vendredi 1 novembre 2019

RATP : PDG bénéficiant d’une augmentation rondelette de salaire


On n'est jamais si bien servi que par soi-même



Après la grève réussie du 13 septembre et avant la journée interprofessionnelle de mobilisation du 5 décembre contre la réforme des retraites, le journal Capital révèle que la PDG de la RATP, Catherine Guillouard, vient de s'accorder une augmentation de salaire de 12,5 %. Cela représente tout de même 50 000 euros de plus par an.
Une somme tout à fait rondelette… surtout au regard des 0,6 % proposés aux salariés.
Un élément à ajouter à la colère des travailleurs de la RATP en vue du 5 décembre…

États-Unis – General Motors : la reprise après six semaines de grève


 
États-Unis – General Motors : la reprise après six semaines de grève

30 Octobre 2019

Après six semaines de grève, les travailleurs de General Motors aux États-Unis ont majoritairement voté pour la reprise du travail.
La grève avait commencé le 15 septembre, à l’appel du syndicat des travailleurs de l’automobile, l’UAW. Elle concernait l’ensemble des 46 000 salariés de GM dans le pays, employés dans 33 usines réparties dans neuf États et dans 22 magasins de pièces détachées.
La grève a commencé lors du renouvellement du contrat. Négocié tous les quatre ans entre la direction et l’UAW, il concerne non seulement les horaires de travail et les salaires, mais aussi les pensions, l’assurance maladie, etc. Depuis 2007, en faisant un chantage à la faillite, la direction de GM avait imposé des contrats toujours plus désavantageux pour les nouveaux embauchés, dont les salaires sont la moitié de ceux des anciens embauchés.
Ce système, dit à deux vitesses, a été au cœur de la mobilisation des grévistes, en colère contre ce recul pour les plus jeunes, et contre la division qu’elle induit entre travailleurs. Ces quatre dernières années, GM a fait près de 30 milliards de dollars de profits. Elle veut encore fermer quatre usines. Trop, c’était trop !
La grève a été organisée et menée de bout en bout par la direction du syndicat, auquel appartiennent la quasi-totalité des salariés. Alors que l’UAW a une longue histoire de collaboration de classe, il est probable que les poursuites récemment engagées contre plusieurs de ses dirigeants, accusés de corruption, aient joué dans leur décision d’appeler à la grève. Cependant, ils se sont appuyés sur une colère générale, et la grève a été très bien suivie. De nombreux travailleurs étaient présents sur les piquets de grève, bien au-delà des quatre heures hebdomadaires requises pour bénéficier de l’indemnité versée par le syndicat (environ 250 euros par semaine). Ils étaient souvent rejoints par les travailleurs d’autres entreprises, comme Ford et Fiat Chrysler. De nombreux grévistes étaient également très présents dans les locaux syndicaux, où la grève s’organisait. Et quand les dirigeants de l’UAW ont appelé à la reprise, le scrutin leur a donné un résultat partagé : 57 % des votants ont accepté l’offre de la direction, mais 43 % des grévistes étaient favorables à la poursuite de la grève.
Qu’ont obtenu les travailleurs de GM ? Ils recevront des primes, jusqu’à 11 000 dollars (10 000 euros) pour les plus anciens d’entre eux. Sur la question du double statut, ils n’ont que partiellement obtenu l’alignement sur le contrat des plus anciens embauchés. Il faut dire que les patrons des grandes firmes de l’automobile (GM, Ford, Fiat Chrysler) ont fait depuis des années de cette différenciation un élément essentiel de leur politique.
Mais, au-delà des gains matériels, le plus important est qu’il y a eu une réaction des travailleurs. Dans l’automobile, c’est la plus longue grève nationale depuis 1970. Dans leur éditorial du 28 octobre les militants trotskystes du groupe The Spark écrivent :
« Les travailleurs de GM n’ont rien à regretter. Ils ont fait ce qui n’avait pas été fait depuis des décennies. Leur grève est allée à rebours de la démoralisation et de la résignation qui pèsent dans la classe ouvrière. Le combat des travailleurs de GM a ouvert une brèche pour tous les travailleurs. Le soutien élevé dont ils ont bénéficié, sur les piquets et ailleurs, montre que les travailleurs d’autres entreprises considéraient que ce combat était le leur. Il a ouvert la voie pour une solidarité entre de vastes secteurs de la classe ouvrière. »
                                       Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2674)

Élections municipales mars 2020 : un peu d’histoire. A l’origine du parti ouvrier en France : « Le Parti ouvrier et les élections municipales (1880-1882) »


« Le Parti ouvrier et les élections municipales (1880-1882) »

Notre revue bimensuelle Lutte de classe consacre son numéro 203 de novembre 2019 à ce sujet, un article que nous présentons à partir d’aujourd’hui, avec son introduction. Des textes et la conclusion de cet article suivront dans les jours suivants.


