mercredi 15 avril 2020

Argenteuil, agents territoriaux, le bulletin Lutte ouvrière de cette semaine



Voir l'Éditorial ci-dessus

Poursuite du confinement, retour sur leur impéritie…
Le confinement continue donc. Il complique la vie de chacun d’entre nous. S’il faut l’appliquer sans faille, il faut tout de même rappeler que c’est le manque dramatique de tests et de masques qui a imposé cette stratégie que d’autres pays ont récusée.
Nous n’oublierons pas que cela est le résultat de l’imprévoyance et de l’impréparation d’un gouvernement plus préoccupé de servir les intérêts des actionnaires des grandes entreprises que d’assurer tous les services publics nécessaires à l’ensemble de la population

Nous devons supprimer le capitalisme
Nous savons que le coronavirus n’a pas épargné des proches, et des agents territoriaux de la collectivité, même si, à ce jour, il n’y a pas de très mauvaises nouvelles à déplorer.
Certes, pour l’essentiel, la responsabilité de la situation actuelle ne relève ni de la municipalité ni de la hiérarchie.
En tout cas, cette situation permet de juger totalement la nature d’une société où la santé, l’éducation, le logement, la culture ne sont pas les priorités.

Les bisous (hors confinement) c’est bien, les actes c’est mieux
Les hommages fusent de toutes parts en l’honneur des travailleurs. Surprenant, car d’habitude nous sommes plutôt transparents pour ceux qui dominent la société et la dirigent. Mais là, c’est tellement criant, que sans nous les travailleurs, rien ne pourrait fonctionner.
À Argenteuil, les édiles ne sont pas en reste. Hommages et remerciements. Jusqu’au site municipal d’informations numériques qui appelle les habitants à applaudir à 20 heures…
Maintenant qu’ils nous aiment, ils nous rendent quand tout ce qu’ils nous ont pris depuis 2014 ?

Puisqu’ils nous aiment (suite)…
Certains d’entre nous demandent que la prime qui a été accordée pour le personnel hospitalier et pour les travailleurs de certaines entreprises soit aussi versée à la Ville et chez Azur à ceux qui continuent à assurer leur travail dans les conditions extraordinaires actuelles.
Effectivement, on ne voit pas pourquoi elle ne le serait pas, tout en sachant que ce qui est à l’ordre du jour demeure une augmentation nette et générale des salaires pour tous.

Échelle mobile des salaires en fonction de la hausse des prix !
Nous avons d’autant plus besoin d’argent que dans la situation actuelle les prix augmentent dans un domaine essentiel, celui de notre alimentation et celle de nos proches.
Il serait intéressant que nous calculions à combien ce monte cette augmentation. Cela nous permettrait de mettre en avant l’augmentation de salaire correspondante qui nous est nécessaire dès maintenant.

Se donner les moyens de répondre à une population inquiète
Le service des appels téléphonés est submergé d’appels. 10 000 paraît-il en l’espace de trois semaines. Une illustration du fait que les municipalités sont le premier recours pour tous ceux qui s’interrogent ou sont en difficulté.
Bien évidemment, quand l’ampleur de la tâche explose, les moyens mis à la disposition pour y répondre doivent suivre…

Une décision d’un cadre tombé dans le panneau ?
Pendant des semaines après le fameux 1er tour des élections municipales, les panneaux sont restés en l’état pour tous les candidats. Il y a seulement une semaine que ceux des éliminés ont commencé à disparaître.
Voilà des manipulations et un travail qui auraient pu totalement attendre, car vraiment non essentiel à la vie de la collectivité et des habitants.

Des nouvelles qui s’imposent !
Si la municipalité fait le service d’information minimum à l’égard des habitants, il en va de même à notre égard, travailleurs territoriaux. Ce n’est pas que l’on aime leur prose, mais par les temps qui courent, la moindre des choses serait que chacun ait régulièrement des informations sur l’impact de l’épidémie sur la Ville et sur les agents de la Ville, sur la marche des services, sur l’état de la distribution des matériels de protection, etc.

