mercredi 15 juillet 2026

Incendies : catastrophes sans fin

 

L’État bichonne les Rafales, pas les Canadairs

  


Les incendies de l’été ont déjà ravagé 32 000 hectares, davantage que l’année dernière, qui avait déjà atteint un record. Et que se passe-t-il entre deux catastrophes ? Rien. Après les incendies de 2022, le gouvernement avait promis le renouvellement et l’agrandissement de la flotte vieillissante des Canadair, mais il s’est empressé d’oublier la promesse sitôt l’été passé. Par contre, les Rafale, eux, sont passés de 152 en 2022 à 286 en 2026. Pour ça, les promesses sont tenues…

Chaleur extrême, plan minimal

 

Quand le gouvernement brasse de l’air

 

 

Le gouvernement a déclenché le « plan ORSEC chaleur extrême ». S’agit-il de financer en urgence la climatisation des hôpitaux ? D’imposer aux entreprises des mesures de protection pour les travailleurs ?

Non. Il s’agit d’ouvrir « des centres de protection, des centres de rafraîchissement » destinés aux personnes âgées et aux sans-abris ce que font déjà bien des communes. Et rien ne garantit que l’annonce soit réellement suivie d’effet.

Le gouvernement brasse de l’air, mieux vaut un bon ventilateur.


Argenteuil, la canicule, un révélateur de la catastrophe capitaliste. À tous les niveaux de l’appareil d’État

Une municipalité qui joue à son niveau la même partition

 

 

C’est bien moi, vous reconnaissez mes sandales

Je voulais visiter dimanche dernier l’exposition à l’Atelier sur les artistes urbains. Je pars, et l’expo s’achève à la fin de la semaine. Pas de chance pour moi, elle était fermée la veille et ce dimanche. On étouffait dans ce lieu non climatisé, plus de 40 degrés, impossible de tenir, il a fallu fermer, à l’image de tant d’autres lieux dont on n’a pas prévu depuis des années la protection thermique. Tant pis pour moi, tant pis pour la connaissance.

         En voyant plus loin, la canicule a bien été un révélateur de la catastrophe capitaliste

         C’est la seule conclusion de cette cinquantaine de jours de canicule qui a bousculé notre vie, usé notre santé, celle de nos proches, et hâté la fin d’anciens.

         Le fonctionnement capitaliste de la société vise au profit et à l’envol des fortunes des millionnaires et milliardaires qui n’ont jamais été aussi nombreux.

         Pendant ce temps, la planète se réchauffe et le climat se modifie.

         À toutes les échelles, imprévoyance et désastre pour le logement, les locaux, et les services publics utiles à la population.

         Les serviteurs de la bourgeoisie ont d’autres préoccupations en tête, de l’État aux troisièmes couteaux des collectivités locales. Nous en avons eu l’illustration durant toutes ces semaines difficiles à Argenteuil.

         Il est temps que les travailleurs qui font fonctionner la société en prennent la direction. Ils ne peuvent pas faire pire. Ils feront beaucoup mieux. DM

 

mardi 14 juillet 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 13 juillet 2026

 Ne marchons pas derrière le clairon qui sonne

Publié le 13/07/2026

                     © École polytechnique - J.Barande

Le défilé militaire du 14 juillet est paraît-il « hors norme » : davantage de soldats, de chars d’assaut, d’avions de chasse… Il s’agit « d’impressionner », nous dit-on.

Ah, là il y a de l’argent, là il y a des milliards, là il y a de la planification et de l’anticipation pour préparer la guerre ! Les gens meurent chez eux dans leur bouilloire thermique, les hôpitaux ne sont pas climatisés et les moyens pour lutter contre les incendies sont bien trop faibles, mais l’armée est choyée.

Nous faire accepter leurs choix guerriers

Un ancien général de l’armée de l’air a déclaré que : « Pour mieux défendre la paix, il faut montrer ses muscles ». Mais qui le gouvernement veut-il impressionner ? Poutine ? Il se moque bien de ce défilé. C’est nous, travailleurs et toute la population, que le gouvernement veut mettre en condition.

Certes, Poutine mène une guerre terrible contre la population ukrainienne et aussi contre sa propre population qu’il embrigade et dont il se sert comme de chair à canon. Mais, en face, le camp des puissances occidentales se comporte de la même manière, à la seule différence qu’il le fait avec la peau de la population ukrainienne, et, en même temps, il la dévalise sous prétexte « d’aider l’Ukraine ». Car derrière la guerre des tranchées, il y a une autre guerre, économique celle-là, où les grands industriels européens et américains pillent l’Ukraine, mettent la main sur ses terres agricoles réputées si fertiles ou sur ses richesses minières comme les fameuses terres rares…

Tous les pays sont engagés dans un réarmement massif. La raison fondamentale en est que l’économie capitaliste mondiale est plongée dans une crise économique profonde et que cette crise attise les rivalités entre grandes puissances. Et les rivalités économiques mènent inévitablement aux rivalités guerrières. La reprise des bombardements sur l’Iran est là pour nous le rappeler car l’enjeu est maintenant la gestion du détroit d’Ormuz où circulent 20 % du pétrole mondial.

Une coalition… d’intérêts rivaux

Diplomatie, guerre et business s’entremêlent. Le gouvernement français se vante d’être à la tête, avec le Royaume-Uni, d’une « coalition des volontaires », ces États qui se sont dit prêts à envoyer des troupes en Ukraine une fois qu’un cessez-le-feu aura été décrété. La France espère qu’en étant bien placée dans cette coalition, ses industriels de l’armement comme Thales, Dassault et autres obtiendront des contrats considérables. 

Mais, par exemple, les industriels allemands ne voient pas pourquoi ils n’auraient pas leur part du gâteau. Et, alors que les budgets militaires explosent, des collaborations entre grands groupes industriels capotent, comme les projets franco-allemands de l’avion de combat nouvelle génération ou du « char du futur ». Les rivalités entre capitalistes poussent le monde vers la guerre pour des intérêts qui ne sont pas ceux des peuples et des exploités.

Le bluff de Macron sur la prétendue « place de la France dans le monde » vise à nous impressionner et à nous conditionner aux « efforts de guerre ». Pour l’instant, contrairement aux Ukrainiens, aux Russes, aux Iraniens, aux Palestiniens, aux Libanais et à d’autres populations, les bombes nous épargnent. La guerre ne fait pas encore partie de notre quotidien. Mais nos dirigeants, nos capitalistes, nous y préparent et ils nous font déjà payer cette préparation. Ils nous font déjà payer les armes et les uniformes avec lesquels ils nous enverront combattre pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Lutter contre la guerre, c’est lutter contre le capitalisme

Alors, on ne peut s’opposer vraiment à la guerre sans s’opposer au système économique qui l’engendre. Pour empêcher le capitalisme de nous y mener, il faudra le renverser. Pour les gouvernements qui préparent la guerre, les sentiments pacifistes des peuples sont un état d’esprit qu’il faut briser. Et ils savent comment faire monter les sentiments nationalistes et guerriers dans une opinion publique qui, au départ, voulait la paix. À son échelle, c’est à cela que sert le défilé « hors norme » du 14 juillet.

À nous de prendre conscience de ce qui se trame et de lutter pour enrayer cette marche à la guerre. Et le point de vue fondamental des travailleurs doit être, comme le disait le révolutionnaire allemand Karl Liebknecht lors de la guerre de 1914-1918 : « L’ennemi principal est dans notre propre pays ! »