mardi 21 août 2018

Argenteuil, Gérard Noiriel pour son « Histoire populaire de la France » à Argenteuil le 9 octobre prochain


On nous informe, et c’est bien volontiers que nous diffusons l’information suivante


Une belle rencontre en perspective

 


Le grand historien Gérard Noiriel sera présent à Argenteuil le 9 octobre prochain, à partir de 18 heures 30, à la librairie Le Presse-papier dans une rencontre organisée par cette dernière et l’association « Sous les couvertures ».
         Howard Zinn avait écrit une magistrale « Histoire populaire des Etats-Unis », chez l’éditeur Agone. Ce dernier édite aujourd’hui le livre de Gérard Noiriel qui sortira le 19 septembre prochain.
         Voilà une belle soirée en perspective. Le Monde diplomatique dans son numéro d’août a fait paraître deux « bonnes feuilles » de cet ouvrage. Alléchant…

lundi 20 août 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 20 août 2018 : « Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'œuvre »


Catastrophe de Gênes : la logique du profit à l'œuvre 
                                                                                          Photo de Salvatore1991

L’effondrement d’un pont à Gênes, en Italie, a tué des dizaines de personnes et a privé de leur logement les centaines de riverains qui ont dû être évacués du jour au lendemain. Et pourtant, cette catastrophe avait été plus qu’annoncée. Plusieurs rapports avaient fait état de la fragilité de ce pont, l’un d’entre eux avait même évoqué la nécessité de le remplacer complètement. Mais la société privée exploitante de l’autoroute passant sur ce pont et qui, à ce titre, avait la charge de son entretien, avait d’autres priorités.
Privatisée il y a vingt ans, elle est contrôlée par un groupe financier appartenant à la famille Benetton qui a consacré ces dernières années des centaines de millions d’euros au rachat de sociétés autoroutières dans toute l’Europe et dans le monde, d’aéroports comme celui de Nice… Pour les dirigeants de cette multinationale, assurer la sécurité des millions de personnes empruntant quotidiennement le pont de Gênes était moins important que de garantir à une poignée actionnaires les profits qu’ils attendaient !
De leur côté, les pouvoirs publics n’ont rien fait pour obliger cette société privée à faire face à ses obligations. Pire, depuis des années, tous les gouvernements italiens n’ont cessé eux-mêmes de réduire les budgets consacrés à l’entretien des routes et des ponts du pays.
La catastrophe survenue à Gênes illustre à quelles conséquences dramatiques conduit le parasitisme des groupes capitalistes. L’État réduit la part du budget consacré à ce qui est utile à la population, des services publics aux infrastructures, pour consacrer l’argent public à payer des intérêts faramineux à la finance. Loin d’être spécifique à l’Italie, cette situation est la même dans tous les pays les plus développés, en Europe comme aux Etats-Unis.
Ici même, en France, d’après un rapport rendu public le mois dernier, un tiers des 12 000 ponts du réseau géré par l’État nécessite des réparations et plus de 800 d’entre eux sont menacés à terme d’effondrement. Comme en Italie, après avoir financé la construction des autoroutes, l’État les a privatisées pour le plus grand profit de groupes comme Vinci ou Bouygues qui peuvent se contenter d’empocher des péages en continuelle augmentation.
Au-delà des routes, ce sont l’ensemble des services publics, qui, en France comme dans tous les autres pays riches, ont subi le même sort. L’État a diminué ses dépenses dans la santé, l’éducation, les transports ou le logement, privatisé les activités les plus rentables. Il permet aux requins de la finance de prélever, par le biais de l’endettement, une part de plus en plus importante des financements qui devraient être consacrés à soigner ou à loger des gens.
Si, aujourd’hui, des patients doivent attendre sur des brancards dans les couloirs des Urgences faute de lits, si, dans les hôpitaux et les écoles, on manque de personnel, de locaux et de matériel, si des millions de personnes ne peuvent se loger correctement, c’est la conséquence de cette politique menée par tous les gouvernements, hier avec Sarkozy et Hollande, aujourd’hui avec Macron, pour satisfaire les exigences de profit de la bourgeoisie.
L’économie est dominée par une minorité de capitalistes préoccupés exclusivement d’augmenter leurs gains le plus rapidement possible, et, avec la crise de leur système, cela se fait en spéculant sur les actions, les monnaies ou le blé, à coups de rachats d’entreprises suivis le plus souvent par des licenciements et toujours par l’aggravation de l’exploitation. Cela permet à une minorité de riches privilégiés, les Benetton en Italie, les Arnault, Mulliez ou Bouygues en France, de prospérer comme jamais, mais leur enrichissement se fait aux dépens de toute la société.
Le capitalisme en crise engendre un chaos de plus en plus destructeur : explosion du chômage et de la pauvreté, délabrement des services publics rongés par la logique du profit individuel ; dans bien des pays pauvres, au sous-développement s’ajoutent les ravages des guerres alimentées par la concurrence que se mènent les groupes industriels et financiers.
Un autre avenir est possible. À la condition que les millions de femmes et d’hommes qui constituent la classe des travailleurs se donnent les moyens par leurs luttes et leur organisation de renverser la domination des capitalistes afin de pouvoir mettre l’économie au service de l’intérêt général. Il en va de l’avenir des travailleurs et de l’ensemble de la société.

