Le cirque
présidentiel est lancé
Publié le 18/05/2026
Les guerres continuent de faire
rage. Après une pluie de drones et de missiles sur l’Ukraine, des centaines de
drones ukrainiens ont frappé la Russie, Trump a de nouveau menacé de réduire à
néant l'Iran s'il refuse de plier, Israël poursuit son offensive au
Sud-Liban... Mais qu'est-ce qui agite le petit monde politicien en France ?
L'élection présidentielle qui aura lieu dans un an !
Les uns après les autres, les
candidats se dévoilent, s’étripent en coulisses, rodent leur sourire et leur
programme pour attirer l’électeur. Les sondages sur le premier et le second
tour se multiplient, même si personne ne sait qui sera finalement sur la ligne
de départ.
Comme à chaque fois, le cirque
électoral promet son lot de numéros plus ou moins affligeants et de promesses
en l’air.
Une
comédie dont il ne faut rien attendre
Il y a toujours des élections
pour nous faire patienter et espérer que les choses seront moins pires avec un
autre président, un autre gouvernement, un autre maire, un autre président de
région… Et d’année en année, voire de génération en génération, les choses
empirent.
Nos parents pensaient que leurs
enfants auraient une vie meilleure, que le progrès les soulagerait d’une vie
d’exploitation et qu’ils en profiteraient davantage. Mais on n’en finit pas
avec les crises, le chômage et la précarité. C’est même le retour de l’inflation
galopante et des guerres.
Parce qu’indépendamment de ceux
qui prétendent gouverner le pays, le système capitaliste a ses propres règles.
Il est construit sur la base de l’exploitation. Et, en plus de la lutte de
classe incessante qu’il nous mène, il nous condamne aux guerres, qui sont le
prolongement de la concurrence acharnée à laquelle tous les capitalistes se
livrent. Le capitalisme est un système où la grande bourgeoisie a le droit de
mettre toute la société en coupe réglée pour ses profits exclusifs.
Les
capitalistes ont le pouvoir de nuire…
Preuve en est la politique du
groupe Total. Les peuples d’Afrique et du Moyen-Orient n’ont pas fini de
souffrir pour que l’or noir continue de l’enrichir. Et nous ici, il nous
rackette et nous force à laisser une partie de plus en plus grande de notre
salaire à la pompe.
Mais comme, grand seigneur, il a
bloqué la hausse des prix autour de deux euros, la plupart des dirigeants
politiques, dont l’extrême droite, nous enjoignent de lui en être
reconnaissants. Rendez-vous compte, Total nous laisse respirer un peu quand il
pourrait complètement nous étrangler ! Et attention, nous menace-t-on, ne taxez
pas ses superprofits, car il pourrait quitter la France !
Même la mesure de justice la plus
basique est repoussée d’avance, parce qu’il ne faudrait pas fâcher les
actionnaires de Total et son PDG, payé des centaines de milliers d’euros par
mois.
Qu’il s’agisse de Stellantis ou
de Renault, de Sanofi ou de Lactalis, de Carrefour ou de Leclerc, de la BNP ou
de LCL, on nous chante la même chanson. Les capitalistes, parce qu’ils dominent
toute l’activité économique et contrôlent, de fait, des centaines de milliers
d’emplois, sont intouchables. Leur pouvoir s’impose à toute la société.
… et tous
les politiciens sont à leurs pieds
La droite et les macronistes se
prosternent devant le pouvoir du capital et ils l’assument en reprenant tous
les désirs patronaux à leur compte. Le RN, qui s’est développé sur une image
anti-système, défend désormais ouvertement le pouvoir et les intérêts des
milliardaires. Quant au PS et ses alliés, ils se sont systématiquement couchés
devant les ultimatums des capitalistes quand ils étaient au gouvernement.
Même s’il arrive à Mélenchon de
tonner contre les grands actionnaires milliardaires, il n’est pas pour les
exproprier. C’est pourtant le seul moyen de les mettre hors d’état de nuire et
de construire, enfin, une économie organisée rationnellement dans l’intérêt des
travailleurs.
Alors, plutôt que de chercher à
nouveau un sauveur qui viendrait d’en haut, plutôt que de nous diviser en
choisissant entre des programmes qui, au fond, servent tous ce système, les
travailleurs doivent se tourner vers l’unique solution : s’organiser pour mener
la lutte de classe.
Pour imposer nos intérêts de
travailleurs et stopper l’évolution inégalitaire et destructrice de la société,
il faut s’affronter avec la classe capitaliste. Pour cela, nous ne pouvons
compter que sur nous-mêmes. Nous devons reprendre conscience de la force que
constitue le monde du travail et reconstruire un mouvement ouvrier digne de ce
nom.
Nathalie
ARTHAUD