samedi 23 mai 2026

Code noir : « le capital [est né] suant le sang et la boue » (Karl Marx)

 

Et ce capital continue à prospérer dans le sang et la boue

 

 


L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité l’abrogation du Code noir, qui régissait l’esclavage au 17e siècle. Il inscrivait dans la loi que les esclaves étaient des choses, que leurs enfants étaient asservis à leur tour, que les maîtres pouvaient mutiler les esclaves en cas de « désobéissance », etc.

         Les traditions coloniales et esclavagistes de la bourgeoisie française et de son État sont tenaces et leurs lois infâmes ont traversé les siècles. Quant au capital, accumulé avec le sang et la sueur des esclaves, qui a été transmis au fil des générations de bourgeois, il est toujours dans les mains des capitalistes actuels.

Sétif, Guelma 1945. À Argenteuil, l’Atelier d’histoire de Sous les couvertures nous informe

  


 

vendredi 22 mai 2026

Israël : violence d’État

Aux côtés des Palestiniens et des opposants à la politique d’Israël

L’extrême-droite israélienne

Le ministre de la Sécurité nationale d’Israël, ouvertement raciste, s’est mis en scène dans une vidéo visant à humilier les militants de la flottille pour Gaza arrêtés en pleine mer. Attachés les mains dans le dos, agenouillés au sol, certains violemment frappés, le ministre les insulte et menace.

         Cette barbarie est le traitement habituel de tous les prisonniers dont il a la charge. Depuis octobre 2023 une centaine de prisonniers palestiniens sont mort en détention. Et ce sont près de 3 300 palestiniens qui sont détenus sans charges, ni procès, ni avocat, sous le régime d’une détention administrative sans limite.

         La terreur de l’État d’Israël, toujours soutenu par les grandes puissances occidentales, ne s’exerce pas qu’à travers les bombardements et les destructions à Gaza et au Liban, mais aussi à l’intérieur même du pays contre les Palestiniens et tous les opposants à sa politique.



Interview-Débat de Nathalie Arthaud sur la crise sur BFMTV

Israël : l’emprise de l’extrême droite

Israël : l’emprise de l’extrême droite

La Marche des drapeaux, organisée jeudi 14 mai par l’extrême droite israélienne, a donné lieu à Jérusalem à un rassemblement de dizaines de milliers de personnes qui ont convergé vers le Mur des lamentations, dans la partie orientale de la ville, en multipliant les violences, crachats et attaques haineuses et racistes à l’encontre des Arabes.

Publié le 20/05/2026

Comme chaque année, l’extrême droite sioniste et ultrareligieuse a commémoré la « réunification de Jérusalem », c’est-à-dire l’occupation de sa partie orientale, majoritairement arabe, par l’armée israélienne à l’issue de la guerre des Six-Jours de 1967. Venant pour beaucoup des colonies installées en Cisjordanie, souvent jeunes – parfois à peine plus de douze ans – les manifestants ont fait régner la terreur dans les rues de Jérusalem-Est aux cris de « Mort aux Arabes » et « Que vos villages brûlent ». La plupart des habitants, par peur d’être agressés, étaient restés chez eux et les commerces étaient restés fermés. Plus de 3 000 policiers avaient été déployés dans la ville, mais certains d’entre eux ont été filmés dansant avec les manifestants. Autre soutien de poids, deux membres d’extrême droite du gouvernement, Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sont venus parader au milieu de leurs troupes.

« Comme nous avons repris Jérusalem, nous reprendrons Eretz Israël (la terre d’Israël) », clamaient certains manifestants, faisant ainsi référence à un terme biblique englobant la Cisjordanie occupée, mais aussi une partie du Liban et de la Syrie. Preuve qu’il ne s’agit pas seulement de slogans, ces militants se livrent à de nombreuses violences contre les Palestiniens de Cisjordanie pour les obliger à quitter leurs terres. D’après un porte- parole de l’Unicef, au moins un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque semaine depuis janvier 2025 en Cisjordanie occupée.

Cet activisme d’extrême droite finit par alarmer une partie des Israéliens, y compris parmi des responsables, en fonction ou à la retraite, de l’appareil militaire et sécuritaire du pays. Fin mars, l’association Commandants pour la sécurité d’Israël, regroupant 550 officiers supérieurs et généraux en retraite, a publié une lettre ouverte évoquant le « danger stratégique » pour la sécurité du pays que représente pour eux le « terrorisme juif ». En avril 2026, après une visite de villages palestiniens attaqués, l’ancien directeur du Mossad Tamir Pardo avait déclaré sur une chaîne de télévision israélienne : « Ma mère est une survivante de l’Holocauste, et ce que j’ai vu ici m’a rappelé les événements du siècle dernier qui ont frappé les Juifs. » Et d’ajouter : « L’État sème les graines du prochain 7 octobre. »

Ces prises de position reflètent certainement l’inquiétude croissante d’une partie de la population israélienne qui reproche à Netanyahou sa politique d’escalade guerrière. À l’approche des élections législatives, prévues en octobre, des opposants de Netanyahou tentent de capitaliser ce mécontentement à leur profit sans remettre pour autant en cause la politique de colonisation.

Si une telle alternance avait lieu, on ne peut en attendre une véritable issue pour les populations israélienne et palestinienne, ni pour celles de l’ensemble de la région. Faire reculer le poids de l’extrême droite et permettre aux populations israélienne et arabe de coexister pacifiquement nécessitera de rompre radicalement avec les politiques menées par tous les gouvernements depuis 1948. Cela nécessitera d’en finir avec la politique de spoliation et de colonisation menée à l’encontre des Palestiniens et de s’opposer aux politiques des puissances impérialistes et de leurs relais gouvernementaux qui entretiennent une guerre permanente pour mieux dominer la région.

                                                              Marc Rémy (Lutte ouvrière n°3016)