lundi 21 janvier 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 21 janvier 2019


On ne changera pas notre sort sans s'attaquer à la classe capitaliste



« Grande manœuvre », « grand foutage de gueule », les pancartes brandies dans les manifestations de samedi, qui ont encore réuni 84 000 personnes, montrent que les gilets jaunes ne sont pas dupes : c’est la mobilisation qui paye.

C’est la mobilisation qui a forcé Macron à lâcher du lest sur la CSG des retraités et qui amène aujourd'hui certaines entreprises à verser une prime exceptionnelle aux salariés. Et pour que les travailleurs arrachent de nouvelles concessions au gouvernement et au grand patronat, il leur faudra se mobiliser, encore et toujours.

Quel que soit le cinéma fait autour du grand débat national, Macron ne répondra pas à la colère sociale. Il fera, bien sûr, quelques aménagements pour montrer qu’il a pris en compte les remontées du débat. Il est déjà question d’adapter les 80 km/h et cela ne lui posera aucun problème d’anticiper les changements institutionnels qu’il voulait faire et d’introduire, par exemple, une pincée de proportionnelle à l’Assemblée nationale.

Mais la seule façon de répondre aux problèmes des salaires, des petites retraites, du chômage de masse et du manque de moyens de l’État est de s’attaquer aux profits de la classe capitaliste. Cela, Macron refusera toujours de le faire. Son refus de rétablir l’ISF, qui est somme toute symbolique par rapport à tous les cadeaux faits à la classe capitaliste, prouve qu’il ne touchera pas à un seul cheveu des plus riches.

Ce choix de classe n’est pas propre à Macron. Tous les présidents qui se sont succédé ont gouverné en faveur de la bourgeoisie et contre le monde du travail. Tous ont protégé la classe capitaliste, justifié ses profits et les reculs qu’elle impose à la condition ouvrière. Y compris Hollande, alors qu’il avait désigné la finance comme son ennemie. Et quel que soit celui qui remplacera Macron, il fera la même chose.

Draguer les investisseurs étrangers pour qu’ils daignent s’installer en France, comme le fait aujourd'hui Macron à Versailles, est le sport présidentiel favori. En leur temps, Sarkozy et Hollande avaient, eux aussi, déroulé le tapis rouge aux plus riches, avec le même discours : il fallait garantir une fiscalité avantageuse aux capitalistes, des facilités administratives et un marché du travail libéré des prétendues chaînes du code du travail. Et avec tout ça, l’économie était censée redémarrer !

Résultat, on s’enfonce dans la crise. Tout ce que ces prétendus investisseurs savent faire, c’est empocher les profits, amasser des montagnes de capitaux, tant et si bien que 26 personnes possèdent désormais autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit 3,8 milliards d’êtres humains.

Quand bien même ces grands groupes investissent très peu et ne créent pas d’emplois, les gouvernements n’ont pas d’autres politiques que celle de les servir. Quelles que soient leurs étiquettes, tous les politiciens défendent cet ordre social où une minorité concentre dans ses mains une masse de capitaux et détient plus de pouvoir qu’ils n’en ont, eux, à la tête de l’État. Gouverner dans le cadre de la domination de ce grand capital, c’est faire la politique qui lui convient et se soumettre à sa loi, la loi du profit.

La semaine dernière, Macron a déclaré : « Les gens en situation de difficultés, on va davantage les responsabiliser, car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent.» Mais quand les PDG versent 57 milliards aux actionnaires et bloquent les salaires, ils font bien ou ils déconnent ? Quand ceux qui possèdent des milliards de capitaux s’en servent pour racheter des concurrents ou spéculer en Bourse alors qu’il faudrait embaucher, investir dans la construction de logements et dans les transports publics, ils font bien ou ils déconnent ?

