dimanche 3 mai 2020

Lutte ouvrière : notre histoire du mouvement ouvrier et de nos origines : naissance du Parti communiste en France


Décembre 1920 : le congrès de tours et la naissance du Parti Communiste



Au sortir de la Première guerre mondiale, en France aussi, des centaines de milliers d'hommes et de femmes aspirèrent à changer la société et à suivre l'exemple des travailleurs de Russie dans le combat qui visait à débarrasser l’humanité de l'exploitation capitaliste.
         À ce moment-là, le Parti Socialiste, Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) dont les dirigeants avaient trahi en août 1914, vit néanmoins ses rangs se gonfler de nouveaux adhérents, liés à la radicalisation des masses ouvrières et des luttes sociales de l'immédiat après-guerre. Nombre de jeunes ouvriers qui regardaient vers la Russie soviétique adhérèrent sur cette base contre l'ancienne direction réformiste du parti. D'où les profondes luttes internes qui secouèrent alors ce Parti Socialiste.
         Ces nouveaux militant étaient à des années-lumière des préoccupations électoralistes et réformistes d'un parti qui n'avait plus de socialiste que le nom. Ils espéraient contribuer à la victoire de la Révolution en Europe.
         Si en février 1920, la majorité des délégués rejeta encore l'adhésion à la toute nouvelle Internationale Communiste lors du congrès du Parti Socialiste à Strasbourg, le courant favorable à la IIIe Internationale se renforçait de mois en mois.
         Mais en quelques mois, le rapport des forces changea. Et lorsque s'ouvrit le congrès de Tours, le 25 décembre 1920, bien peu parmi les 285 délégués du Parti Socialiste pouvaient avoir d'illusion sur l'issue des débats : la scission s'avérait inévitable et l'adhésion de la majorité à l'Internationale Communiste aussi.
         Après plusieurs jours de débats houleux, par 3 208 mandats contre 1 022, le congrès de Tours décidait d'adhérer à la IIIe Internationale. La majorité, qui représentait les mandats de 130 000 adhérents contre 30 000 à la minorité réformiste, prenait alors le nom de Parti Communiste - Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC).
         Les dirigeants de l'Internationale étaient conscients de l'ambiguïté qui entourait la naissance de la section française de l'IC. Ils entendaient écarter du nouveau parti les réformistes les plus compromis avec le pouvoir, et essayaient de ne pas voir s'écarter les ouvriers ayant encore des illusions à l'égard des anciens dirigeants du Parti Socialiste ou n'ayant pas compris, ni même connu, le rôle qu'ils avaient joué au sein de l'Union sacrée durant la guerre.
         Le changement de nom de la majorité du Parti Socialiste en Parti Communiste n'en faisait pas pour autant un parti révolutionnaire. Les bolcheviks comptaient bien s'appuyer sur les éléments révolutionnaires du jeune parti pour battre en brèche l'influence des dirigeants réformistes qui avaient réussi à passer le "barrage" des vingt et une conditions, fixées par les révolutionnaires russes, conditions qui visaient à définir le cadre de l'adhésion à l'Internationale Communiste. Voilà pourquoi ils étaient intervenus pour que des militants issus du syndicalisme révolutionnaire comme Alfred Rosmer et Pierre Monatte, militants internationalistes pendant la guerre, adhèrent au jeune Parti Communiste.
         Pour forger une direction révolutionnaire, Lénine et Trotsky fondaient leurs espoirs sur ces jeunes ouvriers que le Parti communiste avait su attirer par milliers. Des jeunes militants qui osaient parler du communisme à une époque où affirmer de telles opinions pouvait conduire en prison, qui intervenaient dans toutes les luttes grévistes de la classe ouvrière, participaient aux campagnes antimilitaristes et anticoloniales du parti.
         Le jeune parti ouvrier, né en décembre 1920, à Tours, comptait dans ses rangs des dizaines de milliers de militants sincèrement dévoués à leur classe. Il incarnait un immense espoir. DM

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