dimanche 4 novembre 2018

Brésil : correspondance après l'élection de Bolsonaro


J’ai la chance d’avoir un jeune ami brésilien qui vient de m’envoyer la correspondance suivante. DM 

         « La première chose que je dois partager avec toi, c’est l´incroyable difficulté que tout brésilien souhaitant s´informer, gratuitement et d´une manière ne serait-ce qu´un peu détaillée, sur les actualités rencontre. Dans tous les sites des grands quotidiens, les lecteurs ne peuvent lire qu´entre 1 et 5 articles, peu développés pour la plupart, par jour avant d´être obligés de payer pour continuer.

Ensuite, j´ai écrit cette petite reprise de la situation politique et sociale en dehors de ce que la presse française a déjà écrit sur le sujet . J´y ai mis seulement les faits bruts, pour que tu puisses, par la suite, les interpréter dans ta perspective. 

Politique:

         La première chose que doit être soulignée, c’est que la victoire de Bolsonaro fut loin d´être fulgurante et « mythique », comme l´entendent ses partisans: 13% des électeurs ont voté « nul » ou « blanc », et parmi les électeurs restants, 55% ont voté pour lui. Pendant son mandat, il devra donc faire face à l´opposition d´un PT intransigeant, tout en essayant d´obtenir l´appui des multiples autres petits partis présents sur la scène politique brésilienne. Agressif et peu diplomatique, cela sera probablement très compliqué.
         Son discours de possession confirme cela, car il a principalement attaqué la gauche et le PT (14% des propos du discours). En outre, il a notamment parlé des lois du travail (12%), qu´il voudrait plus « flexibles », et de la sécurité publique (10% ), annonçant le port d´armes pour les citoyens et la baisse de la majorité criminelle.
         Depuis la possession, s´il a bien annoncé  de nouvelles mesures (déplacement de l´ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, abandon du projet d´unification des ministères de l´Agriculture et de l´Environnement), il faut bien constater que son programme reste toujours très flou. Son cabinet n´étant pas encore défini, la presse se limite aux spéculations sur les possibles nominations. En matière d´économie, le favori semble être Paulo Guedes, homme politique et économiste très libéral, partisan des privatisations, de la réduction des impôts sur les revenus des entreprises et de la diminution des dépenses publiques. 

Social:

         L´une des conséquences dont la presse européenne parle peu, c’est à quel point ces élections ont impacté les relations personnelles, et fragilisé la société comme un tout. Dans les contextes professionnels aussi bien que personnels, nombre de personnes ne se côtoient plus, ou très peu, en raison de divergences politiques. Les divisions se sont accentuées jusque dans les familles, dont l´unité est pourtant très importante dans la culture nationale: certains parents évitent de fréquenter leurs fils et vice-versa, les individus dont les points de vue politiques ne coïncident plus avec ceux de leurs familles ne sont plus conviés aux rencontres familiales. Ces faits sont inédits dans l´histoire politique et sociale du Brésil depuis la fin de la dictature militaire. » 


 
Brésil : la force des travailleurs...

Au sommaire du dernier numéro de notre revue Lutte de Classe,


-Bolsonaro, fruit pourri de la crise brésilienne
-Russie : la réforme antiouvrière des retraites
-Allemagne : la montée de l’extrême droite
-Turquie : la tourmente financière et ses effets
-L’ex-Secrétariat unifié de la IVe Internationale : du trotskysme à l’« écosocialisme »
-Les comités sociaux et économiques : une attaque contre tous les travailleurs
(Sur Argenteuil, en vente à la librairie Le Presse-papier, me joindre, ou la demander lors des activités militantes de nos camarades)

Capitalisme : des fortunes gigantesques mais totalement stériles


Les exproprier pour construire une économie au service de l'humanité.

  

La fortune de trois dynasties capitalistes américaines, les Walton de la chaîne de distribution Walmart, les Mars dans l'agroalimentaire, les Koch dans la pétrochimie, a augmenté de 5 868 % depuis 1982, selon une étude publiée aux États-Unis. Par ailleurs Jeff Bezos, Bill Gates et Warren Buffet sont à eux trois plus riches que les 160 millions d'américains les plus pauvres.
Concentrer la richesse à un pôle et la misère à l'autre est une caractéristique du capitalisme depuis ses origines. Mais plus le temps passe, moins ces fortunes accumulées par l'exploitation des travailleurs sont réinvesties dans des productions utiles à la société et plus elles sont orientées vers la finance.
Il est urgent d'exproprier ces capitalistes pour construire une économie au service de l'humanité.

Salaires : faire passer l’argent de la poche des capitalistes à celle des travailleurs


Augmenter les salaires : aux patrons de payer !

Non seulement la richesse sociale continue à augmenter d’année en année, mais celle des plus riches s’accroît plus vite encore, produit du vol en grand opéré sur les classes populaires. Cette pompe qui va des poches des travailleurs vers les coffres des capitalistes ne pourrait pas s’inverser ? À d’autres ! Si des millions de travailleurs en colère l’exigeaient, l’inverseur serait vite trouvé.