« C’est la moindre des choses »
     Le ministre de la Santé a affirmé que les professionnels de santé malades du coronavirus seraient reconnus comme victimes d’une maladie professionnelle. « C’est la moindre des choses », a-t-il précisé.
     Cette « moindre des choses » n’est toujours pas passée dans les textes.
     Sans attendre, le ministre de l’Intérieur a, lui, réclamé le même régime pour les policiers. Et pour tous les autres ? Les caissières, les vigiles, les livreurs, les facteurs, les chauffeurs de bus, les éboueurs, les agents territoriaux, et tous ceux qui sont obligés de prendre le risque d'être contaminés pour aller travailler ?
     Pour l’instant, rien n’est annoncé. Pour nos gouvernants, ce n’est manifestement pas une priorité.

                                                 Fais circuler, fais circuler…



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Commerce, artisanat, une catastrophe en marche


Pour le grand patronat, ils sont là, mais pas pour les petits commerçants et autres artisans.

 
Pas destinées aux petits commerçants et aux artisans



Avec une pensée de sympathie pour mon coiffeur
C’est une véritable catastrophe pour les petits commerçants et les artisans qui ont dû fermer boutique depuis un mois maintenant. Ceux qui ont des salariés doivent payer des salaires, même si l’argent ne rentre plus. Pour les autres, il va falloir se serrer la ceinture.
         Les médias rappellent les soi-disant aides et autres dégrèvements qui ont été prévus. Sur le site de la Ville, cela est rappelé avec les organismes à contacter… Soit, mais même lorsque les demandes ont été faites immédiatement, il n’y a toujours pas de suite, sonnantes et trébuchantes. Quant aux banques, elles sont aux abonnés absents.
         Petits commerçant et artisans doivent se retrouver aux côtés des autres travailleurs, non seulement pour pouvoir faire face à la situation et ne pas finir par faire faillite, mais également pour changer une société qui marche sur la tête.

Crise du coronavirus et situation dans le monde du travail, dans les établissements de santé et dans les entreprises





Ehpad : derrière la propagande du gouvernement, toujours la pénurie de tests

Le gouvernement a annoncé, après des semaines de tergiversations, que des tests devaient arriver dans les Ehpad. Mais comme pour les masques, c’est la pénurie.
Dans les Ehpad de la région Auvergne-Rhône, les tests sont réalisés dans des laboratoires privés, mais comme ils manquent de réactifs, ils réalisent d’abord les analyses pour les hôpitaux. En conséquence, les résultats ne sont pas rendus avant 3 à 7 jours. Faute de connaître le statut viral des résidents et soignants, le confinement dans les chambres reste impératif.
De partout, la crise sanitaire révèle et exacerbe les problèmes de moyens que dénoncent depuis des années les personnels des Ehpad. Pas de masques, pas de tests, les économies passées ont des conséquences aujourd’hui criminelles, au sens propre.

Papeterie Allard à Aubigné-Racan (Sarthe) :  Recul du patron face à la grève !


Echo d'entreprise
14/04/2020

Vendredi 10 avril, la majorité des travailleurs de la papeterie Allard (73 salariés) se sont mis en grève pour réclamer un minimum d’équipements de sécurité. Cette entreprise du groupe Allard-Valois qui possède 10 sites en France, produit des emballages, notamment pour l’alimentaire.

Depuis trois semaines, alors que l’entreprise tourne à fond 24h sur 24 et 7 jours sur 7, le personnel exigeait du savon virucide, du gel hydroalcoolique sur tous les postes et le nettoyage des sanitaires et parties communes par une entreprise extérieure car celui-ci n’est plus assuré depuis 5 ans (ou alors par les ouvriers en plus de leur travail) suite au non-remplacement de la femme de ménage. Les propos du directeur, tenus lors d’une réunion où il traite le personnel de « tire-au-flanc », a fini par déclencher la grève. Face à cette réaction collective en pleine période de confinement, le directeur, si avare et arrogant, a dû céder sur le gel et accorder le nettoyage quotidien des locaux.

Cette réaction salutaire montre que, même dans de petites entreprises, pour se faire respecter, la grève est l'arme des travailleurs.

