jeudi 17 octobre 2019

Lubrizol, Rouen, Argenteuil, les études environnementales, la loi et les préfets


Tenir compte des études environnementales, une nécessité absolue

Chacun a en tête le grave incendie de l’usine Lubrizol à Rouen fin septembre dernier, et ses conséquences indiscutables au niveau de la pollution, et des risques sanitaires induits.
         On a appris que le préfet de Seine maritime avait accepté des augmentations de capacités de stockage de produits dangereux dans l’usine sans évaluations environnementales. Ces produits à l’origine de l’incendie.
         Certes, il ne l’a pas fait de son propre chef, mais dans le cadre de la loi et de la réglementation en vigueur, lesquelles viennent d’être assouplies ces dernières années. Ainsi, depuis juin 2018, le gouvernement a publié un décret qui  réduit le périmètre des projets soumis à l'évaluation environnementale qui, jusqu’alors, étaient soumis à une autorité indépendante. « Parmi les installations concernées figurent les installations Seveso, qui constituent les installations les plus dangereuses au sein de l'Union européenne, du fait de la quantité de produits dangereux qu'elles mettent en œuvre. Malgré cela, l'exécutif a décidé de soustraire les modifications de ces établissements à une évaluation environnementale systématique pour les soumettre à une procédure d'examen au cas par cas ».
Cette loi de « simplification » a donné cette compétence au préfet lorsque le projet consiste en une modification des installations, et non une création, ce qui a été le cas dans celui de Lubrizol.  C’est donc le préfet qui s'est prononcé sur les deux demandes de cette entreprise et non l'autorité environnementale indépendante. Dans les deux cas, il a considéré qu'il n'y avait pas lieu à évaluation environnementale. 

Oui, il y a quelque chose qui cloche




Lorsqu’il est question de projet et d’évaluation environnementale, chacun comprend que cela ne puisse pas nous laisser indifférent à Argenteuil. Et que nous fassions un certain rapport entre ce drame de Rouen et le combat contre le projet Cap Héloïse. Bien évidemment, toutes proportions gardées. Mais tout de même…
Dans l’affaire Lubrizol, il est question d’un préfet qui ne peut pas s’appuyer-il l’a décidé- sur une évaluation environnementale. Dans notre combat, il est question d’un préfet qui devrait tenir compte de deux analyses fines environnementales (celle initiée par le préfet de région il y a plus de deux ans, et celle des conclusions défavorables d’un commissaire enquêteur). Mais il décide de passer outre…
Il n’y a pas quelque chose qui cloche dans tout cela ? DM

Val d’Oise Éducation, chronique d’un bilan calamiteux de la rentrée 2019


Manque de lycées dans le Val d'Oise : quelques chiffres

 


Il y a 65 lycées publics dans le département (plus 2 lycées particuliers dit Erea) pour environ 43 500 lycéens, soit plus de 1000 lycéens en plus que l'an dernier. Et la croissance démographique n'est pas finie, elle va même s'accélérer encore.
L'estimation actuelle est que d'ici 3 ans, ce seront 5000 lycéens en plus pour le Val d'Oise. Mais la Région, dans son dossier de rentrée, n'a tout simplement rien prévu pour les accueillir ! La Région doit se réveiller, et mettre en place un plan d’urgence de mise à disposition de locaux supplémentaires dans le Val d’Oise, temporaires si nécessaire le temps de construire les lycées qui manquent.
Et dans tous les cas, la Région doit se préparer à embaucher les personnels non enseignants supplémentaires qui seront forcément nécessaires, que ce soit pour les lycées qui vont accueillir plus d'élèves ou les nouveaux lycées à construire, répétons-le, d’urgence. 

En préparation : un article sur les déclarations de l’ancien maire et ex-député au Parisien

mercredi 16 octobre 2019

Gaz-électricité : pauvreté et coupures en hausse


Chez les affreux du profit, aucune pitié !

 


Selon le médiateur de l’énergie, 572 000 coupures ou réductions de puissance ont déjà eu lieu en 2018. C’est considérable, et ça grimpe : il en attend plus de 600 000 en 2019. Car la pauvreté augmente ainsi que les hausses de tarifs.
         Et comme on approche de la période hivernale, avec coupures interdites à partir du 1er novembre, les compagnies veulent se débarrasser des mauvais payeurs avant. Aucune pitié !

