dimanche 14 août 2016

Lait et viande : pour les petits producteurs : de mal en pis


La colère des agriculteurs

 

Plusieurs dizaines d’agriculteurs ont déversé du fumier devant un supermarché de l'enseigne Casino de Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône. Une citerne de lait collectée pour Lactalis a été déversée dans les rues de Radon, le 11 Août.

Deux actions symboliques, menées la nuit, d'agriculteurs de Haute-Saône pour dénoncer "la faible rémunération du prix du lait et de la viande".

Ils dénoncent une crise du lait sans précédent depuis plus d’un an. En particulier, ils protestent contre le groupe Lactalis qui leur achètent le litre de lait 30% moins cher qu’il y a un an, sans que cette baisse soit répercutée aux consommateurs. Elle ne sert qu’a augmenté les profits de ce groupe.

Pourtant Lactalis est le premier groupe laitier et fromager mondial, et le deuxième groupe agroalimentaire français. Son chiffre d’affaires en 2015 est de 17,5 milliards d’euros.

Cette fortune est payée par le travail des agriculteurs et par les consommateurs rançonnés.

Gros céréaliers : du blé, du blé, et du blé. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Céréaliers : comment les gros se font du blé

 

Ces derniers jours ont vu se multiplier articles et reportages sur « la pire récolte [de blé] depuis 30 ans en France » (Les Échos). Une mauvaise météo de printemps serait la cause de rendements inférieurs de 30 % en moyenne à ceux de 2015, avec en outre un blé de moins bonne qualité et donc plus difficile à écouler.

À cela s’ajoute le fait que, dans d’autres pays gros producteurs de céréales, États-Unis, Canada, Ukraine, Russie, la récolte bat des records. Les médias comme les associations de producteurs présentent cette abondance comme une catastrophe. Un comble, comme s’il n’y avait pas sur terre des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui souffrent de ne pas manger à leur faim.

Seulement voilà, dans cette société capitaliste organisée pour et par le profit privé, l’intérêt collectif a peu de place : seul compte le marché. Et comme une production record à l’échelle internationale n’est conçue que pour la demande solvable, cela se traduit par une baisse des cours à la Bourse de Chicago, dont les cotations servent de références mondiales pour le prix des produits agricoles.

D’où un autre facteur poussant à la baisse les revenus des céréaliers français. Pourtant, ce secteur de l’agriculture pouvait sembler depuis longtemps à l’abri des aléas financiers, sinon météorologiques. Et ce n’est pas un hasard si, trustant une bonne partie des aides françaises et européennes de la PAC, il concentre de très grosses exploitations, comme dans le bassin parisien, avec des revenus en conséquence.

C’est d’ailleurs pourquoi le gouvernement s’est hâté de prendre des mesures en sa faveur, dès fin juillet. Et si la presse ne traite que maintenant de la situation des céréaliers, cela ressemble beaucoup à la préparation de l’opinion avant un plan d’aide massive au secteur. Ou plutôt, ce que dénoncent déjà le Mouvement de défense des exploitants familiaux et la Confédération paysanne : un plan de « soutien aux exploitations industrielles ». En fait, même si le gouvernement a annoncé des reports de charges, de remboursements d’emprunts et de versements de cotisations à la MSA (sécurité sociale agricole), les mesures envisagées, qui devraient être présentées en octobre, s’adressent aux gros céréaliers, pas aux petites exploitations. C’est précisément ce que réclamait la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), lobby et porte-parole des capitalistes du secteur, tel son président Xavier Beulin, à la tête d’un empire financier dans l’agroalimentaire.

Que le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, soit aux petits soins pour ces « pauvres paysans » là, comme disait Fernand Reynaud dans son sketch sur un céréalier nommé Crésus, cela n’a rien d’étonnant. Ce n’est que la poursuite de la politique gouvernementale d’aides à tout-va à la bourgeoisie et au grand patronat.

                                     Pierre LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2506)

samedi 13 août 2016

Logement "social", AB-Habitat : seuelement les intérêts des locataires et de la population ? D'autres "missions" ?