Ponts, viaducs, ouvrages d’art : travaux nécessaires de toute urgence. L’exemple de l’A31


Neuf ponts "dont la structure est gravement altérée"

 

Le viaduc de Frouard fait partie de ces ouvrages dangereux

La DIR Est, la Direction interrégionale qui gère les routes et les autoroutes nationales non concédées de Lorraine, Alsace, Champagne-Ardenne et Franche-Comté, recense dix ponts dangereux, parmi lesquels pas moins de neuf se trouvent en Lorraine ! Ces ouvrages sont classés 3U, ce qui veut dire que « dont la structure est gravement altérée et nécessite des travaux de réparation urgents liés à l’insuffisance de capacité portante de l’ouvrage ou à la rapidité d’évolution des désordres ».
Plusieurs d’entre eux sont des viaducs de l’A 31, une autoroute qui joint la frontière luxembourgeoise à l’A6 à Beaune et qu’empruntent 100 000 véhicules par jour, dont 18 000 poids lourds !
La DIR Est consacre 700 millions d’euros par an à l’entretien des ouvrages, cela ne suffit manifestement pas. Un récent rapport commandé par la ministre des Transports sur l’état du réseau routier en France relève qu’« accentuée depuis une dizaine d’années, la détérioration du réseau routier reflète le manque de moyens consacrés à l’entretien et à la gestion du réseau. » L’argent de l’Etat doit garantir d’urgence la sécurité des usagers de la route plutôt que les profits capitalistes !

Hulot, la voix du tigre, le courage du souriceau


Nicolas et Nicolas

 


À l’annonce de la condamnation de Monsanto, Nicolas Hulot a eu les mots les plus durs contre les lobbies, la lâcheté des politiciens qui les couvraient et la faiblesse des parlementaires qui acceptaient d’écrire sous leur dictée.
Tout juste si, emporté par son élan, il n’a pas excommunié le ministre de l’Écologie Hulot Nicolas qui, en plus d’un an de présence au gouvernement, n’a fait qu’avaler plus de couleuvres qu’un héron boulimique.

