samedi 31 août 2019

Judo : Clarisse Agbegnenou, le résultat aussi d’un club de banlieue animé par des bénévoles engagés


Que peuvent des clubs aux moyens limités ?

 


La judoka Clarisse Agbegnenou vient à nouveau de l’emporter dans sa catégorie aux championnats du monde de judo. Il paraît qu’elle devient ainsi la championne française la plus titrée de l’histoire de ce sport dans le pays.
Clarisse Agbegnenou est bien connue à Argenteuil. On peut même dire que c’est là qu’elle est devenue, adolescente, une  grande championne. Par ses qualités, son engagement pour son sport, mais aussi dans le cadre d’un club particulier, Escales, et de l’activité de militants de ce sport, les frères Goudgil que je salue ici.
Comme chacun sait, leur championne est aillée dans un autre club qui avait sans doute les moyens financiers pour accompagner la suite de l’itinéraire de la championne, avec des conditions meilleures pour celle-ci. D’autant plus, si nos souvenirs sont bons, que les promesses qui avaient été faites à Escales par la municipalité précédente d’Argenteuil n’avaient pas été tenues.
Combien de champions éclos dans des clubs de banlieue se sont ainsi retrouvés dans de grands clubs aux reins financiers plus solides quand ce n’est pas pour devenir les faire-valoir d’intérêts financiers qui n’ont plus grand-chose à voir avec le sport. Nous ne savons pas si c’est le cas pour le judo, et si c’est le cas, c’est à un degré bien moindre. Et cela n’a rien à voir au parcours des champions et de leur passion sportive.
Dans cette société capitaliste, tout finit par être « récupéré » par le capital. C’est vrai donc aussi pour le sport, lorsque l’activité et le dévouement de bénévoles permet l’éclosion de champions dont les exploits les amènent vers de bien d’autres horizons. DM

Argenteuil, groupe scolaire Simone Veil, veille de rentrée, tout est prêt ?


Quand ils ont besoin de nous…

 


On ne sait pas encore dans quelles conditions ouvrira lundi le nouveau groupe scolaire Simone Veil du quartier du Val-Notre-Dame. Comme nous l’avons écrit il y a quelques jours, la municipalité devra une fière chandelle à tous les travailleurs qui auront fait le maximum pour qu’il puisse ouvrir, même dans des conditions acceptables minimales.
         La municipalité en devra aussi une aux employés municipaux du service des Écoles qu’elle a sollicités pour venir nettoyer l’ensemble des locaux de l’école Simone Veil qui en avaient besoin hier.
         Pourtant, à longueur d’année, la hiérarchie de ce service tente de mener la vie dure à ces travailleuses territoriales. Mais là, la municipalité s’est faite tout sourire pour trouver de l’aide.
         Bien évidemment, quand il s’agit que tout soit prêt au mieux en tout cas, alors que les enfants et leurs parents sont particulièrement inquiets face à la nouveauté de cette école terminée aux forceps, on ne peut pas rester indifférent.
         A ce propos, ce que nous appelons une « municipalité ouvrière », en pareil cas ou face à des difficultés du même type, ferait appel aussi à la population et aux associations pour l’aider.
         Une idée surprenante ? En tout cas, pas pour nous et pour ceux pour qui le fonctionnement de la société et la résolution des problèmes pourraient facilement éviter de prendre les circuits marchands et financiers, et cela à l’avantage de tous. DM

vendredi 30 août 2019

Brésil : l’Amazonie brûle, un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine à paraître


