mardi 11 février 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 10 février 2020


Élections municipales : faire entendre le camp des travailleurs



Le 15 mars, aura lieu le premier tour des élections municipales. Dans les petites communes, les candidats sont le plus souvent des personnes dévouées à la collectivité, prêtes à donner de leur temps et de leur énergie pour tenter de résoudre mille et un problèmes dans l’intérêt général. Les maires sont en outre proches de la population. Dans les villes importantes, c’est une autre affaire, car la mairie dispose de toute une administration et elle est un enjeu pour des notables. Il s’agit alors moins de dévouement que de pouvoir.
Bien des politiciens ont utilisé leur mandat de maire comme un tremplin. Les députés macronistes l’ont d’ailleurs compris : redoutant d’être délogés du pouvoir dans deux ans, nombre d’entre eux se présentent aux municipales pour préserver leur carrière. Édouard Philippe, Gérald Darmanin et quelques autres ministres font ce calcul : tout en restant au gouvernement, ils sont candidats pour se ménager un avenir. Le PS et la droite, après avoir été sèchement écartés du pouvoir en 2017, aimeraient retrouver enfin des couleurs.
Quant au Rassemblement national, dans les quelques communes qu’il dirige depuis 2014, il a montré ce qu’il était. Il a pris des arrêtés antimendicité ou a supprimé la gratuité de la cantine scolaire pour les enfants des familles les plus pauvres, et a même essayé d’expulser une association d’entraide comme le Secours populaire de ses locaux. Et il continue à diviser les travailleurs selon leur origine ou leur religion. Le parti lepéniste revendique de gérer les communes, en espérant, demain, pouvoir gérer le pays. En fait, tout autant que les autres partis, il aspire à aller à la soupe gouvernementale pour servir les riches. Pour tous ces gens-là, les élections municipales sont un enjeu politicien.
Les travailleurs conscients de leurs intérêts ne peuvent voter pour une liste lepéniste, ni macroniste bien sûr. Ce n’est cependant pas dans les urnes qu’ils pourront mettre en échec la politique antiouvrière de Macron et de son gouvernement, mais dans les grèves de masse et les manifestations. La mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit. Comme l’ont montré les manifestations de la semaine dernière, cette bataille n’est pas finie.
Les élections peuvent permettre au moins de se compter et de faire entendre le camp des travailleurs. C’est pourquoi Lutte ouvrière, à défaut de pouvoir être partout, présente des listes dans un certain nombre de villes.
Nos candidates et nos candidats ne sont pas des politiciens ni des notables. Ils affirment fièrement leurs idées communistes et révolutionnaires. Ce sont des ouvriers, des employés, des manutentionnaires, des techniciens, des caissières, des agents d’entretien, des hospitaliers et des enseignants. Ils partagent la vie et les difficultés des travailleurs. Ils sont engagés dans le combat contre la réforme des retraites et contre toutes les attaques dont les travailleurs font l’objet.
Ils ne disent pas : « Votez pour nous et les choses changeront ». Il n’est pas possible, à l’échelle d’une commune, de changer réellement la vie des travailleurs. Le pouvoir appartient aux capitalistes et à l’État. Les communes populaires, en particulier, sont prises en étau entre les besoins criants et le manque de moyens pour y faire face. En revanche, une commune dirigée par des révolutionnaires pourrait être un point d’appui pour organiser, avec les travailleurs, leurs combats : contre des licenciements, pour soutenir des grèves, contre les expulsions locatives ou encore pour la réquisition de logements vides. Une telle municipalité mettrait ses moyens matériels à la disposition de ceux qui luttent. Elle chercherait à instaurer localement une démocratie ouvrière, en associant à ses décisions les travailleurs, leurs syndicats et leurs associations.
Et même en minorité dans un conseil municipal, des élus de Lutte ouvrière pourraient être les yeux et les oreilles des classes populaires. Ils se feraient les porte-parole de leurs intérêts contre ceux des riches. Ils dénonceraient les promoteurs immobiliers et les capitalistes qui vivent aux crochets de la collectivité, et les notables qui les arrosent.
Alors, le 15 mars prochain, en votant pour les listes de Lutte ouvrière, les travailleurs conscients de leurs intérêts pourront se faire entendre. Avant comme après cette échéance, il faudra poursuivre la lutte, car l’offensive de Macron et Philippe, ces pantins qui gouvernent au profit du grand capital, ne s’arrêtera pas avec les municipales.

