dimanche 5 juillet 2026

Algérie : mascarade électorale

Algérie : mascarade électorale

En Algérie, la campagne pour les élections législatives qui ont eu lieu le 2juillet a été marquée par un climat dindifférence et d’écœurement face aux manœuvres du régime.

Publié le 01/07/2026

En effet, avant même que les électeurs se prononcent, le pouvoir avait décidé quel candidat méritait de se présenter et comment il devait faire campagne. Dans l’arbitraire le plus total, des listes ont été invalidées et plus de 3 000 candidats sur 10 000 ont été écartés, accusés sans aucune preuve d’« atteinte aux bonnes mœurs », d’« activités suspectes » ou d’être « en lien avec les milieux d’argent » !

Si les partis qui ont fait allégeance au président Abdelmadjid Tebboune, comme le FLN, le RND ou El Bina, ont été concernés, ce sont surtout les partis dits d’opposition tels que le RCD, le MSP, le FFS, ou le Parti des Travailleurs, qui ont été particulièrement affectés. Mais ces derniers, après avoir dénoncé des accusations infamantes et tenté des recours contre l’invalidation de leurs listes, se sont pour la plupart rapidement inclinés devant le régime. En effet, ils ont sans honte accepté de signer une charte électorale qui leur interdit toute critique du bilan politique du pouvoir, ainsi que toute critique des programmes de leurs rivaux ! C’était jouer le rôle de caution démocratique d’un régime qui refusait que surgissent des polémiques et des débats qui auraient permis au mécontentement populaire de s’exprimer.

D’un bout à l’autre du pays, reprenant le refrain autorisé par le pouvoir, les dirigeants des partis ont mené campagne comme si de rien n’était et ont répété que la participation au scrutin et en particulier celle de la jeunesse était un enjeu majeur. Si Cherif Hassani du parti islamiste MSP, la définit comme « essentielle », Louisa Hanoune, du Parti des Travailleurs, en a fait un gage de prospérité et Youcef Aouchiche, du FFS, « une responsabilité nationale et un exercice démocratique important ». Ils ont parlé de démocratie alors que la vie politique est verrouillée, que des cheminots sont en prison pour avoir lutté pour un salaire décent et que la justice s’acharne sur des femmes pour leurs mœurs et leur liberté de ton !

Ces partis dits d’opposition prétendent se distinguer du régime mais, sur le fond, ils reprennent ses discours sur les sacrifices nécessaires pour le bien de la nation. Mais quelle nation défendent-ils ? Est-ce celle des travailleurs à qui on impose des sacrifices ou celle des bourgeois qui s’engraissent en les exploitant et en détournant les richesses du pays ?

Les travailleurs et les classes populaires sont excédés de voir leur salaire et leur retraite bloqués, excédés de ne pouvoir vivre dignement et de voir une fraction de la jeunesse fuir le pays. Ils sont excédés du mépris des patrons et des dignitaires du régime à leur égard.

Alors que la population subit une dégradation insupportable de ses conditions d’existence, cette mascarade électorale a de quoi écœurer. Derrière elle s’abritent les dirigeants de l’armée pour régler leurs affaires et leurs différends, au bénéfice des classes possédantes. Cela ravive le sentiment de mépris ressenti lorsque, en 2019, Bouteflika, malade, muet et impotent, avait été présenté à un cinquième mandat, ce qui avait déclenché le mouvement du Hirak.

Le « dégagisme » exprimé contre tous ces clans politiciens n’avait pas permis de dégager le système. Mais un profond sentiment de rejet anime toujours les travailleurs, qui doit les amener à s’organiser et à se mobiliser pour la défense de leurs propres intérêts.

                                                              Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°3022)

 

Millionnaires en hausse, exploitation et misère aussi

La bourgeoisie fait toujours plus de gras

 

Louis de Funès déclarant "les pauvres c'est fait pour être très pauvre, et les riches, très riches" dans La folie des grandeurs (1971).

L’année 2025 a compté un nouveau millionnaire toutes les trente secondes dans le monde. La hausse est particulièrement marquée pour le haut du panier, c'est-à-dire les personnes qui disposent de plus de 5 millions de dollars, le plus souvent en actifs financiers. Elles sont 182 000 en France.

         La bourgeoisie prospère par l’exploitation. Cela ne fait que la rapprocher du jour de son renversement par la population laborieuse.

 

Une priorité : la hausse des salaires. Au T2C - Clermont-Ferrand comme ailleurs

 

Grève d'avertissement

 

 

Ce mercredi 1er juillet, à l'appel de l'Intersyndicale, 40 % des salariés des transports communs clermontois (T2C) étaient en grève.

         C'est la proposition de la direction d'augmenter les salaires de... zéro euros cette année, qui a entraîné la mobilisation. 

         Comme le Poste de commandement centralisé (PCC) et l’atelier d'entretien du tramway ne fonctionnaient pas, aucun bus ni tram ne roulaient.

         Une centaine de travailleurs se sont réunis à 15h en assemblée générale. Les discussions portaient sur les salaires, les conditions de travail et le risque de privatisation. En 2011, la métropole a essayé de faire rentrer RATP Developpement dans l'entreprise : elle a dû reculer devant la mobilisation générale. 

         Contents d'avoir montré son mécontentement, tout le monde s'est donné rendez-vous à la rentrée de septembre.