dimanche 3 mai 2020

Éducation et déconfinement hypothétique, journal d’un parent d’élève très inquiet


Sac de nœuds… imbroglios…



Dans les lycées, tout le monde a bien compris que la classe ne reprendra pas réellement d'ici la fin de l'année scolaire. Ce n'est pas un hasard si ces classes d'âge ne sont pas "forcées" de retourner à l'école, ce sont des adolescents qui très majoritairement peuvent "se garder tout seul" à la maison. Autrement dit, les parents pourront aller au travail. Tel est en tout cas le cynisme des autorités. Après tout, pour les étudiants en fac, on leur a dit dès le début qu'ils n'iraient plus en cours cette année.
         Au lycée tout de même, au moins pour les Terminales, il y a le Bac. Les épreuves de fin d'année n'auront pas lieu, alors le ministre a dit que la délivrance serait basée sur les bulletins de notes de l'année (+ les épreuves passées en Première). Pourquoi pas, pousique personne ne voit quelle autre solution est possible.
         Il y a aussi la question de ce "3è trimestre", tout de même bien particulier. Et si des cours à distance ont bien eu lieu, cela dépend des matières, des profs, et bien sur des possibilités techniques des élèves de suivre ces cours à distance.
         Alors, donner le bac à tout le monde cette année ? Après tout, pourquoi pas. De toutes façons les programmes ne sont pas et ne seront pas finis, donc dans le Supérieur il faudra bien remettre à niveau tous les élèves.
         En plus, comme la formule du Bac change l'an prochain, on ne voyait pas trop comment les éventuels redoublants pourraient faire l'an prochain.
         Enfin, pour les élèves de Terminale de l'an prochain, c'est à dire en Première cette année, on peut dire qu'ils n'ont pas été gâtés, et qu'il va falloir encore plus les soutenir.

Le flou complet et des « one ne sait pas » sans fin

Dans les collèges, l’ouverture est théoriquement le 18 mai, pour les classes de 6è et 5è, sauf si le département est classé « rouge » dans les cartes publiées par le ministère de la santé. Pour le moment, c’est le cas du Val d’Oise. Est-ce que ce sera encore le cas mi-mai ? On ne sait pas. Faut-il se préparer ? On ne sait pas. Faut-il prévoir à la fois l’ouverture et la non-ouverture, et donc des organisations complètement différentes ? On ne sait pas.
         A la différence des écoles, dans les collèges, les élèves n’ont pas une salle réservée à une classe et avec un professeur, mais ça se mélange. Le nombre total d’élèves en collèges est aussi beaucoup plus élevé, avec toutes les complications que cela engendre. Par exemple l’entrée du collège est « petite », à cause de l’ancienne pratique de vérifier les carnets de correspondances pour filtrer les entrées. Donc faire rentrer tous les élèves, un par un, en respectant les distances de sécurité, va prendre énormément de temps. A cause de la complexité des emplois du temps, les récréations ne pourront pas être à des moments différents pour les classes différentes. Dans les collèges, il y a des casiers, surtout pour les élèves demi-pensionnaires, qui doivent être accessibles à tout moment : il va être impossible de définir des « plannings » d’accès aux endroits où sont les casiers…

Lutte ouvrière : notre histoire du mouvement ouvrier et de nos origines : naissance du Parti communiste en France


