vendredi 1 mai 2020

Masques : le gouvernement loin du compte


En dessous de tout



Dans son discours à l'assemblée nationale mardi 28 avril, Edouard Philippe n'a pas cessé de s'auto-justifier et de détailler longuement les mesures de « protection » au moment du déconfinement dans les semaines à venir. Une véritable usine à gaz, aux contours flous et modulables. Mais ses propres chiffres montrent que l'Etat ne s'est toujours pas donné les moyens de fournir à la population les moyens de protection nécessaires : avec 100 millions de masques chirurgicaux par semaine, on est bien loin de couvrir les besoins des plus de 60 millions d'habitants du pays.
         Alors comme depuis le début de la crise, il va falloir se débrouiller... et payer de sa poche, à des prix du marché... trop souvent noir, pour ce qui devrait être disponible gratuitement. Et pour tous ! Par contre l'argent va couler à milliards pour les grandes entreprises.

Masques : règne de la débrouille et de la spéculation minable sans masque


Une mesure de salut public !



Nous ne reviendrons pas sur ce qui est dit plus haut. Mais les conséquences de la situation se traduisent pas la généralisation du règne de la débrouille et de la spéculation minable.
         Ainsi à Argenteuil, à la veille du 11 mai, la municipalité fait appel au « bénévolat » pour distribuer un modeste masque à la population dans les jours qui précéderont. Il paraît qu’il est « réutilisable ». On dira que la municipalité fait ce qu’elle peut…
         Quant aux pharmaciens, ils ont commencé à en commercialiser. C’est le journal 60 Millions de consommateurs qui dénonce la vente en pharmacie de masques, certes réutilisables un certain nombre de fois selon l’offre en question, mais à 15 euros ! Une habitante de la cité des Raguenets, une cité très populaire de Saint-Gratien m’a indiqué qu’elle était scandalisée par le prix à payer : plus de 7 euros. À cela, il lui a été répondu, que le prix était libre… Certes, et c’est bien là tout le problème.
         Ce serait à l’État déjà totalement défaillant en la matière de fixer un maximum de prix sur ces articles de protection, et en particulier sur les masques.
         Le « maximum des prix », voilà une mesure qui sonne révolutionnaire et qui donne le frisson à cet État protecteur de la propriété privée, même quand cela ne serait qu’une simple mesure de salut public ! DM

PS. Il serait intéressant que vous me fassiez remonter les prix de masques que vous avez collectés. Merci. DM

Parents d'élèves : 11 mai, journal d’un parent d’élève engagé mais inquiet




Brouillard en mai

Dans le Val d'Oise, dans certaines villes, les familles ont reçu des questionnaires pour savoir si leurs enfants allaient reprendre les cours.
         Parfois c'est l'éducation nationale qui leur demande, parfois c'est la mairie, parfois les deux. Dans tous les cas, nous ne savons toujours pas dans quelles conditions tout cela va se passer, que ce soit pour le trajet, pour l'accueil périscolaire, pour la cantine, et bien sûr pour les salles de classe et les pauses.
         Les parents se demandent bien, dans cette absence d'information concrète, comment ils pourraient décider en toute conscience. On ne peut que leur conseiller d’aller chercher cette information, individuellement ou collectivement via des groupes internet.

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Le passé plaide pour ne pas leur faire confiance

Les craintes des parents sur la santé de leurs enfants s'ils retournent à l'école n'est pas due qu'à l'incertitude sur la façon dont le coronavirus se transmet. Simplement, les parents n'oublient pas que la santé de leurs enfants n'a jamais été prise sérieusement en compte toutes ces années passées. En collège par exemple, le poids des cartables est une discussion qui revient tous les ans. Le poids ne devrait pas dépasser 10% du poids de l'enfant selon les recommandations officielles. Hélas cette recommandation n'est pratiquement nulle part respectée. Alors chaque année des dizaines de milliers d'enfants s’abîment le dos, pour le reste de leur vie. Autre problème récurrent : la saleté des sanitaires qui fait que de nombreuses filles se retiennent toute la journée, avec des conséquences parfois dramatiques pour leur santé. On pourrait aussi parler de la qualité de la cantine, des locaux parfois vétustes voire insalubres, etc.
         Là, il s'agit de la contamination par un virus au risque mortel pour eux et leurs familles. Il est encore moins question d'accepter les "ah désolé on n'a pas les moyens pour faire mieux".

