dimanche 19 juillet 2015

Un supermarche qui ferme dans un quartier populaire, c'est une pénalité supplémentaire


Inégalité sociale, inégalité commerciale

 
Selon nos informations, le supermarché Franprix de la place de la Commune de Paris, dans le quartier populaire du Val-Nord serait définitivement fermé.

         Cela serait le dernier épisode de l’histoire tumultueuse de ce magasin depuis des années.

         Un tel magasin est pourtant très utile, aux anciens, et plus particulièrement aux anciennes, pour faire leurs courses de tous les jours. Tous les habitants, loin de là, n’ont pas la possibilité d’aller au supermarché de Sartrouville à 2 kilomètres, ou même à Simply, le magasin le plus proche de même profil, dans le quartier du Val-Sud.

         Mais bien au-delà de la seule nécessité pour les habitants de s’achalander, l’existence d’un tel magasin sur la « Dalle » est un élément essentiel à la vie sociale de ce quartier qui en a bien besoin.

         Des initiatives doivent être prises pour le maintien d’un tel commerce, comme cela a été fait dans le passé avec succès. Dans l'attente d'une réouverture programmée après un incendie, une navette avait ainsi été mise en place en 2011 pour les habitants pénalisés.

Grande distribution, éleveurs, et hypocrites


Elevage d’hypocrites

 
Suite aux manifestations des éleveurs des filières porcines, bovines et laitières, Larcher président de droite du Sénat, a organisé une conférence entre les différentes parties. Il se dit « solidaire avec le monde agricole ». Il réclame que les accords sur la revalorisation des prix avec la grande distribution soient tenus et demande des échéances bancaires pour les agriculteurs. Même Hollande y est allé, de son côté, de sa larme à l’œil à l’égard des éleveurs, et de supplique à l’encontre de la grande distribution qui les saigne et qui a dû être très impressionnée ( !) quand elle l’a entendu dire : "Je lance encore un appel à cette grande distribution pour qu'elle offre aux consommateurs la qualité et aux agriculteurs un prix".

Les éleveurs sont étranglés d’un côté par les banques et de l’autre par la grande distribution et les industriels qui, tels Mulliez ou Lactalis, accumulent des fortunes considérables. Mais ni Larcher ni Le Fol, ministre socialiste de l’Agriculture, ne veulent toucher à ces bourgeois.

Pour sauver leur peau, les agriculteurs ne peuvent compter que sur leur mobilisation, c’est une évidence.
 
 
 
Médias
 
Mardi 21 juillet à 8h20
Sur RTL
Interview d’Arlette Laguiller
L’émission est rediffusée à 18h37 le même jour
Attention : les horaires des émissions peuvent être modifiés indépendamment de notre volonté
 
 

samedi 18 juillet 2015

Réforme territoriale, Grand Paris, Territoires : des grandes manoeuvres opaques


 
Des grandes manœuvres territoriales opaques

 

Alors que la loi organisant la Métropole du Grand Paris dans le cadre de la réforme territoriale vient d’être définitivement votée, la carte des futurs « territoires » la découpant se dessine. Pour ce qui concerne Argenteuil, elle est bien loin du souhait de son maire qui, dès son élection, voyant qu’il ne contrôlait pas cette fois l’Agglomération qu’il avait créée en 2006, s’est lancée dans une politique désordonnée à la gribouille, tentant d’accrocher le wagon argenteuillais au train luxueux des Hauts de Seine.

         Il faut se souvenir de l’adhésion votée par la droite argenteuillaise à l’Agglomération « Seine Défense », une entité quasiment virtuelle, adhésion qui a été annulée ensuite par les autorités administratives. Mais cela n’empêchait pas G. Mothron d’exprimer encore dernièrement son rêve d’une solidarité entre les « villes pauvres » comme Argenteuil et les « villes riches » comme celles du secteur de la Défense.

         Dans le projet que défend le gouvernement, le super-territoire des « Boucles de la Seine » disparaît. Il est divisé en deux : celui de la Défense autour de Courbevoie-Puteaux-Nanterre, et celui de la « Boucle nord 92 » qui comprendrait, outre Argenteuil, les communes de Villeneuve-la-garenne, de Gennevilliers, de Clichy, d’Asnières, de Colombes, et de Bois-Colombes.

         Un ensemble de communes « riches » serait ainsi isolé d’un autre qui le serait beaucoup moins.

