jeudi 9 septembre 2021

Argenteuil, défense de l’espace Jean Vilar : 35 élus de la municipalité barricadés, 180 manifestants exaspérés

 

Maintenant préparons le 18 septembre

 


Un conseil municipal pour évoquer des questions sérieuses, mais organisé au débotté début septembre. Un huis-clos décidé sans raison sauf celui de se barricader. Des barrières en bas des escaliers de la mairie. Une escouade de policiers municipaux bien embêtés pour les protéger. Et celles du parc de la mairie fermées aux voitures…

         Et en cinq jours, le Comité Jean Vilar a réussi à mobiliser 180 habitants très exaspérés, le plus important rassemblement depuis bien longtemps. C’est un succès très encourageant.

           Vote ou pas, le combat continue, et il connaîtra bien des rebondissements.

         Prochaine étape, le grand rassemblement prévu par le même Comité Jean Vilar le samedi 18 septembre à 15 heures. L’occasion de faire le point, et d’évoquer les prochains objectifs de la lutte. Pour le succès de ce nouveau rassemblement, il faut informer, il faut entraîner, il faut être présents bien plus nombreux.

         En me répétant, hier au soir, un bel encouragement tout de même pour la suite. DM

Hausse des prix : imposer celle des salaires !

 


Hausse des prix : imposer celle des salaires !

08 Septembre 2021

Selon l’organisme officiel France stratégie, le loyer, les charges, la cantine, la facture du téléphone et d’Internet, tout ce que l’on appelle les dépenses contraintes, est passé entre 2001 et 2017, de 27 à 32 % des dépenses totales des ménages.

Le plus souvent prélevées automatiquement, ces dépenses viennent réduire le revenu disponible pour se nourrir, se vêtir, se déplacer, se soigner, et autres frais non moins indispensables. En 2017, une personne seule touchant 679 euros ne disposait plus en moyenne que de 169 euros pour régler ses achats tout au long du mois. Pour un revenu de 1 162 euros, il restait 600 euros. Et c’est encore pire là où les loyers pèsent davantage.

Aujourd’hui, la situation s’aggrave du fait d’une accélération des hausses, allant de l’essence aux produits alimentaires. L’indice officiel de l’Insee publié fin août indique une augmentation annuelle de 6,3 % pour les prix des produits frais, de 12,7 % pour l’énergie.

Une partie croissante de la population doit tailler dans le vif entre des dépenses plus indispensables les unes que les autres. Face à la vie de plus en plus chère, les travailleurs devront se mobiliser pour imposer l’augmentation des salaires et leur indexation sur les prix.

                                                     Jean SANDAY (Lutte ouvrière n°2771)

RATP – Bus : la direction désavouée

 

Un point marqué contre un coup monté

La décision de licencier le conducteur de bus Ahmed Berrahal vient d’être refusée par l’inspection du travail.

La RATP avait envoyé ce travailleur en conseil de discipline au motif d’un prétendu harcèlement moral à l’encontre d’un agent de l’encadrement du dépôt de bus de Flandres, en région parisienne.  Chacun a compris qu’il s’agissait de représailles contre un militant investi lors de la grève contre la réforme des retraites. Il paie aussi pour son rôle de délégué CSSCT, par lequel il a contribué à la mise en demeure de la direction de la RATP pour ses manquements à la protection des salariés, au début de l’épidémie du Covid.

La direction a d’ailleurs utilisé les mêmes méthodes répressives à l’encontre d’autres militants de la grève, comme au dépôt de bus de Vitry, où la procédure de licenciement envers Alex El Gamal a été aussi refusée par l’inspection du travail, puis par le ministère du Travail.

C’est un point marqué contre le coup monté de la direction.

mercredi 8 septembre 2021

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 6 septembre 2021

 La reprise doit surtout être celle des luttes !

06/09/2021 

S’il y a un heureux, en cette rentrée, c’est Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie. Il l’est parce que les patrons du Medef, eux-mêmes, sont heureux. Et comment !

Les milliardaires français sortent de la crise du Covid avec une augmentation de 40 % de leur fortune. En août, le CAC 40 a atteint son plus haut niveau depuis 21 ans et les entreprises cotées ont explosé leurs bénéfices avec 57 milliards, rien que pour le premier semestre 2021. Les six plus riches, PSA-Stellantis, LVMH, ArcelorMittal, BNP Paribas, TotalEnergies et AXA, affichent chacune des profits de plus de 4 milliards d’euros.