Le Parti ouvrier et les élections municipales (1880-1882)

Dix ans après la féroce répression contre les communards, le mouvement ouvrier français a commencé à se reconstruire. Parmi ses multiples composantes, le Parti ouvrier (PO), fondé en 1878, dont les principaux dirigeants étaient Jules Guesde et Paul Lafargue, était le seul à se placer sous le drapeau du marxisme. Les militants du PO, quelques dizaines puis quelques centaines présents dans la capitale et quelques centres ouvriers, intervenaient sur tous les fronts de la lutte de classe : directement dans la lutte quotidienne, à travers la construction de syndicats et la discussion de leur tactique, par la propagande orale et écrite, par la formation, par l’animation et la diffusion d’organes de presse dont L’Égalité, dirigée par Guesde, et, naturellement, dans les élections. Nous présentons ici quelques extraits des textes de cette époque.
La participation aux élections n’allait pas de soi. En France, sous le régime du suffrage universel masculin, l’électoralisme, la foi dans la puissance du bulletin de vote, était utilisé par les démocrates petits-bourgeois pour enchaîner politiquement les travailleurs. La tromperie du «vote utile» est aussi vieille que le vote, et la petite bourgeoisie française, sous toutes les nuances du républicanisme, en avait infecté le prolétariat.
Guesde avait donc dû commencer par expliquer dans nombre d’articles, de conférences et de discours comment le Parti ouvrier pouvait utiliser les élections. On peut lire un condensé de ses positions dans le texte 1. Puis, en vue d’une participation du PO aux élections sous son propre drapeau et son propre programme, Guesde vint à Londres pour demander conseil à Marx et Engels. Il en revint avec le Programme électoral des travailleurs socialistes (texte 2), publié en première page de L’Égalité du 30 juin 1880 et qui servit dans toutes les premières batailles électorales du PO. Le parti vota en effet en 1884 la motion suivante: «Le congrès décide de plus quaucun groupe du parti ne pourra entrer dans les élections, tant municipales que législatives, sans arborer dans son intégralité le programme du parti […].» Le texte, de la plume de Marx, dira Guesde, stipule que les socialistes considèrent les élections comme un «moyen dorganisation et de lutte».
Dans cette optique, les élections municipales donnaient aux militants ouvriers un terrain d’activité particulièrement intéressant, résultant de l’histoire des luttes sociales en France. Dans sa longue lutte contre la noblesse et l’Église, la bourgeoisie française s’était très tôt organisée autour du pouvoir communal, transformant chaque liberté conquise localement en un contre-pouvoir. Nombre de ces épisodes commencèrent sous forme de lutte d’influence, de joute électorale pour le pouvoir dans la ville et s’achevèrent les armes à la main, bourgeois et petit peuple d’un côté, noblesse et haut clergé de l’autre. Lorsque le prolétariat se constitua politiquement en classe, à partir de 1830, il reprit à son compte le drapeau du pouvoir local exercé démocratiquement, sans intervention de l’État central. La Commune de Paris en est bien sûr l’exemple le plus illustre, par son nom, son action, son programme et même par ses limites politiques.
L’élection municipale, dans une ville ouvrière de cette époque, opposait bien souvent le militant ouvrier le plus connu, à la tête d’une liste prolétarienne, au représentant direct du patronat local, le directeur de la grande usine de la ville, voire son propriétaire. Parmi d’autres, on peut citer le mineur de Carmaux, Calvignac, socialiste non guesdiste et syndicaliste. Élu maire de sa commune en 1892, il fut licencié au prétexte que son mandat de maire l’obligeait à s’absenter, puis réintégré triomphalement grâce à une grève de 2500 mineurs, transformée en épreuve de force à léchelle nationale. Comme l’expliquait Guesde, l’élection municipale permettait d’opposer très clairement, par la seule composition des listes, la classe travailleuse à la classe exploiteuse (texte 1).
Mais cela ne suffisait pas, encore fallait-il que les travailleurs fussent conscients de leur mission historique, telle qu’elle était exprimée dans le programme (les Considérant de Marx, texte 2) et dans les articles de Guesde et Lafargue. L’élection municipale était donc considérée comme une revue des troupes en vue de la révolution, une activité propre à éduquer, recruter et organiser des militants ouvriers, comme Guesde l’explique dans «Victoire».
Ayant réussi à faire élire quelques militants, le PO voulut utiliser ces élus. C’est l’objet du texte 3, Les municipalités et le Parti ouvrier, rédigé pour un congrès et publié par L’Égalité le 21 mai 1882. Les militants du PO y décrivaient les possibilités offertes par des bastions ouvriers en vue de la préparation puis de l’accomplissement de la révolution sociale. Ils avaient de fait commencé à mener cette activité dans quelques communes. Engels en a fait un compte rendu pour les travailleurs britanniques, dans le Labour Standard du 25 juin 1881 (texte 4), à propos de la municipalité de Commentry, dans l’Allier, la première gagnée par les socialistes.
La trahison d’août 1914, le ralliement des socialistes, Guesde compris, à l’union sacrée pour la guerre, ne retire rien à l’activité des militants des années 1880, ni à leur utilisation des élections municipales. Cette leçon mérite d’être méditée et bien peu de choses ont changé en fait. Les travailleurs sont toujours taraudés par l’illusion électoraliste, y compris ceux qui s’abstiennent; l’élection municipale apparaît toujours comme importante, ne serait-ce que parce que les électeurs ont les élus à portée de regard; la composition des listes peut être démonstrative pour un parti ouvrier même si, en face, les capitalistes se présentent désormais rarement eux-mêmes; lexistence même dune liste ouvrière, voire le simple effort en vue de sa constitution sont un pas dans la construction d’un parti. Les pouvoirs des municipalités sont encore plus restreints que naguère mais cela n’empêche pas les démonstrations politiques. Le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) vient de le prouver par son arrêté, cassé par le préfet, exigeant de ne pas épandre de pesticide à moins de 150 mètres des habitations. Des élus prolétariens pourraient faire bien d’autres démonstrations, offrant ainsi une perspective socialiste à l’ensemble des travailleurs, au-delà même de la commune.
                                                                                      18 octobre 2019

