Trump, G7
: les agents du chaos
Publié le 15/06/2026
Que les choses sont bien huilées
! Juste avant de fêter ses 80 ans et transformer le jardin de la Maison Blanche
en salle de MMA, Trump, triomphant, a annoncé avoir trouvé un protocole
d’accord avec l’Iran.
« J’autorise pleinement la
réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la
levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les
moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », a écrit Donald Trump dans
un message sur son réseau Truth Social, comme s’il était le maître du monde.
Cette mise en scène est d’autant
plus répugnante que ce pétrole a plus que jamais l’odeur du sang des
Palestiniens, des Libanais et des Iraniens.
En réalité, les États-Unis
enregistrent un revers cinglant, car ils ne sont précisément ni les maîtres
incontestés du Moyen-Orient, ni les maîtres du détroit d’Ormuz. Le régime
iranien a démontré sa capacité à résister et à imposer ses propres conditions.
On ne sait d’ailleurs pas quelle est la teneur exacte du protocole
d’accord.
Les États-Unis et l’Iran sont
surtout d’accord pour arrêter les frais de cette guerre qui coûte si cher aux
uns et aux autres. Et peut-être se sont-ils mis d’accord sur la liste… de leurs
désaccords, reportés à des négociations ultérieures !
Le fait est que la première
puissance mondiale ne peut pas soumettre les peuples comme elle le veut, ni
piller comme elle le veut toute une région. Et cela ne peut que nous réjouir
car la domination de l’impérialisme coûte cher à tous les peuples.
La paix
et la sécurité ?
Après avoir soutenu la fuite en avant
génocidaire de l’État d’Israël, après avoir lui-même embrasé le Moyen-Orient en
bombardant l’Iran, Trump promet « paix et sécurité à toute la région ». Comme
si la paix pouvait se construire sur une montagne de cadavres et de
destructions ! Comme si elle pouvait aller de pair avec la colonisation de la
Cisjordanie, l’occupation militaire et la politique de terreur de l’État
israélien !
Si un accord donnait lieu à un
véritable cessez-le-feu, ce serait évidemment un soulagement pour tous les
peuples de la région qui ont tant à faire pour panser leurs plaies et
reconstruire de quoi retrouver une vie supportable. Mais la poudrière qu’est le
Moyen-Orient n’a fait que se charger de plus de matériel explosif.
Sur le terrain économique,
beaucoup annoncent la fin du cauchemar car la vague inflationniste serait
endiguée par la réouverture du détroit d’Ormuz. C’est encore à voir ! Les cours
du pétrole ont baissé, mais les hausses enregistrées ces derniers mois
continuent de se répandre tel un poison lent dans tous les secteurs de
l’économie. Les pénuries d’engrais, c’est certain, vont provoquer une crise
alimentaire majeure dont les effets seront ressentis partout, avec
d’importantes répercussions sur les autres secteurs.
La crise
toujours à l’horizon
D’autres bombes à retardement
menacent l’économie. La dette des États en est une. Elle a bondi au cours de
cette crise et va continuer de gonfler parce que les taux d’intérêt ont
augmenté et parce que tous les États s’endettent pour acheter missiles, drones,
avions de chasse...
Une autre menace est la folie
spéculative autour de l’intelligence artificielle. En faisant entrer en Bourse
sa société SpaceX, Elon Musk a attiré des dizaines de milliards de dollars de
capitaux lui permettant de devenir le premier « billionnaire » de l’histoire,
un milliardaire dont la fortune dépasse les 1 000 milliards.
C’est d’autant plus révoltant que
cet argent provient de notre travail à tous, travail dont le fruit est capté
par les grands financiers. Travailler plus, produire plus et dégager plus de
profits ne fait pas plus d’argent pour les salaires, les retraites, la santé,
ni pour les investissements utiles. Cela fait plus de milliards engloutis dans
les coups boursiers et les fortunes d’une toute petite minorité. Et cela nous
rapproche d’un nouveau krach.
Voilà le monde que nous
organisent les chefs d’État qui se sont réunis à Évian dans le cadre du G7 !
Les regarder se congratuler, satisfaits d’eux-mêmes, et parler au nom des
peuples est insupportable.
Un nid de
brigands dont il faut se débarrasser
Réunis autour d’un Trump qui ne
manquera pas de faire le show, ces dirigeants feront mine de s’entendre, alors
qu’ils sont à couteaux tirés. Alors que le monde est marqué par des relations
économiques tendues et guerrières, sans autre principe que la loi du plus riche
et du mieux armé. Ils ne peuvent pas mettre de l’ordre dans le chaos, ils en
sont les principaux agents !
Nathalie Arthaud