mercredi 6 mai 2026

Manœuvres militaires françaises : Pour l'instant des balles à blanc

 

Aujourd’hui, un jeu. Demain : l’horreur

 

 

Macron, embarqué dans un blindé ou dans un hélicoptère, a joué à la guerre pour le dernier jour de l'exercice militaire Orion. Les manœuvres ont duré des mois sur le territoire français et mobilisé 10 000 soldats de 24 pays différents. 

« C’est un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés et à nos adversaires », s'est réjoui le président. C'est surtout le signal que l’État prépare la guerre pour défendre les capitalistes français. Et ce n'est ni Macron ni ses semblables qui y seront envoyés. 

Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

 Audiovisuel : l’objectivité version Bolloré

La commission parlementaire sur l’audiovisuel public, créée en octobre2025 à linitiative des députés UDR, vient de clore ses travaux et les députés ont voté la publication de son rapport.

Publié le 28/04/2026

L’UDR est le parti de droite d’Éric Ciotti qui se veut le pont entre la droite dite classique et le RN de Le Pen-Bardella. Selon le rapporteur de la commission, le ciottiste Charles Alloncle, son objet était l’examen des comptes de ce service public et l’évaluation de son objectivité, en particulier dans le domaine politique. Son objet réel, quelque peu différent, est rapidement apparu : mener un procès à charge contre les animateurs et les journalistes des chaînes publiques, globalement considérés comme des suppôts de la gauche caviar, avec l’exigence d’économiser un milliard d’euros, soit le quart de la subvention publique.

Les accusations politiques sont évidemment risibles, car les chaînes publiques soutiennent sans coup férir, et les yeux fermés, l’ordre social et le pouvoir du capital. Certes les journalistes du service public ne sont pour la plupart pas des électeurs de l’extrême droite et il leur arrive parfois de le dire ou de le laisser entendre, ce que Alloncle voudrait leur interdire. Mais, à ce jour, et à la différence de celles du groupe Bolloré, les chaînes publiques ne passent pas tout leur temps d’antenne à déblatérer sur les migrants, les islamistes et la terreur d’extrême gauche. Elles donnent même encore l’occasion de s’instruire par d’intéressantes émissions et c’est aussi une des choses qui gênent l’extrême droite.

La commission a dénoncé les bénéfices réalisés par des sociétés privées qui vendent des émissions aux chaînes publiques. Leurs profits sont certes coquets et les producteurs-animateurs célèbres ne pointent pas aux restos du cœur, pas plus d’ailleurs que les hauts cadres de la télévision. Alloncle, Ciotti, Le Pen et Bolloré sont d’autant plus sourcilleux sur les quatre milliards de l’audiovisuel, et les quelques-uns qui en vivent largement, qu’ils applaudissent aux 60milliards du budget militaire et aux 171milliards daides aux entreprises qui, tous, finissent dans les coffres des grands groupes privés.

Quel que soit son résultat, la commission aura été un tremplin pour Alloncle, son parti et les idées réactionnaires qu’il partage avec le RN et le groupe Bolloré. Les médias de ce dernier lui ont d’ailleurs tressé des couronnes tout au long des débats et ses services lui ont adressé des « argumentaires » pour faciliter son travail. Ce n’est pas par simple proximité idéologique. Alloncle propose en effet que le service public laisse une plus grande part du marché publicitaire au privé et réduise les retransmissions des grands événements sportifs. Et à qui donc iraient alors le Tour de France, les Jeux Olympiques et la coupe du monde de football ?

Les bénéfices pour Bolloré, les bonnes émissions pour personne, Pascal Praud, matin, midi et soir pour tout le monde, quelle radieuse perspective a voulu ouvrir cette commission !

