samedi 12 octobre 2019

Retraites et Cour des comptes : eux n’ont pas produit la même sueur


Exploitation trop longue



Dans le cadre de la campagne pour faire croire à l'opinion publique que les retraites coûtent trop cher, la Cour des comptes dénonce le coût des départs anticipés pour les travailleurs ayant eu une carrière longue. Il faut être un haut fonctionnaire à des années-lumière de la réalité du travail pour prétendre que c'est un abus de partir avant 62 ans quand on a commencé bien avant 20 ans !
Car s'ils ont eu une carrière longue, ils ont d'autant plus longuement produit des richesses et enrichi le patronat. Aucun travailleur n'a volé sa retraite et c'est aux patrons de la payer !

Éducation, drame de Pantin, des correspondances de notre hebdomadaire Lutte ouvrière



À Pantin, le 3 octobre, un rassemblement a eu lieu le matin à la station du RER pour s’adresser aux travailleurs. Une centaine de personnes se sont retrouvées pour crier leur colère contre leurs conditions de travail et le silence assourdissant de l’Éducation nationale.
Le cortège, très dynamique, s’est dirigé vers l’antenne de l’inspection d’académie, toute proche, avec tracts, banderoles, casseroles, sifflets. Les manifestants ont envahi le hall du bâtiment administratif de la mairie, aux cris de « Passionnés mais révoltés », « Plus jamais ça », « La galère à l’école, y’en a ras-le-bol ».
À Pantin, il existe un contentieux supplémentaire avec la mairie qui maintient la semaine de quatre jours et demi, qui épuise les équipes éducatives, entraînant le départ de nombreux enseignants. Un sujet que la mairie traite avec mépris quand les enseignants font part de leurs difficultés : « Si vous n’êtes pas contents, allez à Bobigny. » Les employés de la mairie et les personnes présentes sont sortis pour applaudir enseignants et parents d’élèves, qui se sont ensuite rendus au bureau du maire. Celui-ci n’a pas daigné les recevoir.
L’après-midi, les manifestants ont retrouvé devant l’inspection d’académie de Bobigny des parents et des enseignants de toute l’Île-de-France. Après une minute de silence, les prises de parole ont remis les points sur les « i » : Christine Renon n’était ni fragile, ni dépressive, ce sont ses conditions de travail qui l’ont tuée.
Samedi 5, plusieurs centaines de personnes ont participé à la marche blanche entre la mairie et l’école Méhul. La colère restait palpable, ainsi que l’envie de continuer la mobilisation pour obtenir une réelle amélioration de la situation, pour les équipes enseignantes comme pour les élèves.
Plusieurs rassemblements ont eu lieu le 3 octobre dans l’agglomération lyonnaise.
À Vaulx-en-Velin, 200 enseignants de la commune se sont réunis pour partager leur émotion et leur colère contre le gouvernement et l’institution responsables de cet acte désespéré.
Le 3 octobre, une centaine d’enseignants se sont rassemblés à 17 heures devant le rectorat de Reims. Parmi eux, beaucoup de directrices et de directeurs d’école, dont certains ont pris la parole pour dire leur colère, la charge de travail toujours plus grande, l’absence de moyens pour y faire face et les pressions de la hiérarchie, mais aussi leur envie d’y résister.
Le 3 octobre la grève a été bien suivie dans les écoles du département. Au rassemblement devant le rectorat de Toulouse, près de 1 000 personnes étaient là : professeurs des écoles, mais aussi des collèges et des lycées.
Les réformes se succèdent mais ne visent qu’à réduire les moyens de l’Éducation nationale, qui doit faire toujours plus avec toujours moins. Dans les écoles toulousaines, tout ce qui est décrit par Christine Renon dans sa lettre est une réalité. La veille de la rentrée, il manquait des enseignants dans les écoles. Ce manque de personnel existe aussi dans les centres de loisirs, parmi le personnel de la mairie qui s’occupe du ménage ou de la cantine, parmi les aides de vie scolaire qui accompagnent les enfants en situation de handicap !

Dans le Val d’Oise aussi, et à Argenteuil notamment, des rassemblements ont eu lieu, dont un d’une centaine d’enseignants devant une des inspections primaires de la Ville dans le quartier d’Orgemont.