Premier mai, un message d’unité de tous les travailleurs du monde


 
1er Mai 1906 à Paris : quand Clémenceau donnait la troupe pour empêcher la manifestation



Premier mai : prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

28 Avril 2020

En juillet 1889, l’Internationale ouvrière, la deuxième internationale, décidait à l’occasion de sa fondation, de lancer le mot d’ordre d’une journée de grève et de manifestation pour tous les prolétaires du monde le 1er mai 1890, pour une revendication commune, la journée de huit heures.
À travers cet appel à la lutte commune de tous les travailleurs du monde, l’Internationale voulait enraciner leur conscience d’appartenir à une seule et même classe ouvrière, au-delà des divisions nationales, de langue et de culture.
Répondre à un tel mot d’ordre pouvait signifier affronter la répression patronale, avec le risque de licenciement immédiat en cas de grève, et la répression d’États prêts à envoyer la police et l’armée pour s’opposer à la manifestation de la puissance et de l’unité du camp du prolétariat mondial. La date du 1er mai inquiéta longtemps la bourgeoisie. À la veille du 1er mai 1906, on se barricada dans les quartiers huppés de Paris, et tous les dirigeants de la CGT furent jetés en prison. Il y eut bien souvent aussi à affronter des fusillades.
Ces idées sont à l’origine même du mouvement ouvrier. Déjà, le Manifeste du parti communiste écrit en 1847 par Karl Marx et Friedrich Engels affirmait en conclusion : « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ». La première internationale, l’Association internationale des travailleurs, créée en 1864, en fit sa devise. Par sa création même, elle affirmait l’unité du combat de tous les travailleurs du monde.

Cette conscience internationaliste est un passage obligé pour l’émancipation des travailleurs. Voilà ce qu’écrivait Friedrich Engels le 1er mai 1890 : « Au moment où j’écris ces lignes, le prolétariat d’Europe et d’Amérique passe la revue de ses forces, pour la première fois mobilisées en une seule armée sous un seul drapeau et pour un même but immédiat. […] Le spectacle de cette journée montrera aux capitalistes et aux propriétaires fonciers de tous les pays que les prolétaires de tous les pays sont effectivement unis .»
Il aura fallu que les directions syndicales et les partis socialistes et staliniens se rallient à leur bourgeoisie nationale pour qu’ils enterrent cette conscience internationaliste en reprenant à leur compte le patriotisme et le nationalisme.
Mais la réalité va au-delà de ces trahisons politiques. C’est le capitalisme lui-même, en s’étendant à l’échelle du monde, en établissant une division du travail à l’échelle de la planète, en transformant les masses paysannes en autant de prolétaires, qui a fait des travailleurs une classe existant à cette échelle, reliée par de multiples liens.
C’est la réalité de cette économie capitaliste qui rend indispensable une gestion de l’économie et une coopération à l’échelle du monde. C’est elle qui a créé la seule classe capable de prendre réellement en main cette économie et de la mettre au service de toute l’humanité en mettant fin à l’exploitation par une minorité de possédants.

Cette classe, la seule classe qui peut ouvrir un véritable futur à l’humanité, c’est la classe ouvrière internationale. C’est ce qu’avaient perçu Marx et Engels dès 1847 et c’est le sens de la vieille devise « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! », que doit garder, ou retrouver, la manifestation du 1er mai.

                                                      Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2700)


La suite de notre petite histoire "Mouvement ouvrier : la fondation de la IIIème Internationale, l’Internationale communiste" est reportée à demain

jeudi 30 avril 2020

Usines, bureaux, écoles… Ceux qui peuvent apprécier la situation sont ceux qui seront confronté au risque du virus…


Le contrôle des travailleurs, une nécessité vitale !



Comme l’a confirmé Philippe avant-hier, le déconfinement est censé commencer dans douze jours, le 11 mai, avec la réouverture des écoles. Pourtant, le gouvernement est toujours incapable de fournir toute la population en masques, et aujourd’hui comme depuis des semaines, il est toujours incapable de dépister massivement et plus incapable encore d’isoler les porteurs du virus.
         L’État et la bourgeoisie vont de fiasco en fiasco, d’incurie en incurie. Si, en quatre mois, l’État et les industriels du pays n’ont toujours pas déployé les moyens humains et techniques pour fabriquer le matériel de protection nécessaire, c’est qu’ils ne l’ont pas voulu.

