lundi 9 décembre 2019
Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 9 décembre 2019
Le 10
décembre et après, tous dans la lutte !
Le gouvernement voulait que l’on
s’exprime sur la réforme des retraites. Il a eu la seule réponse qu’il méritait : l’entrée en lutte
des travailleurs ! Avec les manifestations
massives dans tout le pays et les grèves
records à la SNCF, à la RATP
et dans l’Éducation, le 5 décembre a
été une démonstration de force du monde du travail.
Cette journée a été un succès
parce qu’elle a mobilisé toutes les catégories de salariés :
travailleurs du transport et enseignants, pompiers, ambulanciers, hospitaliers,
et de nombreux salariés du privé. Venus parfois seuls, à dix, vingt ou en
cortège, bien des salariés du privé ont répondu présent.
Travailleurs du privé ou du
public, des petites ou grandes entreprises du commerce, de la métallurgie, de
l’agroalimentaire, de la chimie ou de l’automobile… nous avons exprimé la
nécessité de nous battre ensemble. Parce que nous sommes tous attaqués par cette
réforme des retraites qui nous forcera à travailler plus longtemps pour des
pensions plus faibles. Et parce que nous sommes animés d’une même colère. Eh
bien, il faut continuer !
La réforme des retraites est la
goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est la mesure de trop qui s’ajoute
aux salaires bloqués, aux primes rognées, aux sous-effectifs et aux menaces de
licenciement. Et nous sommes tous logés à la même enseigne ! Les
pressions au travail, les cadences et les réorganisations
incessantes, la politique du chiffre, nous les subissons chez Michelin comme
dans les hôpitaux, dans les centres d’appels comme dans l’Éducation, chez Amazon comme à la
SNCF ou à la RATP.
Que l’on travaille dans le public
ou dans le privé, l’heure n’est plus aux corporatismes. Le gouvernement et les
journalistes aux ordres présentent les cheminots comme des privilégiés, le
conducteur de bus RATP comme un nanti par rapport à celui du Havre. À ce
jeu-là, nous sommes tous perdants parce que chacun trouvera toujours plus mal
payé et plus exploité que lui. Le CDI serait prétendument privilégié par
rapport au CDD, le CDD privilégié par rapport au chômeur, et ainsi de suite…
Refusons ce chantage et défendons
ensemble nos intérêts communs. Ensemble, une victoire est possible !
Prenons l’argent pour les
retraites, les salaires, les emplois et les services publics là où il est : du côté des
vrais privilégiés, parmi les banquiers amis de Macron, parmi
les actionnaires du CAC 40, parmi tous ceux qui ne se posent pas le problème de
leur retraite ou de leurs fins de mois parce qu’ils sont richissimes, parmi ces
vrais privilégiés que le gouvernement arrose de cadeaux.
Le gouvernement est sous
pression. Il ne veut pas d’un mouvement qui s’amplifie et il a déjà entrepris
les grandes manœuvres de déminage.
Après avoir répété « nous
irons jusqu’au bout » il dit maintenant « je vous ai compris » et il passe la main dans le dos des
directions syndicales, pour les entraîner dans un dialogue social destiné à
éteindre la contestation qui monte.
Alors que les salaires des
fonctionnaires sont bloqués depuis près de dix ans, le gouvernement promet
soudain des augmentations aux enseignants. Mais ce gouvernement qui détruit
systématiquement les droits des travailleurs et ne cesse de dire qu’il n’y a
plus d’argent dans les caisses publiques ne s’est pas transformé en Père Noël !
Pour démobiliser les grévistes,
le premier ministre Édouard Philippe, pourrait jouer sur la date de mise en
œuvre de la réforme. Autrement dit, ceux qui font grève ne seraient pas concernés…
mais leurs enfants le seraient ! Mais qui souhaiterait pour ses
enfants une vie pire que celle qu’il a eue ? Et c’est ce gouvernement qui ose nous faire des
leçons de morale sur la solidarité !
Cette semaine va être décisive.
La journée du 5 décembre donne une idée de l’immense force collective dont nous
disposons. Elle a encouragé ceux qui ne se sentent pas encore de se lancer dans
une grève reconductible, ainsi que ceux qui ont franchi le pas et se sont
engagés dans le bras de fer. Si les grèves se multiplient et se renforcent, si
de nouveaux manifestants battent le pavé, le gouvernement peut reculer comme
Juppé a dû le faire en 1995.
Alors, mardi, soyons le plus
nombreux possible en grève et dans la rue. Et mercredi et après, poursuivons le
combat jusqu’au retrait de la réforme Macron-Philippe !