         Mais qui s’en étonnera ! L’inégalité territoriale, à toutes les échelles, n’est qu’un aspect de l’inégalité sociale fondamentale de la société actuelle. Dans la question des découpages territoriaux, l’avis de la population ne compte pour rien, comme on peut le vérifier une nouvelle fois à propos de cette réforme. Quant aux pressions des intérêts économiques et financiers, aux calculs politiciens et aux objectifs réels des clans en présence, ils relèvent d’une opacité que seule la mobilisation collective des habitants pourrait percer.

         En tout cas, si ce découpage restait en l’état, dans le « territoire » de la Boucle nord, populaire et marqué par le monde du travail, si cela aide à développer davantage de liens au sein de ce monde, notre classe, nous ne nous en plaindrons pas.
 
 

Drame du flash-ball à Argenteuil : quand le silence est d'or


Les grandes muettes

 
A propos du drame de ces derniers jours à Argenteuil où un jeune a été blessé grièvement d’un tir de flash-ball, à part le fait que ce jeune a bel et bien été grièvement blessé, si l’on suit l’affaire dans la presse, il est bien difficile de s’y retrouver, laquelle presse utilise une prudence et des circonvolutions que l'on ne lui connaît pas sur d'autres sujets.

         Comme si, rapidement, les autorités, policières, judiciaires et préfectorales n’avaient pas les moyens, rapidement dans ce genre d’affaires à connaître les éléments essentiels de ce qui s’est passé. Mais, une nouvelle fois, à part le drame subi par cet adolescent, ces autorités sont incapables de confirmer qu’il s’est bien agi d’un tir de flash-ball, tiré en direction d’un jeune, ce tir ayant atteint sa cible…

         Ce n’est pas une nouveauté. La police, comme l’armée par ailleurs,  a droit à un régime du traitement de la vérité tout particulier. Ce silence qui serait intolérable de la part de toute personne ne l’est plus lorsqu’il s’agit de ces institutions. Pour elles, le silence est d’or.

Chine : spéculation et krach. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine


Chine : spéculation et krach

 La Chine, souvent présentée comme l’« atelier du monde », n’a pas échappé aux conséquences de la crise de 2008. Sa croissance économique, qui progressait auparavant de 12 ou 13 % par an, sera inférieure à 7 % cette année. Elle exporte moins, notamment vers l’Europe et le Japon. Et pourtant, depuis plus d’un an, le cours des actions des entreprises cotées dans les Bourses chinoises s’envolait.

Entre juin 2014 et juin 2015, leur valeur avait augmenté de 150 %. Cette frénésie boursière vient de se transformer en krach. En trois semaines, les actions des sociétés cotées à Shanghaï et Shenzen ont perdu plus de 2 700 milliards d’euros, soit 30 % de leur valeur.

En rachetant massivement des actions et en interdisant aux entreprises d’État de vendre leurs titres pendant six mois, le gouvernement chinois semble avoir enrayé provisoirement la chute. Mais le répit risque de ne pas durer, tant cette crise est symptomatique des difficultés de l’économie non seulement chinoise mais mondiale.

L’une des causes de cette flambée boursière était l’afflux de millions de petits bourgeois chinois à la recherche d’un nouveau support pour investir leur épargne, après la chute des valeurs immobilières en 2012. Le gouvernement a lui-même encouragé cet engouement pour la Bourse, autorisant par exemple le recours à l’emprunt pour acheter des actions. Il cherchait à pallier les difficultés de nombreuses entreprises privées, les petites ou celles du secteur des nouvelles technologies, à trouver des financements auprès des banques publiques ou des gouvernements régionaux déjà surendettés. Mais le remède s’est avéré, une fois encore, pire que le mal.

Inquiets devant une possible contagion au reste de l’économie, les experts économiques répètent doctement que les Bourses chinoises sont déconnectées de la finance mondiale. Cela relève largement de la méthode Coué. L’économie chinoise est intégrée par de multiples liens à l’économie de la planète. Les revers financiers, sinon la ruine, de millions de petits bourgeois chinois se traduiraient par un recul de la consommation, des automobiles aux produits de luxe, sur ce marché que se disputent toutes les sociétés occidentales, de L’Oréal à LVMH en passant par PSA ou Volkswagen.

Le krach des Bourses chinoises est un symptôme de la maladie mortelle qui dévore l’économie capitaliste. Dans tous les pays, sans confiance dans l’avenir de leur propre système, rechignant à investir dans la production, les détenteurs de capitaux, petits ou grands, sont à la recherche des placements qui leur fournissent le meilleur rapport, le plus vite possible. Encouragés par la politique des banques centrales et des États, ces spéculateurs préparent irrémédiablement la prochaine crise financière mondiale.

