dimanche 25 janvier 2026

Argenteuil, journal des Municipales : candidats et affaire Jean Vilar

 

Un étonnant silence

 

 

Le premier tour des élections municipales aura lieu maintenant dans moins de deux mois. Les listes en présence ont largement entrepris leur campagne.

         Il y a toutefois un sujet qui reste dans l’ombre, au moins actuellement, c’est l’affaire Jean Vilar.

         Pourtant, elle a été à nouveau durant ce mandat l’affaire majeure. Le projet de liquidation de l’espace Jean Vilar et de son complexe des fêtes paraît abandonné, mais il peut toujours ressurgir sous une forme ou sous une autre dans les mois qui viennent. En attendant, les écuries des cadors sont bien silencieuses à ce jour sur le sujet. C’est pourtant une question sur laquelle la réponse doit être claire, et sur deux plans.

         Le premier : qui s’engage à l’abandon définitif du projet, et élément concomitant, à la réouverture immédiate du complexe et à l’étude d’un projet de pérennisation d’une salle des fêtes améliorée Jean Vilar ?

         Le second : qui s’engage résolument à être aux côtés des associations et personnes visées par la volonté revancharde de la municipalité sortante et du promoteur ?

         Le silence actuel sur la question étonne. Il s’agit pourtant là d’un problème sur lequel l’énorme majorité de la population d’Argenteuil a un avis tranché. Alors qu’attendent les candidats pour mettre cette question sur le devant de leur campagne ? DM

samedi 24 janvier 2026

De l’avenir de Gaza à celui de la planète entière : “Conseil de la paix” : comment Trump prépare la guerre

 “Conseil de la paix” : comment Trump prépare la guerre

Le 17 janvier, Trump a fait savoir au monde que le Conseil de la paix, créé sous son égide pour, disait-il, régler la situation à Gaza, allait désormais s’occuper de faire régner la paix et la prospérité sur la planète entière. Sous sa direction éclairée, naturellement.

Publié le 21/01/2026

Durant sa campagne électorale, en 2024, Trump promettait de régler la question palestinienne d’un claquement de doigts et d’apporter la paix en Ukraine en 48heures. Non seulement les tueries se poursuivent sur ces deux terrains, mais le président américain a depuis un an envoyé missiles et bombardiers au Yémen, en Syrie et en Iran, puis kidnappé le président vénézuélien. Il menace désormais de saisir le Groenland, voire le Canada. Il a cessé de financer les organisations internationales d’aide aux populations et s’est retiré des traités qui suggèrent de respecter l’environnement. De plus, dans tous les pays, Trump et son administration encouragent les partis et les politiciens d’extrême droite qui se proposent d’écraser les luttes des travailleurs. Enfin, last but not least, partout dans le monde et par tous les moyens, le président favorise les affaires de ses amis milliardaires et les siennes propres, fût-ce au prix de la guerre.

Son Conseil de la paix a donc tout de la sinistre plaisanterie. Les seuls dirigeants qui ont d’ores et déjà accepté d’y participer, voire de payer un milliard de dollars en espèces le droit d’entrée au club, sont ses obligés, comme le roi du Maroc ou le président argentin. Les dirigeants des grands pays européens n’ont pour l’instant pas répondu, ce qui a déclenché de nouvelles rodomontades de Trump. Même Macron, qui s’est pourtant contenté de décliner poliment l’invitation « à ce stade », est menacé de se voir infliger 200 % de taxe sur les vins de Champagne.

L’affaire pourrait apparaître comme une revanche puérile contre le secrétaire général de l’ONU, qui a critiqué Trump à plusieurs reprises et même contre le comité Nobel, qui ne lui pas décerné son prix de la Paix. On pourrait en rester là s’il ne s’agissait que d’un caïd de bac à sable, mais ce délire mégalomane est celui du chef de l’État le plus puissant du monde, de l’agent exécutif du principal impérialisme et de la bourgeoisie la plus riche. Il a d’autres raisons.

