dimanche 18 janvier 2026

Argenteuil, élections municipales, journal de campagne, Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs

 


 

Quelques discussions sur un marché populaire :

« Sur la révolte en Iran. Sur ce sujet, les gens parlent surtout des massacres et peu, voire pas du tout, de la révolte. Cela a permis néanmoins de discuter de la révolution nécessaire. Mais une autre personne a dit : "En quoi ça nous concerne ? C'est comme les Ukrainiens on leur donne de l'argent, et ici aux assistés ! » Dur. Discussion sur l'internationalisme, que la classe ouvrière formait une seule et même classe à l'échelle du monde et que la division était le pire des poisons face à notre seul ennemi, les capitalistes. Je pense l'avoir partiellement convaincue.

Autre discussion : sur le fait que les travailleurs ne pouvaient rien sans rapport de force.

Une autre encore avec un passant régulier. Il voulait savoir ce que l'on pensait de l'Iran. Notre analyse et notre programme lui parlent, mais il est tiraillé entre l'électoralisme et la révolution. Il me disait par exemple que les députés étaient utiles car "on peut faire pression sur eux (par une mobilisation), car s'ils veulent être réélus ils doivent nous écouter". Je n'ai pas eu beaucoup de mal à lui démontrer que c'était rarement vrai et que, quitte à devoir établir un rapport de force, autant le faire directement face aux capitalistes, en dirigeant notre action nous-mêmes, etc. Il était d'accord avec cela. »

Des discussions donc loin des rivalités locales.

Argenteuil et la « réindustrialisation » (!) dans le Bilan municipal 2020-2026 (12) : ou quand le souriceau se prend pour un hippopotame)

 

« Argenteuil, moteur de la réindustrialisation. Rien que ça !?

 

Démolition de l’usine Semperit, localisation peut-être, réindustrialisation, certainement pas

S’il est un domaine où la marge de manœuvre d’une municipalité est très étroite, c’est bien celui des implantations d’entreprises privées, et parallèlement des déprises économiques. On ne peut pas à la fois se réclamer de la propriété privée et à la fois regretter ses conséquences. Les conseils d’administration et les actionnaires décident ce qu’ils veulent, un point c’est tout. La géographique continuelle des localisations et des délocalisations en fait foi. L’échelle communale n’y échappe pas, Argenteuil comme les autres.

         Ainsi, sur ce plan, la commune a une histoire. Le mandat municipal qui s’achève a été marqué justement par une délocalisation majeure qui marque un tournant dans l’histoire d’Argenteuil. La présence de Dassault dans la commune ne sera plus bientôt pour l’essentiel  qu’un lointain souvenir. Le départ vers Cergy met un terme à l’histoire véritablement industrielle de la Ville qui connut un essor majeur au tournant des XIXème et XXème siècles.

         Pour cette industrie, ce ne sont pas les « 120 » employés de chez Yamaha (implanté là où trouvait General Motors naguère, si je ne me trompe) ou ceux du traiteur Potel et Chabot qui effaceront ceux de Dassault, Semperit, ou Otis (dont on évoque la mue, mais il ne reste que quelques dizaines d’employés, et qui a vu la disparition du centre d’appel dont on nous avait pourtant assuré le maintien…)… Alors le grandiloquent « Argenteuil, moteur de la réindustrialisation » fait pour le moins sourire, mais ce n’est pas sérieux.

         Les communes et leurs édiles comptent pour du beurre dans ce genre d’affaire. Le maire d’Argenteuil en a pourtant fait l’expérience ces dernières années, lorsque le PDG qui lui avait pourtant promis le maintien du site sur la Ville s’est déjugé en prenant le chemin de Cergy… Alors la prudence devrait s’imposer à nos grands réindustrialisateurs. DM (À suivre : Argenteuil, la capitale des « winners » ? dans le Bilan municipal 2020-2026 (13). À voir.) Extrait du blog « lo argenteuil » du 16.8.25.

samedi 17 janvier 2026

Iran : la seule voie : celle des travailleurs

 Le règne des patrons et des mollahs doit finir !

L’appel suivant, signé Conseils ouvriers de la ville d’Arak, une ville située à environ 300 kilomètres de Téhéran, a été publié dans le journal communiste turc Evrensel.