Décembre 1920 : le congrès de tours et la naissance du Parti Communiste



Au sortir de la Première guerre mondiale, en France aussi, des centaines de milliers d'hommes et de femmes aspirèrent à changer la société et à suivre l'exemple des travailleurs de Russie dans le combat qui visait à débarrasser l’humanité de l'exploitation capitaliste.
         À ce moment-là, le Parti Socialiste, Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) dont les dirigeants avaient trahi en août 1914, vit néanmoins ses rangs se gonfler de nouveaux adhérents, liés à la radicalisation des masses ouvrières et des luttes sociales de l'immédiat après-guerre. Nombre de jeunes ouvriers qui regardaient vers la Russie soviétique adhérèrent sur cette base contre l'ancienne direction réformiste du parti. D'où les profondes luttes internes qui secouèrent alors ce Parti Socialiste.
         Ces nouveaux militant étaient à des années-lumière des préoccupations électoralistes et réformistes d'un parti qui n'avait plus de socialiste que le nom. Ils espéraient contribuer à la victoire de la Révolution en Europe.
         Si en février 1920, la majorité des délégués rejeta encore l'adhésion à la toute nouvelle Internationale Communiste lors du congrès du Parti Socialiste à Strasbourg, le courant favorable à la IIIe Internationale se renforçait de mois en mois.
         Mais en quelques mois, le rapport des forces changea. Et lorsque s'ouvrit le congrès de Tours, le 25 décembre 1920, bien peu parmi les 285 délégués du Parti Socialiste pouvaient avoir d'illusion sur l'issue des débats : la scission s'avérait inévitable et l'adhésion de la majorité à l'Internationale Communiste aussi.
         Après plusieurs jours de débats houleux, par 3 208 mandats contre 1 022, le congrès de Tours décidait d'adhérer à la IIIe Internationale. La majorité, qui représentait les mandats de 130 000 adhérents contre 30 000 à la minorité réformiste, prenait alors le nom de Parti Communiste - Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC).
         Les dirigeants de l'Internationale étaient conscients de l'ambiguïté qui entourait la naissance de la section française de l'IC. Ils entendaient écarter du nouveau parti les réformistes les plus compromis avec le pouvoir, et essayaient de ne pas voir s'écarter les ouvriers ayant encore des illusions à l'égard des anciens dirigeants du Parti Socialiste ou n'ayant pas compris, ni même connu, le rôle qu'ils avaient joué au sein de l'Union sacrée durant la guerre.
         Le changement de nom de la majorité du Parti Socialiste en Parti Communiste n'en faisait pas pour autant un parti révolutionnaire. Les bolcheviks comptaient bien s'appuyer sur les éléments révolutionnaires du jeune parti pour battre en brèche l'influence des dirigeants réformistes qui avaient réussi à passer le "barrage" des vingt et une conditions, fixées par les révolutionnaires russes, conditions qui visaient à définir le cadre de l'adhésion à l'Internationale Communiste. Voilà pourquoi ils étaient intervenus pour que des militants issus du syndicalisme révolutionnaire comme Alfred Rosmer et Pierre Monatte, militants internationalistes pendant la guerre, adhèrent au jeune Parti Communiste.
         Pour forger une direction révolutionnaire, Lénine et Trotsky fondaient leurs espoirs sur ces jeunes ouvriers que le Parti communiste avait su attirer par milliers. Des jeunes militants qui osaient parler du communisme à une époque où affirmer de telles opinions pouvait conduire en prison, qui intervenaient dans toutes les luttes grévistes de la classe ouvrière, participaient aux campagnes antimilitaristes et anticoloniales du parti.
         Le jeune parti ouvrier, né en décembre 1920, à Tours, comptait dans ses rangs des dizaines de milliers de militants sincèrement dévoués à leur classe. Il incarnait un immense espoir. DM

samedi 2 mai 2020

Lutte de classe. Contester le pouvoir de la bourgeoisie et de ses serviteurs incapables : Nathalie ARTHAUD sur France 2 et France Info hier à l’occasion du 1er Mai

Armement, sous-marin top : l’équivalent de combien d’hôpitaux pour tous les pays ?


Des milliards engloutis…pas pour tout le monde.



Cette semaine, la ministre des armées et le chef d'état-major de la marine se sont félicités de la première plongée en mer de leur nouveau joujou, le sous-marin de la nouvelle classe Barracuda, qui coûte au minimum 9 milliards d'euros.
         « Formidable chasseur », « redoutable combattant », les superlatifs ne manquent pas chez ces hauts responsables des armées qui sont dans leur rôle de VRP. Car il n'y a pas que la marine australienne (12 sous-marins en commande) qui pourrait être intéressée...
         Le fait que fabriquer et vendre ces engins de mort soit une priorité plus importante que la construction et le bon fonctionnement d'hôpitaux, d'écoles ou de logements pour tous est à l'image de la façon dont cette économie fonctionne. Non seulement stérile, mais meurtrière.

BTP : mission impossible pour les inspecteurs du travail


Comment entraver la possibilité d’inspecter ?



Alors que de nombreux chantiers du BTP sont en train de reprendre, et que les patrons du secteur font travailler leurs salariés dans des conditions où le respect des gestes barrières est difficile voire impossible, le contrôle de cette reprise par les inspecteurs du travail est entravé par le manque de masques. Selon les inspecteurs eux-mêmes, ceux mis à leur disposition par le ministère du Travail sont en nombre insuffisant et souvent périmés.
         C'est que depuis le début du confinement la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, met les bâtons dans les roues à l'inspection du travail et à tout ce qui peut entraver la reprise de la production, en fait celle des profits patronaux, sans même essayer de cacher que sa priorité est de complaire au grand patronat.

