Présomption
de légitime défense : le droit de tuer
Une pétition contre la loi sur la
« présomption de légitime défense » pour les policiers et gendarmes, adoptée à
l’Assemblée nationale le 7 juillet, avait reçu, lundi 13 juillet,
plus de 600 000 signatures.
Publié le 15/07/2026
La pétition a été déposée par le
père d’un jeune homme de 19 ans, tué en 2021 à Marseille par un tir
policier lors d’un contrôle routier.
Avec cette nouvelle loi, les
policiers et gendarmes seront présumés avoir agi en respectant la
réglementation, qui leur permettait déjà de tirer sur des personnes ou des
véhicules dans certaines circonstances, par exemple s’ils prennent la fuite et
sont susceptibles de menacer la vie d’autrui. Mais ils n’auront plus à prouver
que leur tir était légitime. En outre, la garde à vue immédiate des policiers
ayant tiré n’aura plus lieu d’être. Les agents mis en cause auront donc tout le
temps de se concerter sur une version « acceptable » des faits.
La loi a été proposée par un
député Les Républicains, Éric Pauget, et soutenue par le ministre de
l’Intérieur, Laurent Nuñez, et le gouvernement. Elle a évidemment été votée par
les députés d’extrême droite, pour qui la présomption de légitime défense était
une revendication depuis l’époque de Jean-Marie Le Pen, mais
aussi par ceux de droite et une très large
majorité de ceux du camp présidentiel. Les députés de gauche ont voté
contre.
Après le vote, des familles et
des proches de victimes de tirs policiers qui assistaient au débat depuis les
tribunes de l’Assemblée, dont Assa Traoré, la sœur aînée d’Adama Traoré, tué
par la police en 2016, ont manifesté leur colère en reprenant le slogan : «
Pas de justice, pas de paix », et ont été évacués.
La France est le pays de l’Union
européenne qui compte déjà le plus de tués et de blessés par les forces de
répression : 49 morts en 2025, dont 19 par des tirs d’armes à feu ;
22 morts depuis le début de 2026. Preuve s’il en faut que la loi était
loin, jusqu’à aujourd’hui, d’empêcher la police de tirer, mais le gouvernement
veut aller encore plus loin en garantissant par avance l’impunité à ceux qui
ont la gâchette facile.
Hélène
Comte (Lutte ouvrière n°3024)