                                                                          Xavier LACHAU

vendredi 17 juillet 2015

Flash-balls, police, sécurité : problèmes d'une société, que l'on ne réglera pas par le sur-armement


La sécurité, ce n’est pas jouer démagogiquement sur la peur de l’insécurité

 

En juin 2013, le maire d’Argenteuil proposait le renforcement de la police municipale et son armement de flash-balls. Les deux élus Lutte Ouvrière s’élevèrent en ces termes contre les mesures qui furent votées de conserve par la droite et par le PS :

« Délibération cadre sur l’évolution du fonctionnement de la police municipale.

La société dans laquelle nous vivons est rongée par le chômage, le recul des services publics et la montée de la misère, accompagnée de faits de délinquance et de violence raciste comme nous venons d’en connaître à Argenteuil.

Nous comprenons le besoin de sécurité de la population. Mais nous ne pensons pas que les mesures proposées ce soir puissent être efficaces. J’en donne pour preuve le fait que nous avons déjà renforcé les effectifs de la police municipale, de façon importante puisqu’ils sont passés de 13 à 37 et que 50 caméras de vidéo protection ont été installées sans empêcher les actes de malveillance, dont certains, il faut quand même le rappeler, sont venus de dérapages policiers. Il faut donc en conclure que la sécurité n’est pas qu’une affaire de police ou de moyens.

De plus, le problème serait de faire en sorte que cette police soit mise sous le contrôle de la population et que les commissariats cessent d’être des sanctuaires dans lesquels la population n’a pas droit de regard.

Je fais remarquer que, sur la ville, les actes d’incivilité n’ont pas spécialement augmenté et ne sont pas plus nombreux que la moyenne nationale, même si, comme partout, la dégradation générale des conditions de vie de la population laborieuse entraîne violence, délinquance et expression de plus en plus ouvertes d’idées réactionnaires, intolérantes, racistes, anti-jeunes, homophobes, etc.

Or ce soir, on nous propose le triplement des effectifs de la police municipale, avec la perspective d’un effectif de 100 agents, celle de la création d’une brigade nocturne et d’une brigade de maîtres-chiens et surtout, l’armement de cette police avec des armes dites de 4ème catégorie, des armes de poing, en l’occurrence des flash-balls.

Je citerai le secrétaire national du PS aux droits de l’homme qui, en juillet 2009, alors qu’un jeune homme avait perdu un œil lors de l’évacuation violente d’un squat de Montreuil, soulignait le danger de ces flash-balls dans la police nationale :

« La dotation en flash-balls de la police a été appuyée par l’argument que ces armes seraient non létales et leur usage rigoureusement encadré. Les faits démontrent qu’il n’en est rien. Ces flash-balls sont utilisés de façon offensive en ignorant les principes supposés régler leurs interventions dont celui de « proportionnalité de la riposte », et ceci au risque d’occasionner des dégâts graves (tirs à bout portant, tirs à la tête). »

Ce qui était vrai en 2009 ne le serait plus en 2013 ?

Si la solution n’est pas dans l’escalade des moyens de répression, où est-elle direz-vous ? En tout cas, pas dans la direction donnée par monsieur le Maire. Je combats pour changer cette société d’injustice qui engendre la situation que nous connaissons. Mais d’ici là, s’il y a des moyens financiers à mobiliser, je crois que c’est un effort sans précédent –certes, pas seulement au niveau municipal, mais déjà à ce niveau-là- qui devrait être fait au niveau du soutien à la jeunesse, des moyens éducatifs, de l’amélioration de l’école publique, des aides aux milieux populaires en difficulté et des aides à la mobilisation de tous contre les fermetures d’entreprises, contre les hausses de loyer, contre tout ce qui pousse les pauvres vers encore plus de pauvreté.

Nous voterons résolument contre cette délibération et nous souhaitons profondément ne pas être les seuls. »

AB-Habitat : rien ne doit se faire au détriment ni des locataires ni des personnels

Et Georges (par qui le scandale est arrivé), il est derrière ?

Même en juillet, dire "non"

Roger apporte le soutien de Lutte Ouvrière


Le rassemblement hier après-midi devant le siège de l'Agglomération


Un article de nos camarades de la CGT-AB-Habitat

 

Les mauvais coups arrivent souvent l'été !