Le logement ne devrait pas être un cheval de Troie pour d’autres intérêts

 

Avant-hier, nous évoquions le recrutement d’un « chargé de mission » pour le vice-président d’AB-Habitat, le député P. Doucet. Mais nous ne nous étions pas arrêtés comme il se doit dans cette brève sur le fond de ce recrutement. Nous le faisons ici, en rappelant la réponse de la direction d’AB-habitat sur le sujet : « La Direction rappelle que le poste de chargé de mission du Vice-président est un CDD, dont l’objectif est d’assurer un traitement des demandes émanant des locataires d’Argenteuil, qui s’adressent régulièrement au Vice-président, et ces demandes nécessitent un traitement spécifique en concertation avec les services. De plus, le contexte local fait que la Ville d’Argenteuil bloque le développement de l’activité de construction de logements et diffuse des contre-vérités, ce qui engendre là aussi un besoin de traitement spécifique et complémentaire, notamment sur le volet communication, et cela n’entre pas dans les missions des services opérationnels. 

         En laissant de côté, la question de la conjoncture dans laquelle se fait ce nouveau recrutement -l’approche d’une année électorale fournie- deux remarques s’imposent :

         La première est qu’il s’agit bien d’aider le vice-président, mais surtout député de son état, dans le « volet communication » nécessité dans le cadre de « contre-vérités ». De la part de qui en l’occurrence, ces contre-vérités ? Il faut rappeler ici la mésaventure du maire d’Argenteuil condamné dernièrement pour avoir quelque peu exagéré avec les coordonnés de son adversaire. Mais dans ce volet « communication » où sera la limite entre les intérêts de l’Office et donc des locataires et ceux plus personnels du vice-président-député durant cette année cruciale pour lui ?

         La seconde est que puisque la mission de ce « chargé de mission » sera aussi de répondre aux demandes des locataires, nous pensons que les locataires attendent avec impatience que là, d’une façon tout à fait normale et officiellement partagée, ses coordonnés leur soient communiqués.

(demain, la question de la représentations des locataires chez AB-Habitat)

Réaction : surenchères de bêtise, de plus en plus primaire, et elle, sans frontière


Une droite de plus en plus primaire

 

Dans un entretien paru jeudi 11 août, Sarkozy a déclaré vouloir remettre en cause du droit du sol. « Je veux qu’on le garde, mais pas de manière automatique », a-t-expliqué, proposant de créer une « présomption de nationalité » pour ceux qui seraient nés en France de parents étrangers.

Chez Les Républicains, c’est à qui trouvera le moyen d’être plus à droite que son concurrent aux primaires. Et comme celles-ci n’ont lieu qu’en novembre, il leur reste le temps de continuer de piller le programme du Front national… 

 

Surenchère réactionnaire en Allemagne

 

Le ministre allemand des Affaires étrangères (de la CDU, droite chrétienne) a présenté une série de mesures censées lutter contre le terrorisme, parmi lesquelles figurait la déchéance de nationalité pour les terroristes binationaux. D'autres politiciens de droite réclament, eux, l'abolition pure et simple de la binationalité, qui n'existe vraiment que depuis 2014.

Toutes ces mesures n’ont aucun effet pour empêcher des attentats terroristes. Mais, dans quelques mois, des élections ont lieu en Allemagne et les politiciens utilisent les mêmes refrains démagogiques qu’ici, en France, pour attirer les voix de l’électorat réactionnaire. Avec les mêmes risques d’encourager la xénophobie.

 

Qui se ressemble…

 
Un certain J.-P. Arbey a publié sur son compte Facebook une photo de femme vêtue de noir (mais dont on voit le visage) avec le commentaire suivant : « Nacht und Nebel pour le sac poubelle ».

Nacht und Nebel [Nuit et brouillard] était le nom de code utilisé par les nazis pour désigner les opérations de déportation vers les camps.

On pourrait se dire qu’il ne s’agit là que de la réflexion imbécile et menaçante d’un raciste ordinaire.

Mais ce monsieur est secrétaire départemental Les Républicains de la 2e circonscription de Meurthe-et-Moselle, et soutien affiché de Nadine Morano.

Pokemon go pour les profits


P… comme Pokemon, mais surtout comme Pactole !

