Loi
d’urgence : des démolisseurs pas pressés de reconstruire
19 Juillet 2023
Alors que les compagnies
d’assurance estiment à plus de 650 millions d’euros les dégâts causés par les
émeutes, le gouvernement a lancé une loi dite d’urgence visant à simplifier les
démarches administratives pour reconstruire les bâtiments publics détruits
Mais l’État ne versera pas un
centime, laissant les communes se débrouiller avec ce qu’elles ont et attendre
le bon vouloir des assureurs.
Le gouvernement Macron, tout
comme ses prédécesseurs, n’a pas attendu les émeutes pour démolir à sa façon,
et plus efficacement que les émeutiers, les services utiles à la population des
quartiers populaires. Il n’est donc pas surprenant que sa « loi
d’urgence » se borne à une simplification des démarches.
Quant aux sociétés d’assurance,
qui se désolent devant le montant de la facture, il s’agit surtout pour elles
de prévenir qu’elles feront le minimum et qu’il n’est pas question de rogner
sur les profits de leurs actionnaires pour faire face aux dépenses.
Certains élus utilisent la
situation pour faire la leçon à la population tout en la divisant, ajoutant
encore une couche de démagogie dans le sillage du gouvernement. D’aucuns
annoncent que les festivités et les animations estivales sont annulées pour
« payer les réparations ». Le maire de Saint-Gratien, dans le
Val-d’Oise, va plus loin, avec un courrier adressé aux habitants du quartier
touché par les violences, qui les incite à dénoncer les émeutiers, faute de
quoi le dojo et le centre culturel ne seront pas reconstruits.
Le grand patronat, couvert
d’aides et de subventions par l’État, est le premier responsable de
l’exploitation, du chômage et de la progression de la misère dans les quartiers
populaires. C’est à lui de payer les dégâts qu’il provoque, pas à la population
d’en faire les frais.
Nadia CANTALE (Lutte ouvrière
n°2868)
Les prochaines
permanences prévues :
-vendredi 28
juillet, carrefour Babou, de 17 h.15 à 18 h.15.
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