Gaza : une situation intenable



Gaza : sous les bombes israéliennes 


Les 8 et 9 août, l’armée israélienne a mené des bombardements sur la bande de Gaza, faisant quatre morts, dont une femme enceinte de 23 ans et sa fillette de 18 mois.
          Les dirigeants israéliens présentent ces actions militaires comme des réponses aux tirs de roquettes lancées depuis l’enclave palestinienne. Les porte-parole de l’armée israélienne ont déclaré n’avoir « frappé que des sites notoirement utilisés par le Hamas, pas des sites civils ».
          Mais le 9 août, c’est bien un centre culturel du centre de Gaza-ville accueillant un théâtre et une bibliothèque qui a été totalement détruit par les bombes israéliennes.
         Lundi 13 août, le ministre de la Défense israélien ne s’embarrassa pas de telles précautions de langage. Il affirma cyniquement que les « 169 Palestiniens morts sous les bombes israéliennes depuis début mars étaient tous des terroristes », ajoutant qu’« à Gaza il n’y a que des soutiens au terrorisme », une phrase lourde de menace.
          Le Premier ministre Netanyahou a affirmé qu’il se préparait à une nouvelle guerre, déclarant : « Je ne révélerai pas nos plans opérationnels, mais ils sont prêts. » Israël sait pouvoir bénéficier du soutien indéfectible des puissances impérialistes, certains se contentant, au mieux, d’appeler le pays à plus de retenue.
          Le blocus imposé par Israël ne cesse de se renforcer et asphyxie totalement la vie économique. Dans l’enclave palestinienne, le taux de chômage dépasse officiellement les 40 %. L’UNRWA, agence de l’ONU pour la Palestine, principal employeur à Gaza, a annoncé une vague massive de licenciements après que les États-Unis ont réduit drastiquement leurs contributions. Guerre permanente, asphyxie économique, la politique nationaliste des dirigeants israéliens ne peut que pousser au désespoir la jeunesse palestinienne de Gaza. Pourtant, celle-ci continue de relever la tête manifestant chaque vendredi contre le blocus et pour le droit au retour des Palestiniens, et c’est cette résistance qu’Israël voudrait faire taire.


                                 Christian CHAVAUX (Lutte ouvrière n°2611)




Mexique-Etats-Unis, Europe et Sud : ah bas les frontières et tous les murs !


Faudra-t-il que nous redevenions tous oiseaux ?

J’en remercie notre ami Mourad. Quand une photo se suffit à elle-même.
 


                                          Et les oiseaux peuvent franchir le mur ?