 
La préfecture du Val d’Oise vient de prendre une initiative pour mettre en garde les conducteurs conduisant mais plus préoccupés par la chasse aux pokémons. « Celui qui conduit ne joue pas ! » est le message que l’on pouvait lire ces derniers jours sur les panneaux de l’A15 et l’A115 à l’intention des conducteurs !

         En tout cas, tout cela se conduit très bien pour Google et Apple. Avec Pokemon, ils gagnent à tous les coups : 3920 euros, paraît-il, par minute, soit un pactole de 200 millions en un mois.

         Les actionnaires de ces deux empires financiers, eux, peuvent se déplacer avec chauffeur en Rolls, jouer s’ils le veulent, et ne risquent vraiment pas l’accident financier.

vendredi 12 août 2016

Argenteuil : la culture en creux au coeur de l'été


Pourtant, un moment de disponibilités supplémentaires

 
Une des rubriques du site internet de la Ville s’intitule : « la culture au cœur de l’été ».

         Le détail est moins réjouissant.

         Si les cinémas du Figuier blanc restent ouverts tout l’été, celui du Jean Gabin est fermé. Tout comme le conservatoire en juillet et août, et également le service des archives durant la première quinzaine d’août. Quant aux plages d’ouverture des médiathèques, elles sont plus réduites.

         Le cœur de l’été à Argenteuil, au niveau de la culture, se transforme ainsi en grand creux. C’est la double peine pour ceux qui restent dans la Ville, pas de vacances, et moins de services publics utiles à la population. C’est d’autant plus regrettable quand il s’agit de la culture, à un moment où la population est plus disponible pour s’en occuper.

Police, gendarmerie, JL Mélenchon découvre la vie ?


Une lectrice nous a transmis un extrait de  l’analyse de JL Mélenchon suivante. Nous lui répondons par la brève ci-dessous.
 

Des corps de répression incontrôlables dans leur nature, et depuis toujours

 
A propos de la mort du jeune de la région de Beauont-Persan mort dans les mains de la gendarmerie, JL Mélenchon écrit sur son blog : « La tendance à la militarisation de l’action policière est dorénavant prise dans le monde entier à la suite de la police nord-américaine. Elle est arrivée chez nous depuis quelque temps déjà. On l’observe dans les dispositifs d’intervention que mettent en place le commandement politiques face à des évènements comme la protestation contre le barrage de Sivens ou les manifestations syndicales contre la loi El Komri. »

         Mais est-ce bien là une nouveauté ?

         La police et la gendarmerie sont des corps militarisés par nature. Elles sont en conséquence des corps séparés fondamentalement de la population, sans contrôle de la part de celle-ci, sur ses actes et ses méthodes. Et cette séparation est dans leur nature même.

         Et dans la mort de ce jeune, après celles de ces dernières décennies, la question n’est pas seulement celle des méthodes utilisées qui peuvent être totalement disproportionnées et dangereuses, mais, lorsque le drame arrive, que ces corps ne veuillent pas reconnaître, purement et simplement, leur responsabilité évidente.

         Et, sur ce plan aussi, ce n’est vraiment pas une nouveauté. La mort d’Adama Traoré vient seulement d’en donner une nouvelle illustration dramatique.
 
Octobre 1961. Une "militarisation" qui ne date pas d'hier
 

Commerce, capitalisme, les lois de la jungle, et ceux qui les appliquent sans vergogne


Ouverture obligatoire les jours fériés ?

 

Douze commerces situés dans un centre commercial près de Toulon viennent de se voir imposer le paiement d’une pénalité financière par la société à laquelle ils louent leur emplacement. Il leur est reproché d’être restés fermés le 14 juillet, contrairement aux principales enseignes du centre commercial.

Pour les patrons des grandes surfaces, qu’on soit salarié ou commerçant prétendument indépendant, la « liberté » de travailler les jours fériés, c’est obligatoire !

 

Les règles du commerce dans la jungle de Calais

 

La préfecture vient d'assigner en référé les 72 « lieux de vente illégaux » de la jungle de Calais. Il s’agit d’échoppes où on peut acheter un peu de nourriture, se faire coiffer pour quelques euros …

Mais laisser vivre des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants dans des conditions indignes, ça, c’est légal !