S’il y a des comptes à demander, ce n’est pas aux plus pauvres ou aux chômeurs, qui ne sont responsables de rien. C’est aux capitalistes, qui ont le pouvoir et qui décident ou non d’investir et de produire. Non seulement leur fortune est basée sur l’exploitation des travailleurs mais ils dirigent l’économie de façon irresponsable parce qu’ils sont aveuglés par leurs profits et se moquent des besoins de la collectivité.

Des problèmes aussi élémentaires que loger la population, la soigner ou s’occuper des personnes handicapées ou dépendantes paraîtront insolubles tant que les travailleurs ne mettront pas leur nez dans les affaires des grands groupes capitalistes.

Pour que la société reparte de l’avant, il faut contester le droit du grand capital de faire ce qu’il veut des profits que tous les travailleurs contribuent d’une façon ou d’une autre à produire. Il faut l’exproprier et prendre collectivement le contrôle de l’économie.

Gilets jaune, un mouvement qui ne mollit pas. Un exemple dans une petite ville de province, Laon dans l’Aisne


« Ils ont fait 68 ». A nous de le refaire



Plus d’un millier de gilets jaunes ont manifesté à Laon, ce samedi 19 janvier.
Partis de la gare, ils ont parcouru la ville en traversant le marché du quartier Champagne et divers autres quartiers et ont reçu souvent un bon accueil des habitants dont certains manifestaient leur soutien de leurs fenêtres.
En passant devant une maison de retraite où des anciens faisaient des signes de solidarité, une centaine de gilets jaunes se sont arrêtés pour en faire autant, certains disant « ils ont fait 68 »…
En manifestant ainsi, les gilets jaunes voulaient démontrer que les petits reculs de Macron ne suffisaient pas.
Et le succès de la manifestation a mis en évidence que les bla-bla-bla de Macron et de son gouvernement au service des capitalistes n’éteindraient pas la colère.

Autoroutes, péages : une gouttelette dans l'océan de leurs profits


Pas de contrepartie, vraiment ?



Les sociétés d'autoroute proposeront un rabais de 30 % sur les abonnements des usagers réguliers de leur réseau. « C'est un effort inédit », a affirmé sans rire la ministre des Transports, ajoutant que ce geste avait été obtenu « sans contrepartie ».
Pas de contrepartie, vraiment ? L’État fait depuis des années un pont en or à ces sociétés, à coup d'accords plus ou moins secrets. D'ailleurs, la hausse de 1,8 % des tarifs au 1er février aura vite compensé dans les caisses des concessionnaires les quelques euro accordés aux automobilistes par Vinci, Eiffage et autres rapaces.

Californie, incendie : capitalistes pyromanes irresponsables


Ces lois qui les protègent


La Pacific Gas and Electric Company (PG & E), principal fournisseur d’électricité dans le Nord de la Californie a décidé de se déclarer en faillite. Cette entreprise est mise en cause dans l’origine de nombreux incendies de ces dernières années, dont celui de Camp Fire en novembre dernier qui a tué 86 personnes et détruit 14 000 habitations.
Des centaines de poursuites ont été engagées contre PG & E qui risque d’être condamnée à payer des milliards de dollars d’indemnisations, dont le montant pourrait atteindre les 30 milliards. Mais la faillite de l’entreprise permettrait à ses dirigeants de renégocier leur dette et d’en faire supporter le coût en partie à la collectivité. Avec peut-être d’autres conséquences, car déjà les marchés financiers s’inquiètent de cette faillite qui pourrait en entraîner d’autres.
Des dizaines de morts, des milliers d’hectares brûlés, et peut-être des faillites en chaine, un nouvel exemple des conséquences dramatiques de l’irresponsabilité des dirigeants des grands groupes capitalistes !

Alcoolisme : un ministre irresponsable


Ministre de l'agriculture ou marchand de vin ?