OFCE : « plus pour les riches » et « moins pour les plus modestes »


C’est bien le président des riches




Une étude de l’OFCE, qui défrise le gouvernement, confirme qu’en trois ans, les mesures sociales et fiscales prises par Macron et son gouvernement ont fait gagner en moyenne 2 950 euros par an aux 5 % les plus riches et fait perdre 240 euros par an aux plus modestes.
Mais ministres et députés de la Macronie continuent de prétendre que le pouvoir d’achat s’améliore grâce à eux. Des gilets jaunes à la lutte contre la réforme des retraites, tout le monde sait faire ses comptes. Et les chiffres sont têtus...

Dépakine : Sanofi rejette toute responsabilité


Le profit avant la santé



Le groupe pharmaceutique Sanofi est mis en examen pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires » du fait des effets indésirables pour les femmes enceintes de son anti-épileptique, la Dépakine. Le laboratoire avait certes prévenu des risques de malformations congénitales qu’il pouvait causer aux enfants, mais pas des troubles neuro-développementaux. 40 % des enfants victimes de la Dépakine sont autistes, ont des retards intellectuels ou des difficultés à marcher.
Le laboratoire rejette toute responsabilité et ne veut rien payer aux victimes. Il se comporte comme le laboratoire Servier vis-à-vis de celles du Mediator. De cette manière, Sanofi entend rester l’un des groupes du CAC 40 les plus généreux pour ses actionnaires.

Élections municipales : les listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs »


Un site dédié aux élections municipales et aux listes « Lutte ouvrière-Faire entendre le camp des travailleurs » est dorénavant disponible sur :

https://www.lutte-ouvriere.org/municipales


Une présentation par Nathalie Arthaud




Travailleuses, travailleurs, chômeurs et retraités,

Les grèves et les manifestations contre la violente attaque du gouvernement sur les retraites ont clairement montré quels sont les deux camps qui s’opposent dans la société.
À l’offensive, le camp représenté par Macron, Philippe, leurs ministres et tout l’appareil d’État. Au-dessus d’eux, les vrais maîtres de notre société : la grande bourgeoisie et les principaux actionnaires des grandes entreprises capitalistes, de la finance et des banques. Ce sont eux les véritables bénéficiaires de cette réforme gouvernementale. Leur objectif est de faire les poches des travailleurs retraités, pour que l’État aide encore plus les riches à s’enrichir. Autour d’eux, députés et vedettes des médias justifient ce vol. Ils dénigrent les grévistes. Ils présentent comme des privilégiés des femmes et des hommes qui gagnent en un mois de travail ce que de grands bourgeois gagnent en une heure, sans rien faire d’utile pour la société.

Une première bataille dans la guerre sociale

C’est pour se défendre contre cette nouvelle agression, venant du monde des riches parasites et de leurs mercenaires, que les travailleurs de la SNCF, de la RATP et de l’éducation sont entrés en lutte. Ils ont pris la suite des gilets jaunes, première expression de la montée de l’exaspération populaire, avec la colère des travailleurs des hôpitaux et des Ehpad.
Ceux qui ont relevé la tête ont mille fois raison. Ils se sont lancés dans une lutte que tous les exploités devront engager tôt ou tard s’ils ne veulent plus subir le brigandage d’une classe privilégiée et irresponsable.
Pour accroître ses richesses, la grande bourgeoisie, aiguillonnée par la crise de son économie, mène une guerre à mort contre les autres classes sociales. Elle pousse une fraction croissante de salariés vers la précarité ou le chômage. Les classes populaires, des petits paysans aux petits commerc
̧ants, sont asphyxiées, victimes des banques et de la grande distribution. Pour ceux qui doivent survivre avec des salaires ou des allocations indignes, la pauvreté est aggravée par la décomposition des services publics indispensables : hôpitaux, transports publics, écoles ou Ehpad. La misère matérielle engendre la misère morale, des simples incivilités aux trafics et aux violences gratuites qui pourrissent la vie des quartiers populaires.
C’est toute la société qui va dans le mur. Et cela pour qu’une poignée de multimilliardaires puissent accroître leur fortune et leur pouvoir sur une société qu’ils étranglent. Seule peut s’y opposer la force collective de ceux qu’ils exploitent, dépouillent, méprisent et oppriment.