Publié le 14/01/2026

« Depuis des décennies, notre travail est récompensé par des balles et nos revendications sont accueillies par des peines de prison. Mais aujourd’hui, le silence a pris fin. Nous, les travailleurs des usines d’Arak, nous continuerons à lutter et nous déclarons clairement :

Désormais, la gestion des usines Makine Sazi, Azarab et Vagon Pars sera entre les mains des conseils ouvriers élus par les travailleurs. Nous ne reconnaissons plus les dirigeants nommés par l’État ni les syndicats fantoches du régime.

Notre grève ne concerne plus les salaires. Nous demandons aux citoyens d’Arak de créer des conseils de quartier pour gérer la sécurité et la logistique. Les usines sont notre foyer à tous.

Toute tentative d’entrée forcée dans les complexes industriels ou d’arrestation de nos représentants sera considérée comme une déclaration de guerre à toute la ville. Si une seule goutte de sang des travailleurs est versée, les flammes de la révolte ne laisseront aucune trace du pouvoir.

Nous ne sommes pas ici uniquement pour réclamer le paiement des salaires impayés. Nous sommes ici pour décider de la manière dont ces usines et ce pays doivent être gérés. Le règne des patrons et des mollahs est révolu.

                                            Le 11 janvier 2025 »

                                                                                (Lutte ouvrière n°2998)

 

Aujourd’hui samedi 17 janvier.

Paris : Manifestation de solidarité avec les Iraniens en lutte

Contre la répression sanglante du régime à huis clos, des organisations de l'émigration iranienne appellent à manifester :

À 15 heures, Place du Panthéon à Paris 5°

Elles ont le soutien en France de différentes organisations syndicales et politiques de gauche.

Lutte ouvrière appelle ses militants et sympathisants, en se joignant à cette manifestation, à s'affirmer au côté des travailleurs et du peuple d'Iran qui subissent une répression sanglante.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui samedi 17 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des

Raguenets, St-Gratien.

Macron et ses vœux guerriers

L’avenir radieux mais profitable du capitalisme

 

 

Lors de ses vœux aux armées, Macron a confirmé qu’il veut consacrer 3,5 milliards d’euros supplémentaires au budget militaire dès cette année. Ce qui en s’ajoutant à la hausse déjà prévue aboutirait à une hausse 6,7 milliards en 2026, soit plus de 10 %.

         Les prétentions militaires du petit impérialisme français coûtent cher au monde du travail appelé à les financer avec ses impôts et des sacrifices sur les services publics essentiels de la santé, de l’éducation, etc. Par contre les industriels de l’armement et autres marchands de mort se préparent à un bel avenir. 

         Dans la bouche de Macron, cela s’appelle « maintenir la paix ». En son temps l’écrivain George Orwell mettait dans celle du Big Brother du roman 1984, dont le pouvoir reposait sur des mensonges : « la guerre, c'est la paix »…


Mélenchon-Mitterrand : héritage revendiqué

 Mélenchon-Mitterrand : héritage revendiqué

L’hommage de Jean-Luc Mélenchon à François Mitterrand, à l’occasion du trentième anniversaire de sa disparition, est instructif.

Publié le 14/01/2026

Pour lui « l’Union de la gauche était un programme de transition vers le socialisme ». Mais « ce qui en est résulté est une autre affaire ».

Le dirigeant de la France insoumise, qui fut élu de Marseille, joue là au « ravi de la crèche ». Mitterrand avait commencé une carrière politique à l’extrême droite à la fin des années 1930 pour la terminer en apothéose, comme président réputé « de gauche » de 1981 à 1995. Sans même entrer dans le détail de sa politique et de ses méandres, il est évident qu’il a toujours œuvré pour la préservation de l’ordre, de la propriété, de l’État et du pouvoir de la grande bourgeoisie. Ni ses discours variés, ni le soutien du Parti communiste français et des syndicats, ni l’adulation des intellectuels de gauche et des journalistes du même métal pour le président socialiste à l’époque ne peuvent masquer cette réalité : la situation des travailleurs et l’ordre du monde n’ont pas changé avec Mitterrand, ils ont même empiré. Il n’est que de mettre le nez à la fenêtre aujourd’hui pour s’en persuader.

Alors, ou Mélenchon est un naïf, ou il prend ses lecteurs, et électeurs, pour des naïfs. Comment se fier à ce genre « d’insoumis » ?

                                                          P. G. (Lutte ouvrière n°2998)