Le
diesel à plus de 2 euros, des pleins hors de prix… C’est le jackpot pour
TotalEnergies. Le groupe a réalisé 5,8 milliards de dollars de bénéfices sur
les trois premiers mois de 2026, soit 50 % de plus, comparé à l’année
dernière.
Comme
au lendemain du déclenchement de la guerre en Ukraine, le groupe pétrolier
français s’achemine vers une année de profits record. Il fait partie des gros rapaces
qui se jettent sur les malheurs du monde pour s’enrichir !
Et que
dit le gouvernement ? Qu’il fait confiance à Total pour être responsable
et qu’il ne faut pas « stigmatiser ce fleuron de l’économie française ».
Le Pen reprend ce refrain en disant qu’il ne faut pas faire du « Total
bashing » car c'est « un champion national » dont
« on est très fier ». Quelle sinistre blague !
Il nous
rackette, et il faudrait dire merci ?
TotalEnergies
fait partie des responsables de la flambée des prix. Il n’a pas juste profité
de l’envolée des cours mondiaux du pétrole sur les marchés, il est de ceux qui
les ont poussés à la hausse.
Le PDG
de Total est félicité parce qu’en plus de ces profits, il a réalisé un coup
spéculatif à un milliard. Mais les prix augmentent précisément à cause de cette
spéculation à la hausse.
Dire
que cet emballement est de la faute des marchés et de la loi de l’offre et de
la demande, c’est noyer le poisson. Ce sont des groupes comme Total qui font le
marché et décident des prix auxquels ils vendent.
Avec la
guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les capitalistes du pétrole
ont saisi l’occasion de se gaver. Chaque seconde, le gang des six plus grandes
compagnies pétrolières engrange 3000 dollars de profits.
Et on
nous dit qu’il faudrait être reconnaissants parce que Total fait un geste en bloquant
les prix à la pompe. En réalité, il nous étrangle, et ce n’est pas parce qu’il
serre lentement qu’il faut lui dire merci !
Sa soif
de profits va nous coûter très cher. En effet, l’augmentation du prix des
carburants se diffuse à tous les secteurs de l’économie, et tous les autres
prix sont en train de monter. Et sauf à arracher l’augmentation des salaires et
leur indexation sur l’inflation, nous allons nous appauvrir au rythme de
l’enrichissement éhonté de Total et de ses semblables.
Une
rapacité à l’origine de bien les crimes
Derrière
les superprofits des trusts pétroliers, il y a aussi et surtout les larmes et
le sang des peuples d’Afrique et du Moyen-Orient. Pour eux, le prix de la
rapacité de ces trusts, ce sont les guerres incessantes, des dévastations
inouïes et des centaines de milliers de morts.
Les
Palestiniens, les Libanais et les Iraniens qui vivent aujourd'hui un enfer ne
sont pas victimes d’une guerre de religion. Ils sont victimes des guerres
impérialistes car ils ont le malheur de vivre dans une région qui regorge de
pétrole. Et pour le contrôler, les puissances occidentales n’ont cessé de
manœuvrer, diviser et dresser les peuples les uns contre les autres.
Les
peuples du Moyen-Orient sont martyrisés pour que l’or noir continue d’enrichir les
trusts américains et européens comme ExxonMobil, Chevron TotalEnergies, ENI ou
BP.
Dans le
passé, c’est au Biafra, au Congo et au Gabon que les morts se sont multipliés afin
que l’ancêtre de Total, ElfAquitaine, pille les réserves pétrolières à sa
guise. Ces dernières années, c’est la population du Mozambique qu’il a sacrifiée
pour exploiter les champs gaziers découverts en mer. Alors, se dire fier de
Total est particulièrement cynique.
Confiscation
des profits de guerre !
Il faut
confisquer les profits de guerre de Total. Pour qu’il ne nous enfume pas, en disant
qu’il ne fait pas de profits en France, il faut revendiquer la transparence
complète sur ses circuits financiers.
Les
travailleurs doivent se préparer à imposer ce qu’aucun gouvernement ne veut
faire : rendre publics tous les comptes, y compris ceux cachés. Nous
verrons alors que Total a toujours fait des superprofits, car vendre du pétrole
à un prix dépassant de loin ce qu’il coûte à produire, c’est déjà faire un superprofit.
Cela
finira de convaincre la grande masse des travailleurs de la nécessité d’exproprier,
sans indemnités ni rachats les grands actionnaires de TotalEnergies. Avant de
passer aux autres…
Nathalie Arthaud