jeudi 8 juin 2023

Argenteuil, la municipalité et les « lanceurs d’alerte » : la Ville bientôt aux prochaines Rencontres des Lanceurs d’alerte de novembre 2023 ?

 

Il y a déjà des lauréats

 

La femme de Julian Assange (à droite) présente lors des dernières rencontres à la Plaine-Saint-Denis

Nous n’avons pas le texte de la délibération du dernier point de l’ordre du jour du prochain conseil municipal de vendredi soir. Il s’agit de la « Mise en place de la procédure des lanceurs d'alertes au sein de la collectivité ». Des « lanceurs d’alerte » ? Pas moins que cela.

         Il doit y avoir une mise en place à l’échelle locale des procédures législatives votées ces derniers temps sur la question : une véritable usine à gaz !

         Cela dit, il existe à notre connaissance au moins deux phénomènes de « lanceurs d’alerte » concernant la collectivité, à Argenteuil. En interne, le bulletin des territoriaux d’Argenteuil et de l’ex-Agglo qu’édite tous les quinze jours Lutte ouvrière à destination des agents de la Ville. Et au niveau des habitants de la commune, le Comité Jean Vilar qui a fait un énorme travail d’information et de dénonciation du fantasmagorique projet Fiminco concernant l’espace et le complexe Jean Vilar. De part et d’autre, un véritable travail de lanceur d’alerte.

         Cette délibération est pour leur rendre hommage à l’un et à l’autre ? DM

Colonialisme : Alger 1957, les disparitions forcées

Colonialisme : Alger 1957, les disparitions forcées

07 Juin 2023

Lors de la fête de Lutte ouvrière, l’historien Fabrice Riceputi est venu présenter l’enquête qu’il mène avec sa collègue Malika Rahal sur les disparitions forcées à Alger en 1957. Leur projet, intitulé « Alger 1957 – des Maurice Audin par milliers », prend pour l’instant la forme d’un site et d’une base de données.

En janvier 1957, les parachutistes se voient confier les pouvoirs de police à Alger, avec pour mission d’y démanteler le FLN. Celui-ci, dans le cadre de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie, vient de décider d’organiser une grève générale de huit jours. L’État français veut à tout prix éviter cette mobilisation, qui mettrait à mal ses mensonges sur une guerre qu’il prétend mener contre un groupe terroriste minoritaire, et non contre un peuple qui se dresse contre le colonialisme. Dirigée à Alger par le général Massu, avec le soutien du gouvernement du socialiste Guy Mollet, l’armée adopte pour méthode l’enlèvement des suspects, la torture systématique pour leur arracher des renseignements, parfois le viol, et souvent l’exécution et la disparition des corps. Les arrestations s’opèrent avec brutalité, devant les familles violentées par les militaires : le but est d’abord de terroriser la population. Des dizaines de lieux de torture et de détention sont constitués. Si certains détenus sont relâchés, 3 000 à 8 000 sont exécutés sommairement. Ce qu’on appelle « bataille d’Alger » n’a en fait rien d’une bataille entre deux belligérants mais tout d’une répression immense et féroce.

L’armée nie les exécutions, la torture et jusqu’aux arrestations et jusqu’à présent l’État français n’a reconnu que deux assassinats : en 2018, il a admis celui du mathématicien communiste Maurice Audin, qui avait fait l’objet d’une longue campagne menée notamment par sa famille ; puis, en 2021, celui de l’avocat Ali Boumendjel, dont l’exécution sommaire avait été déguisée en suicide.

Pour les milliers d’autres disparus, restés dans l’anonymat, les familles, qui ont souvent recherché leurs proches avec détermination, n’ont jamais reçu d’information sur les circonstances du décès ou sur la dépouille : « On n’a jamais plus eu de nouvelles », disent-elles. Les témoignages, souvent poignants, figurant sur le site, montrent que, pour ces familles, les plaies restent vives.

Les responsables militaires (Massu, Bigeard…), ces « Klaus Barbie français », ont poursuivi leur carrière, ont été décorés et couverts d’honneurs, et s’ils sont aujourd’hui décédés, des rues portent leur nom et des statues leur sont parfois dédiées. Le lieutenant parachutiste tortionnaire Jean-Marie Le Pen a fait la carrière politique que l’on sait. Le mode opératoire des disparitions forcées a ensuite été enseigné par les militaires français à ceux d’Amérique latine, qui l’ont largement utilisé contre leurs opposants. Quant aux ministres qui les ont couverts, ils ont également poursuivi leu r carrière, à l’instar de Gaston Defferre, de Jacques Chaban-Delmas ou de François Mitterrand.

Ce bilan des sévices de l’armée française dans la seule ville d’Alger au cours de cette année 1957, et la dénonciation du silence de l’État français, qui n’est pourtant jamais avare de leçons sur la « démocratie » et les « droits de l’homme », sont un rappel salutaire de cette action criminelle.

                                               Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2862)

 

mercredi 7 juin 2023

6 juin : « on n’est pas résignés ! »

 

La seule voie à suivre continuera par être suivie

 

 

Des centaines de milliers de travailleurs ont encore manifesté dans tout le pays pour affirmer « les 64 ans, on n'en veut pas ». Même si la loi a été promulguée et n'en déplaise aux commentateurs qui notent « une mobilisation en baisse », cette 14ème journée montre que les opposants à la réforme ne sont ni défaits ni résignés.

         Ceux qui ont tenu à battre une nouvelle fois le pavé ont affirmé qu'ils refusaient cette injustice mais aussi de voir leurs conditions de vie et de travail se dégrader tout comme les salaires.

         Mobiliser le poids de la classe ouvrière dans l'économie et sa force collective, c'est la seule voie pour gagner.