vendredi 3 juillet 2026

Canicule : le spectre de 2003

Canicule : le spectre de 2003

Lundi 29juin, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, tenait une conférence de presse pour faire le bilan de la canicule, comme si les conséquences de celle-ci étaient derrière nous.

Publié le 01/07/2026

Partant du chiffre annoncé par l’organisme Santé publique France de 1 000 morts et le comparant aux 15 000 morts de la canicule de 2003, le gouvernement fanfaronne. Mais ceux qui sont aux premières loges donnent un tout autre son de cloche.

Le médecin urgentiste Patrick Pelloux, qui déjà en 2003 avait dénoncé l’absence de mobilisation des pouvoirs publics, parle d’une situation « beaucoup plus dramatique », précisant au passage que le véritable chiffre des morts de 2003 est en fait de 22 000. Il explique que si l’État a mis cette fois-ci son attention – très partielle – sur les Ehpad, les conditions de logement et de vie de la population se sont considérablement dégradées. Et avec l’aggravation climatique conjuguée à la fermeture de plus de 120 000 lits d’hôpital, « on est dans une situation épouvantable », dit-il.

Les reportages sur les services d’urgence saturés en témoignent. Un médecin urgentiste de l’hôpital Robert-Ballanger à Aulnay-sous-Bois en banlieue parisienne, comparant les deux canicules, dit que cette fois-ci « on atteint des pics de températures beaucoup plus élevés, qui ont touché des populations plus jeunes » et que, « à l’époque, on n’avait pas eu d’arrêts cardiaques chez les moins de 60 ans et les gens ne mouraient pas dans les services à cause de la chaleur ».

Le chiffre d’un millier de morts ne comptabilise en réalité que les remontées des certificats de décès avant le 28juin. Or, bien des gens ont été fragilisés par les efforts quils ont dû fournir au travail ou simplement à cause de la chaleur insupportable chez eux. Déjà, les funérariums sont surchargés. Ceux de Paris et de plusieurs municipalités de banlieue sont saturés. Près de Châteauroux, un patron d’une entreprise de pompes funèbres parle d’une « hécatombe » précisant que les gens décédés n’étaient « pas vieux ». Il décrit l’environnement des morts qu’il récupère chez eux : « Les bâtiments excessivement chauds » et « les corps au point de rupture ».

Lecornu a été obligé de mentionner ce problème. Mais il a osé prétendre disposer d’un système de suivi qui « théoriquement fonctionne bien » mais que les fichiers des municipalités recensant les personnes vulnérables n’étaient « pas à jour ». Et il a annoncé l’activation du réseau des facteurs pour aller frapper aux portes des personnes âgées et malades. Encore faut- il que les effectifs des postiers le permettent !

En fait, la manière qu’a le gouvernement de traiter la crise est d’attendre que cela se passe. Alors, tout repose sur celles et ceux qui sont à la base et se démènent, avec les moyens du bord, pour trouver des solutions.

                                                         Pierre Royan (Lutte ouvrière n°3022)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 3 juillet, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 4 juillet, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,

 de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 5 juillet, de 10 h.40 à 11 h.40 au marché Héloïse.

 

Canicule, aucune anticipation à l’hôpital Saint Louis (Paris 10e)

Dans un mail, la direction de l’AP-HP nous a fait savoir que la canicule pouvait avoir "un impact important sur la santé des patients, des visiteurs et des équipes". Sans blague ! Et qu’a-t-elle pris comme mesures concrètes pour préserver notre santé ? Poser la question, c'est y répondre.

 

On ne lui fait pas dire

Entre la canicule de fin mai et celle de la mi-juin, il y a eu deux semaines de répit. La direction de l’AP-HP aurait pu en profiter pour faire installer des ventilateurs de plafond, poser des films isolants sur les vitres, installer des volets, comme ça a été le cas dans certaines écoles parisiennes. Mais non. Le soir de la Fête de la musique, alors qu’on suffoquait à l’hôpital, ça n’a pas empêché la ministre de la Santé d’affirmer, sans rire, que "le travail des ministres, c’est l’anticipation"…

 

Un nouveau four

Avec la canicule, des salles d’opération sont montées à 25-26 degrés, parfois 30, en fonction des machines ou outils utilisés. Certaines ont dû être fermées. Encore un bel exemple "d’anticipation" à ajouter au palmarès de la direction !

 

Il n’y a plus de saison

Six lits fermés en Pneumologie, quatre en Hémato-Oncologie, quatre salles d’opération fermées au Bloc opératoire… Tout ça, avant même les congés d’été ! Et avant même la canicule. À St-Louis, la fermeture estivale, c’est toute l’année

                                             (extraits du bulletin LO de l'hôpital)  

 

Canicule et santé, quand on ne peut pas travailler, on arrête de travailler. Chez les Territoriaux de Belfort comme partout

 

Les éboueurs ont montré la voie

 

 

Jeudi 25 juin, premier jour classé vigilance rouge à Belfort, les éboueurs ont unanimement refusé de démarrer leur tournée à 5h.

         Les camions sont restés au dépôt et les éboueurs au réfectoire, faisant valoir leur droit de retrait.

         Ils exprimaient leur ras-le-bol après dix jours à travailler dans des conditions devenues insupportables ayant entrainé des malaises chez plusieurs d’entre eux.

         Ils réclamaient de commencer et terminer leur tournée une heure plus tôt, de 4h à 11h. Ils ont été rejoints en milieu de matinée par les équipes de la Propreté urbaine qui ont refusé, à leur tour, de reprendre le boulot après leur pause.

          Face à cette détermination, la direction, d’abord sourde, a dû lâcher sur toute la ligne en payant la journée et en adaptant les horaires en vigilance orange et rouge. Une réaction collective qui a fait du bien à tout le monde.