                                                               Paul Galois (Lutte ouvrière n°3013)

Argenteuil, Manuel Vals et L’affaire Abdallah, quand il y a une mauvaise carte à jouer…

 

Au service total de la bourgeoisie française et de l’impérialisme

 

 

Le documentaire de Pierre Carles sur les évènements qui ont conduit le militant anti-impérialiste Georges Ibrahim Abdallah à rester plus de 40 ans en prison a été projeté durant plusieurs séances ces jours derniers à Argenteuil. Voir ci-dessous ce que notre hebdomadaire Lutte ouvrière en écrit dans sa dernière livraison. C’est à voir absolument, et nous espérons qu’une nouvelle projection aura lieu prochainement dans la Ville.

         À la fin du documentaire, nous retrouvons une « personnalité » qui a marqué pour le pire l’histoire de la gauche locale à Argenteuil, Manuel Valls. En 2012, il est ministre de l’Intérieur et il va contribuer à ce qu’une nouvelle demande de liberté conditionnelle pour Georges Ibrahim Abdallah soit une nouvelle fois rejetée. Il est vrai que dans cette affaire, il se trouve aux côtés de Hollande et de Fabius qui, interrogés dans le documentaire, ne se souviennent plus…

         Comme je le disais dans le titre, quand il y a une mauvaise carte à jouer, le carriériste forcené qui passa par Argenteuil dans les années 1980-1990, fut toujours là. DM

 

À voir : “l’affaire Abdallah”

Un documentaire de Pierre Carles, visible dans quelques cinémas car les télévisions l’ont refusé, retrace le long combat de Georges Ibrahim Abdallah pour sortir des prisons françaises où il a passé plus de 40 années de sa vie.

Publié le 28/04/2026

Militant des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), qui combattaient dans les années 1970-80 pour la libération de la Palestine, Georges Abdallah, arrêté en 1984, condamné en 1987 à la prison à perpétuité pour complicité dans l’exécution d’un responsable des services israéliens et d’un attaché militaire américain, a été maintenu dans les geôles de la république française jusqu’au 7 juillet 2025.

Si le documentaire permet d’entrevoir la force de caractère d’un militant qui s’affirme communiste et qui n’a jamais renié ses convictions, il est surtout instructif sur le fonctionnement de l’appareil d’État français et sa subordination aux exigences des dirigeants américains. Il jette une lumière crue sur le comportement des ministres et des présidents successifs ainsi que sur les journalistes vedettes des années 1980. Confrontés en 1986 à une vague d’attentat à Paris, les ministres de Chirac, Pasqua et Pandraud, ont fait circuler la thèse invraisemblable que ces attentats étaient dus aux frères de Georges Abdallah. Ce mensonge d’État pourtant éventé a lourdement pesé sur le verdict.

À partir de 1999, Georges Abdallah s’est heurté à l’acharnement de l’État français qui sous la pression des États-Unis a refusé toute libération conditionnelle. Le documentaire souligne le cynisme sans borne des hommes d’État de la bourgeoisie avec une palme pour les socialistes Fabius, Valls et Hollande.

                                                   Xavier Lachau  (Lutte ouvrière n°3013

mardi 5 mai 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 4 mai 2026

 Profit total pour les uns, sang et larmes pour les autres

4 mai 2026


Le diesel à plus de 2 euros, des pleins hors de prix… C’est le jackpot pour TotalEnergies. Le groupe a réalisé 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur les trois premiers mois de 2026, soit 50 % de plus, comparé à l’année dernière.

Comme au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine, le groupe pétrolier français s’achemine vers une année de profits record. Il fait partie des gros rapaces qui se jettent sur les malheurs du monde pour s’enrichir !

Et que dit le gouvernement ? Qu’il fait confiance à Total pour être responsable et qu’il ne faut pas « stigmatiser ce fleuron de l’économie française ». Le Pen reprend ce refrain en disant qu’il ne faut pas faire du « Total bashing » car c'est « un champion national » dont « on est très fier ». Quelle sinistre blague !

 

Il nous rackette, et il faudrait dire merci ?

TotalEnergies fait partie des responsables de la flambée des prix. Il n’a pas juste profité de l’envolée des cours mondiaux du pétrole sur les marchés, il est de ceux qui les ont poussés à la hausse.

