Renault –
Cléon : un vent de fraîcheur
Dès le lundi 22 juin en
début d’après-midi, dans l’usine Renault de Cléon, il faisait 38 oC
sur certains postes de la chaîne de montage du moteur M.
Publié le 01/07/2026
La hiérarchie ayant annoncé qu’il
y aurait deux pauses chaleur sur l’ensemble de l’après-midi, c’était la goutte
d’eau de trop ! Les travailleurs du Kitting ainsi que ceux de la logistique se
mettaient en droit de retrait et rapidement, l’information circulait sur
l’ensemble de la chaîne. Ainsi à 14 h 30, une quarantaine de travailleurs
quittaient leur poste et mettaient par écrit leurs revendications : une pause
toutes les heures, des ventilateurs, une diminution du temps de travail, une
baisse de la cadence et des bouteilles d’eau.
En vue d’une rencontre avec le
chef de département, des représentants étaient élus, un pour chaque secteur de
l’atelier, mais le RH annonçait que le chef de département était tout à fait
d’accord pour recevoir… les « représentants syndicaux ». D’où un vote et
le refus des travailleurs : ils avaient déjà leurs représentants. Le chef de
département céda sur la plupart des revendications, s’engageant à ce que tout
soit mis en place… le lendemain. L’arrêt de travail dura donc jusqu’à la fin de
l’équipe.
Le lendemain, la direction de
l’atelier avait installé de gros refroidisseurs et des ventilateurs, les pauses
étaient accordées, la chaîne tournait bien moins vite. Mais les bouteilles
d’eau se faisant toujours attendre, les travailleurs se passaient le mot et
s’organisaient pour cesser de nouveau le travail. En cinq minutes chrono, les
chefs d’ateliers et les chefs d’unité ont alors ramené des dizaines de
bouteilles.
Les travailleurs de la chaîne de
montage ont donné le ton pour l’ensemble de l’usine. Toute la semaine, ceux de
différents ateliers ont cessé le travail pour se faire respecter. Mercredi
24 juin, la direction de l’usine annonçait que le jeudi après-midi ne
serait pas travaillé sur l’ensemble de l’usine. Pour ceux du montage, cette
annonce était le résultat de leur démonstration déterminée.
Et voilà comment toute la
semaine, un petit vent frais a pu souffler dans les ateliers.
Correspondant
LO (Lutte ouvrière n°3022)