Brésil : l’Amazonie brûle

Dans l’après-midi du 19 août, à la faveur de vents soufflant du nord, un nuage de fumées a plongé dans l’obscurité les vingt millions d’habitants de l’agglomération de Sao Paulo, tandis que tombaient des pluies noires. C’était la forêt amazonienne qui brûlait, ainsi que la zone de savanes qui la borde, à 2 000 ou 3 000 kilomètres de là.
Chaque année, l’Amazonie brûle à la saison sèche, par suite de la déforestation. Les exploitants forestiers abattent la forêt primaire, débardent les bois précieux qui servent au déroulage et à la fabrication de contreplaqué, et mettent le feu à tout le reste. Le feu dégage le terrain et les cendres engraissent la terre. Après les brûlis peuvent arriver les entreprises minières, les éleveurs de vaches, les planteurs de canne à sucre et de soja.
Mais le phénomène s’accélère, amplifié sans doute par le réchauffement climatique. Depuis le début de l’année il y a eu 75 000 incendies de forêt : 85 % de plus que l’an passé. Dimanche 25 août, l’Institut brésilien de surveillance spatiale annonçait qu’en 24 heures il en avait compté 1 100 nouveaux. Ils touchent tout le nord du Brésil mais aussi la Bolivie, où 500 000 hectares sont partis en fumée, et la zone marécageuse du Pantanal, à la frontière des deux pays et du Paraguay.
Le président brésilien Bolsonaro se défend d’être responsable de ces incendies, mais sa politique et ses discours n’y sont pas pour rien. Tout au long de sa campagne présidentielle, il a dénoncé les réserves indiennes et les forêts d’État comme des zones inutiles au pays, dont il faudrait mettre en valeur le sol et le sous-sol. Rien d’étonnant à ce que les trusts de l’agroindustrie se sentent les coudées franches.
Les grands propriétaires terriens disposent au Parlement d’un groupe d’appui de près de la moitié des députés. Depuis toujours, leurs désirs sont pour le gouvernement des ordres. La dictature militaire leur a ouvert cette région de quatre millions de ­kilomètres carrés, traçant des routes à travers l’Amazonie et décimant les Indiens. Et tous les gouvernements civils ont suivi, fermant les yeux sur les pratiques illégales des grandes exploitations, quand ils ne les encourageaient pas. Lula a par exemple autorisé la culture du soja transgénique. Bolsonaro, lui, a proclamé qu’il leur laisserait tous les droits, et il a tenu ses promesses.
Depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier, il a systématiquement bâillonné et démantelé les institutions qui auraient pu entraver la déforestation : la Funai censée protéger les Indiens, l’Ibama chargé de l’écologie, l’Institut des recherches spatiales dont les satellites surveillent l’Amazonie. Quant aux ONG, après leur avoir coupé les fonds, il les accuse d’avoir mis le feu pour lui nuire.
Devant l’étendue des incendies et les protestations internationales, et sans doute sous la pression du lobby agrarien qui craint pour ses exportations, Bolsonaro promet aujourd’hui de réagir fermement. Il a envoyé quelques avions militaires combattre les feux et a décrété la mobilisation des 43 000 soldats cantonnés en Amazonie. Mais l’état-major ne va pas leur ordonner d’arrêter les grands propriétaires responsables des incendies, de confisquer leurs camions, leurs tracteurs et leurs tronçonneuses géantes, de désarmer leurs hommes de main et de réquisitionner leurs équipes de salariés sur le terrain.
L’État brésilien, c’est l’État de ces grands propriétaires, qui sont souvent des multinationales et qui toujours travaillent pour le marché mondial du bois, des métaux, de la viande, du soja, du sucre, du jus d’orange. Ni Bolsonaro ni aucun des dirigeants impérialistes ne vont s’en prendre à ces piliers du système capitaliste, pas plus sous prétexte de sauvegarde de la nature que sous prétexte d’indépendance nationale.

                                       Vincent GELAS (Lutte ouvrière n°2665)




Carte géographique des écorégions de la forêt amazonienne délimitées par le WWF. Les lignes en blanc délimitent les contours de la forêt amazonienne. Le bassin de l'Amazone est indiqué en bleu (Wikipédia)



Réchauffement climatique, avenir de la planète : Blanquer n'a pas peur du ridicule


Il prend les jeunes pour des canards sauvages



Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale, voudrait s'assurer une rentrée apaisée, après les mouvements de contestation de sa réforme du lycée, l'année dernière. Ne voulant renoncer ni à ses réformes ni aux coupes budgétaires, il brasse du vent et reçoit les syndicats.
La seule mesure concrète annoncée est l'élection, dans chaque classe de collège et de lycée, d'un éco-délégué... pour impulser la création de potagers, l'installation de perchoirs pour les petits oiseaux dans leur établissement ou penser à éteindre la lumière en sortant. Cela ne suffira ni à enrayer le réchauffement climatique, ni à améliorer le climat dans les établissements scolaires !