Les textes suivront.

Argenteuil, Halloween, l’arrêté municipal et son application


Ce n’est pourtant pas sorcier


A priori en vue du risque de dégâts occasionnés par d’inciviques sorcières, la municipalité a pris il y a une dizaine de jours l’arrêté suivant :

Jeudi 31 octobre, hier, se sera-t-elle donné les moyens d’en mesurer son application. Nous avons fait quelques rues et le résultat est éloquent.
         Mais, il n’y a à cela rien d’étonnant, car la municipalité ne s’est pas donner les moyens d’informer sérieusement la population. Ni affiches ni papiers dans les boîtes à lettres. Elle peut surtout mesurer à cette occasion la faiblesse du rayonnement du site internet de la Ville où l’on pouvait trouver effectivement les éléments de l’interdiction.
         Certes, s’il y a des incidents, la responsabilité de la municipalité sera dégagée. Mais cela n’est vraiment pas sérieux. DM

Argenteuil, circulation, travaux sur l’échangeur de la route d’Enghien avec l’A15


Et tout cela à grand frais



A partir de lundi, des travaux importants qui vont durer six mois commencent au niveau du pont de la route d’Enghien qui enjambe l’A15. Ils vont engager, à ne pas douter, de très nombreuses difficultés de circulation.
         Certes, si ces travaux ont lieu, c’est qu’ils ont leur raison d’être, en particulier, ils permettront de supprimer la dangerosité de l’entrée sur cette route d’Enghien des véhicules venant de Paris par l’A15.
         Deux remarques tout de même :
         1.La chaussée de ce pont n’a pas été refaite il n’y a pas si longtemps ?
         2.La sortie de l’A15 de la voie venant de Cergy, pour rejoindre l’avenue de Stalingrad, demeure apparemment en état. Tout comme l’entrée, dans le même périmètre, du supermarché Grand Frais, un ensemble difficile à négocier, donc dangereux. Cet aspect semblait pourtant une priorité pour obtenir une solution. DM

jeudi 31 octobre 2019

Macron et les retraites : un matamore inquiet. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Macron et les retraites : un matamore inquiet

30 Octobre 2019

Avant même que la contestation se cristallise lors de la journée de grève interprofessionnelle du 5 décembre, Macron a affiché sa détermination à mener à bien sa réforme de destruction des retraites. Tel un matamore faisant le sacrifice des restes de sa popularité sur l’autel des intérêts de la bourgeoisie, il a promis, juré, craché dans les micros de RTL qu’il irait jusqu’au bout.


