vendredi 2 mai 2025

Argenteuil, l’engagement de bénévoles déterminés contre la misère

Bénévoles de l’ombre, une aide substantielle face au recul social

 

 

La tâche des militants communistes révolutionnaire est la reconstruction des réseaux dans les entreprises et les quartiers populaires du parti nécessaire à la lutte quotidienne de notre classe contre les méfaits du capitalisme, avec l’objectif de son renversement révolutionnaire. Ils accomplissent à travers leur action bien des gestes de solidarité, mais ce n’est pas le cœur de leur activité. Des femmes et des hommes ont fait d’autres choix, celui d’assister ceux d’entre nous qui ont particulièrement besoin d’aide et de soutien. À Argenteuil, je pense aux bénévoles des Restos du cœur, du Secours populaire, d’Action catholique contre la faim aux côtés d’autres associations caritatives d’autres religions ou pas. Je pense au Comité des sans papier qui fait un travail obstiné très difficile. Je pense en premier lieu à celles et ceux qui aident les plus rejetés par la société, les personnes « sans domicile ». Tous, ils sont rarement et peu sous la rampe de l’information municipale, tout comme par ailleurs les militants politiques véritablement engagés par conviction et idéal.

         Pour ma part, aujourd’hui, je voudrais rendre hommage à Martine Brisson qui avec son vélo est une obstinée elle aussi infatigable. Elle l’est d’autant plus depuis la fermeture du Centre d’Hébergement d’Urgence municipal de la rue du Moulin qui a été un très mauvais coup aggravant les difficultés des plus précaires et des plus fragiles.

         La croiser comme tous les bénévoles de cette qualité est un encouragement pour ceux des nôtres qui se sont engagés dans une autre voie, celle qu’il y ait un jour un monde sans misère et sans la vie à la rue. DM

 

jeudi 1 mai 2025

Intervention de Nathalie Arthaud à la fin de la Manifestation du 1er mai - 5 min

Manifestons en cette journée de 1er mai aux côtés des travailleurs du monde

 Manifestons en cette journée de 1er mai

Aux côtés des travailleurs du monde

À Paris

À 14h00 Place d’Italie

Le 1er mai sera l’occasion, pour tous ceux qui rejettent le nationalisme et se sentent dans le camp des travailleurs, de manifester avec des milliers d’autres travailleurs le même jour partout dans le monde.

Cette journée de lutte est un des rares symboles sans tache qu’a légué le mouvement ouvrier, tout comme le drapeau rouge et la chanson L’Internationale. Dans cette période de montée guerrière, ces symboles représentent l’internationalisme ouvrier, la seule perspective politique possible pour le camp des travailleurs.

Lutte ouvrière appelle tous ses militants et ses sympathisants à participer aux rassemblements et aux manifestations qui auront lieu ce jour-là. À Paris, le cortège devrait partir à 14 heures de la place d’Italie.

 

 

Départ en commun à Argenteuil pour les amis de Lutte ouvrière

A 13 heures devant notre café habituel de la gare centrale

1er mai : histoire d’une journée de lutte

1er mai : histoire d’une journée de lutte

Le 1er mai a été pendant très longtemps pour les travailleurs une journée de manifestations et de luttes parfois sanglantes.

Publié le 29/04/2025

C’est en 1856, en Australie, qu’est née l’idée d’une journée prolétarienne de repos, fixée alors au 21 avril, comme un moyen d’obtenir la journée de 8 heures. Il était alors fréquent de travailler 12, voire 14 heures par jour. Cette première manifestation eut un tel retentissement parmi les travailleurs australiens qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans. Avec le développement du prolétariat à l’échelle mondiale, l’idée s’imposa d’organiser une journée internationale au cours de laquelle les travailleurs de tous les pays seraient appelés à faire grève et à manifester en revendiquant la journée de huit heures. En 1889, la IIe Internationale, regroupant tous les partis sociaux- démocrates, se revendiquant alors du marxisme révolutionnaire, décida de fixer au 1er mai cette journée de lutte, en hommage aux travailleurs américains victimes de la répression après la grève générale du 1er mai 1886, appelée pour obtenir la journée de 8 heures. Les manifestants commencèrent à arborer un triangle rouge, symbolisant la revendication « 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos ».