Loi Alimentation et Grande distribution


Sous le capitalisme, loi ou pas, un requin reste un requin



 
Que choisir ? et la Confédération paysanne ont mené une enquête sur la loi Alimentation votée l’an dernier pour, prétendait-on, améliorer les revenus des agriculteurs.
Résultat : pas la moindre amélioration de ce côté-là. Les grandes surfaces imposent toujours aux agriculteurs des prix d’achat inférieurs à leurs coûts, tout en augmentant leurs prix de vente au détail. Les perdants sont les consommateurs, les paysans. Les gagnants sont les géants de la distribution.
Aucune loi ne peut discipliner les requins.

Privatisation de la Française des jeux : les actionnaires demain seront toujours gagnants


Super gros lot

 
Pas besoin de jouer pour être gagnant pour les actionnaires

La privatisation de la Française des jeux (FDJ) débutera le 7 novembre. Le ministre de l’Économie table sur un milliard d’euros d’actions vendues car c’est une bonne affaire pour les capitaux privés.
Pensez, la FDJ fait 325 millions de bénéfices par an. Et avec 17 milliards de mises en 2019, la hausse continue du chiffre d’affaires des jeux et tirages, elle ne connaît pas la crise. Elle s’en nourrit même en vidant les poches de ceux qui espèrent s’en sortir en tirant le gros lot.
Dépouiller les pauvres, brasser des illusions sans créer de réelles valeurs pour la société, tout cela pour enrichir les possédants : la FDJ et sa privatisation sont à l’image d’une société fondée sur la spéculation et le parasitisme des capitalistes.

Val d’Oise Éducation : Chronique du bilan d’une rentrée 2019 désastreuse (2)


Trous dans les emplois du temps : mais au fait, pourquoi ?

  
Le futur lycée de Cormeilles… Mais il en faudrait cinq ou six en plus !

Nous avons évoqué hier le développement des trous dans les emplois du temps des lycées avec leurs conséquences désastreuses (montée des tensions et de la violence...) en lien avec la réforme du bac de Blanquer.
Mais outre la liaison avec cette réforme, la situation est aggravée par le manque de lycées dans le Val d'Oise. Résultat, les lycées existant sont pleins à craquer, et pour que tous les cours puissent avoir lieu, les lycées ouvrent plus longtemps. Ouverture plus tôt le matin, ou fermeture plus tard le soir, utilisation du mercredi après-midi, du samedi. Ou tout cela a la fois. Ce qui forcément crée plus de trous dans les emplois du temps. Par exemple, au lieu d'avoir 3h de cours le matin de 9h à 12h puis 3h de 13h à 16h, un élève aura 1h de 8 à 9, puis 2h de 10 à 12, puis 2h de 14 à 16, puis 1h de 17 à 18. Donc toujours 6h de cours, mais 3h de trous en plus !
La solution ? Elle est très simple : avoir plus de locaux disponibles, construire les lycées qui manquent dans le Val d'Oise.

Argenteuil, L’Atrium, projet sauvage et utilisation muséale possible


Et pourquoi pas un Vivarium de pièces de musée ?

 


L’Atrium, la salle provisoire qui devait remplacer le complexe Jean Vilar est un désastre. Pas pour les entreprises qui y ont trouvé un marché dont le total s’élève sans doute à plus de deux millions d’euros. En revanche, pour les finances de la Ville en plus du coût de base, avec l’entretien, avec le chauffage même si celui-ci est problématique, c’est un échec. Sans parler du problème de l’acoustique…
         Bref, l’Atrium ne sert pratiquement à rien.
         La municipalité a prévu néanmoins d’y organiser une manifestation culturelle en collaboration avec le musée des arts extra-européens du quai Branly (à visiter, c’est remarquable, lui). La présence de quelques objets de ce musée samedi prochain à l’Atrium est une très bonne idée, et l’on regrette seulement que cela dure seulement une journée.
         Comme chacun sait nous ne sommes pas chiens pour faire partager nos idées, alors, pour que cette salle soit un peu utilisée, pourquoi ne pas y faire une exposition permanente des objets de l’ex-musée de la rue Pierre Guienne qui dorment dans un sous-sol.
         Cela donnera enfin une justification à l’existence de cette salle coûteuse. Une sorte de musée à l’Atrium ! Et le complexe Jean Vilar pour toutes les autres activités d’importance, fêtes, banquets, salons divers, réunions, et autres évènements divers ! DM

mardi 15 octobre 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 14 octobre 2019