Derrière cette fermeté affichée, et tout en cherchant à justifier son projet de réforme, le locataire de l’Élysée a lancé des pistes d’aménagement dans le but de diviser les salariés face à cette nouvelle attaque de grande ampleur qui passe mal.
La réforme des retraites se ferait, selon Macron, au nom de la justice. Comme si aligner les pensions de tous sur celle des retraités les plus pauvres serait un progrès pour quiconque. Macron prétend lutter contre les inégalités de traitement en s’en prenant aux régimes spéciaux. Mais, loin de venir en aide aux retraités les moins bien lotis, sa réforme réduirait la pension de tous, ne serait-ce qu’en prenant en compte l’ensemble de la carrière professionnelle pour en calculer le montant, et en la faisant dépendre du bon vouloir du pouvoir en place avec le système par points.
Macron ne cache pas qu’il veut contraindre les salariés à travailler plus longtemps pour toucher une pension de retraite. Ce sera difficile à expliquer aux six millions de travailleurs au chômage, aux millions de jeunes qui s’y retrouvent avant même d’avoir pu commencer à travailler, à tous les seniors jetés dehors de plus en plus tôt sans espoir de retrouver le moindre emploi.
Macron a avancé l’idée d’un possible report de l’entrée en vigueur du système de retraite par points pour certaines catégories de salariés, les travailleurs du rail, de l’électricité ou du gaz. Ses vagues concessions à la marge visent à diviser les travailleurs pour éviter qu’ils réagissent tous ensemble, une attitude qui témoigne de sa crainte de voir le mécontentement se transformer en explosion sociale. Aux travailleurs, aux chômeurs, à tous ceux qui souffrent des conséquences de sa politique, de lui montrer qu’il a raison de le craindre.

                                                           Gilles BOTI (Lutte ouvrière n°2674)



Vendredi 1er novembre
LCI :  Débat avec Nathalie Arthaud
à 22h00

Guadeloupe : Une victoire contre un exploiteur. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Guadeloupe : Une victoire contre un exploiteur

30 Octobre 2019

Mardi 29 octobre, la cour d’appel de Basse-Terre a rendu une décision de relaxe dans le procès en diffamation intenté à Jean-Marie Nomertin, dirigeant du syndicat CGTG et porte-parole de Combat ouvrier, par le gros planteur de banane Tino Dambas.
Ce planteur avait refusé un poste aménagé à un travailleur très malade et l’avait envoyé porter des régimes, ce qui équivalait à plusieurs tonnes par jour à bras d’homme. C’était cela ou le licenciement. Ce travailleur était mort quelques jours après. C’est parce que Jean-Marie Nomertin avait dénoncé ces faits que ce patron avait déposé plainte.
Le 1er octobre, plus d’une centaine de militants et de travailleurs étaient à l’audience et devant le tribunal pour soutenir Nomertin. Le tribunal a débouté Dambas en appel. C’est une première victoire. Mais il y en a une autre à remporter. Car le 22 novembre le même patron attaque J.-M. Nomertin en diffamation pour l’avoir traité d’esclavagiste noir, qualificatif qui est devenu son surnom dans toute la population depuis des mois.

                                           Pierre JEAN-CHRISTOPHE (Lutte ouvrière n°2674)

Violences conjugales : un plan, mais pas d'argent


Une question prioritaire laissée en plan

 

Au centre, la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa

En septembre, le gouvernement avait pompeusement lancé un « Grenelle » des violences conjugales. Près de deux mois plus tard, la secrétaire d’État, Marlène Schiappa, en présente les conclusions : soixante mesures contre ce fléau qui touche chaque année plus de 220 000 femmes.
Certaines de ces mesures sont symboliques, comme la mise en place d'un « brevet contre la violence » au collège, d'autres sont un peu plus concrètes, comme l'augmentation des places d'accueil des femmes victimes. Mais aucun financement n'est avancé, aucune mesure n'est chiffrée.
Dans ce domaine comme dans bien d’autres les membres du gouvernement ne savent que faire des discours indignés de circonstance, ce qui a l'avantage de ne rien coûter… Débloquer les moyens humains et financiers de lutter contre ce fléau, il faudra le leur imposer.