Grande distribution :
guerre commerciale et guerre de classe
Après une annonce le 3 avril,
24 magasins Intermarché, ex-Casino, ont définitivement baissé le rideau
samedi 26 avril.
Publié le 06/05/2025
Pour les 680 salariés, à qui des engagements
de reclassement sont promis, la réalité est la perte brutale de leur emploi.
Ainsi à Plan-de-Campagne, au nord de Marseille,
magasin où l’ancienneté moyenne est de vingt ans, des postes sont proposés
dans la logistique, où les conditions de travail sont connues pour être
difficiles, ou à Brignoles, située à une heure de route, c’est-à-dire pour
beaucoup loin de leur lieu d’habitation.
Plan-de-Campagne est une immense zone commerciale
implantée sur la commune des Pennes-Mirabeau avec plus de 500 enseignes.
L’hyper Géant Casino, devenu Intermarché, y était implanté sur 14 100 m².
On y trouve également un Leclerc, un Lidl et des dizaines de grosses enseignes,
toutes propriétés de riches familles capitalistes. Il n’y a donc aucune raison
pour que les 122 salariés de l’Intermarché ne soient pas reclassés sur
place dans l’enseigne de leur choix.
Les mêmes problèmes se posent pour les
travailleurs des autres Intermarché situés en périphérie de grandes villes, comme
à Blagnac près de Toulouse, Cenon en banlieue de Bordeaux, ou La Riche à Tours.
Et dans les villes plus petites, ces fermetures sont également vécues comme une
catastrophe, non seulement par les salariés qui habitent depuis des années à
proximité du magasin, mais aussi pour les habitants pour qui le magasin est
indispensable.
Les propriétaires de ces groupes n’ont rien à
faire de telles préoccupations. Ils multiplient les ouvertures, y compris dans
les mêmes zones et les mêmes quartiers, se livrent entre eux à une guerre
commerciale acharnée, tout en guettant le moment où l’un d’entre eux connaîtra
des difficultés, laissant aux autres carnassiers l’opportunité de le dépecer.
On vient de le voir avec la disparition des supermarchés et hypers Casino et leur
rachat par trois concurrents.
Des dizaines de milliers de travailleurs du
commerce, toutes enseignes confondues, sont victimes de la soif de profit d’une
poignée de grands groupes qui jouent au monopoly et sabrent dans leurs emplois.
Il y a urgence à les empêcher de nuire.
Philippe Logier (Lutte ouvrière
n°2962)