Drôme :
solidarité, bénévolat et système D
Dans la Drôme, un feu de forêt a
ravagé le massif au-dessus de Die pendant près d’un mois, du 24 juin au
15 juillet,
brûlant près de 4
400 hectares, faute de moyens
suffisants pour le fixer.
Publié le 29/07/2026
Les rares Canadair se sont fait
attendre, car mobilisés sur d’autres incendies, et ne sont intervenus que six
jours après le début du sinistre.
Quant aux moyens humains, là
aussi c’est de plus en plus compliqué. L’indemnisation des pompiers volontaires
est encore inférieure au smic et ils dépendent du bon vouloir de leur
employeur, qui n’est pas tenu de les libérer en cas d’urgence. Dans certains
cas, des pompiers ont posé des congés sans solde pour pouvoir partir en
intervention. Le ministère de l’Intérieur a simplement « demandé » aux
entreprises de faire preuve de solidarité, sans toutefois leur imposer quoi que
ce soit. Il sait pourtant envoyer des gendarmes pour réquisitionner des
travailleurs quand il le veut ! Il l’avait fait contre les grévistes des raffineries
lors de la mobilisation pour les retraites de 2023.
À Die, comme dans bien des zones
sinistrées, c’est en réalité la solidarité des habitants qui a pallié ce manque
de moyens. Certains ont sillonné le département pour ravitailler les pompiers en
nourriture et en kits d’hygiène, d’autres ont assuré le lavage des tenues
d’intervention, ou encore le débroussaillage pour contenir l’avancement du feu.
Des agriculteurs ont aidé à la création d’une station de recharge en eau pour
raccourcir les trajets. Des chauffeurs VTC ont ramené des pompiers chez eux,
après des heures de lutte éprouvante. Ce sont tous ces efforts et initiatives
qui ont permis d’épauler les pompiers car les autorités, elles, étaient bien
souvent aux abonnés absents.
Correspondant LO (Lutte
ouvrière n°3026)