Mixité
sociale à l’école : l’Arlésienne de Pap Ndiaye
16 Mai 2023
Pap Ndiaye, le ministre de
l’Éducation, s’est finalement contenté, au lieu d’une conférence de presse,
d’une réunion avec les recteurs des différentes académies pour leur demander de
« réduire les différences de recrutement social entre les établissements
publics de 20 % d’ici 2027 ».
Quant à ceux de l’enseignement
privé, le souhait du ministre de les associer à son plan se résume à un vœu
pieux.
Du côté de l’enseignement public,
cela fait bien longtemps que les différences s’accroissent entre les
établissements des banlieues populaires et ceux des quartiers plus aisés. Les
suppressions de classes réduisent régulièrement à néant les rares efforts pour
en constituer avec de petits effectifs ; chaque année, parents et
enseignants se mobilisent ne serait-ce que pour garder un poste.
Le privé, financé aux trois
quarts par l’argent public, recrute ses élèves comme il l’entend. Certes, ils
ne sont pas issus exclusivement de milieux très aisés mais on compte, dans les
collèges privés sous contrat, moins de 17 % d’élèves d’origine sociale
défavorisée, pour 40 % d’élèves très favorisés, alors que les proportions
sont inverses dans le public.
La mixité sociale est une
illusion, dans une société profondément inégalitaire où les rares avancées ne
peuvent dépendre, et encore temporairement, que des mobilisations, et non du
bon vouloir d’un ministre quel qu’il soit. C’est d’autant plus vrai pour Pap
Ndiaye que, en réaction à ses déclarations, il a vu se dresser des politiciens
de droite et d’extrême droite, une partie des médias et certains intégristes,
racistes, condescendants et criant au renouveau de la guerre scolaire. Macron
de son côté, échaudé par les manifestations contre la loi sur les retraites, ne
craint rien tant qu’une nouvelle bataille et ne va pas en lancer une pour
soutenir son ministre.
Pap Ndiaye aura ainsi essayé par
une timide annonce de faire oublier aux enseignants la politique
gouvernementale qu’il applique. Hélas, même l’annonce d’une augmentation de
leur salaire lui a échappé, puisque son président la lui a ôtée de la bouche.
Elle est bien difficile, la vie de ministre !
Sylvie MARÉCHAL
(Lutte ouvrière n°2859)
Lors
de la dernière mobilisation devant le collège Eugénie Cotton pour garder des « heures »
Les prochaines
permanences prévues.
-aujourd’hui dimanche
21 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre,
-et de 11 h. à
midi, marché Héloïse ;
-lundi 22 mai,
de 18 h. à 19 h. au centre commercial des Raguenets ;
-mercredi 24
mai, de 11 h.30 à midi au marché des Champioux.
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