Ouvriers du bâtiment et accidents de travail : encore un drame à Argenteuil


Accidents du travail, ras-le-bol



Un ouvrier de 27 ans a été gravement blessé sur le chantier de la piscine d’Argenteuil avant-hier. Il avait chuté depuis le toit du complexe Gagarine où sur un bassin des travaux de charpente sont actuellement réalisés. Selon le site internet « actualités », il a été transporté en urgence absolue à l’hôpital Fernand Dupuy.
         Deux morts il y a quelques mois à Épinay-sur-Seine, un troisième à Bezons il y a quelques semaines, et maintenant, cet accident très grave à Argenteuil.
         Ce sont des centaines et des centaines de travailleurs qui sont victimes chaque année d’accidents mortels sur les chantiers du bâtiment à travers le pays.
         La fatalité a bon dos. A moins que l’on appelle fatalité l’augmentation de la charge de travail, le manque de formation, de contrôle de la sécurité au sein même des équipes de chantier, la détérioration des conditions de travail…
         Ces situations-là ont des solutions. Il reste à les imposer. DM

Cet accident s’étant produit sur un site municipal, la moindre des choses aurait été que ‘l’information soit diffusée sur le site internet de la Ville. A ce jour, ni information ni marque d’empathie sur le sujet. DM

Élections municipales à Argenteuil, comptes de campagne : la commission des comptes de campagnes est informée ?


Incontestablement un sondage à utilisation électorale possible

 
Ensemble aujourd'hui au sein de la municipalité, mais demain, sur quelle(s) liste(s) ?

Dans le sondage d’Opinionway commandité par la municipalité, nous avons noté des questions qui pouvaient être utilisées éventuellement par le commanditaire dans le cadre des futures élections municipales sur Argenteuil de mars prochain (Voir à « articles plus anciens » sur le présent blog).
         On se demande bien comment la commission nationale des comptes de campagne va intégrer cette dépense dans les comptes que devront présenter à son contrôle toutes les listes en présence.
         Si l’on ne connaît pas les futures combinaisons de ces listes, il est évident que certaines comprendront des membres de la municipalité actuelle qui aura la maîtrise des résultats de ce sondage.
         Un méli-mélo de comptes en perspectives, embrouilles assurées… Gare !

Argenteuil culture : à l’Imagerie, à la librairie Le Presse-papier


Argenteuil, culture, on nous communique

Dès aujourd’hui, à la galerie L’Imagerie




Mardi 15 octobre à 18 heures 30 à la librairie Le Presse-papier


vendredi 11 octobre 2019

Allègements de cotisations patronales : 52 milliards d'euros en 2018.


Un immense détournement de fonds



Les allègements de cotisations patronales se sont élevés à 52 milliards d'euros l'an dernier selon la Cour des comptes. Depuis 2013, ces allègements ont doublé grâce à la sollicitude de Hollande, puis de Macron, envers les gros patrons. Le « pacte de responsabilité » d'abord, puis le CICE, ont réduit de 26 milliards ce que versaient les entreprises. Supposés embaucher avec ces ristournes, les patrons ont pris l'argent et continuent de supprimer des milliers d'emplois.
Dans le même temps, sous prétexte que la Sécurité sociale serait à nouveau en déficit, le gouvernement réduit les indemnités de chômage et s'attaque aux retraites.
Les grands patrons sont des assistés, alors que pour financer l'accès aux soins pour tous, les indemnités de chômage et des pensions dignes, il faudrait commencer par stopper ces allégements de cotisations et continuer en prélevant sur les profits. Exactement l'inverse de la politique des gouvernements qui se succèdent à l'Élysée.

Enseignement : les raisons de la colère


Enseignement : les raisons de la colère

09 Octobre 2019

Le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, a déclenché une vague de colère parmi les enseignants et aussi parmi les parents.



Dès le 26 septembre, les parents d’élèves de l’école ont écrit au ministre Blanquer pour l’interpeller sur le « cri d’alerte » de la directrice, affirmer leur détermination « à poursuivre les combats de Christine Renon » et lui demander des comptes sur le sous-effectif et le manque de formation du personnel d’animation et d’éducation, dénoncés dans la lettre.
Le 1er octobre, une pétition syndicale d’hommage à Christine Renon, dénonçant les conditions de travail des enseignants, a recueilli près de 120 000 signatures en cinq jours. Jeudi 3 octobre, jour des obsèques de Christine Renon, partout en France des milliers de professeurs d’école, de collège et de lycée ont fait grève et se sont rassemblés devant les rectorats ou inspections d’académie, avec prises de parole combatives relayées par la presse. Le même jour, des directeurs d’école de Pantin ont bravé leur devoir de réserve et publié une tribune dénonçant leurs conditions de travail.
Tous dénoncent l’épuisement professionnel des enseignants qui, seuls face à des classes toujours plus surchargées, sont censés pallier le manque d’infirmiers, de médecins scolaires et d’assistants sociaux. Ils dénoncent aussi leur sentiment d’impuissance face aux situations parfois tragiques des élèves, liées au pourrissement de cette société en crise. Certaines prises de parole, comme à Cahors, ont élargi le problème du sous-effectif à celui des hôpitaux, des Ehpad, des crèches, des pompiers, rappelant la destruction de centaines de milliers de postes de fonctionnaires par les gouvernements successifs.
Face à l’expression de cette colère, le ministre de l’Éducation nationale et le recteur de Créteil ont fini par sortir de leur silence. Le premier, en essayant de cantonner le problème à celui du statut des directeurs d’école, dont il s’est dit « prêt à discuter ». Le second, en adressant aux enseignants de l’académie de Créteil un mail écrit dans la langue de bois habituelle : « La mission qui est la nôtre, transmettre des savoirs et des valeurs, est la plus grande des missions républicaines. À ce titre, la nation vous doit protection et soutien. » Ces mots, perçus comme une hypocrisie supplémentaire, n’ont fait que raviver l’exaspération !

