Pour une
Fédération socialiste des peuples du
Moyen-Orient !
25 Octobre 2023
Quelle perspective aujourd’hui
peut avoir le peuple palestinien qui enrage de l’oppression et des massacres
qu’il subit de la part de l’armée israélienne, et de la misère dans laquelle
sont plongées les couches populaires, ouvriers et petits paysans dépouillés de
leur terre ? Quelle perspective peut avoir le peuple d’Israël, et ceux qui dans
le pays ne vivent que de leur travail, transformés en soldats permanents pour
maintenir un ordre injuste ?
La population des pays du
Moyen-Orient vit sous le joug de régimes dictatoriaux qui protègent les
exploiteurs et la petite minorité des classes riches. Elle est victime d’un
ordre impérialiste, dominé aujourd’hui par les États-Unis, qui a créé le chaos
dans la région en multipliant des divisions artificielles.
Les bourgeoisies locales,
attachées à l’ordre capitaliste, essayent d’y trouver leur place, sur le dos de
leur propre peuple.
Mais, contrairement à ce que
peuvent dire des « spécialistes », promoteurs de l’ordre
impérialiste, les divisions des peuples du Moyen-Orient ne viennent pas d’une
opposition séculaire, de haines religieuses et culturelles. Elles sont la
conséquence d’une politique délibérée de division imposée par les puissances
impérialistes, d’abord française et anglaise, suivies par l’impérialisme
américain lorsqu’il a pris le dessus sur ses concurrents.
Cela a commencé dès la fin de la
Première Guerre mondiale en 1917-1918, par le dépeçage de l’Empire ottoman,
allié de l’Allemagne, dans lequel, pendant des siècles, musulmans, juifs et
chrétiens avaient coexisté sans trop de problèmes.
Les tendances à l’unité ont été
combattues par les armées française et anglaise. Et, en vue d’exercer leur
mainmise, les deux puissances ont créé des États en traçant des lignes sur les
cartes. Ainsi l’impérialisme français a détaché le Liban de la Syrie et y a
instauré un régime basé sur les divisions confessionnelles.
De même en Palestine, pour
combattre toute poussée anticoloniale, la Grande-Bretagne a ouvert la voie à
la fin de la Première Guerre mondiale à l’implantation de colons juifs, au nom
du sionisme, pourtant ultra-minoritaire dans les communautés juives à travers
le monde.
C’est la Deuxième Guerre
mondiale, et le massacre de la moitié de la communauté juive d’Europe par les
nazis, six millions d’hommes, de femmes et d’enfants, qui a entraîné l’arrivée
en Palestine de centaines de milliers de survivants cherchant un asile protecteur
sur cette terre deux fois promise.
En effet, le courant religieux du
sionisme s’appuyait sur la Bible hébraïque, la Torah, pour désigner ainsi la
bande de terre située entre le Jourdain et le Mont Liban. L’impérialisme
anglais avait promis en 1917 d’y protéger les implantations juives... en même
temps qu’il promettait de permettre la création d’un grand royaume arabe.
Après la création de l’État
d’Israël en 1948, ses dirigeants allaient entraîner sa population dans une
politique de spoliation des terres occupées par des Palestiniens arabes.
L’impérialisme américain prit
définitivement les rênes après 1956 et l’intervention franco-anglaise pour
tenter de reprendre le contrôle du canal de Suez, nationalisé par le président
égyptien Nasser, dans une intervention soutenue par l’armée israélienne. Le
Moyen-Orient, avec son pétrole, était devenu une région stratégique pour
l’impérialisme.
Les peuples du Moyen-Orient ont
vécu la faillite de toutes les politiques nationalistes bourgeoises.
L’impérialisme s’est servi de l’existence d’États et de nationalismes
concurrents pour imposer sa domination, au besoin en les jetant dans des
guerres les uns contre les autres. Les peuples de la région ont ainsi connu une
succession de conflits, agressions directes ou indirectes des armées
impérialistes.
Et pourtant l’énergie de ces
masses les plus déshéritées, de la jeunesse, toutes avides de changement, a pu
se manifester à de multiples reprises au cours des dernières décennies, de la
Palestine au Liban, ou lors des printemps arabes pour ne parler que d’eux. Les
impasses, passées et présentes, sont liées à la bourgeoisie elle-même, au mythe
de l’unité nationale derrière les exploiteurs locaux, qui ne valent guère mieux
que les géants impérialistes, car ils s’en font toujours les auxiliaires, tôt
ou tard.
Pour les masses exploitées de
cette région, pour mettre fin à leur exploitation et leur oppression, il est
indispensable de briser les appareils d’État concurrents qui permettent aux
différentes bourgeoisies de s’approprier un butin et de se dresser les unes
contre les autres. C’est ce qui permet à l’impérialisme de les manœuvrer. Les
intérêts des classes exploitées n’ont rien de commun en réalité avec ceux de
leurs exploiteurs locaux.
Mettre fin à la domination
impérialiste sur la région nécessite de réaliser l’unité des travailleurs des
différents pays, d’abattre les frontières, les régimes, les États et les
bourgeoisies locales qui les défendent.
Cela implique d’instaurer le
pouvoir des travailleurs à l’échelle de la région, dans le respect du droit de
chaque peuple à avoir son existence nationale sous la forme qu’il choisira. La
forme politique de ce pouvoir des travailleurs ne peut être que celle d’une
Fédération socialiste des peuples du Moyen-Orient.
Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2882)
Achetez,
lisez le numéro 2882 à paraître de Lutte ouvrière de cette semaine. Il contient
de nombreux articles sur la situation au Proche-Orient. Ce sont des articles
dont la lecture est particulièrement nécessaire actuellement.
Les prochaines permanences
prévues :
-Aujourd’hui
mercredi 25 octobre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;
-Vendredi 27
octobre, de 15 h.40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;
-et de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour
« Babou » ;
-Samedi matin
28 octobre, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
- et de 11 h. à
midi au marché de la Colonie ;
-Dimanche 29
octobre : -de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché ;
-et de 11 h. à
midi, marché Héloïse ;
-Mercredi 1er
novembre, de 11 h.30 à midi marché des Champioux ;
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.