Un seul exemple. À Air France, après des années de blocage des salaires, la direction prétendait ne pouvoir accorder que 1 % d’augmentation. Mais après que les travailleurs se sont rendus compte que les indemnités du conseil d’administration avaient augmenté de 28 %, puis que leur nouveau patron avait quadruplé son salaire à 10 000 euros par jour, samedi et dimanche compris, après des grèves et des mobilisations, ils ont réussi à imposer 2 % d’augmentation en 2018 et encore 2 % en 2019.
Les travailleurs des très petites entreprises, soit la moitié de la classe ouvrière du pays, veulent bien croire que ceux de Renault ou de Sanofi, groupes milliardaires, peuvent faire payer leur patron, mais ne voient pas comment faire payer le leur. Mais il s’agit d’un problème d’ensemble, du rapport de force entre deux classes sociales. Les grands groupes sont les donneurs d’ordres des petites entreprises, c’est à eux et à leurs actionnaires de payer pour la hausse générale des salaires. Quant aux artisans et commerçants, dont la clientèle est essentiellement ouvrière, ils auraient tout à gagner à une hausse générale des salaires, y compris de ceux de leurs propres salariés, contrairement à ce qu’ils croient en général.
La propagande des prêcheurs d’austérité, des réducteurs de salaire, des affameurs des pauvres finira bien par se retourner contre eux. Car dire que cette société est incapable d’assurer une vie décente à ceux qui la font fonctionner en produisant toutes les richesses, c’est la condamner.

                                                       Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2622)



Google et harcèlement sexuel : Not ok Google !


Not ok Google ! (Pas d’accord, Google !)


Manifestation de salariés devant le GooglePlex en Californie

Des milliers de salariés de Google ont débrayé jeudi 1er novembre et sont sortis manifester devant leurs bureaux, en Californie, à New York, Londres, Sydney, Dublin, Singapour et dans d'autres villes. Ils protestent contre les nombreux cas de harcèlement sexuel dans leur entreprise et contre l'indulgence de leurs dirigeants. Le licenciement d'un des plus hauts cadres, à la suite d'une affaire de harcèlement sexuel, parti avec une enveloppe de 90 millions de dollars a fait déborder la colère.
En unissant leurs forces à travers la planète, les salariés de Google se font respecter. Un exemple à suivre.

Argenteuil, ABH, SNCF : problèmes non résolus


Ni fait ni à faire



Nous avons évoqué un problème qui dure depuis des semaines et qui concerne les locataires de l’escalier 12 de la rue Rouquès dans la cité Joliot-Curie. La porte d’entrée du hall ne fonctionne toujours pas.
         Un différend opposerait le bailleur ABH à l’entreprise qui devait la réparer. Cette porte n’aurait pas été réparée dans les normes, et donc n’est toujours pas bloquée, et c’est cela seul qui importe aux locataires.
         La colère monte…

Que la municipalité sache que, pour notre part, la question n’est toujours pas réglée



Revenant de Paris en groupe le 19 octobre dernier au soir, nous nous sommes retrouvés face au réseau de la ligne J arrêté à la gare Saint-Lazare. Un train était en panne sur la ligne… Une pauvre employée devait faire face, seule, aux interrogations des voyageurs en déshérence…
         Pour rentrer, nous avons eu la chance de pouvoir rejoindre Asnières par le métro et un camarade qui était en voiture.
         Il était alors minuit et demi lorsque nous sommes arrivés devant la gare d’Argenteuil côté Centre, où nous avons laissé notre ami T.
         Celui-ci qui avait bien déjà un billet composté mais non utilisé de fait (!) pour Saint-Lazare-Argenteuil a eu toutes les difficultés du monde pour traverser le souterrain de la gare pour rejoindre la sortie Orgemont et le parking de la Colonie. A part la police, il n’y avait aucun agent SNCF dans la gare…
         Combien de problèmes identiques ont eu lieu depuis la suppression du passage libre pour tous du souterrain ?

samedi 3 novembre 2018

Macron et le spectre des années 1930


Macron le Tartufe

Macron à Davos, le sommet des milliardaires

Dans une interview à Ouest France, Emmanuel Macron se dit « frappé la ressemblance » de la période actuelle avec les années 1930. Il appelle à «résister », dénonce « le repli nationaliste » et pointe « les conséquence de la crise économique ». Le diagnostic est juste. Mais Macron ne sera certainement pas un rempart face aux catastrophes provoquées par la concurrence de plus en plus aiguë entre capitalistes, la montée des tensions nationales et de l'extrême droite. En aggravant l'exploitation et les inégalités, Macron apporte au contraire du combustible à cette crise.
Il est vrai que l'objectif de Macron est bien plus modeste : essayer d'éviter un désaveu dans les urnes aux prochaines élections européennes.

Centres d’appel : Coriolis, Enedis son client principal : la voie à suivre


La grève !



Le lundi 29 octobre plus de 80% des téléconseillers de l'entreprise Coriolis, située dans la galerie Murat, ont débrayé. Par ce débrayage surprise, ils protestaient contre les conditions de travail très dures et les pressions dont ils sont victimes quotidiennement. Coriolis est un centre d'appel téléphonique dont le principal client est Enedis. Les téléconseillers doivent répondre aux appels dans des temps restreints qui ne leur permettent pas de gérer de façon efficace les demandes des abonnés et en plus on leur demande de vendre divers produits financiers. Le turn-over du personnel est très important mais malgré cela plusieurs syndicats combatifs ont réussi à s'y implanter. Lundi à 9h, heure du débrayage, presque tous les salariés sont sortis et se sont retrouvés dans la galerie. Ils étaient plus d'une centaine et cela leur a permis de discuter de ce qu'il faudrait faire pour se faire respecter.

Armement et impérialisme français : gros ou petits matériels contre les peuples


Des matraques françaises pour la dictature tchadienne



L'ambassadeur de France au Tchad vient de livrer du matériel de « maintien de l'ordre » à la police, dont les hommes sont aussi formés par la France. Dans cette région de l'Afrique, le régime d'Idriss Déby est un des principaux alliés de l'impérialisme français, qui compte sur la stabilité de sa dictature.
En début d'année, des étudiants et des lycéens ont manifesté contre les violences policières, puis une grève contre la hausse les prix des carburants et la vie chère a secoué le pays. Le régime a réprimé violemment ces protestations. La crainte de voir éclater la colère accumulée pousse la France à renforcer la police d'une dictature.