Écoles primaires et 11 mai : journal d’un père d’élève engagé et inquiet




Ne restons pas seul face à nos interrogations

La question de la reprise éventuelle des cours fait beaucoup discuter sur des groupes des réseaux sociaux. Cela fait des jours que des annonces se succèdent, parfois contradictoires, mais pour le moment toutes aussi vagues les unes que les autres. N'ayant toujours aucune réponse concrète à leurs interrogations, les parents vont donc sur ces groupes pour voir s'il y a des réponses, ou poser leur question. Le meilleur conseil à donner à tous ces parents qui sont perdus, dans le flou (ce qui est normal) c'est de contacter les associations de parents d'élèves de leur établissement, d'en discuter avec elles, et même si elles n'auront pas toutes les réponses, au moins c'est le meilleur moyen d'être prêt à réagir collectivement s'il le faut.
Le virus s'attaque à tout le monde, sans distinction. Les chercheurs se sont mis ensemble pour comprendre ce virus et chercher des solutions scientifiques. Eh bien en attendant qu'ils trouvent, il faut aussi que les parents se mettent ensemble pour s'organiser collectivement et trouver ensemble comment contrôler que la santé de leurs enfants est la moins possible mise en danger.

S’interroger collectivement et obtenir ensemble les réponses à nos questions
Ira, ira pas, pour bien des familles c'est encore le doute en ce moment.
         Mais pour d'autres familles, c'est malheureusement déjà décidé : pas le choix, soit parce qu'ils ont déjà repris le travail à l'usine ou au bureau, ou parce que cela va arriver. Les parents ne pourront alors plus faire faire les cours à la maison. Il faudra se résigner à laisser son enfant aller à l'école. Avec toutes les inquiétudes que cela va générer.
         Dans ces cas-là, il faut au moins que les familles puissent savoir ce qui se passe dans l'école, comment l'enfant est accueilli, quelles sont les procédures de sécurité sanitaire. Bref, tenter de se rassurer. Un bon moyen est de se renseigner auprès des autres familles, qu'elles aient ou pas mises leur enfant aussi à l'école. D'en parler également avec les enseignants, si c'est possible. Bref, il va falloir se serrer les coudes, s'informer les uns les autres, s'entraider autant que de possible.

Mouvement ouvrier : la fondation de la IIIème Internationale, l’Internationale communiste


La nécessité d’un parti mondial de la Révolution socialiste



Le passage du capitalisme au socialisme puis au communisme ne pourra se faire que par l’extension de la prise du pouvoir d’un pays à un autre, pour aboutir aux Etats-Unis socialistes d’Europe puis du monde entier, pour aboutir au final à une nouvelle ère de l’histoire de l’humanité, le communisme. Alors la société fonctionnera selon le principe « À chacun selon ses besoins, à chacun selon ses capacités ».
         Tel est le programme des militants communistes. Tel était le programme de ceux qui s’engagèrent dans cette vois en prenant le pouvoir en Russie en 1917 grâce à l’action du parti bolchévique de Lénine et Trotski.
         Pour aider à la réalisation de ce programme, après l’effondrement politique de l’Internationale ouvrière, ce parti prit l’initiative de fonder en mars 1919 l’Internationale Communiste, la IIIème Internationale, dont le congrès de fondation se tint à Moscou.
         Dans chaque pays, il s’agissait de construire des sections nationales de cette Internationale entendue comme le parti de la révolution mondiale. Construire certes dans tous les pays des partis communistes, mais il n’y en avait qu’un seul où l’affaire fut véritablement accomplie, en Union soviétique, où le parti bolchévique avait pris en mars 1918 le nom de Parti communiste (bolchevik).
         Ailleurs, à travers le monde, il y avait bien des millions de femmes et d’hommes enthousiasmés par la Révolution soviétique et qui aspiraient à apporter leur contribution à la construction de ce mouvement communiste mondial. Il y avait aussi dans un certain nombre de pays, des fractions minoritaires ou plus importantes à l’intérieur des partis de l’Internationale ouvrière qui se préparaient à rompre avec celle-ci et à s’engager dans la proclamation de partis communistes. Ce fut en particulier le cas en Allemagne, en Italie, mais aussi en France…
         Il y avait donc une force potentielle énorme. Mais la tâche pour créer des partis capables de prendre le pouvoir était en ces années-là très ardue, car il s’agissait de construire vite des organisations développant les qualités requises pour affronter en 1919 la tâche de l’heure : la prise du pouvoir dans cette période de montée révolutionnaire. Il y avait à ce moment-là urgence pour profiter des conditions favorables afin que la Russie soviétique ne resta pas isolée. DM (demain, la fondation du Parti communiste en France)