Au-delà du CAC 40, c’est l’ensemble du grand patronat qui se frotte les mains, car il ne s’est pas contenté d’encaisser les aides de l’État, il a aussi profité de la situation pour restructurer et resserrer la vis sur les salariés et renforcer l’exploitation.

Quel patron n’a pas sauté sur l’occasion pour utiliser le chômage partiel, payé par l’État, et imposer des cadences infernales sur les temps travaillés ? Lequel n’a pas utilisé la crise pour bloquer les salaires et ne pas payer certaines primes ? Lequel n’en a pas profité pour imposer des départs en préretraite non remplacés, renvoyer des CDD et des intérimaires ou pour mettre en place de nouveaux plans de compétitivité et de licenciement ?

C’est le labeur de millions de salariés qui a produit les milliards de profits et de dividendes. Et la pression mise sur les exploités est au plus haut, y compris pour ceux qui télétravaillent. En cette rentrée, avec le passe sanitaire, les patrons ont même un nouvel instrument pour mettre les salariés au pas.

Aujourd'hui, tout est en place pour faire trimer les travailleurs comme jamais et le patronat a de quoi se réjouir. Mais c’est autant de raisons pour les travailleurs d’être en colère, et il faut qu’elle s’exprime !

Renault et Airbus ont annoncé chacun 15 000 suppressions d’emplois, qu’ils maintiennent alors qu’ils sont redevenus bénéficiaires. Fonderies et usines de grands groupes ferment, laissant sur le carreau des milliers de travailleurs. Les pénuries de composants mettent des usines à l’arrêt et amputent les salaires de milliers de salariés. Allons-nous laisser les actionnaires se goinfrer, pendant que les travailleurs perdent leur gagne-pain ou n’arrivent plus à joindre les deux bouts ?

La crise sanitaire a fait basculer nombre de travailleurs dans le chômage et la misère, elle a bouché l’horizon de bien des jeunes. Allons-nous laisser le gouvernement réduire leurs allocations et leurs droits au chômage dès le 1er octobre ?

Et puis, il y a la question des salaires. Dans l’hôtellerie-restauration, le gouvernement reconnait que « les salaires trop bas expliquent le problème de recrutement ». Mais s’il le pense vraiment, qu’il oblige les patrons à augmenter lesdits salaires ! Non seulement il ne le fait pas, mais il refuse même de donner un "coup de pouce" au Smic qui restera bloqué autour de 1200 € et qui condamne à la misère des millions de femmes et d’hommes. Tout cela est d’une hypocrisie sans nom, d’autant que l’État s’oppose lui-même aux augmentations nécessaires dans les hôpitaux et l’Éducation !

Le niveau des salaires ne doit pas rester une discussion de salon entre ministres et patronat. Il faut que l’on s’en mêle et que l’on se batte pour l’augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation réelle.

Tout augmente : l’essence, le gaz, l’électricité, les loyers, les assurances, les prix des matériaux. Et tôt ou tard, la flambée des prix des céréales se répercutera sur les prix alimentaires, à commencer par celui du pain. Il n’y a que les salaires qui n’augmentent pas.

Pendant l’été, la colère existante dans le monde du travail n’a eu, pour s’exprimer, que les manifestions centrées contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale, car les organisations syndicales, elles, ont brillé par leur absence.

En cette rentrée, une intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires a tout de même décidé une journée d’action interprofessionnelle mardi 5 octobre. Eh bien, ce n’est pas trop tôt !

Mais à quoi rime la multiplication des appels catégoriels que l’on voit fleurir, si ce n’est à disperser d’avance une contestation qui ne s’exprime pas encore !

Il est temps que les travailleurs disent la colère que leur inspire le mépris gouvernemental et ils doivent le faire unis et offensifs sur leurs intérêts essentiels. Les intérêts vitaux des travailleurs, leur emploi, leur salaire, leurs conditions de travail et leur retraite – toujours dans le collimateur de Macron - doivent passer avant les intérêts d’une classe de parasites de plus en plus riches et irresponsables vis-à-vis de la société.

 

 

 

Argenteuil, défense de Jean Vilar, salle communale des fêtes, refus du projet Héloïse, ce soir devant l'hôtel de ville