Libellés :
5 décembre 2019
Argenteuil - mobilisation – rassemblement
Assemblée
Générale des grévistes d’Argenteuil, Bezons, et de la région, quels que soient
leurs secteurs d’activité, Éducation, Collectivités territoriales, RATP, SNCF,
…
9 heures
30
Espace
Nelson Mandela
82 avenue
du Gl Leclerc à Argenteuil
Banques européennes : suppression de 50 000 emplois supplémentaires. L’exemple d’Unicredit
Plus d'argent pour les actionnaires, plus
de licenciements pour les travailleurs
Jean Pierre Mustier le directeur
général français de la banque italienne Unicredit a annoncé la suppression de
8000 emplois et la fermeture de 500 agences. Depuis la crise de 2007, cette
banque a détruit plus de 26 000 emplois. Ces destructions d’emplois
permettront à Unicredit de faire un milliard d'économie et de verser aux actionnaires
huit milliards dans les trois ans qui viennent.
Alors que
leurs actionnaires empochent des milliards, les banques européennes s'apprêtent
à supprimer 50 000 emplois supplémentaires. Pour arrêter l'hémorragie, il
faut imposer l'interdiction de tout licenciement et la réquisition des
entreprises par les travailleurs.
Libellés :
banques,
licenciements
Argenteuil, condition ouvrière, un recul général
Ces candidats notables tellement loin de la vraie vie
Imperturbables,
les écuries « Mothron une vision » « Argenteuil avec
vous » « Vive Argenteuil », celle de la dissidente LREM,
continuent tranquillement leur campagne en vue des élections municipales, comme
si, dans la société, depuis quelques jours, la question de l’avenir de la
condition, ouvrière n’était pas posée de façon cruciale dans les entreprises et
dans la rue, thème sur lequel ces messieurs et cette dame demeurent muets.
Oui, cette condition ouvrière continue
à se dégrader profondément. Deux exemples recueillis ces derniers jours, lors
d’activités militantes concernant… la grande mobilisation actuelle.
Le progrès à reculons
Le cas d’un facteur qui travaille 35 heures en tant qu’employé de La Poste, mais qui
travaille également dans une de ses filiales, 16 heures hebdomadaire de ce
côté-là. Rapide total : 51 heures par semaines.
En
1936, la grève générale de Juin imposait la revendication des 40 heures !
Il
y a 83 ans !
La retraite dans le cercueil ?
Un
couple de retraités. Lui, au terme d’une vie de travail au SMIC, 900 euros.
Elle, avec des interruptions pour maladie, 400 euros de retraites. 900+400=1300
euros. Un loyer de 500 euros. Cette travailleuse continue à travailler, en
accompagnant des enfants en voiture, ce que leur situation exige.
Elle
a 80 ans, et ne pardonne pas au maire actuel et à l’ancien qui ont ou ont eu un
pied dans l’office HLM AB-Habitat de n’avoir jamais donné suite à sa demande d’échanger
leur baignoire contre une installation de douche que leur âge nécessite !
dimanche 8 décembre 2019
Grève, manifestations, mobilisation : le combat continue
Après cette démonstration de force,
continuons le combat !
Avec près 820 000
manifestants selon la police et 1 500 000 selon la CGT dans toute la
France, sans compter tous les grévistes qui ne sont pas allés manifester,
certains faute de transport pour s’y rendre, les travailleurs ont fait une
démonstration de leur force. Ministres ou commentateurs et tous les adversaires
du monde du travail ont dû le constater.
Eh oui,
la classe ouvrière existe et sait se montrer. Elle fait tourner toute la
société et quand elle se mobilise, ça se voit.
Pour
imposer le retrait de la réforme des retraites, mais aussi obtenir des salaires
décents, des embauches, des conditions de travail et de vie dignes de ce nom,
il faut poursuivre le combat, tous ensemble. Plusieurs catégories de
travailleurs, à la SNCF, à la RATP mais aussi dans l’Éducation nationale
continuent la grève en la déclarant reconductible. C’est le moment pour se
joindre à leur combat qui est celui de tous.
Demain lundi
à midi devant la sous-préfecture d’Argenteuil. On y vient. On en parle.
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5 décembre 2019
Macron et son blabla… et la montée de la contestation !
Plus la ficelle est grosse…
Comme par enchantement, le
gouvernement a annoncé au lendemain de la journée du 5 décembre qu'il allait accélérer
les annonces sur la réforme des retraites. Dès lundi prochain la ministre de la
Santé et le haut-commissaire aux retraites Delevoye vont recevoir les
confédérations syndicales. Bref, après le « nous irons jusqu’au
bout », le gouvernement la joue « je vous ai compris ». Et ce
vendredi 6 décembre, en milieu d’après-midi, le premier ministre a fait un
discours non prévu pour dire et répéter sur tous les tons qu’il respectait les
syndicats, qu’il allait allonger la sauce pour mieux faire passer la pilule,
sans rien préciser, sauf de répéter que sa réforme était une mesure de justice,
en pariant sur le fait que les chefs des syndicats joueront le jeu.
Pour
l’instant, ces derniers, sauf la CFDT, ont appelé à une nouvelle journée le
mardi 10 décembre. Aucune raison de se fier à ce prétendu « dialogue »
qui vise à éteindre la montée de la contestation. Ce n'est pas dans les salons
que se décident les suites de la lutte mais dans les assemblées générales,
organisées par les grévistes eux-mêmes.
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5 décembre 2019
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