À l’époque, le 1er mai n’était pas férié, et il fallait se mettre en grève pour participer aux manifestations. Celles-ci inquiétaient les patrons, d’autant qu’elles se déroulaient le même jour dans de nombreux pays, et ils n’hésitaient pas à réprimer ceux qui se risquaient à y participer. Dans le nord de la France, à Fourmies, le 1er mai 1891, l’armée tira sur la foule, faisant 9 morts et 33 blessés, dont de jeunes ouvrières du textile. Après cette fusillade particulièrement meurtrière, les manifestants du 1er mai se mirent à arborer une églantine rouge, symbole qui rappelait de surcroît la Révolution française et qui mettait en rage les patrons et la police. Des passants pouvaient être arrêtés parce qu’ils portaient du rouge dans l’habillement.

Le début du vingtième siècle fut marqué par la marche à la guerre, et le 1er mai devint aussi l’occasion d’affirmer l’idée que les ouvriers du monde entier devaient lutter contre la guerre impérialiste en préparation et se fixer l’objectif de renverser le capitalisme. Les grandes manifestations en faveur de la paix ne purent empêcher la trahison de la IIe Internationale, qui se rallia à la bourgeoisie dès le début de la guerre mondiale.

Dans l’entre-deux-guerres, les luttes continuèrent, avec cette fois-ci en toile de fond la montée du fascisme. En 1929, le préfet de Berlin interdit la manifestation du 1er mai. À l’appel du Parti communiste allemand, des milliers de travailleurs défilèrent tout de même. La troupe tira, tuant 33 travailleurs, et en blessant 200.

Les nazis, tout comme le gouvernement de Vichy en France, détournèrent la signification prolétarienne du 1er mai, et en firent des « Fêtes du travail national », célébrant l’union sacrée des ouvriers et des patrons. C’est le maréchal Pétain qui, en 1941, a associé le 1er mai au muguet, qu’il préférait à l’églantine rouge, symbole selon lui du communisme.

Malgré ces dévoiements et l’institutionnalisation du 1er mai, du moins dans les pays riches, sa signification profonde pour le monde du travail, une journée qui affirme les intérêts communs des travailleurs par-delà les frontières, reste d’une actualité brûlante, au moment où les bruits de bottes résonnent à nouveau. Comme l’écrivait Rosa Luxemburg en 1904 : « Plus que jamais, en présence de la guerre, la démonstration spécifique prolétarienne doit aussi être l’expression de cette idée que la réalisation de la paix universelle ne peut être conçue que liée à la réalisation de notre but final socialiste. »

                                                Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2961)

 

Meurtre dans la mosquée : ceux qui attisent la haine raciste

Meurtre dans la mosquée: ceux qui attisent la haine raciste

Vendredi 25avril, Aboubakar Cissé, un jeune homme de 22 ans, originaire du Mali, a été tué de 40 à 50 coups de couteau, dans la mosquée de la commune de La Grand-Combe dans le Gard.

Publié le 29/04/2025

 

 

Le meurtrier s’est filmé devant sa victime en tenant des propos contre cet «Allah de merde», qui laissent peu de doute sur le caractère ­islamophobe de ce meurtre.
Les médias répètent, depuis l’arrestation du meurtrier, que l’islamophobie ne serait pas sa seule motivation. Cette insistance à gommer le caractère raciste de cet acte barbare est bien significative. Tout comme l’est également le fait que le ministre de l’Intérieur, Retailleau, se soit déplacé seulement quarante-huit heures plus tard sur les lieux du crime, alors qu’il s’était précipité à Nantes où un jeune venait de tuer une adolescente au couteau dans un établissement privé, qui plus est pour tenir le discours bien réactionnaire dont il est coutumier sur l’ensauvagement de la jeunesse. C’est ce qu’on appelle les «
deux poids, deux mesures».

De tels crimes ne surviennent pas par hasard. Ils se produisent dans un climat alimenté en permanence par des propos racistes et xénophobes. Par leurs discours de haine et par leur politique ­anti-migrants, les Le Pen, Retailleau, Darmanin et autres favorisent le passage à l’acte d’individus tels que le meurtrier d’Aboubakar.

Le racisme est une arme entretenue par la bourgeoisie pour maintenir sa domination. Elle est utilisée par des ennemis de tous bords de la classe ouvrière et les démagogues en tout genre pour tenter de la diviser. Cela contribue à lui faire perdre de vue ses intérêts de classe et ses véritables ennemis en cette période d’aggravation de la crise économique. Le racisme et la recherche de boucs émissaires sont des poisons mortels dont il faut arrêter la propagation.

                                                         Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2961)