Michelin :  Nous n’avons pas les mêmes valeurs

Echo d'entreprise
13/04/2020

Entrée de la Combaude (Clermont-Ferrand)

Menegaux, le patron de Michelin, fait la promotion des masques qui vont être produits dans l’entreprise. La raison première est assumée : fournir les salariés de l’usine pour redémarrer la production de pneus. Il s’agit d’être le premier sur les marchés quand la reprise s’amorcera. Fournir les services de santé ne se fera que « si nous pouvons faire plus » explique-t-il.

L’idée de transformer un plus grand nombre d’usines pour fabriquer en urgence les masques, ou du gel hydroalcoolique qui font cruellement défaut depuis plus d’un mois, n’est pas considéré comme prioritaire. Pourtant il y aurait eu des volontaires, comme le prouve le dévouement de ceux qui viennent aujourd’hui.
Tant que les Michelin, et autres grands bourgeois, prendront les décisions, notre vie sera en danger perpétuel.

Hôpital de Pau : « Il faudrait bien plus que du
chocolat ! »


La semaine dernière les agents de l’hôpital de Pau ont reçu un cadeau : des masques ou des sur-blouses qui manquent cruellement ? Pas du tout ! Des chocolats de la part de Lindt, un des géants de l’industrie agroalimentaire, qui a une usine de près de 1000 personnes dans la région, à Oloron Sainte Marie.
L’opération publicitaire de la marque n’a échappé à personne. Et les oreilles du célèbre petit lapin à clochette en chocolat, produit star de la marque, ont dû siffler à l’hôpital. Car Lindt est une entreprise très florissante, qui a dégagé près de 500 millions d’euros de bénéfices net l’année dernière, 5 % de plus qu’en 2018. Alors, ce petit geste publicitaire est bien dérisoire en regard des besoins urgents du moment. Mais comme tous les capitalistes, ceux qui dirigent Lindt pensent avant tout à leur image et au profit qu’ils peuvent tirer de la situation, de quoi rendre leur chocolat écœurant.

Lutte ouvrière : supprimer le capitalisme, seule la force des travailleurs peut le réaliser


L’existence d’une force potentielle révolutionnaire, le monde du travail la démontra dès les débuts de sa formation

 
Le Creusot en 1847

Ce n’est pas seulement parce que les travailleurs sont exploités pour produire du profit et qu’ils n’ont personnellement aucun intérêt à la survie du capitalisme, qu’ils sont la force qui, dans un pays comme à l’échelle du monde, pourrait prendre le pouvoir à la bourgeoisie. C’est parce qu’ils peuvent être la seule force collective apte à le faire.
         La classe ouvrière est elle-même un produit du développement du capitalisme. Elle apparaît avec la révolution industrielle dans des usines organisées autour de l’utilisation de machines, dès la fin du XVIIIème siècle en Angleterre avant que cette industrialisation gagne la partie occidentale de l’Europe.
         Dès les premiers temps de son développement, le monde des ateliers et des usines va non seulement tendre à voir naître en son sein des organisations de résistances à l’exploitation capitaliste, mais également faire émerger des femmes et des hommes attirés par la nécessité de supprimer le capitalisme lui-même. Une idée qui a très tôt été formulée par des intellectuels qui considèrent que le capitalisme devra lui aussi laisser la place à un autre type de société.
         Mais sa puissance en tant que force susceptible de prendre le pouvoir, le monde du travail va en faire la démonstration concrète lors d’épisodes qui ébranlèrent les certitudes de la classe bourgeoise, dans les années 1840 en Angleterre, et à l’occasion de deux mouvements fameux sur lesquels nous reviendrons, la Révolution de 1848 et la Commune de Paris de 1871 en France.

mardi 14 avril 2020

SDF, mal logés… : les conséquences de l’épidémie. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


SDF, mal logés… : les conséquences de l’épidémie

08 Avril 2020

« Restez chez vous » est une consigne bien difficile à appliquer pour les quelque 160 000 sans-domicile dans le pays.