 

 Malgré les congés il y a eu une belle et bonne mobilisation devant le la Communauté d'agglomération où se tenait le Conseil d'Administration d'AB-Habitat. Cette mobilisation ne faiblit pas, elle sétend car de plus en plus prennent conscience des dangers et des conséquences de la privatisation ayant pour but essentiel de permettre à M. Doucet de garder la main sur l'Office.

L'ensemble des associations de locataires, les partenaires sociaux (CGT - CFDT), la CAF n'ont pas voté pour le traité d'apport présenté dans le cadre de la privatisation de l'Office. Ils ont voté contre ou se sont abstenus.

Comme il fallait s'y attendre ce traité d'apport a été voté par les membres du CA désignés par la Communauté d'agglomération. En tout cas en dehors du Président et du Vice Président ils ne sont pas nombreux les administrateurs à défendre ce projet de privatisation. Nous reviendrons ultérieurement sur ce CA qui a été vif pour vous informer des suites à donner .

Vu les nombreuses irrégularités, les possibilités de recours et les diverses autorisations à obtenir il est loin d'être acquis que ce projet aboutisse.

En attendant vous trouverez ci après l'article paru dans le Parisien et en pièce jointe les interventions de votre représentant au Conseil d'administration sur les simulations financières et le traité d'apport présentés.

Vous pourrez y découvrir les dangers de cette privatisation et les gaspillages financiers et humains qu'engendrerait la privatisation motivée par des intérêts personnels et partisans.

Poursuivons les initiatives pour préserver notre établissement public, l'ensemble des emplois privés et publics, afin de continuer d'exercer une mission de service public auprès des locataires.

Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

 

Voir le site de la CGT d’AB-Habitat pour l’article du Parisien (qui n’indique pas la présence de Lutte Ouvrière) et de l’intervention dont il est question dans le texte ci-dessus

loi Macron : tout est bon pour les patrons. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine. En vente en kiosque à Argenteuil et auprès des militants de Lutte Ouvrière


La loi Macron adoptée : contre les droits des salariés

À la veille du grand week-end du 14 juillet, en pleine crise grecque, bref dans l’indifférence générale, Valls a une troisième fois utilisé l’article 49.3 de la Constitution pour faire définitivement adopter sans débat la loi Macron, véritable déclaration de guerre au monde du travail.

Et chacun de son côté, Valls et Macron ont annoncé leur intention de mettre en application « vite et bien » en priorité toutes les mesures qui vont bénéficier aux entreprises, à commencer par celles qui facilitent les licenciements et la diminution des indemnités pour les salariés victimes d’un licenciement arbitraire.

Car, si cette loi s’étale sur plus de 300 pages, elle a une ligne générale claire : faciliter l’action libre des entrepreneurs dans tous les domaines. Et donc naturellement d’abord sur le terrain fondamental pour eux, celui qui leur permet de s’enrichir, la libre exploitation de leurs salariés.

Ainsi la loi va rendre encore plus aisés qu’auparavant les licenciements de toute nature, l’employeur ne risquant dorénavant que des pénalités minimes au cas où il violerait les règles de protection existant encore. Dans la foulée, les licenciements économiques bénéficieront de procédures réduites, de l’accélération de leur mise en route, de la suppression des contrôles, de la limitation de l’intervention de la justice. Le patronat et le gouvernement répétant en chœur et à grands cris que la meilleure défense de l’emploi est la liberté de licencier. Cela, au moment où l’on compte plus de 5 millions de chômeurs.

La liberté des patrons de violer la loi est par ailleurs renforcée dans les autres domaines se rapportant au travail et aux droits des salariés, en matière de conditions de travail et d’emploi, de règles de sécurité... Dorénavant, en dehors des faits de discrimination raciale ou sexiste, les patrons ne pourront plus être poursuivis pénalement et ne risqueront, au pire, qu’une contravention, si tant est que le ministre aille jusque-là.

Cette frénésie du gouvernement de satisfaire les attentes du patronat dans sa guerre contre les travailleurs s’est manifestée jusqu’au grotesque. D’abord, Macron lui-même a tenu à amender sa propre loi en l’aggravant encore. Et puis entre-temps est venu sur le tapis le projet de loi Rebsamen sur « l’amélioration du dialogue social », qui se fixe aussi pour objectif de limiter les droits des salariés et la contestation du pouvoir patronal. Et enfin Macron a ouvert la possibilité de modifier par décret et ordonnance le Code du travail, pour les neuf mois à venir, ce qui lui permettra d’aggraver le contenu de toutes ces attaques.