’infrastructure est désuète ou souvent inadaptée à de telles chaleurs : les rails, à 90 % en acier, se dilatent avec la chaleur et compromettent les circulations. Les caténaires, câbles d’alimentation électrique des rames, se dilatent eux aussi et se détendent, pouvant être arrachés au passage d’un train. Là encore le responsable a la solution : " si un train se retrouve sans alimentation électrique, les passagers doivent être évacués dans les 30 minutes". Mais le 22 juin, des voyageurs d’un TGV, bloqué quatre heures en pleine voie près de Dijon, ont vécu un cauchemar : plus de climatisation ni de toilettes, la température est montée à plus de 50 °C. Les malaises se sont multipliés parmi les voyageurs. 

         Le quotidien des travailleurs utilisant les rames de banlieue a aussi été un calvaire. Officiellement, 69% des rames RER franciliennes ont une climatisation, souvent une simple " ventilation réfrigérée " qui fait baisser la température de quelques degrés, sauf si la rame est bondée. Et en fait, les rames sont souvent surchauffées. Tout manque, et d’abord le matériel roulant adéquat. Sur des lignes TER ou Intercités circulent des trains Corail des années 1970 dont la climatisation tombe en panne dès qu’il fait chaud. Le nombre de TGV a lui-même diminué de 482 à 376 rames entre 2014 et 2023 pour des raisons d’économies et il est impossible de prendre le temps d’effectuer l’entretien indispensable dans les ateliers. Le réseau est vieillissant.

Les cheminots sont victimes eux aussi de cette situation. Ils sauraient mille fois mieux planifier et diriger les chemins de fer pour leur permettre de transporter confortablement et en toute sécurité les millions de voyageurs.