Michelin : non au diktat capitaliste

Avec 1,2 milliard d’euros de profits en 2018, Michelin a décidé de fermer son usine de La Roche-sur-Yon qui emploie 619 salariés. À Belfort, General Electric poursuit son plan de fermeture avec 800 licenciements. Moins spectaculaire mais tout aussi révoltant, des banques aussi prospères que la Société générale et BNP Paribas suppriment des milliers d’emplois.
Et c’est toujours la même histoire. En ce qui concerne la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon, Michelin nous explique être victime de la concurrence et du ralentissement mondial. Mais qui est menacé dans son emploi et son salaire ? Qui est mis devant l’obligation de quitter maison, famille, amis dans l’espoir de conserver un emploi ? Et qui risque de se retrouver à Pôle emploi ?
Les seules victimes sont les ouvriers et les employés de Michelin, les intérimaires et les salariés des sous-traitants. Pour les actionnaires de Michelin, ce sera tout bénéfice. Ils touchaient déjà des dividendes confortables, la fermeture de l’usine les consolidera !
Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, ex-filloniste, homme de droite habitué à pourfendre le monde ouvrier, s’est fendu d’un communiqué pour critiquer la fermeture de l’usine de La Roche-sur-Yon. Il y regrette le manque de respect de Michelin vis-à-vis des salariés et des élus et déplore un manque de concertation. Où et quand a-t-il vu que les capitalistes demandaient la permission des salariés avant de fermer et respectaient les engagements pris auprès d’eux ?
Crise ou pas crise, les actionnaires veulent amasser leurs dividendes et grossir leurs fortunes avec des actions dont le cours doit toujours monter. Aux ouvriers de suer toujours plus de profits et d’être traités comme des pions !
La décision de Michelin est l’expression même de la dictature capitaliste sur la classe ouvrière et sur toute la société. À une poignée et pour sauver leurs profits malgré la crise, les grands actionnaires menacent la vie de plusieurs centaines de familles, d’une ville et d’une région tout entière. C’est de cette dictature capitaliste que toute la société crève aujourd'hui. 
La société n’a pourtant jamais été aussi riche. Les usines elles-mêmes n’ont jamais été aussi performantes. Ce dont nous crevons, c’est de la course aux profits et de cette concurrence acharnée qui est menée avec la peau des travailleurs.
La rapacité patronale ne peut que s’exacerber face au marasme mondial et aux incertitudes qui pèsent sur leurs affaires. Tout ce que la bourgeoisie peut prendre aujourd'hui aux salariés pour se protéger de la prochaine catastrophe économique annoncée, elle le prendra.
Malgré le 1,2 % de croissance dont se vante le gouvernement, aucune entreprise du privé ou du public n’échappe aux restructurations ou aux suppressions d’emplois. Partout, les charges et les rythmes de travail sont épuisants et les salaires bloqués à des niveaux scandaleusement bas.
Quant au secteur de l’automobile, il anticipe un coup de frein, du fait du ralentissement économique mondial, et fait replonger les ouvriers dans l’ambiance du krach de 2008. 
Malgré les milliards de profit accumulés ces dernières années, partout, il est question de budgets épuisés, d’intérimaires renvoyés, d’équipes supprimées, de chômage partiel. Et cela va de pair avec les cadences folles et les heures supplémentaires, compétitivité et rendement obligent. Là, on invite les salariés à réfléchir à leur avenir professionnel dans une autre entreprise, ici, on les pousse à démissionner. Partout, pend l’épée de Damoclès du licenciement.
Le grand patronat s’organise déjà pour faire payer l’aggravation de la crise aux exploités. Si l’on ne veut pas que ce soit une catastrophe pour les travailleurs, il faut s’organiser et se préparer à se défendre collectivement.
Il n’y aura pas d’échappatoire. Lorsque la crise se généralisera, elle touchera tous les secteurs et tous les pays.
À l’échelle du monde, Volkswagen a annoncé 7 000 suppressions d’emplois, Nissan, 12 500. Les banques en ont programmé 44 000… D’un bout à l’autre de la planète, les travailleurs sont victimes de la même dictature capitaliste, de la même rapacité, de la même irresponsabilité.
La seule issue réside dans la capacité de la classe ouvrière à engager le bras de fer avec la bourgeoisie. D’abord, pour la faire reculer et lui imposer de payer pour sa crise. Mais, aussi et surtout, pour contester son pouvoir sur l’économie. Car on ne s’en sortira pas sans renverser la dictature de la classe capitaliste sur l’économie et sur toute la société.