Envoyez au conseil municipal des femmes et des hommes du camp des travailleurs

En présentant une liste, Lutte ouvrière n’a pas pour ambition d’être un meilleur gestionnaire des affaires de la commune. Nous savons à quel point l’État ligote les municipalités. Même les mieux disposées à l’égard des travailleurs sont condamnées à l’impuissance. Les problèmes vitaux des travailleurs ne dépendent pas de la municipalité. Celle-ci est d’autant plus bridée par la préfecture qu’elle est proche de la population. Dans une société d’exploitation et d’oppression, il ne peut y avoir d’oasis locales.
La transformation de la société, ou même une amélioration durable pour les classes populaires, ne peut pas être obtenue par des bulletins de vote. Elle nécessite la mobilisation de la classe ouvrière pour pousser la lutte contre l’État bourgeois jusqu’à la prise du pouvoir et à son exercice par les travailleurs. Seul un pouvoir d’État s’appuyant sur les classes laborieuses, exercé collectivement et démocratiquement, pourra exproprier la classe capitaliste et prendre en main la direction de l’économie. C’est alors seulement qu’elle pourra être organisée pour satisfaire les besoins de toute la population, et non pour qu’une minorité accumule des profits.
La municipalité ne peut être l’instrument de la transformation sociale. Mais la commune où les travailleurs vivent peut être un terrain où le camp des travailleurs recrute, s’organise, se mobilise et met en évidence l’opposition fondamentale entre exploiteurs et exploités, entre capitalistes et salariés.
Et si les électeurs portaient à la tête de la municipalité des femmes et des hommes qui partagent leurs difficultés, elle serait un point d’appui dans toutes les luttes contre les capitalistes, les notables locaux et l’État. Elle associerait à ses décisions les travailleurs, franc
̧ais ou étrangers, avec ou sans papiers, les chômeurs, les retraités, les associations et les syndicats. Elle ferait appel à eux chaque fois que les autorités tenteraient d’interdire ses décisions favorables aux plus démunis. Elle ferait tout pour que, dans la vie municipale, s’impose une forme de démocratie des ouvriers, au travers de laquelle leurs intérêts s’opposent à ceux des riches.

Argenteuil, mandat 2014-2020. Archives : après 2014, la Maison des femmes d'Argenteuil en péril


La municipalité précédente avait créé sur la Ville une Maison des femmes dans un local satisfaisant et avec un nombre significatif de travailleuses. Cela n’alla pas sans problème entre ces dernières et la représentante de la municipalité. Mais la Maison des femmes existait. Pour des raisons politiques, la nouvelle municipalité s’ingénia à transformer le projet, réduisit les locaux, le nombre d’agents, et les activités proposées. Il allait falloir une mobilisation de femmes et d’habitants pour que cette Maison des femmes ne disparaisse pas, et finisse par retrouver une stabilité et une activité minimum, dans des locaux acceptables.



2.9.14.

Maison des femmes d'Argenteuil en péril ?

 Que continue à vivre la Maison des femmes d’Argenteuil !

 Selon les informations diffusées lors de cette réunion, la municipalité s’apprêterait à liquider la « Maison des femmes » mise en place par la municipalité précédente.

         Celle-ci a connu un certain nombre de difficultés, mais a su aussi en deux ans démontrer son importance et son utilité.

         L’existence de cette Maison hérisse peut-être une partie, nous disons bien une partie, de cette nouvelle municipalité.

         Car si ce n’est qu’une question de réductions des dépenses, il y a d’autres économies à faire. A titre d’exemple, du côté de la vidéo-surveillance qui fonctionne mal, des « pots » muncipaux dont le service public peut totalement se passer. Et il y a bien d’autres voies à suivre.

         Mais la Maison des femmes doit continuer à exister.