                                               Julie LEMÉE (Lutte ouvrière n°2671)

Équateur : révolte contre les attaques du gouvernement. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Équateur : révolte contre les attaques du gouvernement

09 Octobre 2019

En Équateur, l’état d’urgence décrété jeudi 3 octobre par le président Lenin Moreno, après des affrontements violents dans les principales villes du pays sur fond de grève générale des transports, n’a pas arrêté la mobilisation de la population. Actions massives et blocages se multiplient dans tout le pays.
L’annonce par le président de mesures aux conséquences dramatiques pour les classes populaires a mis le feu aux poudres. Il y a d’abord l’arrêt des subventions publiques au prix de l’essence qui duraient depuis quarante ans, qui double les prix à la pompe. En l’absence de réseau ferré, bus et taxis sont utilisés par la population. Confrontés à la hausse de l’essence, les transporteurs devraient augmenter leurs tarifs. Par ailleurs, les travailleurs du secteur public perdent un jour de salaire par mois et voient leurs congés réduits de 30 à 15 jours, tandis que les salaires des contractuels baissent de 20 %.
Lenin Moreno avait été élu en 2017 comme successeur de Rafael Correa. Ce dernier, allié de Hugo Chavez et Evo Morales, avait financé des programmes sociaux et des infrastructures dans toutes les régions, en particulier les Andes et l’Amazonie, sans toutefois s’en prendre aux intérêts de la bourgeoisie.
Comme au Venezuela, la chute des cours du pétrole a eu des conséquences catastrophiques. La dette a explosé. Sous la pression des banquiers internationaux, Lenin Moreno mène désormais une politique de plus en plus antiouvrière qui le rend très impopulaire : mesures accentuant la précarité et la flexibilité des contrats de travail ; licenciements massifs de contractuels du secteur public ; privatisation des entreprises d’État les plus rentables ; et innombrables concessions territoriales accordées aux géants mondiaux de l’industrie minière. Ces attaques, aujourd’hui contestées, ont été négociées avec le FMI en contrepartie d’un nouveau prêt de 4 milliards de dollars.
Le 3 octobre, les syndicats de transporteurs appelaient à la grève contre ce plan, rejoints par les syndicats ouvriers, les organisations étudiantes et la Confédération des nations indigènes. Tout le pays se retrouvait bloqué et les rues de Quito, Guayaquil ou Cuenca se remplissaient de manifestants. Dans les trois plus grosses villes du pays, il y a eu des heurts violents avec la police. Le soir, Lenin Moreno décrétait soixante jours d’état d’urgence. Le lendemain, le président de la Fédération nationale des coopératives de transport appelait à la fin de la grève, tandis que le gouvernement faisait circuler des chars dans les rues de la capitale Quito.
Loin de s’arrêter, le mouvement a pris alors dans tout le pays une nouvelle dimension. Dans toutes les provinces, les routes sont bloquées par des paysans ou des communautés indigènes. En Amazonie, des puits de pétrole sont occupés. Dans la province de Bolivar, le siège du gouvernement a été pris d’assaut par les manifestants.
En réponse à l’état d’urgence, la Confédération des nations indigènes a décrété son propre état d’exception, en annonçant que les policiers et les militaires se rendant sur les « territoires ancestraux » seraient arrêtés et jugés par la population. Cela s’est effectivement produit les jours suivant dans plusieurs provinces. La même confédération a lancé une marche sur Quito, pour se joindre à la grève nationale appelée par les syndicats ouvriers, le 9 octobre. Dès le 7, face à l’afflux de manifestants dans le centre historique de la capitale, le palais présidentiel a été évacué et le gouvernement transféré à Guayaquil.
Lenin Moreno a beau accuser les grévistes et manifestants d’être des putschistes manipulés par l’ancien président Correa ou le président vénézuélien Maduro, la protestation populaire contre lui et ses attaques ne cesse de grandir.

                                              Antoine FERRER (Lutte ouvrière n°2671)