Prétendant leur venir en aide, le gouvernement n’a pas refermé les places d’hébergement hivernal, et a créé 5 000 nouvelles places dans des gymnases ou en réquisitionnant des hôtels. Des auberges de jeunesse, des internats, des centres UCPA ou des villages de vacances pourraient aussi être réquisitionnés. Mais il n’y a pas assez de personnel pour gérer ces centres et ceux qui restent, n’étant pas considérés comme prioritaires, n’ont souvent ni masques ni gel pour se protéger.
900 personnes hébergées dans des structures collectives ou des hôtels étaient repérées comme atteintes du Covid-19 début avril. Pour isoler les malades qui ne sont pas dans un état grave, 40 « centres de desserrement » ont été créés, soit 1 300 places. Le gouvernement prévoit d’en ouvrir 80 supplémentaires. Des chèques-services devraient aussi être distribués pour aider à l’achat de produits de première nécessité, nourriture ou produits d’hygiène en particulier.
Tout cela est bien peu face aux besoins des sans-abri. Des campements, des squats, des bidonvilles existent dans la plupart des grandes villes, où on vit dans la promiscuité, sans accès à l’eau ni à des toilettes.
Le ferraillage et la mendicité sont devenus impossibles avec le confinement. Les points de distribution d’aide alimentaire sont devenus plus rares. « Des gens appellent le 115 parce qu’ils ont faim, et n’ont pas mangé depuis deux ou trois jours », témoigne Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.
Le confinement est devenu un calvaire pour les plus démunis, pas seulement les sans-abri, mais aussi tous ceux qui vivent dans des logements trop petits, souvent insalubres, locataires victimes de marchands de sommeil. C’est aussi le cas des jeunes suivis par l’ASE (l’Aide sociale à l’enfance), mineurs étrangers non accompagnés, ou jeunes Français en grandes difficultés, qui vivent à l’hôtel, parfois à deux ou trois dans de toutes petites chambres. C’est aussi le cas des habitants des foyers de travailleurs immigrés, aux chambres souvent exiguës, avec des parties communes, douches, toilettes, cuisines souvent en mauvais état, qui posent des problèmes d’hygiène aggravés par l’épidémie.
Les inégalités criantes de la société sont amplifiées par l’épidémie et le confinement. Les quelques mesures du gouvernement, bien en dessous des besoins des plus pauvres, sont loin de pouvoir y remédier.

                             Hélène COMTE (Lutte ouvrière n°2697)

Crise du coronavirus et situation dans les établissements hospitaliers et les entreprises


 Service de réanimation - Ile-de-France :  Saturation totale

Echo d'entreprise
13/04/2020

Après celles de l’Est, les réanimations d’Île-de-France ont à leur tour été débordées.
Le directeur de l’Agence nationale de santé (ARS) disait le 19 mars : « Au-delà de 1 300, les patients pourront toujours être accueillis, mais sur un mode plus dégradé .» Dimanche soir 5 avril, il y avait 2 506 personnes en réanimation.
Dans les hôpitaux les soignants se sont débrouillés comme ils ont pu. Les médecins ont du choisir entre refuser les patients ayant le moins de chance de survivre à la réanimation et utiliser du personnel insuffisamment formé et du matériel dépassé ou pas complètement adapté.
Le problème de la saturation des réanimations reste entier et pour plusieurs semaines. Il semble que moins de patients arrivent chaque jour mais ils s’additionnent à ceux qui sont déjà-là, car très peu en sont déjà sortis.
Des collectifs associés à de nombreux syndicats réclament aujourd’hui de réquisitionner l’ensemble des forces industrielles afin de produire les médicaments et dispositifs nécessaire. C'est une nécessité, quitte à contraindre le patronat concerné.

RATP Bus - Ile-de-France :  Bas les masques !

Echo d'entreprise
13/04/2020
Après avoir refusé le port d’un masque pour les travailleurs de la maintenance, des bus et du métro, la RATP les distribue depuis mercredi 8 avril, plus d’un mois après que cela ait été demandé. Ce ne sont que des masques chirurgicaux, qui n’offrent pas la protection des FFP2.
Il y a même eu des cas où des chefs avaient menacé de suites disciplinaires ceux qui en auraient mis. L’écœurement des travailleurs est grand, surtout après la mort de deux salariés dont le dernier n’avait que 37 ans. Il était agent de sécurité, sportif, et avait d’ailleurs exercé un droit de retrait, face aux conditions de travail dans des locaux exigus et des véhicules d’intervention où l’on passait des heures à plusieurs.
Même pour assurer le minimum de protection aux salariés qui jouent leur vie tous les jours, la RATP fait tout avec dix métros de retard.