         Le combat pour l’égalité de la femme et de l’homme est plus que jamais une priorité.

lundi 10 février 2020

Réforme Macron contre les retraites : Votée ou pas, on n’en veut pas !


Votée ou pas, on n’en veut pas !

05 Février 2020

Le projet de loi sur la réforme des retraites, après son passage – une formalité ! – en Conseil des ministres, a commencé le 3 février à être examiné par une commission spéciale de l’Assemblée nationale, forte de 71 députés, majoritairement du parti macroniste.



Le calendrier des membres de la commission est serré, le projet de loi étant censé être examiné le 17 février par l’ensemble des députés en séance publique. Le gouvernement souhaiterait que le premier vote, qu’on sait d’avance favorable, vu la composition de l’Assemblée, soit bouclé avant les élections municipales.
Un caillou vient gêner les marcheurs de la commission, ou plutôt les 22 000 petits graviers que constituent les amendements déposés essentiellement par des députés de la France insoumise. « 2 000 amendements, 3 000, 10 000, on peut gérer, mais là c’est impossible », se plaint un des députés macronistes. Il y a sans doute là de quoi les empêcher de dormir paisiblement, obligés qu’ils sont de respecter, du moins en apparence, les règles du débat parlementaire.
Sur le fond, les grandes lignes du projet sont de toute façon connues d’avance : il s’agit de maintenir tout le monde au travail, ou au chômage, jusqu’à un âge dit d’équilibre, 65 ans pour l’instant, en calculant les pensions à la baisse sur l’ensemble de la carrière, puis en instaurant un système de calcul par points qui léserait la majorité des travailleurs. Une étude d’impact menée par le gouvernement lui-même l’a démontré. Celui-ci, argument après argument, n’a convaincu personne, bien au contraire. Il n’est donc pas étonnant que la réforme soit toujours rejetée majoritairement dans les classes populaires, et qu’après près de deux mois de grèves et de manifestations des dizaines de milliers de travailleurs, et pas seulement à la SNCF, à la RATP ou dans l’éducation nationale, se sentent toujours mobilisés.
Après d’autres professions, avocats, infirmiers libéraux, orthophonistes, etc., qui ont fait connaître leur opposition totale à la réforme en manifestant à Paris le 3 février, une mobilisation nationale était à nouveau prévue le 6 février, pour montrer à Macron-Philippe, et au grand patronat qui les pilote, que, dans la guerre déclarée au monde du travail, rien n’est encore gagné pour eux. Au contraire, une voix multiple, organisée, continuera de s’exprimer : celle de travailleurs qui n’acceptent pas ce vol officialisé.

                                      Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2688)

Nathalie Arthaud en débat sur LCI
Ce soir lundi
À 22h00


Ubérisation : Deliveroo : condamné aux Prud’hommes


Fraude du code du travail



Un livreur à vélo, qui avait commencé à travailler pour Deliveroo en 2015 et qui se bat depuis 4 ans pour ne pas être obligé d'être en prestation de service, vient de gagner aux Prud'hommes de Paris. Deliveroo a été condamné pour fraude du code du Travail à verser 30 000 € au livreur. C'est le premier livreur réclamant la requalification de son contrat de prestation en contrat de travail qui gagne en justice en France.
Ces plateformes sont des exploiteurs féroces qui exploitent tant et plus des livreurs qui n'ont d'indépendants que le nom.

Combat pour la vie des femmes : Excision : pas encore la fin de la barbarie


Nous sommes loin d’être sortis de la barbarie



Paris, novembre 2018

En Égypte, une fille de 12 ans est morte fin janvier suite à son excision. Cette pratique de mutilation génitale a beau être interdite par la loi, les autorités ferment les yeux, si bien que ce sont sans doute plus du trois-quarts des Égyptiennes qui sont ainsi mutilées avant d'atteindre l'âge adulte.
L'excision reste courante dans une trentaine de pays, et ce sont encore des dizaines de millions de filles qui grandissent sous sa menace.
Si, comme le disait Charles Fourier, la situation des femmes dans une société est l'indice de son degré de civilisation, au 21e siècle nous sommes loin d'être sortis de la barbarie.