 L’actuel ministre de l'agriculture et ancien sénateur socialiste de la Drôme Didier Guillaume a déclaré sur BFM que “le vin n'est pas un alcool comme les autres” car on n'a jamais vu “un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône”. On ne sait pas ce qu'avait consommé le ministre avant cette interview.
     Mais selon les associations de lutte contre l’alcoolisme, chaque année, l'alcool est responsable en France de 49 000 décès, dont 29 000 d'une consommation excessive de vin.
     Ce genre de déclaration d'un ministre devant une large audience de téléspectateurs met des bâtons dans les roues de ceux qui essayent de faire prendre conscience des dangers de l'alcool. En revanche, les gros viticulteurs et ceux qui s'enrichissent du commerce du vin se frottent les mains. La santé de la population ne pèse décidément pas lourd pour ce gouvernement.

Salaires, le patronat craint les réactions de tous les travailleurs


L’ombre du mouvement des Gilets jaunes n’est pas loin



Les travailleurs mobilisés d’AB Habitat ont obtenu le principe d’une prime dont ils ne connaissent pas encore le montant. Quant à ceux de la Région Ile de France, ils bénéficieront d’une prime de 300 euros, pour le travail supplémentaire qu’ils ont eu à assumer lors de la contestation lycéenne de décembre. Telle est la justification donnée par la Région pour cet octroi.
         Certes, le montant des primes n’est pas à la hauteur de la nécessité pour faire face à la dégradation du pouvoir d’achat des travailleurs. Certes, les raisons de la décider avancées par les directions peuvent être variables, mais une chose est sûre. Elles n’auraient pas existé s’il n’y avait pas eu le mouvement des gilets jaunes.
         Dans tous les cas, le compte n’y est pas. Il faut une vraie augmentation, une augmentation de 200 ou 300 euros mensuels pour commencer, des salaires, des pensions, et des indemnités.

dimanche 20 janvier 2019

Renault : Casting chez Renault pour la succession de Ghosn


L’exploitation capitaliste, un vol dans le cadre de la loi

 


Deux mois après l’emprisonnement de Carlos Ghosn au Japon, l’État français, actionnaire de Renault, se décide tardivement à le lâcher. La chasse aux successeurs est ouverte.
C’est que les gros actionnaires veulent pouvoir continuer à encaisser le produit de l’exploitation des dizaines de milliers de travailleurs travaillant dans les usines du groupe. Mais sans subir les effets d’une actualité politico-judiciaire qui éclaire de façon peu glorieuse les pratiques d’un PDG prétendument emblématique.
Mais quand une minorité s’approprie des richesses produites par des dizaines de milliers de salariés, cela s’appelle un vol, même quand cela reste dans le cadre des lois.

La Réunion Mayotte : l’enclavement rapporte gros aux compagnies aériennes


Des entraves à la mobilité qui perdurent et qui rapportent



Pour se déplacer vers les autres îles de la région, ou plus loin, les habitants de l’île de Mayotte doivent débourser des sommes exorbitantes, ce qui contribue à écraser leur pouvoir d’achat. Les compagnies aériennes présentes sur place ont fait des Mahorais leur vache à lait. À commencer par Air Austral (propriété des conseils régional et départemental de La Réunion, en partenariat avec la Chambre de commerce de l’île Bourbon) qui est en situation de quasi-monopole.
Régulièrement une mission d’étude vient constater sur place les entraves à la mobilité rencontrées par les travailleurs de l’île, dont beaucoup survivent de petits boulots ou de retraites misérables (souvent moins de 500€).
Les habitants sont rançonnés par les compagnies et par Total, qui détient le monopole de la distribution de carburant.
Les aides financières dites de « continuité territoriale », difficiles à obtenir et méconnues de beaucoup d’habitants, sont loin d’être suffisantes pour permettre au plus grand nombre de travailleurs de circuler et de rendre visite à leurs proches en Europe ou dans l’océan indien.
Quant aux Comoriens, considérés par les autorités comme des étrangers sur une île de leur propre archipel, ils subissent une situation d’exception puisque leur titre de séjour (quand ils parviennent à en obtenir un) ne leur permet pas de quitter l’île, laquelle ne fait pas partie de l’espace Schengen.
Les capitalistes rackettent la société, il faut les exproprier !