dimanche 30 juillet 2023

Argenteuil, et la révolte d’une fraction de la jeunesse fin juin : « Circulez, il n’y a rien à voir » sur les causes des évènements

Quand le maire d’Argenteuil s’adresse à son milieu social et électoral

 

 

Nous avons fait une erreur. Un Ma Ville, le magazine municipal, est paru. Une parution pour les mois de juillet et d’août.

         Sous la signature de Georges Mothron, l’éditorial s’intitule « Rassembler, apaiser, valoriser ». Des mots passe-partout habituels, rien de nouveau sous le soleil.

         Cet éditorial revient sur les évènements du début de l’été en ces terme : « Face à ce déferlement de haine et de violence, ainsi qu’à la détresse des victimes auxquelles nous apportons notre soutien, il convient de rester unis et rassembler. Cette minorité ne saurait mettre à mal notre union ainsi que l’image de notre ville et de ses habitants. » Là encore rien de nouveau. Mais surtout, aucune interrogation sur les évènements eux-mêmes, leurs enchaînements, et leur origine.

         La situation dans les quartiers populaires. Le comportement de la police. Sa violence. Le racisme qui l’imprègne. Le sentiment d’exclusion. L’inégalité scolaire. Et fondamentalement, l’inégalité sociale. Des notions qui apparemment échappent totalement au maire d’Argenteuil qui ne voit que des enfants de la haine et de de la violence.

         Certes on en attendait pas moins de sa part. Quant à ceux qui veulent réfléchir et comprendre des évènements qui se renouvèleront, pour eux, nous avons gardé quelques exemplaires de notre hebdomadaire Lutte ouvrière du 7 juillet dernier et dont le titre était, loin des mots creux : « Ni résignation ni violence stérile changer la société ! » DM

 

Grèce : catastrophe climatique et sociale

La nécessité d’une autre organisation sociale, elle responsable

 

 

À Rhodes, frappée par de terribles feux de forêt, habitants et touristes ont dû être évacués. Le manque de moyens pour prévenir et combattre ces incendies est criant : effectifs insuffisants des services forestiers, manque de moyens des pompiers.

         Le manque de moyens et d’organisation de la part des autorités officielles produit une grande pagaille, en partie compensée par de nombreuses initiatives de la population.

         La planète brûle. La société capitaliste, responsable, est incapable de rien n’y faire. Il est temps de se battre pour qu’une autre organisation sociale la remplace.

 

samedi 29 juillet 2023

Police : rébellion et outrage

Police : rébellion et outrage

26 Juillet 2023

La mise en examen de quatre policiers marseillais et l’incarcération de l’un d’eux ont provoqué une rébellion ouverte dans la police. Ils sont accusés d’avoir frappé en réunion Hedi, un jeune passant d’origine maghrébine, jusqu’à le laisser pour mort, pendant la répression des émeutes.

Depuis le 21 juillet, une vague d’arrêts maladie a frappé les commissariats marseillais, qui se mettent les uns après les autres en service minimum. Interdits du droit de grève, ils font la grève du zèle. Le soutien explicite du directeur général de la police, qui a déclaré au journal Le Parisien « Cela m’empêche de dormir, avant un procès, un policier n’a pas sa place en prison », a encouragé l’extension de cette rébellion à d’autres villes du pays. Elle pourrait se poursuivre jusqu’à la libération du policier cogneur.

Pour venir à bout des émeutes urbaines déclenchées par l’assassinat de Nahel par un policier de Nanterre, le pouvoir a laissé pendant six ou sept nuits les mains libres à ses « cognes ». Plus de 3 600 personnes ont été placées en garde à vue, dont 1 600 mineurs. Les unités mobilisées, dont le RAID et autres forces antiterroristes, ont utilisé tout leur arsenal, y compris les LBD qui crèvent les yeux et fracassent les crânes. Dans les quartiers concernés, il ne fallait pas croiser la police. À Longwy, un jeune agent de sécurité a été plongé dans le coma par un tir de « bean bag », un sac de billes de plomb, du RAID. À Marseille, outre Hedi gravement blessé à la tête, un homme circulant à scooter est mort d’un arrêt cardiaque après avoir reçu un tir de LBD.

C’est à ce prix que « l’ordre a été rétabli en seulement quelques jours », comme s’en est vanté Macron à la télévision. Autorisés « à traiter les délinquants sur place », selon les termes d’un flic marseillais, c’est-à-dire à cogner sans retenue, les policiers ne digèrent pas qu’on leur demande aujourd’hui des comptes sur leurs bavures et qu’un juge ait osé placer l’un des leurs en prison.

Cette rébellion, accompagnée d’une sorte d’outrage à magistrat et appuyée par le grand chef de la police, fait bien sûr désordre. Cette exigence d’un régime spécial et cette demande d’être placé au-dessus des lois ont provoqué l’ire des magistrats, même modérés. Elles mettent Macron et ses ministres dans l’embarras, les obligeant à des contorsions verbales pour ne fâcher ni les flics ni les juges. Mais, de Macron à Darmanin, chacun y est allé de sa petite phrase compréhensive pour la police et ses dérapages.

Car, quoi qu’en disent les policiers, la justice n’a pas eu la main légère pour les émeutiers, bien au contraire : il y a eu plus de 260 comparutions immédiates et des années de prison ferme distribuées. La police et la justice sont deux appareils de répression vitaux pour maintenir un ordre social inégalitaire, pour faire accepter leur sort aux pauvres et réprimer les travailleurs qui refusent de se laisser exploiter sans broncher. Maintenir l’état de droit et l’indépendance de la justice, deux valeurs supposées de la république française, devient un exercice de plus en plus difficile, dans une période de crise où la politique exigée par la bourgeoisie ne peut qu’entraîner des révoltes et l’intervention de plus en plus violente des forces dites de l’ordre.

                                             Xavier LACHAU (Lutte ouvrière n°2869)

 

Hedi, laissé pour mort, crâne enfoncé en attente d’intervention

 

Les prochaines permanences prévues :

-vendredi 5 août, carrefour Babou, de 17 h.15 à 18 h.15.

 

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           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (le journal seulement) et à la librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC. Toutes les vacances, 5 exemplaires au Presse-papier.