RN :
Le Pen candidate pour servir la bourgeoisie
Quelques heures après le jugement
de la cour d’appel de Paris, le 7 juillet, sur l’affaire des assistants
parlementaires européens du Front national, Marine Le Pen annonçait sa
candidature à l’élection présidentielle au JT de TF1.
Publié le 08/07/2026
La cour d’appel a confirmé la
condamnation pour détournement de fonds publics des douze cadres du RN qui
avaient contesté la décision de première instance. Mais elle a soigneusement
calibré la peine de Marine Le Pen pour lui permettre d’être candidate à
l’élection présidentielle. Elle l’a même revendiqué en invoquant « la
liberté des candidatures » et « le libre choix des électeurs ». La
dirigeante du RN, après avoir été rejugée dans un délai record dont rêverait
n’importe quel justiciable ordinaire, a donc vu sa peine fortement réduite.
Elle a été condamnée à 45 mois d’inéligibilité, dont 15 mois ferme,
et à trois ans de prison, dont un an ferme exécutable sous bracelet
électronique.
Forte de ce jugement qui met un
terme à sa période d’inéligibilité, Marine Le Pen annonçait dès 20 heures
qu’elle se pourvoyait en cassation. Un tel pourvoi, qui devrait intervenir
après l’élection, suspendrait sa peine et donc le port d’un bracelet. La
justice est décidément bien faite pour les puissants disposant d’une armée
d’avocats, surtout quand ils apparaissent aux yeux de toute une fraction de
l’appareil d’État comme un recours possible face à la crise politique du pays.
Balayant le risque d’une nouvelle
condamnation, misant sur son immunité en cas de victoire, la cheffe du RN en
appelle désormais à la sagesse des électeurs « qui seront juges ». Comme
tant d’autres politiciens, à commencer par l’ex-président Sarkozy, Le Pen se
considère donc au-dessus des lois qu’elle estime toujours trop clémentes pour
les délinquants ordinaires.
Le suspens entretenu entre le
plan A-Le Pen et le plan B-Bardella étant levé, le duo peut donc partir en
campagne, bras dessus, bras dessous. Dédaignant les commentaires sur leur
rivalité, Le Pen a parlé d’un « ticket gagnant », elle à l’Élysée, lui à
Matignon. Autrement dit, les deux larrons se partageront le travail pour tenter
de séduire le plus grand nombre d’électeurs. Le Pen, la riche héritière qui a
su prendre au bon moment ses distances avec son père, incarnera la continuité
historique de son parti tout en cultivant son image de « candidate du
peuple ». Bardella continuera à draguer les électeurs de la droite
traditionnelle en prônant moins de taxes, des coupes budgétaires massives voire
l’introduction de la retraite par capitalisation. Les deux s’inclinent très bas
devant le grand capital.
Quant au fonds de commerce
permanent du RN, repris jusqu’à la nausée par la plupart de ses concurrents, la
xénophobie et la stigmatisation incessante des étrangers accusés de tous les
maux, il rend aussi un immense service au grand patronat. Il divise les
travailleurs dans une période où leur unité pour se défendre face aux attaques
patronales est plus que jamais nécessaire et il leur fait oublier que les
responsables du chômage, des bas salaires et de la vie chère sont les
capitalistes.
Loin d’être le parti antisystème
qu’il a prétendu être pour attirer les électeurs des classes populaires écœurés
par la politique des gouvernements successifs, le RN se prépare donc à
gouverner au service de la bourgeoisie. S’il est illusoire de croire qu’on
pourrait empêcher la progression de l’extrême droite par une décision de
justice, on ne l’enrayera pas non plus en restant sur le terrain des élections,
comme le proclament les concurrents de Le Pen. Pour stopper la progression de
ces idées et l’évolution réactionnaire de toute la société, la seule voie est
que les travailleurs retrouvent la conscience qu’ils font fonctionner toute la
société. Ils sont les plus légitimes pour la diriger et les seuls capables de
proposer une alternative pour sortir le monde de l’impasse dans laquelle le
capitalisme l’enfonce.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°3023)
Les
prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :
-vendredi 10 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15,
carrefour Babou ;
-samedi 11 juillet, de 10 h.30 à midi, centre cl
de la cité Joliot-Curie,
-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 12 juillet, de 11 h. à midi au marché
Héloïse.