Les Colibris, Alternatiba, le Monde diplomatique,… et nous


Quand des militants débattent à Argenteuil

 
Un peintre que nous aimons tous beaucoup, Kambach

L’article du Monde diplomatique sur Pierre Rabhi a initié sur Argenteuil via Facebook ou notre blog « lo argenteuil » un début de discussion et d’échanges, et c’est très bien.
D’abord loin de nous l’intention de dénigrer ceux qui mènent une action « réformiste » pour créer des espaces d’échange, de solidarité, de fraternité, même quand elles sont dirigées en direction non de la masse de la population, mais de fait, d’une minorité. Notre courant politique soutient -et c’est tellement une évidence- tout ce qui va dans le sens de resserrer des liens collectifs, de vivre des beaux moments, et de faire de belles rencontres. A ce sujet, nous aimerions que de plus en plus de militants qui agissent sincèrement sur cet axe découvrent notre fête qui indique concrètement dans quel sens de culture et de fraternité nous militons. Il en va de même de notre côté à l’égard des autres. Et l’on peut retrouver ce que nous écrivions sur notre blog à l’occasion du festival Alternatiba local il y a deux ans.
         Sur les remarques de Benjamin et d’Olivier sur ce que j’appellerai la « construction individuelle », il y aurait beaucoup matière à discuter. Benjamin écrit : « Par la philosophie, l'introspection, la psychologie, la lecture, la contemplation, la méditation et pour certaines et certains la prière, je vais tenter de me changer moi-même ». Vaste question, non pas qu’il s’agit de récuser, mais qui est extrêmement complexe comme chacun sait, où il s’agit de faire la part entre le déterminisme et le libre-arbitre. Pour notre part, sur ce plan, nous privilégions la voie de la conscience, et donc tout ce qui l’élève.
         Mais si Benjamin utilise une fois l’adjectif capitaliste et une fois le nom lui-même de « capitalisme », nulle trace de cela chez Olivier. Et chez l’un comme chez l’autre, nulle part le terme de «pouvoir ».
         Pour nous, c’est pourtant là la question centrale. Tout ce que les « alternatifs » dénoncent ne sont que les manifestations de l’action des tendances fondamentales prédatrices du Capital. Celui-ci dispose du pouvoir, d’un pouvoir qui non seulement est un auxiliaire de son exploitation, mais qui tente de le maintenir sur la route lorsque les tendances inhérentes du capitalisme le mènent inexorablement dans le décor. Comment renverser ce pouvoir ? Quelle force peut le réaliser ? Telles sont les grandes questions résolues sur le plan théorique par Marx, et qui, comme chacun sait, sont toujours d’actualité.
         Olivier écrit : « nous choisissons plutôt de "construire d'autres pistes" que de lutter contre ces monstres ». Oui, mais ces micro-ilots de socialisme existeront peut-être, de façon marginale, jusqu’à ce que ces monstres capitalistes les dévorent.
         Le même indique ne plus croire aux partis traditionnels. Certes, c’est bien la moindre des choses. Mais pourquoi les meilleurs de ces partis ont-ils dégénérés ? Pourquoi la tâche de construire un parti, et cela à l’échelle de la planète, capable de révolutionner le monde est-il toujours un objectif si difficile à atteindre.
         Bien évidemment, c’est une autre discussion. Donc, à suivre, d'autant plus que notre époque difficile a besoin d'idées claires et nettes et non pas ni de références fumeuses ou vagues ni de confusion.

dimanche 19 août 2018

Arrêts-maladie en hausse ? Le signe d’une dégradation générale des conditions de travail

 
Arrêts maladie : un indice de l’exploitation 

Cherchant à tailler dans le budget de la Sécurité sociale, le gouvernement a laissé entendre qu’il pourrait changer le système d’indemnisation des arrêts maladie des salariés.
Aujourd’hui, passé les trois jours de carence, la Sécurité sociale verse une indemnité journalière équivalant à la moitié du salaire de base. Pour les arrêts courts, le gouvernement envisagerait de laisser les quatre jours suivants à la charge des patrons. Les caisses publiques économiseraient ainsi 900 millions d’euros, disent les promoteurs de la mesure, et feraient face à l’augmentation des arrêts maladie.
Avec une belle unanimité, le patronat a aussitôt crié qu’on l’égorgeait, que les entreprises n’étaient pour rien dans les épidémies de grippe et que la gastro-entérite n’était pas liée à l’exploitation capitaliste. En protestant, le patronat se prépare simplement à négocier au mieux de ses intérêts un éventuel changement. En répondant qu’il s’agissait d’une discussion ouverte, le Premier ministre l’assure d’avance de sa bonne volonté. La voie est donc tracée, le nombre de jours de carence, c’est-à-dire de jours sans salaire, va augmenter.
Sur le fond, l’augmentation du nombre des arrêts courts proviendrait d’une « hausse de la pénibilité psychologique », hypothèse avancée par la ministre de la Santé, qui y voit même une éventuelle responsabilité des entreprises. L’Assurance maladie décrit plus simplement une dégradation générale des conditions de travail et, particulièrement, un effet du recul de l’âge de départ en retraite. Les travailleurs les plus usés sont bien sûr ceux qui doivent souffler le plus souvent.
Les discussions filandreuses sur ce qui serait juste ou non en matière d’assurance maladie et d’équilibre du budget de la Sécurité sociale cachent à peine une réalité beaucoup plus crue : l’exploitation au travail et la lutte de classe.

                                                                      P.G. (Lutte ouvrière n°2611)