La concurrence de plus en plus féroce entre capitalistes, dans un marché mondial qui se rétrécit, sans autre perspective que la course aux armements et les bulles spéculatives, contraint la bourgeoisie américaine à aller se servir dans la gamelle des autres, selon l’heureuse expression de l’ex-PDG de Stellantis. Avec son Conseil de la paix, comme par toute sa politique, Trump propose à ses seconds couteaux allemand, français, britannique, japonais, etc., d’apporter eux-mêmes le contenu de leurs gamelles au suzerain, faute de quoi il ira se servir lui-même.

Cette politique a été relativement efficace en ce qui concerne certains grands groupes privés européens qui, l’an passé, sont allés à Washington arranger directement leurs affaires avec Trump. Elle a continué à fonctionner vis-à-vis de l’Union européenne qui a, au mois d’août, signé un traité permettant aux États-Unis d’augmenter les taxes qui frappent leurs produits. Et si la volonté de Trump d’annexer le Groenland et sa prétention de remplacer l’ONU par un club de féaux à sa botte se heurtent à une levée de boucliers, on verra s’ils ne sont pas en carton.

Il est peu probable, vu les rapports de force et l’intrication des économies, que les Européens résistent longtemps sur le fond, même s’ils refusent d’en passer par les bouffonneries de Trump. Les bourgeoisies et les États européens, malgré toutes leurs déclarations et des dizaines d’années d’une union formelle, restent concurrents et incapables de s’allier, même pour résister à la pression américaine.

Derrière les déclarations de Trump, il y a la volonté d’affirmer sa toute-puissance, depuis l’explosion des crédits militaires jusqu’aux efforts d’embrigadement des vassaux, par exemple dans un Conseil de la paix qui serait plus à sa main que l’ONU.

                                                   Paul Galois (Lutte ouvrière n°2999)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui samedi 24 janvier, de 10 h. à 10h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 25 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 26 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Iran : les massacreurs et leurs complices

Iran : les massacreurs et leurs complices

Du 8 au 10 janvier, confrontés à l’amplification des manifestations, les dirigeants de la République islamique ont réagi en procédant à un bain de sang. Les forces de répression auraient fait des milliers, voire selon certaines sources 12 000 morts, bien plus de blessés graves et procédé à des arrestations massives.

Publié le 21/01/2026 

 

En dépit de la coupure d’Internet, les témoignages concordent. Le soir du 8 janvier, des foules massives, certains évoquant un million de personnes à Téhéran et quatre à cinq millions dans l’ensemble du pays de 92 millions d’habitants, des hommes et des femmes de divers milieux sociaux, de tous les âges, sont descendus dans la rue pour défier le régime. Les appels à manifester du fils de l’ancien chah, lancés depuis son exil américain et relayés avec complaisance par les médias occidentaux, n’ont sans doute joué qu’un rôle marginal. Ce raz- de-marée témoigne de la haine que suscite désormais le pouvoir. Ses dignitaires provoquent l’effondrement monétaire, affament la population, paient les salaires avec retard, ruinent les commerçants, assèchent les cours d’eau, tout en imposant un ordre moral réactionnaire, en traquant ceux qui refusent de se soumettre. Parallèlement, ils vivent eux-mêmes dans le luxe et placent leurs fortunes à l’étranger.

Menacé dans son existence, le régime a planifié le massacre en mobilisant les troupes des Gardiens de la révolution et en coupant toutes les communications. Des tireurs placés sur les toits ou aidés de véhicules équipés de mitrailleuses, des policiers fusil en main sont entrés en action : les manifestants désarmés ont été tués à bout portant, rendus borgnes et aveugles, traqués jusque dans les hôpitaux. Le massacre semble avoir duré deux jours, les manifestations s’étant poursuivies le 9 janvier voire le 10. Des images de morgues saturées et de sacs mortuaires entassés, avec des familles à la recherche de leurs proches et parfois contraintes de payer pour récupérer les corps, ont été diffusées par le régime pour ajouter à la terreur. Quand leur ordre a ainsi été rétabli, les dirigeants, le président dit réformateur Pezeshkian en tête, ont fait défiler les partisans qui leur restent fidèles, rassemblant quelques centaines de milliers de personnes à Téhéran et dans d’autres grandes villes.