Hongkong et le G7 : business is business


Vous parlez « démocratie », nous c’est les affaires…



Faire des affaires à Hongkong

Les dirigeants des puissances occidentales, réunis pour le G7, se sont fendus d'une timide déclaration sur Hongkong, appelant les dirigeants chinois, qui de leur côté dénoncent cette ingérence, « à éviter les violences ». Par ailleurs le Medef, qui tient son université d'été, a invité l'ambassadeur de Chine pour parler affaires... en évitant soigneusement d'aborder la crise politique à Hongkong.
Les patrons français sont sur la même longueur d'onde que leurs homologues hongkongais. Jusque-là silencieux, les patrons des grandes sociétés qui commandent en fait à Hongkong, que l'on surnomme là-bas les tycoons (magnats, grands seigneurs), multiplient les menaces contre leurs employés qui participeraient aux grèves et aux manifestations. Les grands mots sur la « démocratie » ou « l'Etat de droit » ne doivent pas entraver trop longtemps les affaires !

Argenteuil, commerce : « trois années d’inaction »


A l’abandon

 
Photo de la page "commerce" de la brochure municipale de bilan

Dans l’album de l’« action » municipale 2016-2019 distribué à foison, on trouve de tout comme à la Samaritaine. On trouve de tout, sauf sur le « commerce ». Étonnant, non ?
         Rien n’a été fait sur le commerce ?
         C’est vrai rien n’a été fait.
         Et pourtant, celui-ci, en particulier le commerce de proximité, est au cœur non seulement de la dynamique d’une ville, mais du « lien social » comme dirait Georges Mothron.
         Le dégagement de l’adjoint en charge du sujet en cours de mandat a été bien à l’image du problème et de ce néant.

Pesticides, Santé publique : l’arrêté anti-pesticides suspendu par le tribunal administratif. Petite chronique de l’élection municipale de mars 2020


Des prérogatives essentielles qui échappent au pouvoir des maires



Le maire de Langouët en Bretagne avait pris un arrêté municipal interdisant l’utilisation des pesticides en deçà de 150 mètres d’habitations ou de locaux professionnels. Une mesure de bon sens mais qui a paru de trop au tribunal administratif. Cet arrêté vient d’être suspendu.
         Voilà une illustration des limites parmi d’autres des pouvoirs dévolus aux maires, des petites communes comme des grandes.
         Pourtant cet arrêté restrictif portait sur une question tout à fait locale et concernant uniquement le territoire communal.
         On demande aux maires de s’occuper et de financer bien des services qui relèvent pourtant a priori des compétences de l’État. Là, pas de problème, les communes sont alors surchargées de tâches administratives. Mais s’attaquer un tant soit peu aux intérêts du Capital, prendre des mesures par exemple pour protéger la santé publique, pour s’opposer aux licenciements, ou encore pour soutenir une grève, cela alors ne fait pas partie, pour l’État, des prérogatives des maires. Et s’ils transgressent cette loi et ces intérêts, il les mène devant les tribunaux.
         Cela vaut pour les petites communes comme pour les grandes. En 2019 comme en 2020. Et cela limite d’autant les rêves sur le soi-disant « pouvoir communal » !

jeudi 29 août 2019

Réforme des retraites : quels que soient les mécanismes, une arnaque


Une attaque à combattre




S'exprimant sur France 2, au moment où son gouvernement commence à discuter de la réforme des retraites avec les syndicats, Macron a déclaré « qu'il préférait un accord sur la durée plutôt que sur l'âge ». Autrement dit, il préfère garder une durée minimale de cotisation pour avoir droit à la retraite plutôt qu'instaurer un âge pivot, par exemple à 64 ans, en dessous duquel les salariés subiraient une décote, comme annoncé initialement.
Mais comme cette durée minimale de cotisation est prévue pour augmenter, de 42 ans à 43 ans, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, les salariés devront travailler plus longtemps.
Quel que soit le dispositif retenu, une fraction importante de travailleurs n'auront le choix qu'entre partir avec une retraite amputée ou travailler plus longtemps. Cette nouvelle réforme des retraites est une attaque à combattre.