         Mais la grande bourgeoisie n’en a que faire. Il n’y a qu’à voir comment les banquiers et les assureurs se font prier pour aider les salariés, chômeurs et petits artisans à passer le cap, alors même qu’ils ont, eux, la garantie de l’État qu’ils n’y perdront rien !
         En pleine pandémie, la seule chose qui inquiète les capitalistes, ce sont leurs profits, leurs parts de marché, leurs cours boursiers. Et même si rien n’est prêt pour le déconfinement, ils battent tous le rappel au travail.
         Il n’est pas question de faire confiance aux mercenaires de la bourgeoisie pour protéger notre santé et notre vie. C’est à nous de surveiller et vérifier la réalité des mesures prises. Il faut contrôler leur efficacité et imposer tout ce qui sera nécessaire. 
         Aucune commission d’hygiène et de sécurité ne remplacera l’action des salariés eux-mêmes, et à l’Éducation nationale, des personnels eux-mêmes en liaison avec les parents. Tous connaissent mieux que quiconque la réalité, ils sont les mieux placés pour mesurer les conditions de sécurité.
         L’irresponsabilité et la faillite de la bourgeoisie et de son organisation sociale nous sautent aux yeux. Alors, il faut que cette nouvelle crise renforce la conscience d’avoir à renverser la classe capitaliste et son système.

Budgets Armée ou hôpitaux publics, pour les dominants, le choix est vite vu


Désolé plus un sous pour l’hôpital. Une rencontre bien révélatrice


Équipements très coûteux

A l’hôpital de la Timone de Marseille, les surblouses vertes sont tellement fines qu'elles volent gracieusement et tellement étroites que pour les plus costauds d'entre nous, cela n'est plus qu'un tablier. Comme tout cela craque au moindre geste, il faut des doigts de fée pour les nouer.
         Mais le jeudi 23, le personnel soignant a pu comparer la pauvreté de leur protection avec celle d’un autre corps de « métier ». Devant l'hôpital, il y avait plus d'une dizaine de "rambos" en tenue de combat impeccable, avec toute la panoplie, certains cagoulés élégamment, avec rangers, gilets pare-balles, armés jusqu’aux dents, bref du très beau matériel dont le prix vaut certainement cent mille fois le prix de nos masques et nos surblouses rachitiques. Tout cela vraisemblablement, pour accompagner un détenu.
         Une imparable démonstration de comment l'État affiche ses priorités : du beau matériel et de l'argent pour l’armée et la police, la charité pour l'hôpital !

Thalès : Gonflé !


Comme en 14, ils grignotent, ils grignotent contre les travailleurs

 
Théorème anti-ouvrier

Le groupe veut verser la prime d’intéressement en octobre au lieu de juillet comme cela se fait tous les ans.
         Vu le chiffre d’affaires en hausse de 16 % et l’acompte sur dividendes, versé aux actionnaires en décembre, en hausse lui de 20 %, cette entreprise n’est pas dans la « misère » !
         La crise du COVID19 est un prétexte. Depuis le début du confinement, ils ont fait payer les travailleurs en jours de RTT et de congés dont ceux entre Noël et le 1er janvier prochain.
         Maintenant ils se retournent sur la collectivité avec le chômage partiel.
       Mais, ça ne leur suffit pas ! Il faudrait encore que tous les travailleurs acceptent de leur accorder chacun un prêt du montant de leur prime !

Labels agricoles à la baisse, dégradation décidées en douce


Des bœufs qui vont bientôt se prendre pour des veaux

 
Pour des profits décongelés

Avec l'état d'urgence sanitaire, le ministère de l'Agriculture a publié discrètement des textes réglementaires assouplissant les critères que les producteurs, surtout de viande et de fromage, doivent respecter pour bénéficier du label Rouge, ou de certaines appellations d'origine ou d'indications géographiques protégées.
         On peut ainsi trouver de la tomme de Savoie congelée, de la viande de veaux plus âgés qu'autorisé habituellement. Sans que les prix aient baissé en même temps que la qualité...
         Dans d'autres domaines ce même abaissement des normes est réclamé par le Medef.
         La pandémie sert de prétexte. Et avec ce gouvernement, il marche à plein.