Les dirigeants de l’impérialisme partagent la responsabilité de ce massacre, et pas seulement parce qu’ils entretiennent un embargo qui étrangle la population. Durant ces journées sanglantes, le chef de la diplomatie iranienne s’est vanté qu’un « canal de communication » a été maintenu avec Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump. Ce dernier a encouragé les manifestants en les appelant « à prendre le contrôle de leurs institutions » et en prétendant leur apporter un soutien par une intervention militaire « si les dirigeants iraniens tirent sur les manifestants ». Puis, après être resté silencieux durant trois jours, il a lâché, faussement naïf : « on me dit que les massacres ont cessé... que les condamnés à mort ne seront pas exécutés. »

Trump partage avec les dirigeants iraniens la même crainte : une révolution populaire en Iran serait pour lui un saut dans l’inconnu. La fin de la République islamique pourrait entraîner des bouleversements dans tout le Moyen-Orient. Les dirigeants de l’impérialisme et leurs alliés régionaux, Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, qui ont combattu l’Iran ces dernières années, n’ont rien à redire quand les Pasdarans tirent sur leur peuple. Ce n’est pas cela que Trump reproche à Khamenei et ses sbires, mais bien de vendre leur pétrole à la Chine, de maintenir des relations étroites avec la Russie de Poutine et de ne pas être assez soumis aux intérêts des capitalistes américains. Quant à faire intervenir l’armée des États-Unis pour occuper vraiment le terrain, mieux vaudrait pour Trump de ne le faire qu’après que le régime aura pris sur lui de mater toute rébellion.

De leur côté, les dirigeants européens s’offusquent à la fois des massacres en Iran et du cynisme de Trump. Ils en appellent à un « droit international » que personne ne respecte, même pas eux, mais ils ne valent pas mieux. Ils ont obtempéré quand Trump a déchiré l’accord sur le nucléaire qui avait été conclu avec l’Iran, acceptant de rétablir les sanctions et cessant tous leurs investissements dans ce pays. Ils prétendent soutenir les opposants mais ferment leurs frontières et refusent les visas. Comme le constatait un réfugié iranien arrivé en Turquie : « Les droits de l’homme et tout ça c’est du pipeau. Les Américains ou les Européens veulent juste un deal avec l’Iran, mettre un dollar pour en récupérer deux ».

Le massacre que le pouvoir vient d’accomplir a certainement plongé une partie des Iraniens dans le désespoir, réduits à compter leurs morts. Mais il aura encore accru la rage, la haine contre ce régime, dont les jours sont certainement comptés.

                                                  Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2999)

 

Israël : la terreur contre les Palestiniens continue

Un acte symbolique d’une existence impossible

 

 

Des bulldozers israéliens ont commencé à démolir le siège de l’Unrwa, l’agence qui fournit une aide humanitaire aux réfugiés palestiniens depuis 70 ans. L’État israélien prétend que certains de ses membres seraient en lien avec le Hamas.

         Cela fait maintenant plus de 2 ans que l’armée israélienne massacre à Gaza, rend la Cisjordanie invivable, sans compter les attaques sur les pays limitrophes. En comparaison, la destruction de ce bâtiment, qui était vide, est anecdotique, mais elle symbolise bien le but des dirigeants israéliens, qui veulent rendre l’existence des Palestiniens impossible, en leur niant même la possibilité d’être réfugiés dans leur propre pays.

         Tout cela avec la complaisance passive des dirigeants impérialistes trop occupés à se disputer entre eux un autre territoire.