Hôpitaux de l’Ariège : Le vide dans la vallée

            La direction du Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l'Ariège (CHIVA) a décidé de fermer le service d'urgences de Lavelanet, pour soi-disant concentrer les moyens sur l'hôpital de Foix-Pamiers, le temps de la crise liée au Covid-19. Depuis le 1er avril, hospitaliers et patients doivent donc faire plus de 30 minutes de voiture pour aller travailler ou se faire soigner.
            Alors qu'on ouvre des hôpitaux de campagne, là on ferme un service en état de fonctionnement, en pleine épidémie. Sans compter que cette fermeture pourrait bien devenir définitive. Face à l'épidémie, les autorités déshabillent Pierre sans même habiller Paul.

Des difficultés aggravées pour les travailleurs précaires des lycées
Brève
13/04/2020
Dans les lycées de la Région Centre-Val de Loire, les contractuels sont nombreux pour assurer l’entretien des locaux ou faire fonctionner la cantine.  En temps ordinaire, ils enchaînent souvent plusieurs CDD pendant l’année scolaire, entre les vacances qui ne sont pas payées. Avec la crise sanitaire du Covid-19, les contrats qui se terminaient n’ont pas été renouvelés. Certains de ces travailleurs se trouvent ainsi sans emploi ni ressource depuis fin mars.
S’inscrire à Pole Emploi est un vrai casse-tête, et même quasi impossible quand on est confiné, que les locaux de l’agence sont fermés et qu’on doit se débrouiller avec les moyens du bord en informatique, moyens parfois inexistants. Quant à avoir tous les papiers et justificatifs demandés, ce n’est pas gagné non plus.
Avec la crise du coronavirus, pour les travailleurs précaires des services de l’Etat, l’aggravation des difficultés est brutale. Grâce au nombre croissant de travailleurs au statut précaire, l’État fait des économies. Il ne fera, espérons-le, pas celle de la révolte !

Centres de rétention : une situation sanitaire scandaleuse à régler de toute urgence. Au centre de rétention de Vincennes comme ailleurs…





Une information d’une association de soutien aux Sans papier. Lettre au procureur de son avocat

Monsieur le Procureur,
L'association SOS SOUTIEN Ô SANS PAPIERS, agissant par son président en exercice Monsieur Rodolphe NETTIER, m'a demandé de déposer auprès de vos services une plainte simple relative à la situation sanitaire au sein du centre de rétention administrative de Vincennes.
Comme vous le savez certainement eu égard aux attributions qui sont les vôtres en matière de contrôle des conditions de rétention, plusieurs cas de covid-19 ont été décelés parmi les personnes retenues au CRA de Vincennes.
Les conditions sanitaires dans ce centre sont déplorables. Il n'y a pas de gel hydroalcoolique et quelques masques sont arrivés il y a trois jours seulement. Le confinement et la distance entre les retenus sont impossibles à respecter du fait de la configuration des lieux.
Au vu de la chronologie, il est plus que probable que la majorité des personnes infectées l'ont été pendant leur séjour au centre de rétention. Il est d'ailleurs surprenant qu'aucun retenu n'ait été hospitalisé malgré la présence de plusieurs facteurs de comorbidité tels que des affections respiratoires chroniques. Les retenus ne disposent pas d'un réel accès aux soins et n'ont pas la possibilité de recourir aux services d'un interprète.
L'ensemble de ces faits est de nature à caractériser l'infraction prévue et réprimée par l'article 223-1 du Code pénal.
L'association a donc l'honneur de vous demander de diligenter une enquête préliminaire et tient à vous indiquer d'ors et déjà qu'elle entend se constituer partie civile pour la suite de la procédure.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Procureur, l'expression de ma meilleure considération.