Le PDG de Total est félicité parce qu’en plus de ces profits, il a réalisé un coup spéculatif à un milliard. Mais les prix augmentent précisément à cause de cette spéculation à la hausse.

Dire que cet emballement est de la faute des marchés et de la loi de l’offre et de la demande, c’est noyer le poisson. Ce sont des groupes comme Total qui font le marché et décident des prix auxquels ils vendent.

Avec la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les capitalistes du pétrole ont saisi l’occasion de se gaver. Chaque seconde, le gang des six plus grandes compagnies pétrolières engrange 3000 dollars de profits.

Et on nous dit qu’il faudrait être reconnaissants parce que Total fait un geste en bloquant les prix à la pompe. En réalité, il nous étrangle, et ce n’est pas parce qu’il serre lentement qu’il faut lui dire merci !

Sa soif de profits va nous coûter très cher. En effet, l’augmentation du prix des carburants se diffuse à tous les secteurs de l’économie, et tous les autres prix sont en train de monter. Et sauf à arracher l’augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation, nous allons nous appauvrir au rythme de l’enrichissement éhonté de Total et de ses semblables.

 

Une rapacité à l’origine de bien les crimes

Derrière les superprofits des trusts pétroliers, il y a aussi et surtout les larmes et le sang des peuples d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour eux, le prix de la rapacité de ces trusts, ce sont les guerres incessantes, des dévastations inouïes et des centaines de milliers de morts.

Les Palestiniens, les Libanais et les Iraniens qui vivent aujourd'hui un enfer ne sont pas victimes d’une guerre de religion. Ils sont victimes des guerres impérialistes car ils ont le malheur de vivre dans une région qui regorge de pétrole. Et pour le contrôler, les puissances occidentales n’ont cessé de manœuvrer, diviser et dresser les peuples les uns contre les autres.

Les peuples du Moyen-Orient sont martyrisés pour que l’or noir continue d’enrichir les trusts américains et européens comme ExxonMobil, Chevron TotalEnergies, ENI ou BP.

Dans le passé, c’est au Biafra, au Congo et au Gabon que les morts se sont multipliés afin que l’ancêtre de Total, ElfAquitaine, pille les réserves pétrolières à sa guise. Ces dernières années, c’est la population du Mozambique qu’il a sacrifiée pour exploiter les champs gaziers découverts en mer. Alors, se dire fier de Total est particulièrement cynique.

 

Confiscation des profits de guerre !

Il faut confisquer les profits de guerre de Total. Pour qu’il ne nous enfume pas, en disant qu’il ne fait pas de profits en France, il faut revendiquer la transparence complète sur ses circuits financiers.

Les travailleurs doivent se préparer à imposer ce qu’aucun gouvernement ne veut faire : rendre publics tous les comptes, y compris ceux cachés. Nous verrons alors que Total a toujours fait des superprofits, car vendre du pétrole à un prix dépassant de loin ce qu’il coûte à produire, c’est déjà faire un superprofit.

Cela finira de convaincre la grande masse des travailleurs de la nécessité d’exproprier, sans indemnités ni rachats les grands actionnaires de TotalEnergies. Avant de passer aux autres…

                                                                                    Nathalie Arthaud

Morts au travail : propositions honteuses du ministre

 

Mépris et cynisme

 

 

Le 17 avril, un intérimaire de 22 ans travaillant chez Lustucru est mort, après être tombé dans un laminoir. Le même jour un collégien de 15 ans mourrait durant son stage d'observation, écrasé par un chariot élévateur. À la suite de ces drames, Farandou, ministre du Travail, s'est senti obligé de réagir, mais sans égratigner le patronat : il propose de mettre un signe distinctif sur le casque des stagiaires, intérimaires ou apprentis.

L'exploitation des travailleurs se fait dans le sang et la sueur. En 2024, 1297 d'entre eux ont perdu la vie au travail. Des dizaines de milliers restent handicapés ou malades suite aux accidents du travail. Qu’est-ce un « A » sur le casque aurait changé ? Farandou n'a que mépris pour les victimes de l'exploitation patronale.